Au secours, mon enfant rame à l école !
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Description


Ne plus se prendre la tête avec l'école
Difficultés à se concentrer ou à retenir ce qui a été appris... lecture laborieuse... vocabulaire limité... C'est souvent à l'entrée en CP de leur enfant que les parents s'interrogent sur ses capacités à


Ne plus se prendre la tête avec l'école



Difficultés à se concentrer ou à retenir ce qui a été appris... lecture laborieuse... vocabulaire limité... C'est souvent à l'entrée en CP de leur enfant que les parents s'interrogent sur ses capacités à suivre une scolarité harmonieuse. Comment expliquer ces retards ? Comment l'aider à les rattraper ?



Quelle que soit leur cause (développement dysharmonique, manque de motivation, angoisses...), s'en remettre aux intervenants scolaires ne sera pas suffisant. Grâce à un accompagnement parental adapté, l'enfant sortira du sentiment d'échec et développera les outils intellectuels pour apprendre.




  • L'intelligence ou les intelligences ?


  • Mon enfant a des difficultés


  • Etre un parent éducateur


  • J'aide mon enfant à apprendre à lire


  • Mon enfant apprend à compter


  • J'aide mon enfant à prendre conscience de son corps


  • J'aide mon enfant à se repérer dans l'espace


  • J'aide mon enfant à mémoriser


  • Mon enfant améliore sa mémoire visuelle et auditive


  • J'aide mon enfant à se concentrer, à observer, à s'exprimer et à associer


  • Mon enfant développe son imaginaire


  • J'aide mon enfant à devenir un lecteur


  • J'envisage d'aller voir un professionnel

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 23 mai 2014
Nombre de lectures 195
EAN13 9782212257793
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Ne plus se prendre la tête avec l’école
Difficultés à se concentrer ou à retenir ce qui a été appris... lecture laborieuse... vocabulaire limité... C’est souvent à l’entrée en CP de leur enfant que les parents s’interrogent sur ses capacités à suivre une scolarité harmonieuse. Comment expliquer ces retards ? Comment l’aider à les rattraper ?
Quelle que soit leur cause (développement dysharmonique, manque de motivation, angoisses...), s’en remettre aux intervenants scolaires ne sera pas suffisant. Grâce à un accompagnement parental adapté, l’enfant sortira du sentiment d’échec et développera les outils intellectuels pour apprendre.

Claire-Lucie Cziffra propose aux parents de comprendre comment leur enfant s’est construit, tant au niveau cognitif que psychologique, et leur fournit des pistes et des exercices pour l’aider concrètement au quotidien.
L ES CONSULTATIONS DU P ÉDOPSY Les réponses pragmatiques de pédopsychiatres aux petits soucis psy de l’enfance.
Claire-Lucie Cziffra
Au secours, mon enfant rame à l’école !
Accompagner ses premiers apprentissages
Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Conception (intérieur et première de couverture) : Caleïdo Éditions Mise en pages : PCA
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2014 ISBN : 978-2-212-55852-4
Dans la même collection
Gisèle George, J’en ai marre de crier !
Laurence Haurat, C’est l’enfer à table !
Didier Pleux, Petits caprices et grosses colères
Patricia Chalon, Mon enfant tape
Laurence Lalande, Au secours, mon enfant est précoce !
Philippe Grandsenne, Comprendre les pleurs de bébé
Didier Pleux, Frères, sœurs...

Claire-Lucie Cziffra
Psychanalyste et formatrice Claire-Lucie Cziffra a rencontré des publics divers, en milieu hospitalier et en tant que libérale. Maman en souffrance d’un fils adoptif, et psychanalyste confrontée aux difficultés des parents et des professionnels de l’enfance, elle a cherché à faire une synthèse des théories et approches des apprentissages de l’enfant en difficulté. Ce livre est celui dont elle aurait eu besoin pour accompagner son fils.
Table des matières

