Attirer les oiseaux aux mangeoires
248 pages
Français

Attirer les oiseaux aux mangeoires

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Description

Quoi de plus fascinant que d'observer des oiseaux dans votre propre jardin? Voici le guide qui vous permettra d'attirer chez vous les espèces les plus variées en leur offrant simplement leurs mets préférés.
- Choisir et installer des mangeoires;
- En construire soi-même;
- Offrir un menu diversifié;
- Nourrir les oiseaux au fil des saisons;
- Choisir arbres, arbustes et fleurs pour le gîte et le couvert;
- Éloigner les prédateurs et les visiteurs indésirables.
Attirer les oiseaux aux mangeoires vous présente des fiches d'information détaillées sur une soixantaine d'espèces fréquentant les mangeoires dans nos régions: identification, habitat, répartition, alimentation et présence aux mangeoires.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 19 mars 2015
Nombre de lectures 23
EAN13 9782894359686
Langue Français
Poids de l'ouvrage 23 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0015€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Édition : Johanne Ménard
Révision linguistique : Serge Gagné, Frèdelin Leroux et Monique Proulx
Conception graphique : Standish Communications et Céline Forget
Infographie : Standish Communications, Céline Forget et Domino Design
Communications
Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres –
Gestion SODEC
Les Éditions Michel Quintin bénéficient du soutien financier de la SODEC et du
gouvernement du Canada par l’entremise du Programme d’aide au développement de
l’industrie de l’édition (PADIÉ) pour leurs activités d’édition.
Tous droits de traduction et d’adaptation réservés pour tous les pays. Toute
reproduction d’un extrait quelconque de ce livre, par procédé mécanique ou électronique, y
compris la microreproduction, est strictement interdite sans l’autorisation écrite de
l’éditeur.
ISBN 978-2-89435-343-1 (version imprimée)
ISBN 978-2-89435-968-6 (PDF)
Dépôt légal – Bibliothèque et Archives du Québec, 2007
Bibliothèque et Archives du Canada, 2007
Copyright 2007©
Éditions Michel Quintin
4770, rue Foster
Waterloo (Québec)
Canada J0E 2N0
Tél. : 450-539-3774
Téléc. : 450-539-4905
www.editionsmichelquintin.ca À Paul et Pierre,
par amitié et pour tout le plaisir d’observer
les oiseaux ensemble.Remerciements
Je désire remercier les personnes suivantes qui, par leur soutien ou leurs
commentaires, ont généreusement collaboré à la préparation de cet ouvrage :
Pierre Bergeron, Céline Forget, Michel Gosselin, Daniel Jauvin, France Lacouture,
Ghislaine Lamoureux, Nicole Landry, Jeanne Lehoux, Johanne Ménard, Maude
Ménard-Dunn, Paul Messier, Michel Quintin, Marie-Claude Rouleau et Pierre
Verville.
Mes plus sincères remerciements s'adressent également aux nombreuses
autres personnes grâce auxquelles la publication de ce volume a été rendue
possible.
