Le Mariage et la Famille en Gascogne (Tome Ier : le mariage et la famille)
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Description

Il nous a semblé qu’une étude sur Le Mariage et la Famille en Gascogne, d’après les Proverbes et les Chansons, mettrait en lumière la personnalité originale de notre Province. Nous avons surtout utilisé les Proverbes, qui [...] sont à la fois la sagesse et la psychologie d’une race ou d’une nation. Ces formules proverbiales deviennent comme un moule social auquel personne n’échappe. Beaucoup sont piquants, pittoresques, originaux, particuliers à la langue gasconne soit par l’image évoquée, soit par l’expression qui sent le terroir. Notre seul mérite aura été de les grouper par ordre d’idées, et, pour ainsi dire, de les codifier.


Le lecteur nous pardonnera certaines expressions... très expressives : nous en avons limité le nombre. Mais le Gascon n’aime pas les voies détournées pour exprimer la vérité proverbiale. Sa finesse vit d’images réelles et non d’abstractions plus ou moins savantes ou délicates. Tout ce que pourront dire les délicats et les raffinés, c’est que nos ancêtres avaient un rude bon sens et un bon sens un peu rude... » (Préface de l’édition de 1916). — Tout en respectant le texte et l’orthographe de l’auteur pour ce qui est du gascon, cette nouvelle édition, entièrement recomposée, donne également une transcription en graphie classique des textes gascons.


Le chanoine Césaire Daugé, né à Aire-sur-l’Adour (1858-1945), vice-président de la société de Borda, ardent artisan de la renaissance d’oc, reste un des plus importants écrivains en langue gasconne du XXe siècle : sa Grammaire, ses pièces de théâtre et son imposante étude sur le mariage et la famille en Gascogne (en 3 tomes) sont là pour en témoigner.

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EAN13 9782824051406
Langue Français
Poids de l'ouvrage 11 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0067€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

978-2-8240-0725-0 9HSMIME*aahcfa+
AUGÉ
OGO043-B
CÉSAIREDAUGÉ
LEMARIAGEETLAFAMILLEENGASCOGNE
SCOGNE
EN GASCOGNE
Même auteur, même éditeur
Grammaire élémentaire de la langue gasconne.
Lou Bartèr / Lou Bartè.
Tous droits de traduction de reproduction et dadaptation réservés pour tous les pays. Conception, mise en page et maquette : © Éric Chaplain Pour la présente édition : © EDR/ÉDITIONS DES RÉGIONALISMES ™ — 2012/2016 EDR sarl : 48B, rue de Gâte-Grenier — 17160 CRESSÉ
ISBN 978.2.8240.0725.0 Malgré le soin apporté à la correction de nos ouvrages, il peut arriver que nous laissions passer coquilles ou fautes — linformatique, outil merveilleux, a parfois des ruses diaboliques... Nhésitez pas à nous en faire part : cela nous permettra daméliorer les textes publiés lors de prochaines rééditions.