Introduction
Chapitre 1 L’intelligence ou les intelligences ?
Les contenants de pensée : trois structures nécessaires
Des intelligences
Un enfant impliqué dans son projet d’évolution
Lui donner des buts à sa portée
Chapitre 2 Mon enfant a des difficultés
Le manque de motivation, des sources psychologiques ?
Il a un problème avec les limites
Un déficit d’attention
Des compétences très inégales
Chapitre 3 Être un parent éducateur
L’importance des relations non violentes
La difficulté d’être parent
L’amour ne suffit pas
Être un parent éducateur ?
Comment répondre à l’opposition ?
Chapitre 4 J’aide mon enfant à apprendre à lire
Apprendre à lire. Vite
En revenant à l’essentiel
Chapitre 5 Mon enfant apprend à compter
Quand le nombre renvoie à l’inconscient
Manier les nombres
Bien suivre son travail
Un exemple pour mieux comprendre
En somme, pour compter il faut...
Chapitre 6 J’aide mon enfant à prendre conscience de son corps
Le cerveau reptilien
L’aider à verbaliser en posant des questions
Les perceptions corporelles
Mettre le corps en relation
Jeu et contrainte : les deux sont nécessaires
Chapitre 7 J’aide mon enfant à se repérer dans l’espace
L’image du corps, une construction essentielle
Les différents stades de la construction psychologique et corticale
Des frustrations nécessaires
Chapitre 8 J’aide mon enfant à mémoriser
Le cerveau droit, cerveau « sensible »
Le cerveau gauche, cerveau « logique »
Les neurones, des connections qui se tissent toute la vie
La faculté d’engrammer (emmagasiner)
L’encodage, pour fixer les souvenirs
Les causes de l’oubli
La dimension inconsciente de la mémoire
Les stratégies pour mémoriser
Chapitre 9 Mon enfant améliore sa mémoire visuelle et auditive
Connecté à l’écran, déconnecté de son corps
Jouer réellement pour intégrer les expériences
La perception visuelle, capitale pour bien communiquer
La mémoire auditive, une mémoire à exercer
Chapitre 10 J’aide mon enfant à se concentrer, à observer, à s’exprimer et à associer
Une bonne concentration : un atout pour apprendre
Observer : un préalable nécessaire
Jouer avec les mots pour acquérir davantage de capacités verbales
Associer : faire des liens pour comprendre
Le schéma heuristique : un outil formidable
Chapitre 11 Mon enfant développe son imaginaire
L’imagination, une alliée cruciale
L’imaginaire, partie intégrante du développement
L’espace du jeu
Nourrir le cerveau limbique
Chapitre 12 J’aide mon enfant à devenir un lecteur
Quand le sens des mots ne l’intéresse pas
Des mots qui aident à la compréhension
L’importance d’un vocabulaire étendu
La grammaire, indispensable pour des bases solides
La lecture : une activité structurante
Chapitre 13 J’envisage d’aller voir un professionnel
Quelles prises en charge ?
Être prêt à s’investir
Bibliographie
Introduction
P our votre enfant, l’école commence à devenir un problème.
Il devrait déjà savoir lire, mais ce n’est pas le cas. Il connaît à peine quelques lettres. Ou alors il sait lire, mais c’est très laborieux. Comprend-il vraiment ce qu’il lit ? En tout cas les consignes font visiblement problème. Il s’organise mal, oublie ses affaires, l’école vous suggère de surveiller son cartable, mais quand vous vous y contraignez, on vous reproche de ne pas lui laisser d’autonomie. Ses notes sont mauvaises. Vous avez reçu un mot du professeur, voire une proposition de rendez-vous. S’il continue ainsi, il va devoir aller en classe spécialisée.
Il est aussi possible que ses résultats scolaires ne soient pas au premier plan de vos préoccupations. Des problèmes de comportement (hyperactivité, opposition, repli sur soi, etc.) peuvent également vous mobiliser, surtout si vous estimez qu’ils affectent la scolarité de votre enfant. Bien que ce ne soit pas si simple : un enfant avec de sérieux problèmes comportementaux peut rester bon élève.
Il est vrai qu’avec certains enfants, il suffit d’attendre pour que tout se remette en ordre. Avec peu de chose, tout peut se rétablir. Un professeur avec qui le courant passe, un petit succès qui redonne du courage ou bien, simplement, l’enfant a grandi dans sa tête.
Mais avec d’autres, la situation ne fait qu’empirer avec le temps. En effet, cela dépend largement des facteurs qui entraînent les difficultés scolaires et/ou comportementales. Seulement, distinguer les causes (naturelles ou pathologiques) des difficultés de son enfant n’est pas chose facile.
De plus, vous risquez d’être très vite engagé(e) dans une course contre la montre pour régler ses problèmes, quelle que soit leur nature, car l’école sanctionne rapidement tout ce qui dévie de ses normes. Pour qu’un enfant puisse vivre une scolarité aisée et heureuse, il doit se développer tant affectivement qu’intellectuellement, ce qui se fait selon des étapes qu’il franchit plus ou moins rapidement et complètement. Lorsqu’il piétine à l’école, c’est qu’il n’a pas atteint le niveau nécessaire pour suivre sa classe d’âge. Il peut avoir besoin d’un peu plus de temps pour évoluer, sans que le problème ne présente un caractère pathologique quelconque, mais il est aussi possible qu’il faille prendre la situation au sérieux dès à présent.
Dans ce livre, je vous propose (sauf dans les chapitres pour l’aider à apprendre à lire et à compter) de travailler sur tous les prérequis du fonctionnement mental, avec des outils qui sont la plupart du temps des propositions de jeux. Ils vous permettront à la fois de cerner mieux ses difficultés et de l’aider à les vaincre. Car il suffit d’une toute petite faille quelque part pour que les facultés d’ensemble de votre enfant ne soient pas opérationnelles, alors que son intelligence est là, visible ou non.