Crédits photographiques
Légende : (h)=en haut, (c)=au centre, (b)=en bas, (g)=à gauche, (d)=à droite,
(m)= en médaillon
Daniel Auger: 49, 67, 68, 69, 73, 81, 86, 99, 116, 130, 138, 158, 180, 184 (m), 190,
200 (2 photos), 204 (m)
Robert Côté: 52 (d), 62, 124 (2 photos), 132 (2 photos), 160
André Cyr: 65, 97
Normand David: 192
Daniel Dupont : 15 (m1, m2, m3), 20, 34, 38, 58, 96, 98, 100, 101, 103, 105, 112
(2 photos), 126 (2 photos), 142, 144, 154, 156, 164, 170, 172, 174, 184, 186, 196,
202, 204, 206 (2 photos), 208 (2 photos), 210, 212, 214, 223 (m1, m2, m3, m4), 228,
couv. avant : photo principale, m1, m2, m3, dos
Denis Faucher: 32, 94, 110, 122, 140, 152, 166 (2 photos), 188 (2 photos), 216 (m),
220 (2 photos)
Jeanne Lehoux : 10, 11, 14, 16, 18, 19, 22, 23 (2 photos), 24, 25, 26, 28, 30, 31 (h),
33, 36 (h), 42, 44, 50 (d), 51 (d), 52 (g), 55 (g), 61, 63, 64, 71, 75, 87, 88, 89, 90,
91 (b), 107, 109 (m1, m3, m4), 114, 120 (m), 128 (m), 130 (m), 134, 136, 148, 150,
168, 176, 178 (2 photos), 182, 186 (m), 190 (m), 194, 196 (m), 198 (2 photos), 202
(m), 218 (2 photos), 226, 230, 234, 237
Robert Morin : 21, 48, 51 (g), 54, 77, 162
Claude Nadeau : 15 (m4), 102, 120, 146, couv. avant : m4, couv. arrière
Jean Paquin : 36 (b), 37, 106
Michel Quintin : 5, 7, 9, 12, 17, 27, 29, 31 (b), 35, 39, 40, 41, 45, 46, 47, 50 (g), 53
(2 photos), 55 (d), 59, 60, 66, 70, 72, 74, 76, 79, 80, 82, 83, 84, 85 (2 photos), 91 (h),
92, 93, 104, 109 (m2), 118, 128, 216, 232
Alan Standish : Photos de graines et autres alimentsTable des matières
Préface ..................................................................................................7
Introduction..........................................................................................9
COMMENT ATTIRER LES OISEAUX CHEZ SOI ..................................15
Nourrir les oiseaux au fil des saisons ..........................................17
Choisir et installer des mangeoires ..............................................35
Offrir un menu diversifié..............................................................59
Les hauts et les bas de la vie aux mangeoires..............................81
Un jardin accueillant pour les oiseaux ........................................97
AUX MANGEOIRES ESPÈCE PAR ESPÈCE ........................................109
POUR EN SAVOIR PLUS ..................................................................223
Annexes
1. Tableau des préférences alimentaires ..................................224
2. Prédateurs emplumés ............................................................226
3. Espèces regroupées selon leur statut ....................................236
4. Liste des espèces observées régulièrement au Québec
et dans les Maritimes ............................................................239
Références utiles ..............................................................................244
Index..................................................................................................246Préface
Il y a une quinzaine d’années déjà, avec des amis nous passions nos
weekends d’hiver dans un chalet en Estrie. N’étant pas des plus sportifs, nos
séjours étaient remplis de plaisirs épicuriens et de contemplations. Profitant
de ces séjours à la campagne, nous avions installé nos premières mangeoires.
Surprise ! Nous étions aux premières loges : des Gros-bec errants se
bousculant, des Sizerins flammés par dizaines et des Tarins des pins se
nourrissaient tout près de nous, juste de l’autre côté de la porte patio! Nous
étions si près d’ailleurs, qu’un jour nous avons été témoins de l’enlèvement
d’un sizerin par un Autour des palombes. Un Pic mineur, qui avait échappé
au prédateur, en est resté prostré pendant des heures.
J’étais très étonné de voir ces oiseaux si colorés. Moi qui croyais comme tant
d’autres que l’hiver il n’y avait que des « moineaux » qui restaient chez nous !
À l’époque je m’étais procuré un guide d’identification des oiseaux
d’Amérique du Nord. Un livre fort intéressant, certes, mais un peu déroutant
pour le débutant que j’étais. C’est pourquoi je me réjouis aujourd’hui de la
publication de ce guide d’identification des oiseaux de mangeoires, puisqu’il
permettra aux nouveaux observateurs de se familiariser peu à peu avec la
gente ailée.
Au fil de vos observations, et à l’aide de ce précieux guide, je vous souhaite
autant d’heures de bonheur que celles que j’ai vécues en observant les
oiseaux près de chez moi. Ouvrez l’œil (et le bon), et que le spectacle de la
nature commence !
