Livre des dévotions quotidiennes
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Description

Tome X Livre I, cet ouvrage s'inscrit dans l'œuvre magistrale de l'imam al-Ghazâlî, Revivification des Sciences de la Religion. Ce livre conclut le chapitre des actes dévotionnels et par conséquent le premier tome de cette somme monumentale. Le Sheikh nous explique que la notion de dévotion recouvre tous les actes de la vie et pas seulement les actes cultuels. Tout instant de la vie doit être consacré à une modalité d'adoration afin de se rapprocher de Dieu, Principe et finalité de toute chose. Sachant que l'âme est encline à la lassitude, Dieu nous a prodigué une multitude de façons de l'adorer. C'est en ce sens que ce livre nous expose les modalités principales en les hiérarchisant les unes par rapport aux autres. Y sont abordés également les lieux favorables, les moments propices et les gens profitables pouvant favoriser notre adoration. En somme une merveilleuse synthèse pour quiconque désire s'orienter vers Dieu.

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Informations

Publié par
Date de parution 28 octobre 2015
Nombre de lectures 76
EAN13 9791022501231
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0245€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

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– Revivification des sciences de la religion –
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Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous les pays à l’Éditeur.
1435-2014
ISBN 978-2-84161-972-6 // EAN 9782841619726
A BÛ H ÂMID A L -G HAZÂLÎ
LIVRE DES DÉVOTIONS QUOTIDIENNES
(Kitāb ......)
Traduction et notes à partir de la version arabe et persane Hassan Boutaleb
P RÉSENTATION
Le Livre des dévotions quotidiennes est le dixième et dernier chapitre du tome I de la somme magistrale de l’imâm al-Ghazâlî, Ihyâ ‘ulûm ad-Dîn.
Situé à la fin de ce premier tome consacré aux adorations, ce livre est un véritable manuel pratique retraçant la journée d’un fidèle soucieux de marcher sur les pas de l’Envoyé de Dieu. Il décrit à la manière d’un emploi du temps précis, chaque invocation, chaque prière et chaque adoration prescrites au croyant depuis son lever jusqu’à son coucher.
C’est en se fondant sur le Coran et la tradition prophétique que l’imam al-Ghazâlî nous accompagne dans cette journée de ferveur, de recueillement et de consécration au service de Dieu.
CHAPITRE 1
LIVRE DES DÉVOTIONS QUOTIDIENNES 1
Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Nous exprimons à Dieu notre pleine gratitude pour Ses faveurs et nous employons notre cœur à L’évoquer en une manière propice à nous affranchir de l’orgueil et de la rébellion. Nous Lui rendons grâce d’avoir « instauré l’alternance de la nuit et du jour pour quiconque aspire à se souvenir ou à manifester sa reconnaissance. » 2 Nous appelons la grâce sur Son Prophète - Lui qu’Il a envoyé en toute vérité pour faire part de l’heureuse nouvelle et de la menace - ainsi que sur sa famille pure entre toutes et ses nobles compagnons, eux qui se sont consacrés à l’adoration de Dieu, matin et soir, à l’aube et au crépuscule, si bien que chacun devint une étoile repère et un luminaire éclairant le parcours du culte de Dieu.
Le Très-Haut a mis la terre à disposition de Ses serviteurs, pour que ceux-ci s’y établissent et s’y répandent ; plus encore, pour qu’ils y prennent demeure et qu’ils en tirent le viatique nécessaire à tout voyage, et les provisions issues de leur labeur ou des largesses divines. Ils sont néanmoins enjoints à se défier des pièges et des périls qu’elle renferme, et d’avoir la certitude que la vie les tient à son bord comme un navire. En ce monde, les hommes se trouvent ainsi en transit. Leur première escale n’est autre que le berceau, et leur dernière, le tombeau. Quant à leur lieu de séjour véritable, il sera le paradis ou l’enfer. L’âge de chaque individu correspond à la longueur de ce voyage : ses ans en sont les étapes ; ses mois en sont les parasanges 3 ; ses jours en sont les miles ; et ses souffles en sont les pas. Puis ses observances en sont les marchandises ; sont temps en est le capital ; ses désirs et ses avantages en sont les bandits de grand chemin. Et au final, soit il triomphe et se destine à la rencontre du Très-Haut dans la demeure de paix, en compagnie du Roi suprême et des délices permanents. Soit il cause sa propre ruine et se voue au bannissement de la présence divine. Il est alors emporté, appesanti de fers et de carcans, pour subir un douloureux châtiment dans les divers degrés de la géhenne.