Tenir compte des mécanismes cérébraux et psychologiques de l’enfant vous aidera à savoir comment aborder ses problèmes. Vous pourrez ainsi éviter de lui faire des demandes irréalistes : s’il n’a pas développé les outils intellectuels nécessaires, exiger qu’il travaille davantage sera onéreux en énergie, en temps et en argent et surtout cela ne servira à rien.
Cibler votre façon de l’aider aura beaucoup plus d’impact. Il vous faudra bien veiller à ne pas tout aborder à la fois. En effet, votre enfant peut être perturbé par le nombre de propositions à l’école. Apprendre à lire et à compter à un enfant en difficulté demande beaucoup d’énergie, tant pour lui que pour le parent, alors mieux vaut travailler sur une seule matière jusqu’à ce qu’elle soit acquise, en évitant de s’éparpiller. Tout acquis sera bénéfique dans les autres disciplines.
Il est donc important de procéder par étape, sans hésiter à recourir aux outils suggérés en fin de chaque chapitre. Issus de plusieurs disciplines (la psychanalyse, bien sûr, qui est incontournable, mais aussi la neuropsychologie, les pédagogies pour enfants en difficulté, la remédiation psycho-cognitive, en passant par quelques concepts de Maria Montessori et d’autres), ils vous permettront d’aider votre enfant à améliorer ses résultats de façon parfois spectaculaire.
Vous pouvez utiliser les propositions de jeux et d’activités (les outils) de la façon qui suit : chaque jour, choisissez une ou deux propositions à travailler une semaine durant, dans la même série, et insérez une ou deux autres propositions dans le cours de la journée. Vous pouvez éventuellement laisser votre enfant les choisir, ce qui l’aidera à être acteur de ses apprentissages.
En ne réalisant qu’une proposition par jour, ce programme durera environ trois mois (je ne compte pas l’aide proprement scolaire). Néanmoins, il est à refaire aussi longtemps que nécessaire pour que votre enfant le réalise avec facilité sachant que, même dans ce cas-là, il faudra y revenir. Il est important de travailler toutes les séries, sans oublier le travail de kinesthésie car les difficultés que votre enfant exprime peuvent avoir des origines diverses, mais elles se relient toutes au corps, comme nous le verrons au cours du livre.
Les programmes à suivre pour obtenir des résultats significatifs demandent à la fois peu et beaucoup. « Peu » car dix minutes par jour peuvent l’aider à faire de grands pas, « beaucoup » parce qu’il est probable qu’il faudra au moins deux ans de travail régulier pour stabiliser ses acquis s’il est vraiment en difficulté...
Pour le cerveau comme pour le corps, il ne faut pas oublier ce proverbe : « Avec du temps et de la patience, la feuille de murier devient de la soie. »
Mais tout d’abord tentons de cerner ce qu’est l’intelligence.
« Alex est en moyenne section de maternelle, il a 4 ans et demi. Sa maîtresse nous dit qu’il a des retards par rapport aux autres enfants, et c’est vrai qu’il ne fait pas beaucoup d’efforts pour parler, nous le constatons nous-mêmes. Elle se plaint de son attitude indifférente, de son manque d’intérêt pour les activités qu’elle propose. Nous avons consulté un ORL, il n’y a pas de problème de déficience auditive mais, malgré tout, nous nous inquiétons beaucoup sur sa capacité à suivre à l’école et, pour tout dire, sur ses aptitudes intellectuelles étant donné qu’il reste très “bébé”. Est-ce un problème de rythme de développement ? Que pouvons-nous faire ? » Camille, 31 ans, et Jean, 33 ans.
Il est difficile de répondre à Camille et à Jean. Toutes les hypothèses peuvent être posées. Il se peut que le niveau de sa classe ne corresponde pas à son rythme, ou qu’Alex ait un retard normal qui se comblera rapidement par la suite, ou bien qu’il refuse d’aller à l’école parce qu’il n’y est pas prêt psychologiquement, ou encore qu’il y ait de mauvaises relations. Il est aussi possible qu’il révèle là un problème sérieux, d’ordre psychologique, neurologique ou intellectuel.
Pour saisir au mieux les forces et les faiblesses de leur enfant, Camille et Jean devront être très attentifs à ce qui fonctionne et à ce que ce qui ne fonctionne pas pour Alex, en observant bien ce qu’il réalise avec facilité. Cela leur donnera de précieuses indications. Car il n’y a pas une intelligence mais des intelligences, qui se construisent progressivement jusqu’à environ 14 ans. Ces intelligences sont à la fois interdépendantes et sectorisées.
Il faut savoir que lorsqu’il s’agit de l’intelligence les avis diffèrent, mais l’on s’accorde généralement à considérer les théories de Piaget 1 comme une référence en la matière.
Jean Piaget a défini, à partir d’observations, les stades nécessaires du développement de l’enfant. Normalement, ces passages se font assez naturellement. Mais l’enfant en difficulté les franchit de façon plus lente, et s’arrête parfois à un des stades, en ne pouvant aller plus loin, pour des raisons qu’il faut arriver à repérer. Il travaille alors en essayant de faire comme si l’inconnu était du connu. Par exemple, s’il rencontre un mot qu’il ne connaît pas, il lui invente une signification. Cela aboutit à des erreurs de jugement qui peuvent le décourager et lui faire abandonner le désir d’apprendre.
Comment l’aider ?