Pic mineur
Pierre VervilleIntroduction
UNE ACTIVITÉ FASCINANTE quand il y a des mésanges, d’autres
oiseaux suivent souvent. Bientôt, onQuelle joie de découvrir les premiers
observe aussi un Geai bleu. Tiens,oiseaux à sa mangeoire ! D’observer
voilà des Roselins familiers du voisi-ces visiteurs qui semblent apprécier
nage qui se sont donné rendez-vousla nourriture offerte tout près de la
à la mangeoire. À moins qu’il s’agissemaison.
d’une bande de Sizerins flammés,
Depuis son installation, la nouvelle ces petits oiseaux venus de l’Arctique
mangeoire a été l’objet de bien des pass er l’hiver dans le sud du pays,
attentions. Pendant quelques jours, et qui décident de profiter de cette
on a jeté par la fenêtre de multiples nour riture apparemment inépui-
coups d’œil dans l’espoir de voir sa ble. Bref, en peu de temps, la
arriver des oiseaux dans le jardin. Et mangeoire est fréquentée par une
voilà que les premiers volatiles se grande diversité d’oiseaux.
pointent le bout du… bec ! Dans
plusieurs cas, il s’agit de Mésanges à Souvent les gens sont surpris de
tête noire qui ont découvert cette constater à quel point il est facile
source de nourriture soudainement d’attirer des oiseaux chez soi. Bien
disponible sur leur territoire. Et vite, on se prend au jeu. On ajoute de
Gros-bec errantsnouvelles mangeoires pour accueillir tout le terrain en fonction de ces
plus d’oiseaux, dont l’observation petits visiteurs. Une bonne façon
occ upe de plus en plus de place dans d’emb ellir les abords de sa maison
la vie quotidienne. On multiplie et de son quartier, qui profite aussi
les heures passées à la fenêtre. On aux oiseaux du voisinage.
profite de la présence de tous ces
petits visiteurs dont on ne soupçon- L’ouvrage que nous vous présentons
nait même pas l’existence. vous permettra de découvrir
comment profiter de la présence des
Cette facilité avec laquelle on peut oiseaux dans votre jardin en toutes
attirer les oiseaux près de chez soi a saisons. Le guide se divise en deux
d’ailleurs grandement contribué à grandes sections, la première
explil’essor de la popularité de l’orni tho - quant en détail comment s’y prendre
logie au cours des dernières années. pour attirer les oiseaux chez soi, la
L’installation de mangeoires permet seconde décrivant espèce par espèce
de s’initier à cet univers fascinant et les oiseaux qui fréquentent les
mande constater à quel point la diversité geoires et leurs préférences.
est grande chez les oiseaux. Ceux et
COMMENT ATTIRER LEScelles qui se livrent à cette activité
OISEAUX CHEZ SOIs’initient de la sorte à un loisir qui
deviendra vite une passion. Dans la première partie du guide, on
abordera tout d’abord le thème de
On raffine constamment la façon de la diversité au fil des saisons. On y
nourrir et d’attirer les oiseaux, allant apprendra comment on peut nourrir
même souvent jusqu’à réaménager les oiseaux toute l’année près de
Cardinal rouge
10Mésange à tête noire
chez soi, contrairement à l’idée gé - espèce d’oiseaux s’y présentant ?
nér alement acceptée à une certaine Bref, comment s’assurer que son
époque selon laquelle l’installation poste d’alimentation est en mesure
des mangeoires devrait se limiter à d’accueillir de multiples visiteurs ?
la période hivernale. Ainsi, on expli-
quera comment adapter le poste Une fois les mangeoires installées,
d’alimentation aux exigences des il faut les garnir de nourriture.
visiteurs, qui varient tout au long L’amateur trouvera ici la description
de l’année, et comment en profiter des différents « mets » qui plaisent
le plus possible, les oiseaux agrémen - aux petits convives ailés fréquentant
tant de plus en plus l’environnement les postes d’alimentation. L’ouvrage
au fil des mois, pour le plus grand présente d’abord un menu de base
plaisir des amateurs. qui satisfait aux exigences de nom-
breuses espèces, et traite en suite
Dans un deuxième temps, on s’inté - d’une multitude d’aliments qui
ressera aux différents modèles de permettent de varier le menu. On
mangeoires. Quels sont les prin- parlera non seulement des préfé-
cipaux types de mangeoires et rences alimentaires des oiseaux, mais
lesquelles choisir pour satisfaire aux aussi de la meilleure façon de leur
exigences particulières de chaque offrir ce qu’ils aiment.