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CÉSAIRE DAUGÉ
LE MARIAGE ET LA FAMILLE EN GASCOGNE D’APRÈS LES PROVERBES ET LES CHANSONS ER (TOME I )
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PRÉFACE os vieilles coutumes provinciales disparaissent un peu partout avec la langue elle-même. Le cri d’alarme a vainement retenti.Tout s’enNVillel’exode vers la Grande Le parisianisme, réjouissent bien à tort. semble conspirer contre elles depuis un demi siècle. Beaucoup priment tout. Sur certaines lèvres narquoises, l’épithéte deProvincialprend des allures satiriques presque méprisantes. LeProvincialle simple est le retardataire, d’esprit, le naïf à courte vue qui n’a jamais quitté le foyer, qui ignore les coulisses du théâtre, qui jargonne comme les terriens ses aïeux, qui ouvre de grands yeux étonnés devant les progrès de la civilisation moderne. Chose amusante ! Certains Bordelais, Toulousains et Marseillais — pour ne parler que des Parisiens du Midi, — se moquent volontiers des ruraux de leurs contrées, comme si Bordeaux,Toulouse et Marseille n’étaient pas la Province. Il est vrai que si Paris avait la Cannebière, il serait un petit Marseille, troun de l’air ! et que la Garonne n’a pas voulu !.. dit une chanson fameuse.A leur tour, ces Bordelais, Toulousains ou Marseillais, subissent le même sort, et se voient dédaigneusement traités de provinciaux, lorsqu’ils se mêlent d’affronter Paris et de lui offrir leur curiosité, leur industrie ou leur talent. De plus en plus on paraît se persuader que Paris a seul droit d’existence et de préséance. Seul, il consacré le talent et distribue la gloire. Cependant que serait Paris sans la Province ? Une ville qui s’étiolerait d’elle-même et mourrait de sa belle mort. Car Paris, le débilitant par excellence, n’existe et ne se maintient que grâce à l’apport incessant des provinciaux, surtout depuis que l’on a voulu en faire le cerveau de la France et de l’Humanité. La Province est la réserve dans laquelle la Capitale, qui absorbe tout, puise une jeunesse toujours nouvelle en lui empruntant ses écrivains, ses penseurs, ses artistes et ses hommes d’Etat. D’ailleurs Paris, seul moule d’où doit sortir toute pensée, toute idée, toute vie, toute gloire, quelle monotonie désespérante, quelle fastidieuse perspective ! Rien n’est triste comme l’uniformité. Boileau l’a proclamé pour le genre littéraire ; cela est vrai de tous les genres. La Province dédaignée, méprisée, systématiquement annihilée dans ses mœurs, son langage, ses traditions ancestrales, mais c’est un crime contre nature. On renonce à la liberté pour se jeter dans la tyrannie. La France peut être considérée comme un vaste et riche verger, où se développent des arbres de toute essence et de toute variété. La sève n’est pas la même pour chaque essence d’arbres, qui demande un sol approprié et des conditions climatériques favorables.Telle espèce, qui prospère et produit des fruits délicieux en livrant aux baisers d’un soleil ardent sa chevelure luxuriante, végètera et ne produira aucun fruit savoureux sous les froides brumes des régions septentrionales.Ainsi en est-il des diverses Provinces. La sève Gasconne n’est pas la sève Bourguignonne, Normande ou Bretonne. La sève Provençale n’a rien de commun avec la froideur légèrement compassée des esprits du Nord.
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Que l’on n’achève pas de détruire ce qui reste de nos vieilles Provinces. Qu’on les rétablisse plutôt en quelque manière, sans méconnaître les exi-gences des temps modernes, et qu’on permette à la sève de se manifester, de fleurir et de donner des fruits, suivant la race et le sol sur lequel cette race s’est victorieusement affirmée pendant des siècles. Que l’on permette à un Gascon d’être quelqu’un et quelque chose en Gascogne, à un Provençal d’être quelqu’un et quelque chose en Provence, sans recourir à la consé-cration de Paris. Que l’on facilite l’essor de la race, en limitant de nouveau sa sphère d’action régionale sans limiter l’esprit français, depuis longtemps commun à toutes les Provinces, et l’on ne verra plus les diverses régions dépérir, s’étioler, se dépeupler par l’afflux incessant et égoïste de chaque individualité vers Paris, la Grande Ville, où l’on ne saura pas fonder un foyer, où l’on sera souvent un découragé, toujours un déraciné. C’est là un des côtés qui nous paraissent devoir être envisagés par ceux qui ont à cœur de combattre la dépopulation de la France. Il nous a semblé qu’une étude surLe Mariage et la Famille en Gascogne, d’après les Proverbes et les Chansons,en lumière la personnalité mettrait originale de notre Province. Nous avons peu insisté sur les Chansons, qui relèvent généralement du fonds de Littérature populaire commun à tous les peuples. Nous avons surtout utilisé lesProverbes, qui nous sont familiers depuis notre enfance, ou que nous avons recueillis sur les lèvres