Je suis avec vousLes enseignements de la Mère Terre
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Description

En 1996, lors d’une cérémonie dans le cadre de sa formation spirituelle chamanique en Arizona, Sten Linnander a eu la surprise d’entendre la Terre s’adresser à lui d’une voix claire et sans équivoque, lui demandant de se rendre sur une montagne à proximité et de lui « parler normalement ». Ainsi a commencé une série de communications étalées sur trois mois entre l’auteur et la Terre. Quinze années furent ensuite nécessaires à Sten pour surmonter ses doutes et son scepticisme à la fois sur ce que lui avait déclaré la Terre et sur la réception de ces propos par le public. Puis, après avoir rétabli la connexion claire qu’il avait eue déjà avec elle, Sten a rempli sa promesse à la Terre par la publication de ce livre.
Dans ces pages, nous entendons une Terre qui affirme être sensible, consciente et vivante, en contact intime avec l’homme, et qui ne souhaite rien de plus que d’être en communions avec nous. Je suis avec vous décrit l’objectif commun de la Terre et des êtres humains, et comment cela va évoluer dans le temps.
Je suis avec vous suggère que les humains sont des partenaires de la Terre qui s’éveillent lentement aux dimensions cachées de leur être – qui ne cessent d’interagir et de communiquer avec elle. Ce livre nous invite à coopérer avec notre planète, un être vivant et conscient, et présente une vision de la véritable coopération qui touchera tous les aspects de notre existence. Cette nouvelle collaboration consciente lui permettra de nous montrer tout ce qui s’est passé en ce monde depuis que nous existons. Cela va unir l’humanité et lui permettre de peu à peu sentir de l’intérieur qui nous sommes et qui est la Terre.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 novembre 2015
Nombre de lectures 0
EAN13 9782896262250
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Je suis avec vous
Les enseignements de la Mère Terre

Sten Linnander
Ariane Éditions
Je suis avec vous – Les enseignements de la Mère Terre
Titre original anglais : I Am With You
Par : Sten Linnander
© 2012, Sten Linnander Enkheimer Str. 15, 60385 Frankfurt am Main, Allemagne

© 2015 Ariane Éditions inc. pour la version française 1217, av. Bernard O., bureau 101, Outremont, Qc, Canada H2V 1 V7 Téléphone : 514-276-2949, télécopieur : 514-276-4121 Courrier électronique : info@editions-ariane.com
Site Internet : www.editions-ariane.com
Boutique en ligne : www.editions-ariane.com/boutique
Facebook : www.facebook.com/EditionsAriane


Tous droits réservés.
Aucune partie de ce livre ne peut être utilisée ni reproduite d’aucune manière sans la permission écrite préalable de la maison d’édition, sauf de courtes citations dans des magazines ou des recensions

Traduction : Jean Hudon
Révision linguistique : Monique Riendeau
Graphisme et mise en page : Carl Lemyre
Illustration de la page couverture : Carl Lemyre
Conversion au format ePub : Carl Lemyre

Première impression : février 2015 ISBN papier : 978-2-89626-221-2 ISBN ePub : 978-2-89626-225-0 ISBN Pdf : 978-2-89626-222-9

Dépôt légal : Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2015 Bibliothèque et Archives nationales du Canada, 2015 Bibliothèque nationale de Paris

Diffusion
Québec : Flammarion Québec – 514 277-8807 www.flammarion.qc.ca
France et Belgique : D.G. Diffusion – 05.61.000.999 www.dgdiffusion.com
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Imprimé au Canada
Remerciements
Je tiens à remercier les personnes suivantes, dont l’aide généreuse a permis de faire de ce livre une réalité :
Ma femme, Karin, qui m’a été d’une aide et d’un soutien inestimables dans la phase initiale de rédaction de ce livre, en insistant pour que je m’exprime avec clarté et que j’évite les formulations vagues.
Virginie (Gigi) Coyle, pour sa clarté d’esprit, sa capacité d’empathie et ses commentaires m’ayant permis de voir les petites choses qui comptent.
Julio Lambing, qui a soutenu avec enthousiasme mon entreprise, et dont la solide rigueur intellectuelle et les grandes connaissances historiques et culturelles m’ont aidé à éviter plusieurs pièges et m’ont encouragé à effectuer plusieurs ajouts importants.
Stefan Steinhäuser, pour son soutien durant les premières étapes de ce livre, alors qu’il m’a guidé grâce à ses compétences professionnelles, ses connaissances et ses observations.
Stephen Davis, qui a apporté une aide considérable à la relecture, à la conception et à la réalisation du processus compliqué consistant à transformer mon manuscrit en un livre publié.
À vous tous, je tiens à exprimer ma profonde gratitude.
Introduction
Pour bien des gens, l’idée que la Terre est un être vivant, sensible et conscient n’est rien de nouveau ; c’est tout simplement un fait. Pour d’autres, ce n’est qu’une histoire à dormir debout.