Tout homme s’employant en son étourderie, fusse le temps d’un souffle, à autre chose qu’à une adoration le rapprochant de Dieu, s’expose aussi longtemps qu’il vit à une possible déchéance et, conséquemment, à une perte et un regret infini au jour de la grande déconvenue 4 . En raison de cette menace légitimement préoccupante, les hommes assistés de la providence s’astreignent de toutes leurs forces à renoncer aux plaisirs de l’âme. Ils tirent bénéfice de la vie qu’il leur reste pour planifier des temps dévotionnels consacrés à la dévotion. Ils aspirent à vivifier leurs nuits et leurs jours en vue de se rapprocher du Roi contraignant et de cheminer vers la demeure de permanence. C’est pourquoi la science véhiculée par la voie du salut donne une grande importance à la répartition et à la mesure des temps dévotionnels, ainsi qu’à l’organisation des adorations dont nous avons parlées. Le propos des chapitres suivants sera précisément d’expliciter tout cela.
LES VERTUS DES PRATIQUES DÉVOTIONNELLES ASSIDUES
Les hommes dotés de discernement spirituel savent qu’il n’est de salut en dehors de la rencontre du Très-Haut. Or, pour gagner ce salut, le serviteur doit se résoudre au deuil de soi, animé de l’amour qu’il voue à Dieu et nanti de la connaissance qu’il a de Lui, exalté soit-Il. Il se trouve que l’amour et l’intimité du Très-Haut ne s’acquièrent que par la pratique assidue et régulière de son souvenir en tant qu’Aimé. Quant à Sa connaissance, elle ne s’acquiert que par la méditation constante sur Sa Personne, Ses attributs et Ses actes, sachant qu’il n’est rien en l’existence en dehors de Lui et de Ses actes. Le souvenir et la méditation nécessitent à leur tour de renoncer à ce monde et à ses objets de désir ; et de ne se munir que du strict minimum nécessaire au voyage. Et en définitive, l’individu ne peut réaliser tout cela qu’en consacrant ses nuits et ses jours à des dévotions régulières et à des méditations.
Mais l’âme étant encline à la lassitude, elle ne saurait se satisfaire d’une seule forme de pratique favorisant le souvenir et la méditation. Est-elle astreinte à une adoration unique, qu’elle a tôt fait de s’affliger et de se décourager. Et la tradition nous enseigne que le Très-Haut ne saurait se lasser de nos dévotions avant nous. La mansuétude divine impliquait donc que les âmes puissent se délasser par des adorations variées, adaptées à chaque moment, de manière à leur procurer un certain plaisir contribuant à l’assiduité. C’est pourquoi les dévotions se répartissent de façon variable. Le souvenir et la méditation doivent en revanche occuper tout le temps de l’individu ou presque.
L’âme tend par nature aux objets de plaisirs de ce monde. Et lorsqu’un individu emploie une partie de son temps à jouir de bienfaits et d’agréments, même licites, et une autre partie de son temps aux adorations, il favorise en réalité son inclination pour ce monde, du fait que ces agréments s’accordent avec les vœux de son âme. Parce que si ces deux formes d’activités peuvent être équivalentes sous le rapport du temps consacré, comment pourraient-elles l’être sous le rapport de la valeur intrinsèque ? L’être humain incline si naturellement pour les plaisirs de ce monde que son être extérieur autant que son être extérieur en jouissent ; et son cœur s’y adonne pleinement et sans réserve. Quant aux dévotions, l’être humain s’y soumet au prix de grands efforts et il ne peut garantir que son cœur les accomplit avec sincérité et en conscience la plupart du temps. Quiconque souhaite accéder au paradis sans rendre de comptes, doit donc employer tout son temps aux adorations. Et quiconque espère du moins voir incliner sa balance du côté des bonnes œuvres par le poids de sa bienfaisance, doit employer la majorité de son temps aux adorations. Mêler de bonnes œuvres à de mauvaises est en effet dangereux. Néanmoins, un espoir subsiste toujours et l’individu peut légitimement compter sur la clémence divine. Il se peut en effet que le Très-Haut, en sa libéralité et sa munificence, lui fasse grâce de ces fautes.