du peuple. Les Proverbes sont à la fois la sagesse et la psychologie d’une race ou d’une nation. Moins la langue est écrite, c’est-à-dire moins elle est cultivée, travaillée, épurée et mise à point par les littérateurs, les savants, les philosophes, plus elle se condense en formules brèves, formant comme les articles non numérotés d’un code qui régit cette race par tradition et lui imprime son empreinte. Ces formules proverbiales deviennent comme un moule social auquel personne n’échappe. Une race qui pense ainsi est une race qui vit fortement. Jusqu’à l’heure, le Folk-lore gascon s’était contenté de publier, ça et là, plutôt timidement, certains chants du jour des noces, ou d’ébaucher (1) certaines coutumes se rattachant à ce grand jour . Nous avons cru que la question du Mariage et de la Famille méritait une étude plus sérieuse, plus approfondie, et que les Proverbes, si nombreux dans toute la région gasconne, méthodiquement classés et présentés, pourraient nous révéler une psychologie presque insoupçonnée. LaSociété de Bordan’a pas hésité à accepter notre travail dans son Bulletin. Plusieurs lecteurs, des plus qualifiés, ne nous ont pas caché leur satisfaction : l’étude était piquante et nouvelle. Nous les remercions vivement de leur bienveillant accueil et nous livrons au public ce qui tout d’abord n’était destiné qu’à une élite, comme le sont généralement les membres d’une Société savante. Notre travail aidera-t-il à la restauration provinciale que tant d’esprits,
1. Bladé,Chansons populaires. T. IPoesies noubiauos. Cénac-Moncaut,passim. Cuzacq. La Naissance, le Mariage, le Décès, dans le Sud-Ouest de la France.Paris, Champion, 199 p. 1902. De Laporterie (Joseph). Une noce de paysans. Paul Duffard.L’Armagnac Noir. e Foix.Poésie populaire landaise. 2 édition. Aire, Labrouche imprimeur 1902, in-4° de 78 pages. Trébucq.La chanson populaire et la vie rurale des Pyrénées à la Vendée. Féret, Bordeaux, 2 vol. in-4°, 1912. J.-B. Laborde. Coutumes et chansons de noces dans la vallée
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amis du passé et soucieux de l’avenir, appellent de tout cœur ? Nous le désirons. En tout cas, il plaidera la cause du régionalisme dans la grande Patrie. Il démontrera, par des preuves évidentes, que la vieille Gascogne a possédé une vitalité qui lui était propre. Ses mœurs, ses usages, sa menta-lité, se sont figés dans des Proverbes qui sont encore sur toutes les lèvres et dont la formule n’a pas changé depuis des siècles, formant comme une littérature parlée, qui se transmet de génération en génération et fixe le génie particulier de la race. Beaucoup de ces Proverbes sont piquants, pittoresques, originaux, particu-liers à la langue gasconne soit par l’image évoquée, soit par l’expression qui sent le terroir. Notre seul mérite aura été de les grouper par ordre d’idées, et, pour ainsi dire, de les codifier. Quelques-uns d’entre eux exhalent une saveur à laquelle d’autres langues plus policées se seraient peut-être refusées : cela prouve simplement qu’il ne faut pas mépriser les dialectes provinciaux, qui ne sont pas tous despatois,et auxquels il n’a souvent manqué qu’une occasion pour devenir une langue belle, large de souffle, élégante, imagée, harmonieuse. Le lecteur nous pardonnera certaines expressions... très expressives : nous en avons limité le nombre. Mais le Gascon n’aime pas les voies détournées pour exprimer la vérité proverbiale. Il va droit au but, frappant d’estoc et de taille, faisant flèche de tout bois. Sa finesse vit d’images réelles et non d’abstractions plus ou moins savantes ou délicates. Ne pas lui conserver son allure eut été trahir le génie même de la langue. Tout ce que pourront dire les délicats et les raffinés, c’est que nos ancêtres avaient un rude bon sens et un bon sens un peu rude. Nous aurions pu donner plus d’étendue à notre travail : la matière est loin de faire défaut et les variantes existent à l’indéfini. Pour les divers travaux de la terre, les saisons, les récoltes, le temps, le jeu, la chasse, etc., nos ancêtres avaient condensé en formules lapidaires et heureuses les sagaces observations d’une longue et fructueuse expérience. Mais il faut savoir se borner. Nos Gascons décocheraient peut-être à notre livre le trait mordant deCante de l’Anuyèou;Chanson de l’ennui car le Gascon, vif et pétulant, ne redoute rien tant que l’ennui. Assurément le lecteur Gascon nous saura gré de n’avoir pas épuisé le sujet, et de lui avoir ainsi évité la fatigue d’une trop longue lecture qu’il se fera un plaisir de compléter lui-même, grâce aux souvenirs ancestraux qui chantent encore dans la mémoire de tous les terriens des Pyrénées à la Garonne. Il se réjouira en même temps de voir que sa langue, aujourd’hui si négligée, si dédaignée, démontre combien ses ancêtres avaient d’esprit d’observation, de finesse native, de gaîté satirique, en un mot de Génie Gascon.