Dans de nombreuses cultures antérieures à la nôtre, on croyait que la Terre est en quelque sorte douée de conscience. C’est également le cas dans certaines cultures aujourd’hui. Demandez à des sorciers amérindiens ou à des chefs aborigènes, par exemple, et plusieurs affirmeront que la Terre est vivante et qu’elle communique consciemment avec les humains. Ils le diront non seulement parce que cela fait partie du système de croyances dans lequel ils ont grandi, mais aussi en raison des expériences qu’ils ont personnellement vécues.
Si nous avions la conviction que la Terre sur laquelle nous marchons est un être vivant et sensible, notre attitude à son égard serait bien différente. Si nous avions également conscience que la Terre peut nous « voir », qu’elle a un lien intime avec nous et que nous pouvons communiquer avec elle, nous en prendrions davantage soin et ferions preuve de plus de respect envers elle. Ce genre de prise de conscience et de comportement à l’égard de la Terre aurait des effets salutaires immédiats à la fois sur la planète et sur les êtres humains.
Dans les années 1970, James Lovelock et Lynn Margulis ont présenté l’hypothèse Gaïa [1] qui, même si elle ne va pas jusqu’à affirmer que la Terre est un être vivant et conscient, montre qu’à bien des égards la Terre est un système qui s’autorégule et présente des comportements similaires à ceux d’un système vivant. Mais ils ne sont pas allés jusqu’à la considérer comme douée de conscience : « Je ne pense pas, comme le ferait un animiste, que la planète soit un être sensible et conscient [2] . »
Toutefois, bien de gens pensent exactement cela aujourd’hui. La conception que l’on a du monde de nos jours semble cheminer lentement vers la possibilité que la Terre puisse, en un sens, être considérée comme véritablement vivante.
L’une des rares personnes à avoir pris au sérieux l’idée que la Terre soit non seulement douée de sensibilité et de conscience, mais aussi capable et désireuse de communiquer avec les humains, est l’auteur John Lamb Lash. Pour lui, l’affirmation selon laquelle la Terre est consciente n’est pas une question qui doit être acceptée ou rejetée aveuglément en raison de sa nature non scientifique ; il estime plutôt qu’il s’agit d’une proposition à soumettre à l’épreuve des faits. Il poursuit en disant : « Notre perception de Gaïa n’évoluera pas si nous ne pouvons admettre que celle-ci peut communiquer avec nous dans un langage que nous connaissons. À moins de nous ouvrir à cette possibilité, nous n’arriverons jamais à confirmer le fait qu’elle est douée de sensibilité au même titre que les animaux le sont et que nous le sommes [3] . »
C’est précisément cette idée qui est à la base de ce livre. J’y fais le récit de ce que j’ai personnellement vécu alors que je communiquais en pensée avec la Terre. J’y ai décrit comment ces communications se produisent et inclus la transcription d’une série de « conversations » que j’ai eues avec la Terre en 1996, entrecoupées de matériel plus récent ainsi que de mes propres commentaires et réflexions sur ce que je recevais.
Si l’on interprète au pied de la lettre les communications que j’ai reçues, la Terre nous dit qu’elle est vivante et qu’elle désire tous nous contacter consciemment, à la fois individuellement et collectivement. Elle va même jusqu’à proposer la fabrication d’un appareil grâce auquel elle pourrait communiquer avec nous dans notre propre langage. Elle explique également que c’est à nous, les humains, d’établir une communication avec elle, et que ce ne sera donc possible que si nous sommes ouverts à cette possibilité et si nous cherchons activement ce contact. Ce livre est donc comme la sonnerie d’un appel de la Terre qui attend que nous « répondions au téléphone ».
PREMIÈRE PARTIE Comment tout cela est arrivé
Chapitre 1
Qui est l’auteur ?
Il me semble que toute personne lisant un livre sur la communication avec la Terre a d’abord le droit d’en savoir un peu sur la personne ayant eu ces communications.
Cependant, lorsque l’on se décrit soi-même, il est rare que l’on arrive à présenter davantage qu’une image très partielle de soi, laissant ainsi de côté des pans entiers de sa vie. En outre, ce à quoi on a choisi de consacrer son existence constitue souvent (mais pas toujours) un reflet bien incomplet de qui l’on est véritablement. Enfin, le fait de ne pas savoir vraiment qui l’on est ajoute un élément de difficulté.
J’ai donc choisi de commencer par une brève chronologie de ma vie, suivie d’une description de ma quête au fil de mon existence, vue rétrospectivement.
Une courte biographie
Né en 1950, je suis le troisième enfant d’une famille suédoise établie de longue date. Mon père, qui était juge, a passé de nombreuses années en Afrique et en Asie en tant que conseiller juridique pour divers gouvernements étrangers. Quant à ma mère, elle a été secrétaire principale, ainsi qu’enseignante, et elle a plus tard consacré sa vie à la lutte contre les mutilations génitales féminines en Afrique et ailleurs dans le monde.
J’ai vécu mes six premières années en Suède. Puis, notre famille a déménagé à Kaboul, en Afghanistan, pour deux ans et demi, et j’y ai commencé mes études primaires dans une école internationale anglophone. Après être revenus passer un an en Suède, nous sommes allés à Katmandou, au Népal, où nous sommes restés durant trois ans et demi. Là, j’ai d’abord fréquenté une école jésuite pour les enfants népalais, et puis une école américaine.