Voilà ce que les gens dotés de discernement spirituel observent. Si tu ne fais pas partie de ceux-là, considère le Discours du Très-Haut et de Son Prophète et déduis-en ce que nous venons de dire à la lumière de la foi. Dieu a en effet déclaré à la plus proche et à la plus éminente de Ses créatures : « Tu as, le jour, de longues occupations. Évoque le nom de ton Seigneur et consacre-toi exclusivement à Lui. » 5 ; « Et évoque le nom de ton Seigneur matin et soir. Et prosterne-toi devant lui une partie de la nuit et exalte-Le un long moment. » 6 ; « Célèbre la louange de ton Seigneur avant le lever du soleil et avant son coucher. Et exalte-Le une partie de la nuit, ainsi qu’après tes prosternations. » 7 ; « Célèbre la louange de ton Seigneur lorsque tu te lèves. Et exalte-Le une partie de la nuit ainsi qu’après [la disparition] des étoiles. » 8 ; « La prière de la nuit marque plus [profondément] et favorise la justesse des propos. » 9 ; « Exalte [Dieu] à certains moments de la nuit et aux extrémités du jour. Peut-être seras-tu satisfait. » 10 ; « Accompli la prière aux deux extrémités du jour et une petite partie de la nuit. Certes les bonnes actions annihilent les mauvaises . » 11
Vois ensuite comment Dieu décrit Ses serviteurs promis à la réussite. Il déclare en effet : « Que dire de qui se lève à des moments de la nuit, prosterné puis debout, [cet homme] qui craint l’au-delà et place ses espoir en la miséricorde de son Seigneur. Dis : « sont-ils égaux, ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ? » » 12 ; « Leurs flancs s’arrachent de leurs lits, [et les voilà] qui invoquent leur Seigneur, animés de crainte et d’espoir. » 13 ; « Ceux qui passent la nuit en prosternation et debout. » 14 ; « Ils s’alitaient peu la nuit et demandaient pardon aux aurores. » 15 ; « Exalté-soit Dieu, à l’heure où vous abordez le soir et à l’heure où vous abordez le matin. » 16 ; « Ne chasse pas ceux qui invoquent leur Seigneur le matin et le soir aspirant à Son visage. » 17
Ce sont là autant de textes indiquant que parcourir la voie de Dieu nécessite de guetter les moments propices et de les occuper à des dévotions quotidiennes et assidues. C’est pourquoi le Prophète – Dieu lui consente la grâce et le salut – a dit : « La plus estimable adoration aux yeux de Dieu est celle de ces gens qui guettent le soleil, la lune et les ombres 18 , dans la perspective du souvenir de Dieu. » Le Très-Haut a dit pas ailleurs : « le Soleil et la lune [évoluent] selon un calcul prévisible. » 19 ; « Ne vois-tu pas comment ton Seigneur fait s’étendre l’ombre. S’il le voulait, il la tiendrait immobile. Et [ne vois-tu pas] comment Nous faisons en sorte que ce soit le soleil qui la guide ; et [comment] Nous la contractons finalement vers nous peu à peu. » 20 ; « Et la lune, Nous en avons déterminé les mansions. » 21 ; « Il est Celui qui vous a donné les étoiles, pour que vous puissiez vous orienter dans l’obscurité des terres et des mers. » 22
Ne t’imagine pas que la course du soleil et de la lune selon un comput précis et ordonné, ainsi que la création de l’ombre, de la lumière et des étoiles, ont pour objet d’aider les hommes à développer leurs activités mondaines. Si Dieu a établi tout cela, c’est afin que l’on puisse mesurer le temps et employer chaque moment aux adorations et au commerce de l’au-delà. C’est ce qu’indique la parole du Très-Haut : « Il a instauré l’alternance de la nuit et du jour pour quiconque aspire à L’évoquer ou à Le louer. » 23 C’est-à-dire pour que l’une de ces deux [adorations] supplée à l’autre, afin qu’elles se complètent mutuellement. Et Dieu explique que c’est la prérogative du souvenir et de la louange, à l’exclusion de toute autre forme d’adoration. Il dit en outre : « Et Nous avons fait de la nuit et du jour deux signes. Nous effaçons le signe de la nuit et Nous établissons le signe du jour pour que chacun puisse voir clair, pour que vous aspiriez aux bienfaits de votre Seigneur et pour que vous connaissiez le comput des ans et le calcul. » 24 Les bienfaits auxquels chacun doit aspirer ne sont autres que la récompense [future] et le pardon. Nous demandons à Dieu de nous conduire à accomplir des œuvres qu’Il agrée, par le concours de Sa gracieuse providence.