Les réponses diffèrent selon les spécialistes.
Pour les neuropsychologues, le cerveau garde une plasticité toute la vie : de nouvelles connexions peuvent être tissées, des neurones advenir, encore que c’est moins la quantité qui compte que les connexions entre les divers neurones ainsi que les aires du cerveau. Il faut néanmoins savoir que s’il est nécessaire de remédier à des manques ou des lésions, cela demande une gymnastique du cerveau qui exige du temps, de la constance et des répétitions 2 .
Pour les psychanalystes ou les pédopsys, en revanche, la réponse se trouve dans l’inconscient : l’enfant n’a pas le désir d’apprendre pour des raisons qui peuvent lui être propres. Il peut aussi souffrir d’une pathologie mentale (qu’un psychiatre pourra diagnostiquer) ou porter un déficit intellectuel dont il n’est pas toujours possible de situer l’origine, mais qui demande à être pris en compte et examiné.
Le fonctionnement mental se construit à travers diverses modalités : les structures logiques, lesquelles ont pour base le fonctionnement du corps et sur lesquelles Piaget a travaillé. Il s’agit de l’organisation spatio-temporelle qui se met en place progressivement, chaque acquis venant se construire sur les acquis précédents.
Ce fonctionnement mental se construit aussi, par ailleurs, à travers les contenants de pensées qui ont à voir avec l’inconscient et le relationnel. C’est notamment sur eux que travaillent les psys et pédo psys...
Les contenants de pensée : trois structures nécessaires
Pour penser, il faut que trois structures soient en place pour contenir la pensée. Chacune a un objet précis.
La première structure est relative à l’apprentissage. Son objet est lié à la connaissance. On parle d’« objet épistémique ». Cette structure est soutenue par le désir de savoir, un désir qui, selon Freud, est porté par le désir de savoir sur la sexualité. Sans le désir de savoir, l’acquisition de la connaissance n’est pas possible. Cette structure a pour support le fonctionnement du cerveau, lequel peut être lésé d’une façon qui empêche le déroulement des apprentissages. L’ordinateur offre une bonne analogie : si un fichier a un problème, l’ordinateur peut devenir inutilisable. Si l’on répare ce fichier, tout repart normalement.
Une seconde structure s’appuie sur le besoin d’image (le fantasme) pour pouvoir se mettre en mouvement. On parle d’« objet libidinal ». J’ai une pulsion, par exemple la faim, ou le désir d’être rempli. Cette pulsion a besoin d’une représentation : je me vois en train de manger ou je vois un rôti, un gâteau, ce qui provoque une action pour satisfaire ce désir. La libido (disons le désir de vivre) fournit l’énergie et le but.
La troisième structure repose sur la perception de soi ou identité, aux contenants narcissiques. L’objet de soi (ou identité) permet d’établir un bon rapport à soi-même, fait de confiance et d’estime de soi.
Ces trois objets sont plus ou moins interdépendants.
Quand il y a problème, leurs trois contenants (cognitif, fantasmatique et narcissique) sont touchés. Ainsi, l’identité mal construite rend les apprentissages difficiles. Apprendre, c’est d’abord admettre son ignorance et sa dépendance. Si le fantasme n’apporte pas d’appétence pour les objets, il sera alors difficile pour l’enfant d’aller de l’avant. Le désir peut avoir partiellement disparu et avec lui la demande. La personne est fermée, inaccessible aux propositions. L’apprentissage devient impossible, ou très difficile selon les cas. Les structures cognitives ne peuvent pas se construire. Si une lésion empêche la maturation, la conscience de soi se forme autour du sentiment d’incapacité. Bien entendu il s’agit de cas extrêmes qui n’ont d’autre intérêt que celui de faire comprendre les obstacles.
En cas de problème, on aura donc avantage à cerner de quelle problématique il est question car les apprentissages se font grâce à la médiation d’un adulte, qui fait fonction de nourrice intellectuelle en aidant à réparer, ou à construire les structures cognitives, mais aussi affectives.
Travailler uniquement sur les mécanismes logiques de l’enfant, l’aider à comprendre et penser, c’est bien. Mais s’il n’y a que cela, il n’y aura pas de transfert d’apprentissage. L’enfant peut savoir faire une division, constater que ses parents sont divisés sur bien des points ou divorcés, mais cette situation étant pour lui invivable, il va morceler ses savoirs et faire que jamais une division ne s’applique dans divers problèmes. Autrement dit, il saura faire « mécaniquement » une division, mais il n’aura pas compris « le sens de la division », à quoi elle sert dans les problèmes posés.
Quand un enfant a une difficulté, il établit des mécanismes de défense afin de souffrir le moins possible. Ces mécanismes de défense consistent souvent à couper les liens entre ses divers contenants de pensée, de façon à éviter le plus possible le rappel du déplaisir.
La psychanalyse travaille à retisser ces liens, parfois à comprendre ceux qui se sont faits de façon erronée, ou juste, d’ailleurs, mais qui viennent interférer avec les autres systèmes. Par exemple l’enfant qui naît après un deuil non fait des parents, peut estimer qu’il n’a pas le droit de vivre parce qu’il prend la place de l’autre, ou bien qu’il doit ressembler à cet autre idéalisé, c’est-à-dire pas à lui-même du tout. Dans le premier cas, il ne construit pas son désir, il est comme mort-vivant ; dans le second, il ne construit pas son identité.