Une fois revenu en Suède, j’y ai terminé mes études collégiales, pour ensuite aller étudier la physique et la géophysique à l’Université de Stockholm, où j’ai obtenu mon diplôme en 1975. Un an et demi plus tard, je quittais la Suède pour rejoindre une communauté radicale en Autriche. Je devais y rester trois ans.
Après mon départ de la communauté, j’ai passé l’essentiel des trois années suivantes aux États-Unis, où j’ai fait l’acquisition de brevets et commercialisé de nouvelles inventions pour le traitement des eaux usées huileuses, ainsi que d’autres technologies écologiques, et ce, au nom d’un inventeur allemand.
Après cela, j’ai joué un rôle de premier plan dans le développement d’une expérience sociale en Allemagne concernant principalement divers aspects de la recherche sur la conscience. J’étais à la tête d’une université libre, où j’organisais des visites de chercheurs de renommée internationale et d’innovateurs dans les domaines sociaux, scientifiques et spirituels. J’ai été engagé dans ce projet durant onze ans.
En 1989, j’ai cofondé et dirigé une association à but non lucratif allemande, qui a organisé des programmes d’aide et de transfert technologique, et réalisé un certain nombre de projets pilotes à petite échelle dans les domaines de l’écologie, de la médecine et de l’administration municipale dans l’ex-Union soviétique. Nous avons également travaillé à promouvoir un projet international pour la protection de l’Arctique, qui a été parrainé par l’Association des villes du nord-ouest de la Russie.
En 1992, j’ai entrepris d’étudier les enseignements spirituels et chamaniques du Sweet Medicine Sundance Path , lesquels constituent une synthèse éclectique de la connaissance des chamans et chamanes des Amériques et de l’Australie, dont la pratique intègre également des idées scientifiques et psychologiques modernes. J’ai continué sur cette voie jusqu’en 2010.
En 1994, je suis allé habiter en Arizona pour me consacrer plus intensément à ces études, et au cours des huit années suivantes, je me suis également beaucoup intéressé à « l’Énergie de synthèse », une théorie sur l’auto-organisation des fluides dans la nature développée par le défunt designer industriel et artiste, Alfred Wakeman. J’ai également fondé un organisme de recherche à but non lucratif et lancé un projet ayant pour objectif de préparer la diffusion mondiale en direct d’images haute résolution de la Terre entière, prises à partir d’un satellite qui n’a pas encore été lancé.
Depuis 2002, je vis et travaille à Francfort, en Allemagne, poursuivant mon travail avec les images de la Terre en direct, ainsi que le développement et la réalisation d’autres expériences relatives à l’énergie de synthèse. Pour gagner ma vie, je travaille depuis une quinzaine d’années comme traducteur, de l’allemand à l’anglais, pour le compte d’entreprises et de particuliers.
Je suis marié à ma bien-aimée épouse Karin, dont j’ai fait la connaissance en 1983. Nous sommes devenus un couple l’année suivante et nous nous sommes mariés en 1988. Elle a été la plus sévère critique de mon travail et m’a en même temps aidé à le rendre le plus réaliste possible. Mais surtout, elle m’a toujours encouragé à suivre mon propre chemin dans la vie.
Ma quête
Ayant grandi à la fois en Asie et en Suède, j’ai été exposé tôt dans ma vie à différentes cultures, traditions et croyances. À l’occasion de nos nombreux voyages en lien avec le travail de mes parents, nous avons visité des villes et des lieux d’intérêt culturel et historique comme Beyrouth, Jérusalem, Rome, Paris, les pyramides de Gizeh, Persépolis en Iran et le Taj Mahal à Agra. Grandissant à la fois en Asie et en Suède, mon contact avec maintes cultures et différents systèmes de croyances faisait partie de mon quotidien. Déjà, dans ma jeunesse, j’ai pris conscience que la culture occidentale dans laquelle je suis né, avec ses croyances et sa vision du monde, n’en était qu’une parmi de nombreuses autres et que ce que l’on m’a appris à croire n’était pas inscrit dans le marbre. Il est également devenu clair pour moi que notre vision occidentale du monde, qui semble si rationnelle et si vraie, n’est qu’un aperçu de ce qui est à l’heure actuelle considéré comme une interprétation correcte de qui nous sommes et de la façon dont fonctionne le monde qui nous entoure. Ce qui est considéré comme vrai dans une génération est remplacé par des « vérités » totalement différentes et souvent contraires dans la suivante.
Prenez le monde physique qui nous entoure. Les théories « objectives » du monde que je découvrais dans mes études de physique et sur la science en général ne satisfaisaient pas mon désir de comprendre le monde dans lequel nous vivons, car le monde lui-même ne semblait avoir aucun lien avec moi et avec ma vie, ni avec celle des autres. C’était un monde dans lequel nous sommes tous entourés de matière morte que nous pouvons manipuler, mais qui restera à jamais morte.