d’Ossau. Lhept. Reclams de Biarn e Gascougne, Yenè 1911. Dufourcet.L’Aquitaine histo-rique et monumentale.X. de Cardaillac.Propos Gascons.Troisième série,Noces de village.Librairie Félix Juven, Paris, 1909.
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PREMIÈRE PARTIE : AVANT LE MARIAGE CHAPITRE PREMIER
Le Mariage — N’avoir que des filles — Toilette et danse — Dois-je me marier — Ma filhe, bos un pa d’esclops ? — On trouve toujours un par ti. e Mariage est l’institution la plus répandue dans le monde. Source L et force des familles et de l’humanité, il a traversé les temps et les siècles, survivant aux ruines des nationalités, et tout peuple introduit en lui-même une cause morbide, qui l’affaiblira fatalement, en introduisant dans ses lois le divorce, vrai dissolvant de la famille, et, par là même, de la tradition, de la nationalité et de la société. Source de la famille et de la société, le mariage présente encore la meilleure digue contre la foule des passions.Melius est nubere quam uri,disait Saint Paul. L’expérience gasconne, moins cultivée, mais non moins observatrice que celle de saint Paul, dit avec une image qui sent le terroir : Maride l’Adou, que s’estera. Marîda ’Ador, que s’eserà. Marîez ’Adour e ’Adour cessera ses débordemens. Pour ne pas rester en retard, le Béarn en dit autant de ses Gaves impé-tueux et bruyants. Maride lou Gabe e que s’estera. Marîda o Gave e que s’eserà. Marîez e Gave e î arrêera ses débordemens. Tant il est vrai que le mariage est une digue plus puissante que les passions qu’elle réglemente, qu’elle endigue, qu’elle canalise et qu’elle tourne au bien des individus et de la société. L’omi qu’éy de hoec, la hemne d’estoupe e lou diable que bouhe. ’òmî qu’eî de oec, a emna d’esopa e o dîabe que boa. ’omme es de eu, a emme d’éoupe e e dîabe souLe. Nou dèchis l’estoupe près dous tisous Ne las gouyates près dous garçous. No dèîxîs ’esopa près deus îsons / Ne as gojaas près deus garçons. Ne aîsse nî ’éoupe près du eu, nî es jeunes Ies près des jeunes gens. Ni les étoupes proches aux tisons, Ni moins les filles près des barons. e disait Gabriel Meurier au XVI siècle.