LE NOMBRE ET L’ORDRE DES TEMPS DÉVOTIONNELS
Les temps dévotionnels ( awrâd ) 25 d’une journée sont au nombre de sept. Le premier se situe entre l’aube 26 et le lever du soleil. Le deuxième et le troisième se situent entre le lever du soleil et le début de son déclin dans le ciel. Le quatrième et le cinquième se situent entre le déclin et le moment où les ombres sont d’une taille deux fois supérieure aux objets 27 . Et le sixième et le septième se situent entre ce dernier moment et le coucher du soleil.
Les temps dévotionnels d’une nuit sont au nombre de quatre. Le premier et le deuxième se situent entre le coucher du soleil et le moment où les gens s’alitent. Le troisième et le quatrième se situent entre le début de la deuxième moitié de la nuit et l’aube.
Nous évoquerons ici les mérites et les rites associés à chacun de ces temps dévotionnels, ainsi qu’un certain nombre de faits afférents à ceux-ci.
Le premier temps dévotionnel se situe donc entre l’aube et le lever du soleil. Ce moment a une valeur et une vertu particulières. Le serment suivant que Dieu formule en témoigne : « Par l’aube lorsqu’elle s’étire. » 28 Les paroles d’éloge qu’Il s’adresse à Lui-même, se prévalent d’en être à l’origine, en témoigne également : « Lui qui fait éclore l’aurore. » 29 ; « Dis : je recherche protection auprès du Seigneur de l’aube. » 30 Dieu manifeste également Sa Toute Puissance en soustrayant l’ombre : « et [comment] Nous la contractons finalement vers Nous peu à peu. » 31 Ce verset évoque le moment de l’aube où l’ombre se rétracte, chassée par la progression de la lumière du soleil. Il invite par ailleurs les gens à L’exalter à ce moment particulier : « Exalté soit Dieu, lorsque vous abordez la nuit et lorsque vous abordez le jour. » 32 ; « Célèbre la louange de ton Seigneur avant le lever du soleil et avant son coucher. » 33 ; « Et exalte-Le une partie de la nuit, ainsi qu’après tes prosternations. » 34 ; « Et évoque le nom de ton Seigneur matin et soir. » 35
Les pratiques dévotionnelles doivent être observées selon l’organisation suivante :
À son lever, le fidèle commence par invoquer Dieu en ces termes : « Loué soit Dieu, Lui qui nous a donné la vie après nous avoir fait mourir. C’est auprès de Lui que se fera la résurrection. » Ici, toutes les invocations spécifiques au réveil que nous avons indiquées dans le livre consacré aux invocations peuvent être formulées. Le serviteur s’habille tout en invoquant, avec l’intention de couvrir ses parties honteuses conformément à l’ordre du Très-Haut. Il doit voir en son habit un accessoire destiné à l’aider dans son adoration et non pas une parure destinée à parader ostensiblement et impudemment devant ses semblables.