Selon cette perspective, nous sommes les seuls êtres vivants conscients, mis à part les animaux, qui sont de simples versions primitives de nous-mêmes, de sorte que l’on ne peut attendre la moindre réaction intelligente de leur part. Nous semblons encapsulés dans un monde qui est indifférent à notre égard, et seuls les autres humains partagent notre destin. Nous sommes à jamais en décalage avec le reste de l’univers, du moins jusqu’à ce que des extraterrestres arrivent ici ou jusqu’à ce que nous parvenions à les trouver quelque part ; mais cela va probablement prendre quelques siècles de plus. Même alors, nous ne pourrons pas être sûrs qu’ils ne vont pas simplement nous tuer et prendre tout notre argent.
Mes études de physique concernaient la nature du monde matériel qui nous entoure, la nature de la matière – dont nos corps sont faits – et, en fin de compte, la nature de l’atome. Quelle était donc la compréhension la plus intime de ce qu’est la matière, que la science avait découverte, et même démontrée ? C’était que la matière est faite d’atomes, qui sont constitués de protons, de neutrons et d’électrons, lesquels sont composés de quarks et de leptons maintenus ensemble par des bosons... Oui, oui, mais que sont-ils ? Le genre de réponses que je recevais était toujours une abstraction, telle que : ce sont des « fonctions de probabilité ». D’accord, persistais-je, mais cela ne décrit que la probabilité de trouver une particule à un endroit précis ; cela ne dit rien sur la matière elle-même. Finalement, on m’a dit de juste faire mes calculs comme tout le monde.
Quand j’ai changé d’orientation en cours de route, passant de l’étude de la physique théorique à celle de la géophysique, j’ai poussé un grand soupir de soulagement. À présent, j’étudiais la Terre, les nuages et la foudre, les tremblements de terre et les tsunamis, les formations rocheuses et les minéraux, les rivières et les océans, les jungles, les déserts et les marais, la tectonique des plaques et le mouvement de la lave en fusion dans les entrailles de la Terre. Même si ce que j’apprenais était purement scientifique, la Terre prenait vie à mes yeux.
Ma quête se poursuivit. Qui sommes-nous donc ? Qui suis-je ? Certains disent que je suis un être humain. Rien de plus. Je suis né, je vis, et je vais mourir. Encore une fois, ça s’arrête là. Qu’en est-il de l’humanité ? Je fais partie de l’humanité, qui est en quelque sorte tel un être, telle une espèce qui évolue sans vraiment avoir de conscience propre ; et pourtant, cette humanité a réussi à s’imposer malgré toutes les adversités. Tout cela n’est-il que le fruit de la programmation biologique que l’évolution a intégrée en chaque individu ? L’insondable énormité de l’univers autour de moi, et l’incroyable petitesse des virus, des atomes, des protons, des quarks et des gluons n’étaient que la dernière cerise sur le gâteau et ne faisaient qu’empirer mon sentiment d’ignorance.
À tout cela s’ajoutait la dimension spirituelle. Encore une fois, qui sommes-nous ? Avons-nous une âme ? Nous réincarnons-nous ? Y a-t-il des dieux ou des déesses ? Les montagnes ont-elles un esprit ? Une rivière peut-elle être sacrée ? Mahomet était-il le prophète de Dieu ? Comment pouvais-je le savoir ?
Et puis, il y avait la religion chrétienne, qui semblait au moins basée sur l’amour, le pardon, l’espoir et la rédemption. Même s’il s’agissait là de belles qualités, peu d’adeptes du christianisme tout au long de l’histoire semblaient les avoir vraiment mises en pratique.
Et il y avait aussi mon père, un athée déclaré, dont l’attitude envers le christianisme pouvait se résumer dans ce qu’il m’a un jour déclaré : « As-tu entendu ce qu’ils disent ? Au commencement était le Verbe . Je n’ai jamais rien entendu d’aussi stupide. »
Je pense que la plupart des gens, surtout les jeunes, traversent à un moment donné une phase où ils essaient sérieusement de comprendre qui ils sont et à quoi rime le monde. Mais ces questions ont continué à me hanter – certains diront sans doute un peu trop longtemps pour mon propre bien.
Toutefois, j’ai alors commencé à me préoccuper d’autres choses. À mesure que les années passaient et que je grandissais, je prenais de plus en plus conscience que mes sentiments et mon bien-être étaient largement déterminés par mes propres structures émotionnelles, et j’avais le sentiment de n’avoir que peu de contrôle sur elles. Ce n’était pas agréable du tout, surtout que j’étais passablement déprimé et que je ne savais pas quoi faire de ma vie. Bien sûr, je pouvais regarder autour de moi et constater que les autres n’étaient pas vraiment si différents de moi, mais cela ne m’était d’aucun réconfort. Au moins, ils semblaient avoir accepté les explications fournies sur qui nous sommes et sur le sens et le but de tout cela, ou alors ils ne s’en souciaient aucunement et ils étaient prêts à se contenter de simplement trouver leur place dans la société. Pour une quelconque raison, cela n’a pas fonctionné pour moi.
Alors, que faire ? Je savais que je devais tenter quelque chose d’assez radical pour me débarrasser de la combinaison d’agitation et de dépression qui m’avait maintenu dans un état semblable à celui d’un moteur s’emballant malgré les freins serrés. Changer cela était une condition préalable à tout ce que je voulais faire.