11Roselins pourprés
Suivent ensuite diverses observations abri. En plus de parler des conditions
concernant la vie quotidienne aux d’ins tallation des mangeoires, on
mangeoires, notamment la manière présentera donc aussi quelques ar-
de réagir en cas de grande affluence bres, arbustes et plantes grimpantes
ou encore l’attitude à adopter en - qui leur fourniront de la nourriture et
vers les écu reuils qui voudront un abri, tout en créant un
environaussi tirer avantage de la nourriture nement agréable. La meilleure façon
offerte. On traitera également des d’attirer les oiseaux frugivores
conoiseaux de proie qui profitent des siste par exemple à planter des arbres
rassemblements d’oiseaux aux man- et des arbustes qui produisent des
geoires pour chasser, tout comme fruits, ce sont des oiseaux qui
vienle font les chats du voisinage. nent très rar e ment aux mangeoires.
AUX MANGEOIRESComme l’environnement dans lequel
ESPÈCE PAR ESPÈCEse trouve le poste d’alimentation aura
aussi une grande influence sur sa Dans la deuxième partie du guide,
fréquentation, on expliquera finale- on présentera plus en détail les
ment comment aménager le tout effi- dif férentes espèces qui fréquentent
cacement pour répondre aux besoins régulièrement les mangeoires au
des oiseaux. En effet, ceux-ci ne Québ ec et dans les Maritimes. Il
recherchent souvent pas seulement s’a git d’un album de famille dans
de la nourriture, mais égal ement un le quel on décrira les caractéristiques
12de près d’une soixantaine d’espèces. permettra entre autres à l’amateur
Celles-ci ont été choisies en fonction de différencier plus facilement les
des données sur la répartition des espèces d’une même famille. La voix
oiseaux tirées du guide Oiseaux du peut également constituer un critère
Québec et des Maritimes, des informa- très utile pour identifier plusieurs
tions sur la répartition des espèces des oiseaux qui égaient les abords
aux mangeoires selon les données de nos habitations.
recueillies par le projet de
dénombrement FeederWatch, ainsi que sur Outre une brève description de
les renseignements parus dans la l’habitat fréquenté par l’espèce, on
Liste commentée des oiseaux du indique ensuite sa répartition
géoQuébec. graphique, illustrée à l’aide d’une
carte. On peut ainsi connaître les
L’identification des oiseaux régions fréquentées par un oiseau
Les espèces choisies sont classées par au fil des saisons. Où niche-t-il ?
famille et portent les noms français Où migre-t-il ? Où passe-t-il l'hiver ?
utilisés dans l’ouvrage Noms français
des oiseaux du monde, publié en 1993
par la Commission internationale
des noms français des oiseaux.
Les noms anglais et scientifiques
sont ceux que préconise l’American
Orni tho logists’ Union (AOU) dans
la Checklist of North American Birds
e (7 édition). La taille indiquée rep ré -
sente les dimensions extrêmes de
l’oiseau adulte, mesurées sur des
spécimens étendus sur le dos, du
bout du bec à l’extrémité de la queue.
Les tailles sont tirées de la dernière
édition de l’ouvrage de W. Earl
Godfrey, Les Oiseaux du Canada.
aire de nidificationChaque espèce est illustrée par une
photo qui permet de se familiariser aire d’hivernage
avec les principales caractéristiques présence à l’année
serv ant à l’identification. Une se-
conde photo précise au besoin une
différence de plumage chez la
Aux mangeoiresfe melle, l’immature, ou encore en
hiver. Toutes les données relatives aux
mangeoires sont ensuite regroupées
La rubrique «identification » met afin d’en faciliter la consultation. Le
l’accent sur les caractéristiques qui tout s’ouvre sur une description de
distinguent cette espèce plutôt la présence et de l’abondance de
que de proposer une description l’espèce aux mangeoires. Celle-ci
syst ématique du plumage, ce qui est-elle présente toute l’année ? Ou
13Janv. fév. mars avril mai Juin Juill. août sept. oct. nov. déc.
hiver printemps été automne hiver
présents, ou tout autre comporte-présence régulière
ment qui permet de comprendre un
peu plus ce qui se déroule sous
présence irrégulière nos yeux.