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*** En Gascogne, le droit d’aînesse faisait des victimes, comme dans la France
e entière, jusqu’à la fin du XVIII siècle. L’aîné devait faire souche et continuer le nom : les cadets et cadettes s’effaçaient devant lui, et, volontiers, sacrifiaient leur goût pour le mariage afin de lui assurer le patrimoine. e Ces mœurs ont en grande partie persisté pendant le XIX siècle. Que d’oncles et de tantes à petit ou grand héritage, anges gardiens matériels de la famille gasconne, se contentant d’être parrains ou marraines et renonçant aux joies d’une union légitime ! Ces oncles ou tantes restaient dans la mai-son, mi-partie de la famille, mi-partie de la domesticité : de la domesticité ils accomplissaient presque la tache sans en avoir les onéreuses obligations sociales, on en trouvait dans la bourgeoisie, chez le propriétaire, chez l’ouvrier et jusque chez le métayer, qui avait ses traditions familiales, terriennes et séculaires aussi bien que le propriétaire et le seigneur. Dans les familles seigneuriales et bourgeoises, un fils pour le moins devait entrer dans l’état ecclésiastique ou militaire, une ou plusieurs filles dans la vie religieuse. Les moulins assuraient un bon revenu : en tous cas, ils assu-raient un revenu en grains et farine qui mettaient du pain sur la planche. De là, le proverbe : Lou qui a moulin e caperan, Jamé ne manquera de pan. o quî a moîn e caperan, / Jameî ne manquerà de pan. Ceuî quî a mouîn e curé ne manquera jamaîs de paîn. Les pays de montagne, Bigorre ou Béarn, peu fertiles en céréales, fournis-saient des instituteurs à la Gascogne toute entière. A la mountagne, lou qui a dues crabes, que hè un caperan ou un reyen. A a monana, o quî a duas crabas, que è un caperan o un regen. Dans les pays montagneux, celui qui possède deux chèvres est assez riche pour faire un curé ou un instituteur. Voilà pour les garçons. Il arrivait parfois qu’une jeune fille, après avoir manifesté l’intention d’entrer en religion, ne restait pas sourde aux charmes d’une voix qui promettait le bonheur en légitime mariage. Les parents et amis tranchaient aussitôt la question en lui disant : Que seras mounjesse de Sen Bernat Dab un mounje au coustat. Que seràs mongessa de Sen Berna / Dab un monge au cosa. Tu seras moînesse de S Benoî avec un moîne à on côé. Ou encore : Que seras mounjesse de Sent Augustin : Dus caps s’ou medich couchin. Que seràs mongessa de Sen Augusîn / Dus caps suu medîx cocîn. Tu seras moînesse de Saîn Augusîn : deux êes, sur e même oreîer. On ne saurait mieux dire que cette jeune fille doit se marier. Or, sachez que, en Gascogne, on marie plus facilement son garçon que sa fille.
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Maride lou hilh coan boulhis e la hilhe coan pousquis. Marîda o î qüand voîs e a îa qüand posquîs. Marîe on garçon quand u e voudras e a Ie quand u e pourras. Qui dira les transes d’un père qui n’a que des filles et toujours des filles ? N’avoir que des filles qu’il faudra doter pour les marier, mais c’est la ruine d’une maison. Sounque pan frés à minja E gouyates à marida, L’oustau nou pot que bacha. Sonque pan resc a mînjar / E gojaas a marîdar / ’osau no pò que baîxar. N’avoîr que du paîn raîs à manger e des Ies à marîer, a maîson ne peu que baîsser. Le pauvre homme qui n’a que des filles à marier perd son sommeil, son appétit et son goût pour le travail. Lou qui a gouyates à marida Nou a reyte que de ha. o quî a gojaas a marîdar / No a rèîa que de ar. Ceuî quî a des Ies à marîer es découragé de aîre queque cose. Nogaro est proverbial sous ce rapport. Hilhos de Nougaro N’a pas qui-n bo, E lou qui-n a Sab pas que-n ha. Hîas de Nogaròu / N’a pas quî’n vòu, / E o quî n’a / Sap pas que’n ar. Fîes de Nogaro n’en a pas quî veu, e ceuî quî en a ne saî qu’en aîre. A Nougaro, Lou de qui a coate gouyates qu’é ho. o de quî a qüae gojaas qu’eî òu. A Nogaro, ceuî quî a quare Ies en devîen ou. Par dérision, car la dérision s’en mêle, on dit de celui qui n’a que des filles : Qu’a trabalhat à cop de destrau, de picasse. Qu’a rabaa a còp de desrau, de pîcassa. ï a ravaîé à coups de âce, de mauvaîse âce. Cependant, un espoir reste à ce malheureux père qui n’a que des filles pour soutien de sa maison. S’abets coate gouyates à cade maysou, Estacat-les à cade cantou : Atau que hèn la maysous hortes ! S’avez qüae gojaas a cada maîson, / Esacaz-es a cada canon : Aau que ènn as maîsons òras ! Sî vous avez quare Ies par maîson, atacez-es aux quare coîns ou canons : aînsî aî-on es maîsons prospères ! Pour bien comprendre ce proverbe, il est bon de savoir que le bois jouait le rôle de principal agent de construction dans les maisons de la vieille Gascogne dont les murs étaient un simple remplissage en torchis ouparet.
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