Le fidèle se rend ensuite aux toilettes, s’il en ressent le besoin. Il rentre du pied gauche et formule les invocations que nous avons mentionnées au Livre consacré à la purification. Il fait cela aussi bien au moment d’entrer qu’au moment de sortir.
Il se brosse les dents au bois d’Arak selon l’usage prophétique, comme nous l’avons vu précédemment.
Il procède à son ablution en respectant tous les usages prophétiques et toutes les invocations que nous avons mentionnées dans le cadre de la purification. En effet, si nous avons recensé précédemment l’ensemble des adorations isolément, c’est uniquement pour pouvoir en définir l’ordre et l’agencement dans ce livre.
Lorsque le fidèle a fini son ablution, il prie chez lui les deux cycles de la prière du Fajr. Je veux dire les deux cycles surérogatoires 36 . C’est ainsi que faisait l’Envoyé de Dieu - Dieu lui consente la grâce et le salut.
Après avoir prié ces deux cycles, qu’il l’ait fait chez lui ou à la mosquée, le fidèle formule l’invocation rapportée par Ibn ‘Abbâs – Dieu soit satisfait de lui et de son père : « Mon Dieu, Accorde-moi une miséricorde ayant vertu de Guider mon cœur, de rassembler mes alliés, d’unifier ma personne, d’écarter de moi les tentations, d’amender ma condition religieuse, de préserver [les gens] qui me sont absent et d’anoblir ceux qui me sont présents, de purifier mon action, d’illuminer mon visage, de m’inspirer la juste orientation et de me garder de tout mal. Mon Dieu, accorde-moi d’entretenir une foi sincère et une certitude à laquelle ne succèdera jamais l’impiété. Accorde-moi une miséricorde en vertu de laquelle je serais tenu en honneur par Toi dans ce monde et dans l’autre. Mon Dieu, accorde-moi de trouver le succès au jour du Décret, d’accéder au rang des martyres et de vivre à l’image des bienheureux. Donne-moi victoire sur mes ennemis et mets-moi en compagnie des prophètes. Mon Dieu, je Te présente mon besoin, même si ma vision est déficiente, mes recours inefficaces, et mes actions sans effet. J’ai grand besoin de Ta miséricorde. Alors, je Te demande, ô Toi qui satisfaits à tout besoin, et Toi qui guéris les poitrines, de même que tu préserves les gens sur les mers, préserve-moi du tourment de l’enfer, de l’imprécation délétère et des tentations occurrentes une fois sous terre. Mon Dieu, cela que ma trop courte vue ne me fait pas ambitionner, cela auquel mon action ne me permet de prétendre, cela auquel mon intention ne me fait tendre et cela que mon espérance ne me fait attendre, qu’il s’agisse d’un bien que tu as promis à un de Tes serviteurs ou d’un bien que Tu consens à donner à l’une de Tes créatures, j’exprime le désir et formule la demande de l’obtenir, ô Seigneur des mondes. Mon Dieu, fais de nous des gens avisés et bien guidés, non des gens égarés et perdant nos semblables ; des gens en guerre contre Tes ennemis et en paix avec Tes amis ; des gens qui aiment pour l’amour de Toi celles de Tes créatures qui t’obéissent et qui combattent, en considération de l’adversité que Tu leur voues, celles de Tes créatures qui s’opposent à Toi. Mon Dieu voici ma requête et c’est à Toi qu’il appartient d’y accéder ; voici l’effort, et c’est à Toi que je m’en remets ensuite. Nous appartenons à Dieu et c’est vers Lui que nous sommes destinés à revenir. Dieu seul prête force et puissance, Lui le Sublime et l’immense, Lui qui possède la corde solide et la guidance sûre. Je Te demande de me tenir en sécurité au Jour de la menace et je Te demande de m’accorder le paradis en la demeure d’éternité, auprès des rapprochés contemplateurs et des hommes consacrés à l’inclination et la prosternation, fidèles à leurs engagements. Tu es le Miséricordieux et l’Aimant, et Tu fais ce que Tu veux. Exalté soit Celui qui s’est revêtu de gloire et nous en a informés ; exalté soit Celui qui se prévaut et se flatte de sa triomphale posture ; exalté soit Celui qui seul convient d’être exalté ; exalté soit Celui qui dispose des grâces et des bienfaits ; exalté soit le Plein de gloire et de majesté ; exalté soit Celui qui embrasse toute chose de Sa science. Mon Dieu, place une lumière en mon cœur, une lumière en ma tombe, une lumière en mon ouïe, une lumière en mon regard, une lumière en mes cheveux, une lumière en ma peau, une lumière en ma chair, une lumière en mon sang, une lumière en mes os, une lumière devant moi, une lumière derrière moi, une lumière à ma droite, une lumière à ma gauche, une lumière au dessus de moi, une lumière en dessous de moi. Mon Dieu, augmente ma lumière, accorde-moi de la lumière et fais de moi une lumière. »