Un graphique permet enfin auabsence
lecteur d’avoir un aperçu rapide de
la présence de l’espèce selon les
mois de l’année. À noter qu’il s’agit
encore seulement lors de la migra- bien ici de données concernant la
tion ? Son abondance varie-t-elle prés ence relative et non l’abondance
au fil des saisons ? Au fil des ans ? de l’espèce aux mangeoires. Préci -
Observe-t-on des déplacements qui sons également que le calendrier
se produisent de façon plus ou saisonnier, respectant une tradition
moins cyclique ? établie en ornithologie dans nos
régions, est axé sur les activités do -
Après avoir précisé les mangeoires minantes des oiseaux (migration,
préférées de l’espèce, on s’inté ress era nidification, hivernage), plutôt que
particulièrement à son alimentation, sur la défin ition usuelle des saisons.
d’abord en milieu naturel, puis aux
mangeoires. Dans ce dernier cas, on L’ouvrage se termine par une série
présentera d’abord les aliments d’annexes qui sauront apporter à
préf érés de l’oiseau, puis les ajouts l’amateur curieux un complément
possibles au menu. d’information concernant plusieurs
aspects intéressants.
On notera également certains
comp ortements observés près des
mangeoires, que ce soit une façon
particulière de se nourrir, des in-
teractions avec les autres oiseaux
Tourterelles tristes
14Comment attirer
les oiseaux chez soiOriole de Baltimore Nourrir les oiseaux
au fil des saisons
Longtemps, on a présenté l’instal - Chardonnerets jaunes, un silo avec
lation de mangeoires comme une du tournesol noir, ainsi qu’un
activité strictement hivernale. On se petit présentoir à fruits avec des
demandait à quel moment les ins - quartiers d’orange pour les orioles.
taller pour attirer les oiseaux sans
trop s’ingérer dans leur cycle nat urel, Bref, au fil des ans, l’installation
et à quel moment les en lever. En de mangeoires est devenue une
leur offrant ainsi de la nourriture ma nière privilégiée d’observer les
pendant la saison froide, on voulait oiseaux. En les attirant chez soi, on
surtout les aider à survivre aux peut voir une foule de
comporterigueurs de l’hiver. Une affirmation ments qui varient selon les saisons
qu’il faut toutefois grandement ainsi qu’une multitude d’espèces :
nuancer. Il n’y a qu’à penser à la di - certains oi seaux fréquentent les
versité des espèces qui fréq uen tent mangeoires durant toute l’année,
les mangeoires pour s’apercevoir que d’autres viennent uniquement en
toutes ont des besoins différ ents et hiver et d’autres encore ne font que
qu’on ne peut généraliser quant à des visites ponctuelles. L’observ at ion
l’aspect bénéfique pour leur survie des oiseaux permet ainsi de suivre
de nourrir les oiseaux en hiver. de près le rythme des saisons et
d’apprécier tous ces changements
Petit à petit, on a étendu cette ac tivité qui marquent le temps et le paysage.