Après avoir terminé mes études et travaillé durant près de deux ans, j’ai décidé de rejoindre une communauté radicale en Autriche. Ce n’était pas une communauté du nouvel âge, mais plutôt un endroit où l’on avait rejeté les valeurs et les structures traditionnelles de la « famille nucléaire » à la recherche d’un style de vie plus dynamique, actionniste et artistique, basé sur la propriété commune, la sexualité libre et le théâtre d’expression spontanée. J’ai vécu ce qui fut pour moi trois années tumultueuses, qui inclurent passer par une forme de thérapie reichienne propre à cette communauté, et par un intense travail émotionnel et énergétique afin de nettoyer mon système. Quand j’ai quitté la communauté, je me sentais libéré et dégagé de mon agitation intérieure chronique.
Je suis également reparti avec le sentiment que la tentative de créer des structures sociales mettant l’accent sur l’importance de la communauté était une chose vitale. Pour créer un avenir viable, il faudra trouver des moyens pour satisfaire les besoins fondamentaux de l’homme qui, tout au long de l’histoire, ont été comblés par les tribus, les clans et les familles élargies, des besoins qui sont bien loin d’être comblés aujourd’hui dans la société occidentale et, de plus en plus, partout ailleurs dans le monde. Par ailleurs, dans les structures collectives, il y a souvent un risque de sacrifier l’autonomie individuelle et la liberté de pensée, ce qui fut certainement le cas dans la communauté dont je faisais partie. Dans l’ensemble, mon séjour à cet endroit a définitivement eu ses bons et ses mauvais côtés.
Il est trop facile de laisser de côté les véritables raisons de ce qui nous motive et nous engage sur de nouvelles voies dans la vie, et je dois donc ajouter que deux des bouleversements les plus positifs dans ma vie sont survenus quand je suis tombé amoureux. La première fois, c’était alors que j’étais au milieu de ce qui était, pour moi, des études de physique sans intérêt. Cela m’est arrivé sans prévenir, et en moins de cinq minutes, soit à 1 h du matin, le 3 mai 1973, j’étais tombé amoureux, et ma vie en fut radicalement changée. Le lendemain, je décidai de quitter mes études et je me mis à écrire de la poésie, à réaliser des courts métrages, à boire du gin et, d’une manière générale, à me promener la tête dans les nuages.
La deuxième fois, c’était à la commune autrichienne, où se trouvait une « psychanalyste » que j’aimais beaucoup. À un moment donné, ils ont décidé que c’était une bonne idée que le « patient » tombe amoureux de son/sa psychanalyste et s’en serve comme motivation pour sa « guérison ». C’était une tâche facile pour moi, et cela brisa ma carapace. Encore une fois, je me retrouvai la tête dans les nuages. Ces expériences ineffables ne durèrent pas plus que quelques mois, mais elles propulsèrent mon existence vers de nouvelles directions.
Désormais libre de poursuivre mes intérêts, je passais plusieurs années à voyager, à visiter des médiums et des guérisseurs, des personnes sensibles aux tremblements de terre, et d’autres chercheurs impliqués dans des études peu orthodoxes sur la matière et le monde vivant. J’ai étudié les travaux de Nikola Tesla et de Viktor Schauberger et entrepris ce qui allait devenir une collaboration de trente ans avec le défunt Alfred Wakeman, qui a développé une théorie sur la dynamique des fluides dans l’univers qu’il a appelé « Énergie de synthèse ».
Au cours de mes nombreuses années au sein de l’expérience sociale allemande, je me suis concentré sur divers aspects de la recherche sur la conscience. Ayant découvert plus ou moins par hasard ma capacité à faire régresser les gens par des transes hypnotiques afin qu’ils se « souviennent » de ce qui semblait être des « vies antérieures », j’étais à la fois curieux et sceptique. Il m’apparut qu’il me fallait commencer par déterminer si les descriptions de ces vies passées étaient fidèles à la réalité sur le plan historique, et j’ai donc effectué plusieurs voyages dans le but de vérifier l’exactitude des circonstances rapportées dans chacune de ces histoires. Dans plusieurs cas, les informations que j’avais notées au cours de ces séances se sont avérées factuelles bien au-delà de ce que quiconque aurait pu tenter d’inventer ou de vérifier à l’avance. Pour moi, cela ne représentait pas une preuve définitive que nous avons vécu d’autres vies, car il y avait plusieurs autres explications orthodoxes et non orthodoxes sur la manière dont ces informations auraient pu être obtenues.
Mais finalement, j’en suis venu à croire que nous avons probablement vécu auparavant. Cependant, qui est ce « nous » auquel je fais référence ? Je crois que la partie de nous ayant vécu ces vies antérieures n’est pas celle qui vit la vie normale de tous les jours, mais une partie de nous-mêmes rarement incluse dans notre compréhension de qui nous sommes, et que nous ne pouvons accéder à ses souvenirs que dans certaines circonstances extraordinaires – par exemple après beaucoup de pratique, dans certains états de transe, ou grâce à des cérémonies judicieusement conçues. Selon mon expérience, je suis également convaincu qu’un grand nombre de récits de « vies antérieures » sont tout simplement des inventions du subconscient.