Des troubles qui se manifestent de façons diverses
Tous ces troubles peuvent se manifester par les symptômes suivants.
La négligence ou l’incompréhension de certaines perceptions, source de multiples difficultés d’apprentissage, tant sociales que scolaires ou professionnelles.
L’interprétation de faits du monde extérieur d’une façon qui devrait normalement être dépassée à son âge.
Des oublis, ou des altérations de souvenirs, habituellement accompagnés d’une impossibilité à apprendre par l’expérience.
La difficulté ou l’impossibilité de prévoir, d’anticiper ou d’évoquer correctement des chronologies.
Des dysgnosies (mauvaise perception visuelle des formes) ou des dyspraxies (problèmes avec l’action ou les actions, coordination et efficacité), des troubles du langage parlé et/ou écrit, une incompréhension de la logique, du nombre, de l’espace.
Ces symptômes coexistent à divers degrés dans la plupart des cas (Gibello).
Nous voyons donc que les problèmes peuvent provenir de sources diverses et engendrer des problématiques ou des pathologies variées, généralement limitantes pour l’enfant.

Garder à l’esprit la marge de progression de l’enfant
Ces limites sont difficiles à accepter, tant pour les parents que pour les enfants.
Pourtant, si elles ne sont pas cernées, les parents risquent d’exiger de l’enfant plus qu’il ne peut donner, et d’accentuer, à travers les échecs, son manque de confiance en lui-même. Si la situation exige le passage par un professionnel, il faut savoir qu’un diagnostique est difficile à entendre et qu’il est également difficile à donner, car il est difficile à établir. En effet, l’évolution de l’enfant n’obéit pas à des normes strictes.
Enfin, quelle que soit la teneur de ce diagnostic, il est important que les parents s’emparent du projet de l’aider à progresser. Il serait dommageable d’enfermer l’enfant dans une définition qui le priverait de l’espoir d’évoluer. Travailler à son développement possible est capital car l’enfant peut toujours progresser.
Aussi, que ses difficultés aient été évaluées ou pas par des experts, il est important de bien comprendre la façon dont s’organise l’intelligence afin d’être en mesure de l’aider à tirer parti au mieux de ses capacités. En sachant, et nous le verrons plus tard avec le chapitre sur le corps, que tout se construit à travers le corps. Je dirais, paraphrasant Molière : le corps, travailler toujours avec, autour, par le corps.
Des intelligences
Il n’y a pas une, mais des intelligences.
On peut les définir comme la capacité de répondre efficacement et rapidement à des situations nouvelles ainsi que de tirer profit de l’expérience, qu’elle soit la sienne propre ou celle des autres. L’intelligence linguistique, l’intelligence spatiale, l’intelligence du corps, l’intelligence musicale, l’intelligence des autres, l’intelligence logico-mathématique, mais aussi la mobilité de l’esprit avec la capacité d’associer et d’imaginer peuvent toutes évoluer. L’intelligence du corps donne l’aptitude à faire. Avec un peu d’attention, vous pourrez repérer certains problèmes, ou difficultés corporelles. Il est possible que ses mouvements ne soient pas souples, qu’il soit maladroit, mal à l’aise avec son environnement. Les exercices proposés en kinesthésie sont faits pour travailler cette intelligence. Il ne faut surtout pas les négliger. Un enfant maladroit avec son corps vit une mauvaise image de lui-même qui l’inhibe pour le reste. L’intelligence spatiale, l’intelligence des images, des formes, permet de conceptualiser, de créer, de se mouvoir dans l’espace Elle passe par la vue mais aussi par le rapport à l’espace. L’intelligence des images se travaille. Dessiner et apprendre à reproduire des dessins, faire des photos ou des petits films, étudier des plans avant chaque sortie, apprendre à regarder... Tout cela peut se faire avec profit. L’intelligence musicale donne le « don des langues » et bien entendu celui d’apprécier et de faire de la musique. Elle se construit à travers l’ouïe avec l’acquisition du rythme qui donne la conscience du temps. Cette conscience est importante car la pensée dépend aussi d’elle. Voilà à quoi ressemble ce que peut dire un enfant qui n’a pas acquis la conscience du temps : « Il marcha, pensera, fait, s’assoit. » Pour lui, tout est présent, il ne conjugue que pour vous faire plaisir grâce à l’oreille. L’intelligence musicale se travaille avec les comptines, l’apprentissage par cœur de poésies, les jeux de rythme, en chantant et en rythmant la musique avec les mots. L’attention et la remémoration des bruits extérieurs favorisent cette intelligence. L’étude d’un instrument aussi.
Ces trois intelligences ont une base corporelle. Le psychomotricien et l’orthophoniste vont travailler sur ces bases. De là les exercices proposés (visuel, auditifs). L’intelligence linguistique coïncide avec l’intelligence des sons, pour écrire, lire, parler, convaincre. Elle demande aussi la mémoire des mots et des écrits. Elle implique un moi construit. L’enfant dit : « Bébé faim », ou « faim Bébé » et c’est clair. Très rapidement, il montre une intelligence de la syntaxe. Cependant l’enfant en difficulté à l’école peut avoir du mal à s’en approprier les règles. Il y a plusieurs raisons à cela. Certaines sont dues à des difficultés propres à l’enfant, d’autres sont dues à l’enseignement qui ne respecte pas le rythme de l’enfant et ses besoins. Parler avec l’enfant, le faire travailler sur la langue, jouer avec les mots, tout cela développe cette intelligence. L’orthophoniste va axer son travail autour de ces problèmes. Ici, des outils vous sont proposés (notamment dans le chapitre sur l’agilité verbale). L’intelligence des autres et l’intelligence introspective donnent la capacité de se mouvoir avec les autres. Elle se construit d’une part avec les acquis précédents mais aussi avec la relation aux parents et un peu plus tard avec l’entourage proche. L’enfant devra apprendre le monde des sentiments, les siens et celui de ses parents. Thomas Gordon 3 a beaucoup écrit sur les moyens d’améliorer les relations. La base de sa pensée s’appuie d’une part sur l’écoute et la reformulation de ce qui est