à d’autres saisons. On a commencé
par installer les mangeoires rela -
ti vement tôt en automne, afin de Gros-bec errant
profiter du pass age d’espèces mi-
gra trices, et à les en lever assez tard
au printemps pour revoir les oiseaux
au retour de leur long périple. En -
suite, on a conservé les mangeoires
durant toute la saison estivale. À
l’abreuvoir à colibris, installé à
la mi-mai, on a ajouté une
mangeoire avec du
chardon pour les
L’automne :
une saison fébrile
Du mouvement Elles les découvrent donc tôt en
saichez les oiseaux son et prennent dès lors l’habitude
de s’y rendre.Plusieurs considèrent l’automne —
et plus précisément le début de cette
De plus, on assiste en automne auxsaison — comme le moment idéal
grands déplacements de certainspour installer des mangeoires. On
oiseaux qui sont en route vers desprofite ainsi de l’activité fébrile
régions plus douces pour y passerqui règne pendant cette période de
l’hiver. Parmi les nombreux migra-transition. À ce moment-là, la ni-
teurs susceptibles de s’arrêter auxdification est terminée depuis déjà
mangeoires, les juncos et plusieursquelques semaines, certains oi seaux
espèces de bruants profitent de lasont partis pour des régions plus
nourriture ainsi offerte pour faire chaudes, tandis que d’autres se
le plein d’énergie au cours de leurpréparent à passer l’hiver ici et se
périple. Le moment est donc idéalras semblent en petites bandes,
pour offrir du millet blanc à ces comme c’est le cas pour les Mésanges
oi seaux, ce qui les attirera aux à tête noire qui s’étaient faites
mangeoires. Les « oiseaux noirs »un peu plus discrètes au cours de
(ca rouges, quiscales et vachers) pro -l’été. À l’automne, les mésanges se
fitent eux aussi des mangeoires,re groupent et établissent un territoire
quelques-uns s’y attardant quelquesd’hivernage sur lequel elles comptent
semaines alors que d’autres finissentpour subsister au cours de la saison
par hiverner.froide. Explorant ce territoire, elles
repèrent toutes les sources de nour -
riture, dont les mangeoires.
Bruant à gorge blancheMerle d’Amérique
Il y a également tous ces visiteurs moment est bien choisi pour s’af -
qui arrivent du nord pour passer fairer autour du poste
d’alimental’hiver dans le sud du pays. Au cours tion. Les amateurs en profitent pour
de l’automne, on assiste notamment installer de nouvelles mangeoires
à l’arrivée des Bruants hudsoniens afin d’accueillir plus de visiteurs. Ils
et, plus tard, à celle des Sizerins peuvent également ef fectuer certains
flammés dont les effectifs varient changements, notamment enlever
d’une année à l’autre. Même si sou- l’abreuvoir à colibris et le remplacer,
vent, comme c’est le cas avec les lorsque la température descend,
sizerins, ces oiseaux se nourriront par un bloc de suif à l’intention des
ailleurs qu’aux mangeoires à leur oiseaux qui élisent domicile dans
arrivée, ils finiront bien par pro - le froid de l’hiver. Il s’agit aussi de
fiter, eux aussi, de cette nourriture la période idéale pour réparer les
faci lement disponible. mangeoires endommagées, pour en
acheter de nouvelles ainsi que pour
De nouveaux atours faire l’entretien et le ménage de tout
Enfin, il faut bien parler de tous ces ce matériel.
petits visiteurs qui ont l’apparence
Récolter des fruitsde nouveaux venus, mais qui sont
des convives familiers ayant sim - On profite avantageusement de
ple ment changé de plumage. Qu’on l’automne pour récolter des fruits,
songe au Chardonneret jaune qui, que ce soit ceux du sorbier ou
l’automne venu, renonce à ses cou - d’autres arbres ou arbustes, que l’on
leurs éclatantes, à tel point que congèle ensuite pour les offrir aux
l’on croit souvent qu’il s’agit d’une oiseaux durant l’hiver. Qui sait, sans
nouvelle espèce venant tout juste doute pourra-t-on assister au spec -
d’arriver aux mangeoires. tacle d’un jaseur ou d’un merle
qui dégustera ces mets de choix...
Quelques travaux pratiques
Bref, l’automne amène beaucoup de
mouvement chez les oiseaux et le

19Empêche-t-on les colibris de migrer?
« À quel moment dois-je enlever fin de l’été et en automne qui
les abreuvoirs à colibris pour éviter déclenche le mécanisme poussant
de retenir ces petits oiseaux qui les oiseaux à entreprendre leurs
migrent vers le sud à l’automne?» grands déplacements.