Le fidèle sort de chez lui et se rend à la mosquée sans oublier l’invocation prescrite à tout croyant sortant de chez lui. 37 Il n’y va pas en se pressant, mais en marchant d’un pas calme et serein, comme la tradition prophétique le donne en exemple. Il ne marche pas non plus les doigts croisés.
Il rentre dans la mosquée du pied droit et formule l’invocation conforme à l’usage prophétique. 38

Il se place au premier rang s’il reste une place, sans passer au-dessus des épaules des gens et sans forcer le passage, comme nous l’avons dit au Livre consacré à la prière du vendredi.
S’il ne l’a pas déjà fait chez lui, il prie les deux cycles du Fajr et les fait suivre des invocations d’usage. S’il a déjà prié ces deux cycles, il prie deux cycles de sacralisation du lieu de culte 39 . Puis il s’assoit pour attendre la prière collective. Le meilleur moment pour se rendre à la mosquée de nuit est celui de la prière collective. C’est ainsi que faisait le Prophète - Dieu lui consente la grâce et le salut. De manière générale, il ne convient pas de négliger la prière collective. En particulier la prière de l’aube ( subh ) et la prière du soir (‘ishâ’ ), parce que les vertus de ces deux prières sont supérieures à celles des autres prières. Anas Ibn Mâlik – Dieu soit satisfait de lui – rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit au sujet de la prière de l’aube : « Lorsqu’un homme fait son ablution et se rend à la mosquée pour prier, à chacun de ses pas lui est comptée une bonne action et lui est soustraite une mauvaise action, sachant que chaque bonne action en vaut dix semblables. Puis lorsqu’il a prié et repart, au lever du soleil, pour chacun des poils de son corps lui est comptée une bonne action ; et il met à son crédit l’équivalent d’un grand pèlerinage (hajj) bien accompli. S’il reste jusqu’à la prière de la matinée (duhâ), à chaque inclination lui est compté un million de bonnes actions. Et lorsqu’un homme prie la prière du soir (‘ishâ’) 40 , il obtient les mêmes bénéfices et ajoute à son crédit l’équivalent d’un petit pèlerinage (‘umra). »
Nos vertueux prédécesseurs avaient l’habitude de se rendre à la mosquée avant l’aube. Un homme de la deuxième génération des musulmans raconte ce qui suit : « Je m’étais un jour rendu à la mosquée avant l’aube. Abû Hurayra, qui m’avait précédé, se trouvait là. Il me demanda : « Cher cousin, pourquoi es-tu sorti de chez toi à cette heure ? » - « Pour la prière du matin, lui répondis-je. » Il me dit : « Grand bien te fasse ! Nous considérions jadis que venir et rester à la mosquée à cette heure équivalait à une expédition armée entreprise pour la cause de Dieu, exalté soit-Il. » Peut-être a-t-il précisé « avec l’Envoyé de Dieu - Dieu lui consente la grâce et le salut. »
‘Alî rapporte que le Prophète - Dieu lui consente la grâce et le salut – vint un matin frapper à leur porte, à lui et à Fâtima – Dieu soit satisfait d’eux – alors qu’ils dormaient. Il leur dit : « N’allez-vous pas prier ? » Alî lui répondit : « Nos âmes sont entre les mains du Très-Haut : s’Il veut les ressusciter Il le fait. » Alî raconte : « Le Prophète s’en retourna. Je l’entendis frapper sa cuise et dire tout en s’éloignant : « Il n’est d’être 41 plus ergoteur que l’Homme ! » 42 »
Après les deux cycles du fajr et les invocations, le fidèle s’emploie à demander pardon à Dieu et à Le glorifier, jusqu’à ce que l’on appelle à la prière. À ce moment-là, il dit soixante-dix fois : « Je demande pardon à Dieu, Lui en dehors de Qui il n’est aucun dieu, le Vivant le Subsistant par Soi. Et je me repens auprès de Lui. » ; puis il dit cent fois : « Exalté soit Dieu. Loué soit Dieu. Il n’est de dieu si ce n’est Dieu. Et Dieu est plus grand. » Ensuite, il prie la prière obligatoire en veillant à respecter les convenances, intérieures et extérieures, que nous avons indiquées au sujet de la prière et de l’orientation de celle-ci.