Après avoir fait office de facilitateur lors de plus d’une centaine de transes sur la réincarnation, dont plusieurs dans le cadre du projet allemand, un certain nombre de corrélations fascinantes ont pu être mises en lumière. En elles-mêmes, elles indiquent que nous passons souvent du temps avec les mêmes personnes au cours de différentes vies. Il semblerait que nous décidions parfois de travailler ensemble sur certains problèmes au fil de plusieurs vies, et que des groupes de personnes « conviennent » en quelque sorte de se rencontrer à différents moments de l’histoire afin de poursuivre leur travail [4] .
J’avais beaucoup lu sur le sujet, mais le fait de découvrir personnellement ces histoires leur a conféré un caractère encore plus poignant à mes yeux. Dans un cas, un homme et une femme ont rapporté des versions complémentaires détaillées d’une relation qu’ils avaient eue à Carthage, il y a plus de deux mille ans. Ils l’ont fait sans savoir ce que l’autre personne avait dit, puisque j’avais mené les séances de transe l’une à la suite de l’autre, sans la présence de l’autre personne.
Mon travail sur ce sujet m’a aidé, ainsi que les personnes concernées, à trouver de nouvelles réponses à la question de savoir qui nous sommes, et ces expériences ont élargi notre vision de nous-mêmes. Mais elles ne semblaient pas nécessaires ni même productives lorsqu’il s’agissait des questions de la vie quotidienne.
Cet élargissement de ma vision du monde s’est poursuivi dans d’autres domaines. Une expérience marquante consista à faire partir un fantôme qui avait apparemment décidé d’établir résidence dans la cave de la maison où nous vivions. Depuis plusieurs mois, un garçon de deux ans qui vivait là aussi affirmait qu’un homme vêtu d’un manteau noir se trouvait dans la cave et qu’il « frappait des chevaux ». Le garçon était terrorisé.
Un jour, j’ai décidé d’en avoir le cœur net. Je venais de lire un livre [5] sur ces phénomènes et sur la manière de faire disparaître un « fantôme ».
J’ai pris le garçon dans mes bras et je suis descendu à la cave avec lui. Comme je m’approchais du coin où il disait que « l’homme » se tenait debout, un petit objet frappa ma poitrine et tomba sur le sol. Décontenancé, je m’arrêtai net. Il s’avéra qu’il s’agissait d’un bouton de verre et, encore à ce jour, je n’ai aucune idée de sa provenance. Je dis à l’enfant de remonter à l’étage et je confrontai le fantôme. Je suivis ce qui était décrit dans le livre sur la façon de procéder, pour finalement dire à l’homme qu’il était mort et que je pouvais l’aider à poursuivre son chemin évolutif. Je parlais à voix haute en allemand, et chaque fois que je posais une question, je recevais des réponses parfaitement synchronisées, à vous faire dresser les cheveux sur la tête, sous la forme de cognements bruyants dans les tuyaux de plomberie de la cave. Finalement, après avoir reçu l’approbation de l’âme, je lançai un appel à des êtres censés pouvoir l’aider à réaliser sa transition vers d’autres royaumes. Lorsque je sentis leur présence, j’utilisai mon imagination et fusionnai leurs énergies avec la sienne en les invitant à partir – sans vraiment savoir où. Les cognements cessèrent. J’attendis durant plusieurs minutes, puis je l’appelai, mais seul le silence me répondit. Plus tard, le garçon me dit que l’homme était parti, et il ne revint jamais. Quelques mois plus tard, nous avons appris que la cave était la partie la plus ancienne de l’édifice, qu’elle avait été construite il y a plusieurs siècles et qu’elle avait servi d’écurie pour des chevaux.
Mais je m’intéressais surtout à l’idée d’un monde vivant dont je sentais que nous sommes coupés. Dans le cadre de l’université libre du projet communautaire, je cherchai les personnes les plus intéressantes que je pouvais trouver et les invitai à venir nous parler de leur travail dans le cadre de conférences et d’ateliers, et parfois à partager leurs idées par l’expérimentation pratique.
Une de ces personnes était Peter Caddy, le fondateur de la communauté spirituelle écossaise de Findhorn, qui venait souvent nous visiter. La communauté de Findhorn est devenue célèbre en raison des contacts de ses membres avec les dévas ou esprits de la nature, contacts qui les avaient guidés à cultiver des légumes si exceptionnellement gros dans les sables de l’Écosse que la BBC a décidé de réaliser une série de six émissions à leur sujet. C’est désormais une communauté spirituelle florissante, un écovillage et un centre international pour l’apprentissage holistique.
Puis, il y a eu Cleve Backster, à l’origine un expert en détection du mensonge employé par la CIA, qui a découvert que les plantes réagissent aux pensées et aux émotions humaines. Son travail, bien que largement contesté, a également montré que des cellules humaines, prélevées et maintenues en vie à une grande distance de la personne, réagissent de façon synchrone avec les autres cellules de cette même personne.
Également sur la liste des visiteurs, il y avait Jim Nollman, dont les travaux sur la communication entre espèces [6] nous ont permis de faire de grands progrès dans notre compréhension de la manière dont les dauphins, les orques et les baleines communiquent ensemble, et pour savoir comment, à notre tour, nous pouvons communiquer et converser intimement avec eux en utilisant, entre autres choses, la musique comme véhicule. Ce type de recherche participative permet de réintégrer la science dans la vie elle-même, ce qui la rend pertinente pour nous tous.