Voilà une question que plusieurs Dans un tel contexte, il est préfé -
se posent, croyant, à tort, qu’en rable de laisser les abreuvoirs en
continuant à nourrir les colibris vers place et d’offrir de la nourriture
le début de septembre, on risque aux colibris. Ces minuscules voya-
de les inciter à ne pas migrer et à geurs ont besoin d’emmagasiner
demeurer dans nos régions. de généreuses réserves pour ac -
complir leur long périple qui les
En fait, la vie des oiseaux est conduira de nos régions jusqu’au
particulièrement influencée par la Mexique et en Amérique centrale.
longueur du jour. C’est donc en Tout un voyage pour un si petit
très grande partie la réduction oiseau.
des heures d’ensoleillement à la
Colibri à gorge rubis
20L’hiver :
des visiteurs assidus
Jaseurs boréaux
Une nourriture plus rare Les oiseaux profitent donc de la
Les semaines passent, les jours sont nourriture offerte aux mangeoires
de plus en plus courts, et la tempé - et se concentrent aux endroits où
rature ne cesse de descendre. Puis la elle est disponible. De cette façon,
neige se met à tomber, recouvrant ils consacrent moins de temps à
graduellement la nourriture dispo - chercher de quoi se nourrir et dé -
nible. Dans ces conditions, l’hiver pensent moins d’énergie dans cette
constitue certes une saison éprou- quête quotidienne de nourr iture,
vante pour les oiseaux, pas tant à puisqu’ils en trouvent
abondamcause du froid qu’à cause de la ment dans un endroit précis. Cela
rareté de la nourriture, cachée sous leur évite de nombreux
déplacela neige et parfois sous le verglas. ments, sans pour autant abandonner
Tout cela au moment même où le les sources naturelles d’alimenta tion
froid augmente les besoins énergé- disséminées sur leurs territoires
tiques des oiseaux et où la courte d’hivernage et auxquelles ils sont
durée du jour réduit le temps dont habitués.
ils disposent pour s’alimenter et se
Des oiseaux dépendants faire des réserves afin d’affronter
ou non ?les longues nuits de l’hiver. Sans
compter les tempêtes souvent vio- Dans l’ensemble, les oiseaux ne
lentes, qui ne contribuent en rien semblent pas dépendre autant qu’on
à améliorer la situation ! Et puis, pourrait le croire de la nourriture
comment se nourrir en hiver lors - qu’ils trouvent dans les mangeoires.
qu’on mange presque exclusivement On pense souvent que, au cours de
des insectes ? Pas facile, à moins de l’hiver, une fois les mangeoires
changer de régime alimentaire, ce installées et garnies de nourriture,
que font certains oiseaux, ou encore on ne peut cesser de les
approvid’aller s’installer dans des contrées sionner sans compromettre la survie
plus chaudes où abondent les in- des oiseaux qui s’y alimentent
sectes, ce que font plusieurs autres. régulièrement. Voilà une affirmation
21Cardinal rouge
qui exige quelques nuances, bien De plus, la nourriture offerte aux
qu’on l’entende maintes fois répétée mangeoires pourrait aussi aider un
un peu partout. bruant qui tenterait d’hiverner sous
nos latitudes plutôt que de migrer
Il est vrai que les mangeoires ont vers le sud pour l’hiver. Enfin, une
grandement contribué à l’établisse- espèce égarée à l’extérieur de son
ment de nouvelles espèces qui en aire habituelle profitera aussi de
ont profité pour étendre leur aire cette source de nourriture
abonde répartition plus au nord. Ainsi en dante et facile à trouver.
est-il du Roselin familier qui, en
peu de temps, a étendu son aire de Toutefois, la situation est bien diffé -
répartition dans l’ensemble du nord- rente pour les espèces qui demeurent
est du continent. Autrefois absent ici toute l’année, comme c’est le
de nos régions, il est maintenant cas de la Mésange à tête noire, un
bien implanté en plusieurs endroits. oiseau très bien adapté à nos
latiQue dire aussi du Cardinal rouge, tudes nordiques et qui ne migre pas
qui a progressivement étendu son l’automne venu. Des études menées
aire, profitant de la nourriture of ferte en Alberta et aux États-Unis ont
dans les mangeoires pour survivre à dé montré que les mésanges
nourl’hiver, dans ces nouvelles contrées ries aux mangeoires ne cessent
plus froides. Les mangeoires ont éga - pas pour autant de s’alimenter
lement contribué à amener certains en milieu naturel. C’est d’ailleurs
oiseaux, comme la Tourterelle triste, là qu’elles trouveraient le gros de
à hiverner en nombre sans cesse leur nour riture : les mangeoires ne
croissant dans les zones nordiques compter aient que pour un peu
de leur aire. Dans la vallée du Saint- moins de 25 % de leur alimen tation
Laurent, les mangeoires (ainsi que quotidienne. Tout au plus les
manla très forte augmentation de la geoires favorisent-elles la survie
quantité cultivée de maïs) ont aidé de certaines mésanges lorsqu’il fait
cette tourterelle à survivre à l’hiver, très froid, mais dans l’ensemble,
une saison qu’elle fuyait auparavant. elles ne jouent pas un rôle aussi
22dé terminant qu’on veut bien le
croire. En fait, les ressources du mi -
lieu suffisent généralement à as surer
la survie des mésanges durant tout
l’hiver, bien qu’on rem arque des
hauts et des bas selon les années.