dit, et d’autre part sur le fait d’apprendre à formuler ce que nous pensons en parlant de notre place et à notre seul nom, en ne disant pas par exemple « tu fais trop de bruit », mais « je supporte mal tout ce bruit ». Quand les parents parlent au nom d’un surmoi qui intime seulement que « ça ne se fait pas », cela ne veut rien dire pour l’enfant. Il faut l’amener à observer et à réfléchir sur son comportement et celui de son entourage. En écoutant ce que dit votre enfant, vous pourrez lui proposer de réfléchir sur les modèles qui lui tiennent à cœur, souvent des héros de séries. La mode est aux guerrières, aux vampires, aux tueurs en série. Que fait votre enfant de ces modèles ? L’intelligence logico-mathématique implique le raisonnement (séquences, sériation). La grammaire est à la frontière entre la linguistique et la logique. L’intelligence émotive dépend quant à elle du système limbique (nous le verrons au chapitre sur la conscience du corps, qui porte notamment sur la construction du cerveau). Elle implique pour se construire que les mots soient en accord avec le vécu des situations. S’il ne peut entendre et accepter de les nommer, vous pouvez l’aider de diverses façons. Les outils proposés tout le long de ce livre doivent aussi être des supports à l’expression, pour essayer de le faire parler sur ce qu’il a fait. Nous aborderons aussi cela dans le prochain chapitre, en évoquant des jeux, des lectures et des façons de vous lier à lui qui l’aideront à enrichir cette intelligence.
Bien entendu, les intelligences fonctionnent en synergie et quand l’une d’elles manque, cela crée une faille dans l’ensemble du fonctionnement, aussi l’enfant, pour s’adapter, dépense beaucoup d’énergie pour un résultat qui peut être assez pauvre.
Il va donc falloir repérer les manques et travailler à les combler, sans oublier que souvent ces manques ont à voir avec une difficulté à se construire affectivement parlant.
Un enfant impliqué dans son projet d’évolution
Mais avant d’aller plus avant, insistons sur l’importance d’aider l’enfant à se constituer une image de lui-même qu’il puisse investir. Il va donc être crucial de « lui vendre » le projet de grandir, de s’épanouir, de réussir, en l’aidant à sortir de la croyance qu’il ne peut pas évoluer. Pour cela, il faudra lui donner des objectifs qu’il sera capable d’atteindre.
Je ne suis pas convaincue que les encouragements, les informations du genre : « Tu peux, j’ai confiance en toi » soient suffisantes pour un enfant en difficulté. Il faut aussi parler de ce qu’il a réussi, comprendre ce qui le lui a permis, qu’il y réfléchisse et cherche à cerner comment il a fonctionné. Pour obtenir un résultat probant, il faut que l’enfant prenne en charge sa propre évolution. Qu’il en ait le désir, en intériorisant un projet d’avenir. Sinon, si cela ne reste que le désir des parents, il n’aura pas envie d’y entrer.
Pour qu’il puisse construire ce projet d’évolution, il sera nécessaire que vous ayez une idée de comment vous pouvez l’y aider. Cela implique un petit détour par vous-même, pour vous demander comment vous avez construit votre vie, si vous êtes du genre à vous laisser vivre ou à faire des projets, si votre conjoint les partage, etc. L’enfant a des antennes. Il s’approprie volontiers l’ambivalence des parents et la met en actes.
Du côté de votre enfant, il est tout à fait possible que son seul projet de vie soit de vous posséder entièrement, voire de vous dominer. Il appréciera alors vos efforts pour l’aider, car ainsi, il est certain que vous vous occupez de lui. Auquel cas il s’arrangera pour tout mettre en échec, mais en vous gratifiant de quelques progrès pour que vous ayez envie de continuer. C’est un problème que l’on rencontre fréquemment, par exemple avec un enfant adopté dont le seul et unique but est d’établir une relation fusionnelle avec le parent, de façon à n’être jamais seul avec lui-même. Mais les enfants adoptés n’ont pas l’exclusivité de ce processus. Il suffit que l’arrivée du petit frère, ou de la petite sœur, soit vécue comme un abandon, ou bien qu’une séparation du couple parental réveille ses angoisses, et la seule chose qui deviendra importante pour votre enfant, ce sera de vous ramener à lui. Dans ce cas, c’est à son identité à lui qu’il vous faudra le ramener. Cela passe par le dialogue sur ce qu’il aime, les questions sur ce qu’il pense ou veut, l’observation sur les différences entre lui et les autres, en lui disant par exemple : « Toi, tu es un garçon, tu es petit, ton papa est grand. Tu as les cheveux noirs, ta sœur a les cheveux châtain. Tu aimes dessiner, moi pas, etc. »
Lui donner des buts à sa portée
L’enfant en difficulté ne manque pas forcément de désirs et de projets, mais ceux-ci sont souvent grandioses, irréalistes et dans la toute-puissance.
Il faudra donc au départ ne construire avec lui que de très petits projets, lui en montrer les étapes, et aussi qu’il peut les réussir.
De même, chaque exercice doit être verbalisé simplement, en disant : « Voilà, aujourd’hui le projet est de faire cela. » Il faudra bien lui faire comprendre et préciser toutes les étapes de son projet. Quitte à contrôler, à l’occasion, qu’il les a bien réalisées correctement. Cela l’aidera à structurer sa temporalité car il prendra conscience du temps qu’il faut pour son travail. Vous pouvez aussi lui demander d’estimer le temps dont il a besoin et d’en contrôler la réalité lui-même.
Pour ce projet de remédiation, il faut aussi avoir à l’esprit qu’une pédagogie qui convienne à tous n’existe pas. Il faut compter avec l’âge de l’enfant, son milieu, les matières à apprendre. Dans certains cas, il faut aider l’enfant à construire des savoirs ; dans d’autres, il faut les lui imposer. C’est cette dernière option qui est privilégiée maintenant pour les autistes, faute de quoi l’enfant, quel que soit son âge, ne se construit pas et peut rester bloqué à des stades très archaïques.
Apprendre, c’est accepter que le sentiment de toute-puissance soit entamé. Pour Feuerstein 4 , si l’enfant n’a pu dépasser tout seul ce conflit cognitif (quand il prend conscience d’une limite), il le pourra grâce à la médiation de l’adulte.