Rupert Sheldrake a également été l’un de nos invités. Il a suscité un vif intérêt dans le monde entier grâce à sa théorie controversée sur les champs morphogénétiques et ses recherches sur la façon dont les animaux de compagnie et leurs maîtres communiquent entre eux à distance. Sa pensée a renforcé ma conviction que nous vivons dans un monde vivant et communicant doté d’un réseau de communication qui attend que nous prenions la place qui nous revient.
Dans l’ensemble, j’ai continué à m’intéresser de près à ces questions, ce qui m’a donné une vision du monde basée sur la globalité plutôt que sur la séparation, sur le processus plutôt que sur l’existence statique, sur les interactions plutôt que sur les actions/réactions, sur l’émergence plutôt que sur la causalité, et sur l’auto-organisation plutôt que sur la hiérarchie et le contrôle. À ces égards, la science traditionnelle a fait de grands progrès. La théorie de l’ordre implicite proposée par le physicien quantique David Bohm, les idées d’Ilya Prigogine sur les systèmes capables d’auto-organisation, et les affirmations étranges des physiciens quantiques selon qui toute observation influe sur le système observé, quelle que soit la méthode choisie pour l’observation, tout cela a contribué à ouvrir mon esprit à une nouvelle façon de percevoir la réalité.
Prises dans leur ensemble, ces idées et ces perspectives ont éclairé pour moi les multiples façons par lesquelles, tant sur le plan de la conscience que sur celui de la communication, le monde en apparence inanimé autour de nous ne l’est pas du tout en fait. Il n’est pas non plus insensible à ce que nous faisons, pensons et croyons. C’est nous qui semblons insensibles à nos sens et aux élans spontanés que notre corps, notre esprit et notre âme, ainsi que ceux des autres et de l’ensemble du monde vivant, ne cessent de nous envoyer.
Ma quête de réponses s’accompagnait toujours de nouvelles expériences. J’ai assisté dans la capitale américaine à des séances de pliage de cuillère organisées par un colonel de l’armée américaine. Ces rencontres avaient pour but de montrer aux personnes présentes que nous possédons tous des facultés inhabituelles qu’il est possible de développer. Les premiers à réussir furent les enfants. J’ai vu des enfants de quatre ans s’amuser à plier de longues et solides cuillères et fourchettes en acier comme si c’était du spaghetti. Le choc causé par la vue de ce tour de force m’a fait suspendre mon incrédulité, et quand je pressai doucement sur la cuillère dans laquelle j’avais passé une demi-heure à essayer d’insuffler de l’énergie (comme le demandaient les organisateurs), elle m’a soudain donné l’impression d’être comme du mastic dans mes mains, et s’est enroulée sur elle-même.
J’ai invité le Dr Willard Fuller [7] , un guérisseur spirituel américain spécialisé dans la guérison des dents, à venir en Suisse, et au cours des séances publiques, il m’a permis de me tenir directement derrière lui tandis qu’il prodiguait ses traitements. Devant mes yeux, j’ai vu des amalgames dentaires se transformer lentement en ce qui ressemblait à des plombages en or. Toutefois, je n’ai pu vérifier si ces plombages étaient vraiment en or.
Mais j’ai également pu observer à quel point l’incrédulité peut avoir un effet puissant, et à quel point la peur de l’inconnu peut affecter directement la réalité. Un de mes amis et moi jouions avec une planche Ouija [8] dans un appartement près de Monte-Carlo, et nous avions dans l’idée d’aller jouer au casino. Nous avions très peu d’argent, et quand nous avons posé une question à la planche Ouija à ce sujet, on nous a dit de « trouver de l’argent ». Comme nous avions emprunté l’appartement, nous ne pouvions pas vraiment nous mettre à fouiller l’endroit, et j’ai donc demandé en plaisantant si je pouvais trouver l’argent dans mon portefeuille. Nous avons alors eu un « oui » clair. Prenant la réponse au pied de la lettre, je sortis mon portefeuille dans lequel nous savions qu’il y avait exactement 300 francs que j’avais échangés le jour même à la frontière. Avec mon ami, je vérifiai donc l’argent qui s’y trouvait, en comptant d’abord un billet de cent francs, puis un second. Le troisième, cependant, était un billet de 500 francs. Je pensai : « C’est impossible. » Je levai les yeux pour regarder mon ami et réalisai qu’il avait vu exactement la même chose que moi, ce qu’il m’a confirmé par la suite. Mon esprit était ébranlé, et alors que je regardais à nouveau l’argent dans ma main, je vis le nombre 500 disparaître lentement pour redevenir un 100. Je sus à ce moment-là que c’était la peur qui nous avait ramenés à une réalité qui ne permet pas de tels miracles.
