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Barack Obama et le mythe de l'éternel retour

De
248 pages
L’abolition de l’histoire et de l’espace dans le discours des acteurs politiques illustre le mythe de l’éternel retour – la fin pour commencement – typique du temps de crise. Lié au concept de "Frontière", il permet d’aborder les fondements mythico-religieux de la société américaine et de décrypter le discours politique comme construction des identités, comme en témoignent les grandes messes électorales du président Barack Obama. Pour comprendre l’Amérique dans son individualité, l’ouvrage s’attache à établir la relation du sens entre mythe, histoire, rhétorique politique et cinéma. Comment décrypter la rhétorique politique et les rouages du "rêve américain"? De quoi l’obamamania découle-t-elle? En quoi son image trouve-t-elle son fondement? Au travers d’une approche interdisciplinaire – histoire, anthropologie, théologie, psychologie… – en s’intéressant notamment aux travaux d’Eliade Mircea, Bastaine Yannick Moubamba décode de manière remarquable la communication politique liée au mythe américain.
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Barack Obama et le mythe de léternel retour
Bastaine Yannick Moubamba Barack Obama et le mythe de léternel retour
Publibook
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IDDN.FR.010.0115957.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2011
Introduction Quest ce quun mythe ? Question triviale pour les mo-dernes, qui le définissent comme une histoire fausse, une fable ou une invention ; ou toutes existences antérieures que les critiques de lhistoire ne sauraient situer dans lespace et dans le temps. Pourtant le mythe nest rien de cela. De manière générale, Paul Ricoeur définit le mythe comme toutes les formes daction et de pensée par lesquel-les lhomme se comprend lui-même dans son monde. Un autre raisonnement consiste à affubler le mythe ainsidé-mythologisé au contact de lhistoire scientifique dune valeur symbolique1.Réduire le mythe à son intention étio-logique reviendrait à restreindre la portée mythique à sa dimension scientifique. Or, le mythe est, comme le définit Mircea Eliade, une réalité culturelle extrêmement com-plexe qui peut être abordée dans des perspectives multiples et complémentaires. Le mythe est donc considé-ré comme une histoire sacrée, et donc une histoire vraie parce quil se réfère toujours à des réalités.2Connaître ses origines est une démarche récurrente chez les individus des sociétés archaïques ou traditionnel-les. Cest un effort par lequel le sujet singulier ou collectif abolit le cours du temps pour puiser lexplication dun certain devenir dans les profondeurs dune création. Une autre démarche est celle dun retour systématique aux ori-gines par la pratique rituelle tantôt pour se délivrer dun 1Paul RICOEUR, « Finitude et culpabilité, la symbolique du mal », in Philosophie de la volonté, Paris, Aubier-Montaigne, 1960, p.12. 2 Mircea, Eliade,Aspects du mythe es-, Paris, Éditions Gallimard « sais », 1963, p. 16.
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mauvais sort tantôt pour découvrir les vertus sotériologi-ques de plantes médicinales. Une tout autre démarche renvoie certains individus à sémanciper de la domination du temps historique, ce qui les amène à demeurer dans un temps sacré où le vécu reflète lesgestas dancêtres glo-rieux ou féériques, voire les actes paradigmatiques daïeux immémoriaux. Cette démarche seffectue souvent de ma-nière spontanée ou provoquée, au moyen de substances hallucinogènes ou dun maître initiateur. Ces procédés traduisent souvent le mythe de léternel retour, cest-à-dire la récupération quasi-perpétuelle dévénements signifiants et homogènes ou la nostalgie des origines par la projection de lofficiant dans des univers cosmogoniques ou eschatologiques. Par cela, les hommes expliquent leurs existences, comme façonnées davance par un « modèle exemplaire », qui est limage transcen-dante dun savoir révéléab origine un texte, une par parole ou des gestes ayant une dimension sacrée. Léternel retour traduit également une récupération discursive ou métaphorique lorsque notre existence « réelle » ne sexplique plus à laune de la succession dévénements historiques mais se réfère plutôt à une symbolisation de lintersubjectivité par le biais de la relation langagière comme aboutissement communicationnel. Par exemple, chez les peuples modernes, léternel re-tour se traduit souvent par un va-et-vient, systématique et récurrent, dun soi extérieur ou transcendant à un soi per-sonnel. Dans cette perspective, notre existence « réelle » ne sexplique plus à laune de la somme de nos narrations individuelles, mais se réfère plutôt à la construction dun espace relationnel signifiant, par lequel le sens linguistique émerge de la diversité des « formes de vie ». Cette démar-che est celle du constructionisme social, qui« a une fonction libératrice. Il ôte le pouvoir rhétorique à tous ceux, à tous les groupes, qui proclament une vérité, une sagesse, une éthique universelles, utiles à tous. Pour la
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