1. Jean Piaget est un psychologue, biologiste, logicien et épistémologue suisse, bien connu pour ses travaux en psychologie du développement, et notamment pour l’éclairage qu’il a apporté sur l’intelligence, perçue comme une forme spécifique de l’adaptation du vivant à son milieu.
2. Une partie des exercices qui vous sont proposés plus loin sont là pour aider votre enfant soit à savoir mieux utiliser ses compétences si elles ont pu se construire, soit à les mettre en place si ce n’est pas le cas. Auquel cas, la répétition est le mot d’ordre.
3. Thomas Gordon (1918-2002) est un psychologue clinicien américain qui a beaucoup travaillé sur une méthode de résolution des conflits intégrant la nécessité de constituer une dynamique gagnant-gagnant.
4. Reuven Feuerstein, psychologue comportementaliste et cognitif israélien, est bien connu pour sa théorie de l’intelligence, qu’il perçoit comme « modifiable » grâce à des médiations adaptées.
« Mon fils Erwan a 5 ans, et depuis son entrée en grande section de maternelle il a des résultats un peu décevants. J’ai l’impression qu’il ne s’intéresse pas du tout à ce qu’on cherche à lui apprendre, à l’école, comme à la maison. En fait à la maison il est dans l’opposition, parfois violemment, dès que nous cherchons à vérifier s’il a bien compris les apprentissages de l’école ou que nous tentons de lui montrer quelque chose. Au fond je ne sais pas comment cela va se passer en CP et je dois dire que ça me fait peur. » Sarah, 27 ans.
Il faut distinguer si Erwan ne veut pas (ce qui est actif) ou s’il n’en a pas le désir (ce qui renvoie à la passivité).
Chez l’enfant, un faible désir d’apprendre peut provenir de plusieurs causes.
Les plus fréquentes sont psychologiques, tandis que les autres sont plutôt cognitives, ce qui les rend plus complexes à découvrir et à traiter. Et, bien sûr, ces problèmes peuvent être combinés à divers degrés.
Le manque de motivation, des sources psychologiques ?
De nombreuses causes psychologiques peuvent entraîner des difficultés scolaires : angoisse, volonté de s’opposer au parent, peur de l’échec, sentiment d’incompétence (fondé ou non), crainte de grandir et de se séparer de sa mère, sensation d’interdit ou d’attentes ambivalentes de ses parents... Un décalage socioculturel entre les parents (l’un est cultivé, inscrit dans cette culture et l’autre vient d’une culture différente, ou bien n’a pas le niveau culturel du conjoint), peut par exemple mettre l’enfant en conflit de fidélité. Quoi qu’il fasse, cela aboutit pour lui à ne pas reconnaître un de ses parents. Un secret de famille peut aussi lui sembler signifier un interdit de savoir. Il peut également chercher à mobiliser des parents qui s’entendent mal en les détournant sur son problème ou encore s’installer dans la position d’enfant-symptôme pour préserver un parent fragile. Dans tous les cas, il exprime un malaise qui ne se résoudra pas à travers des conflits avec lui.