Lorsqu’il finit cette prière, il s’assoit dans la mosquée jusqu’au lever du soleil et formule les litanies dont nous allons indiquer l’ordre. Le Prophète - Dieu lui consente la grâce et le salut – a dit en effet : « Demeurer dans une assemblée à invoquer le Très-Haut de la prière de l’aube jusqu’au lever du soleil est plus estimable à mes yeux que d’affranchir quatre esclaves. » On rapporte aussi le hadith suivant : « Lorsque le Prophète - Dieu lui consente la grâce et le salut – avait accompli la prière de l’Aube, il avait pour habitude de demeurer dans son lieu de prière jusqu’au lever du soleil. » Des versions ajoutent qu’il priait ensuite deux cycles de prières. C’est à dire, après le lever du soleil. Les paroles prophétiques vantant les mérites de ces oraisons du matin sont innombrables. Al-Hasan a dit à ce sujet : « L’Envoyé de Dieu - Dieu lui consente la grâce et le salut – disait entre autres, au sujet de la miséricorde de son Seigneur : « Dieu déclare : « Ô fils d’Adam, mentionnez-Moi durant une heure après la prière de l’aube et durant une heure après la prière de l’Après-midi, Je Me chargerais du temps compris entre ces deux prières. » »
Si le fidèle est conscient des vertus de ces adorations, il convient qu’il demeure assis, sans parler, jusqu’au lever du soleil. Je dirais même qu’il convient qu’il s’emploie à quatre offices ( wazâ’if ) 43 : les invocations ( ad‘iya ), les litanies ( adhkâr ), la lecture du Coran et la méditation 44 ( tafakkur ).
Pour ce qui est des invocations, elles consistent en ce qui suit : après sa prière, le fidèle commence par dire : « Mon Dieu, appelle la prière et le salut sur Muhammad et la famille de Muhammad. Mon Dieu, Tu es la paix ; de Toi procède la paix ; et vers Toi retourne la paix. Accorde-nous donc Seigneur de vivre en paix et d’être admis [ensuite] à la demeure de paix. Très-Sublime es-tu, ô le Plein de Majesté et de Grâce. »
Il formule ensuite le préambule des invocations qu’avait coutume de formuler l’Envoyé de Dieu - Dieu lui consente la grâce et le salut : « Exalté soit mon Seigneur, l’Éminent, le Suréminent et le Munificent. Il n’est de Dieu si ce n’est Dieu, le Seul et sans associé. C’est à Lui qu’appartient le royaume, et c’est à Lui qu’est légitimement adressée la louange. Il donne vie et mort, et Il est le vivant qui ne meurt pas. Le bien est entre Ses mains et Il est capable de tout. Il n’est de dieu si ce n’est Dieu, le détenteur des bienfaits, des faveurs et de la très admirable louange. Il n’est de dieu si ce n’est Dieu. Nous n’adorons que Lui et Lui vouons un culte pur, n’en déplaise aux impies.

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