Par conséquent, les man geoires ne
constituent qu’une source addi -
tion nelle de nourriture, bien utile à
l’occasion.
De petits baromètres
emplumés
Les espèces qui demeurent toute
l’année sous les latitudes nord iques
ont donc développé des mécanismes
leur permettant d’affronter les ri - Sittelle à poitrine blanche
gueurs de l’hiver. Certaines changent
même de poids, par exemple le et ils s’alimenteraient donc
davanChardonneret jaune qui accumule tage aux mangeoires peu de temps
de la graisse en hiver afin de mieux avant une tempête. En augmentant
affronter le froid intense et les rapidement leurs réserves corpo relles
conditions climatiques difficiles. Il à l’approche du mauvais temps, ils
s’agit d’une hausse appréciable, car seraient en meilleure position pour
les chardonnerets pèsent environ affronter des conditions ext rêmes,
35 % de plus en janvier qu’en juillet. d’où une meilleure chance de survie.
D’autres études ont démontré que Cela tend à démontrer que c’est
les chardonnerets pouvaient détec ter sur tout avant une tempête qu’il faut
l’approche d’une tempête bien avant bien garnir les mangeoires pour per -
que l’humain n’en soupç onne la mettre aux oiseaux de s’y alimenter.
venue. Tels de petits baromètres Il faut également les déblayer après
emplumés, ils percevraient les chutes la tempête pour que les oiseaux
rapides de pression atmosphérique puissent profiter de cette source de
Bruants des neiges Troglodyte de Caroline
nourriture quand ils viennent d’af- comme c’est généralement le cas
fronter des conditions climatiques avec des espèces grégaires, beaucoup
difficiles. Et il n’y a pas que la neige d’oiseaux arrivent ensemble au poste
qui cause des problèmes aux oi- d’alimentation, ce qui crée une
seaux. Le verglas peut lui aussi leur acti vité intense. Parmi les visiteurs,
nuire passablement. il arrive même qu’on découvre
une espèce rare, un troglodyte ou
Des surprises un quisc ale qui retient soudain
et de la visite rare ! l’attention.
L’hiver réserve donc des surprises
Des comportements aux amateurs et les convives peuvent
différentsvarier d’une année à l’autre, aussi
bien en nombre qu’en espèces. La fin de l’hiver permet d’assister à
Certains hivers, les Sizerins flammés des changements dans le compor te -
envahissent le sud du pays alors ment des oiseaux. La plupart d’entre
qu’ils sont pratiquement absents eux deviennent plus terri toriaux à
l’hiver suivant. Puis une joyeuse l’approche de la saison de nidifi -
bande de Gros-bec errants débarque cation, qui commence très tôt chez
soudain au poste d’alimentation certaines espèces, comme le Cardinal
et vide les mangeoires en un seul rouge. Dans plusieurs régions, ce
avant-midi. Après quelques jours cardinal commence souvent à chan -
ou quelques semaines, ces oiseaux ter dès la fin du mois de janvier,
disparaissent comme ils étaient annonçant ainsi sa présence à ses
venus. Ces années d’invasion font congénères et invitant une femelle
ha bituellement la joie des pro - à nicher avec lui.
prié taires de mangeoires puisque,
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