L’enfant-symptôme
L’enfant-symptôme est un enfant qui rend visible la problématique familiale en la vivant lui-même, même s’il ne la retraduit pas exactement de la même façon ; ainsi le parent, préoccupé par l’enfant, se détourne de ses souffrances personnelles (il peut s’agir des deux parents). On a vu des enfants sortir de leur psychose, et aussitôt s’en est suivi le déclenchement d’un problème chez un parent.
Ses difficultés peuvent relever d’un travail thérapeutique qui l’aidera à dépasser ces obstacles psychologiques, car à travers eux, il communique qu’il n’a pas trouvé sa place, ressenti qui peut déboucher sur une scolarité aux résultats extrêmement faibles. Il est donc important de considérer avec vigilance toute difficulté qui apparaît et se maintient au-delà d’un mois ou deux. Attendre plus longtemps une amélioration spontanée risque de mettre sa scolarité en danger.
En tant que parent, vous pouvez mettre en place la démarche « mémorisation, kinesthésie » dont je vous parlerai plus tard. Vous verrez qu’elle s’organise la plupart du temps sous forme de jeux, qu’elle est généralement bien perçue par l’enfant et qu’elle est facile d’accès.
Il a un problème avec les limites
Ses émotions ne sont pas forcément vécues comme telles, sauf peut-être celles de la peur ou la violence (avec une recherche de bagarre constante). Il ne peut les exprimer, n’en éprouve pas le désir et son vocabulaire restreint ne l’y aide pas, si bien qu’il risque de les vivre comme des souffrances somatiques qui s’exprimeront à travers des symptômes divers.
Imiter et obéir sont généralement des activités qui ne lui conviennent pas. D’une certaine façon, il est terriblement seul, aussi en dehors que possible d’une quelconque transmission. De fait, il ne pose que rarement des questions, voire jamais. Il accepte difficilement la frustration. Il mélange peutêtre encore « je » et « tu », « papa » et « maman », employant l’un à la place de l’autre.
Il n’aime pas montrer ce qu’il sait faire, ce qui peut s’expliquer par la peur que l’on cesse de s’occuper de lui si tout va bien, mais aussi parce qu’il refuse tout contrôle.
Ces comportements indiquent probablement que l’enfant n’a pas intégré la loi et la limite et qu’il considère que la règle est faite pour être transgressée.
Dans ce cas, les questions suivantes demandent obligatoirement à être travaillées : quelle est sa relation avec l’autre ? Est-il agité ? Attentif ? Peut-il se concentrer ? Est-il conscient des erreurs qu’il fait, les accepte-t-il ? Comment sa mémoire fonctionne-t-elle ? De quoi se souvient-il le plus facilement, comment l’a-t-il appris ?
De la réponse qui leur est donnée dépendent les progrès que fera l’enfant. S’il refuse d’obéir, si la loi est pour lui lettre morte, des mesures éducatives devront être prises. Nous en reparlerons.
Un déficit d’attention
Vous remarquez que votre enfant n’est pas très attentif, que sa perception est déficiente, ce qui l’amène très vite à déconnecter, ou encore vous remarquez que quand il accepte de regarder ou d’écouter quelque chose, il n’en perçoit qu’une partie. De sa lecture, il a vu et compris quelques mots et reconstruit le texte, en inventant à partir des quelques mots qu’il a pu lire, ce qui fait que ses résultats n’ont pas grand-chose à voir avec ce qui a été écrit ou demandé.
Il a du mal à associer et ne fait de liens ni entre les concepts, voire les phrases, et ce qu’il apprend, ni entre ce qu’il apprend et la vie réelle. Son langage est pauvre, imprécis, et il semble être sans désir ni volonté d’y changer quoi que ce soit. Il est possible qu’il soit en opposition, ou qu’il ressente une faiblesse en lui et qu’il n’ait pas envie de s’y confronter.

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