Après avoir lu et étudié un tas de choses de qualité pour le moins inégale sur la spiritualité et la parapsychologie, entre autres choses, j’eus envie de découvrir par moi-même ce qu’il faut croire et, au moins provisoirement, sur quelles prémisses fonder ma vie. Je me suis vite rendu compte qu’il était difficile de départager le vrai du faux. D’une part, j’ai trouvé des généralisations incroyablement douteuses, des exagérations, des rumeurs sans fondement répandues à tous vents, et ainsi de suite, de même que plusieurs tentatives d’exploiter la crédulité des gens, dont la plupart semblaient motivés par l’appât du gain, une quête de célébrité, ou tout simplement par le désir de se distinguer des autres. Souvent, cependant, ce que je lisais semblait l’expression authentique d’un grand manque de pensée critique et d’un besoin presque maladif de découvertes et d’affirmations sensationnelles. Dans ces cas, les auteurs étaient pleinement convaincus de la justesse de leurs propres boniments. Et parallèlement, je rencontrai un public ayant un désir tout aussi incroyable de gober ce genre de baratin sans aucune sorte de vérification des faits, et ces deux groupes semblaient faits l’un pour l’autre.
D’autre part, il y avait les sceptiques, qui tiraient leur sentiment d’identité d’un refus d’examiner leurs croyances, en particulier leurs convictions profondes, et qui s’évertuaient à « démystifier » tout ce qui pouvait menacer les fondements de leur vision du monde. Mais comme je l’ai découvert à maintes reprises au fil de conversations personnelles, même ces gens ont bien souvent vécu des expériences défiant toute explication rationnelle.
Néanmoins, au sein de la société en général, la réaction aux phénomènes ne correspondant pas au système de croyances actuel était habituellement de les ignorer.
Il était difficile de trouver des exemples de scepticisme sain. Le sens originel grec du mot skeptikos était « aimant poser des questions » ou « examinateur » – désignant quelqu’un d’insatisfait des réponses obtenues et sans cesse à la recherche de la vérité. Cela nécessite un mélange équilibré de sobriété, d’ouverture face à l’inconnu et d’empressement à remettre en question ses postulats de base, y compris ses propres certitudes.
Tout bien considéré, j’estime que nous sommes à la veille d’une importante expansion de notre paradigme scientifique qui intégrera la faculté de sentir, la conscience, les pensées et les émotions comme étant des dimensions tout aussi réelles que le monde matériel, ce qui débouchera finalement sur une reconnaissance du fait que ce sont des expressions différentes de la même « chose » et qu’elles interagissent étroitement les unes avec les autres.
Un autre sujet semble m’avoir suivi toute ma vie, et c’est celui de la Terre elle-même. Depuis mon enfance passée à grandir dans différents pays, j’ai une vision globale de la vie, et j’ai toujours eu le sentiment de savoir où je me trouvais sur le globe. Plus tard, lorsque l’on m’a demandé de faciliter un projet relatif à la protection de l’Arctique, j’ai pris conscience de l’importance et de la fragilité de cette région du globe.
J’ai également commencé à sentir que la Terre est plus vivante qu’on ne le reconnaît généralement, et j’ai la conviction qu’elle réagit non pas tant à ce que nous lui faisons physiquement qu’aux intentions sous-tendant nos actions, ce qui est comparable aux conclusions de Cleve Backster dans ses travaux de recherche sur des plantes. En fait, cela vaut également pour nous. Si une personne bute contre nous dans la rue, nous réagissons très différemment selon qu’elle a de mauvaises intentions à notre égard ou bien que c’est purement accidentel.
Finalement, j’aimerais aussi mentionner quelques-unes des connaissances que j’ai acquises au cours des nombreuses années passées à suivre la voie du Sweet Medicine Sundance Path . J’ai alors pu constater par moi-même comment nous pouvons interagir de l’intérieur avec les énergies et les êtres du monde vivant. Les enseignements et les cérémonies de ce cheminement spirituel sont conçus pour éveiller le savoir qui est en nous grâce à l’expérience directe, et ils ont largement contribué à me reconnecter à un monde où non seulement les animaux et les plantes, mais aussi les pierres, les paysages, les planètes et les étoiles s’animaient devant mes yeux. J’ai vécu d’innombrables expériences qui m’ont démontré que notre perception habituelle de la réalité ne reflète qu’une petite partie du spectre du monde vivant qui nous entoure en permanence, et que nous sommes tous beaucoup plus que ce que l’on nous apprend à croire.
Pourtant, même avec le recul, alors que je raconte ces expériences et les leçons de vie qu’elles recelaient pour moi, rien ne m’indiquait que j’allais bientôt communiquer sur une base plus ou moins quotidienne avec la planète tout entière.
Je suis bien conscient qu’un grand nombre de personnes vivent chaque jour des contacts conscients avec notre Terre Mère vivante, et ce, depuis des millénaires. Mes expériences ne sont donc pas si insolites que cela. Toutefois, non seulement ai-je promis de publier ce que je recevais lors de mes communications avec la Terre, mais j’éprouve aussi le besoin de partager mes expériences, tout simplement en raison de l’enthousiasme et de l’émerveillement que je ressens à l’égard de ce qui, pour moi, est réel et stupéfiant. Je crois également que ce n’est qu’une question de temps avant que l’ensemble de la société accepte pleinement l’idée que la Terre est consciente et douée de sensibilité. Lorsque cette prise de conscience surviendra, elle contribuera à transformer notre compréhension de la Terre et de l’univers, mais aussi de ce que nous sommes en tant qu’êtres humains.

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