1846

1846

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274 pages

Description

« Destination : l'Afrique » ou « Destination : département de l'Afrique ». Telles sont les mentions qui figuraient sur les passeports que l'administration française fournissait aux candidats au départ pour l'Algérie dans les années 1840. 1846, Chapareillan, Isère, un paysan quitte son village avec sa famille et d'autres migrants. Ils vont constituer une famille, installée dans un village à une vingtaine de kilomètres à l'ouest d'Oran, Bou-Sfer. Andrée Dijou-Guiffrey tente de reconstituer l'histoire de ses ancêtres, mêlant enquête généalogique, récits familiaux, photos et reconstitution de l'époque à laquelle ils ont vécu.

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Date de parution 03 décembre 2018
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EAN13 9782140106873
Langue Français

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Andrée DIJOUGUIFFREY
1846 Destination : l’Afrique
Graveurs de Mémoire
1846 DESTINATION : L’AFRIQUE
Graveurs de mémoire Cette collection est consacrée à l'édition de témoignages, récits personnels divers contemporains. Depuis 2012, elle est organisée par séries en fonction essentiellement de critères géographiques mais présente aussi des collections thématiques (univers professionnels, itinéraires divers...). Déjà parus Garron (Robert),Itinéraire d’un professeur au long cours,2018.
Schneider (Bertrand),Mes révolutions. Souvenirs de l’ancien secrétaire général du Club de Rome, 2018.
Saad (Robert),Le jasmin dans la savane, 2018.
Banoun-Caracciolo (Frédérique),Les tribulations d’une traductrice, 2018.
Guidon (Frédéric),Mon métier de professeur,2018. Bressler-Campana (Juliette),Médecin généraliste a l’ancienne,2017. Saussol (Roger),Un pilote de chasse dans la Seconde Guerre mondiale, Mes combats, ma captivité,2017.
Simon (Gérard),Souvenirs insolites d’un diplomate atypique,2017.
Yong Kit (Brigitte),Mémoires d’une petite fleur de lys,2017. Cointepas (Michel),L’Alligator, Itinéraire d’un enfant de Mai 68, 2017.
Ces dix derniers titres de ce secteur sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.editions-harmattan.fr
Andrée DIJOU-GUIFFREY1846 DESTINATION : L’AFRIQUE
© L’Harmattan, 2018 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-16003-0 EAN : 9782343160030
Remerciements A tous ceux qui, depuis mon enfance, m'ont parlé de ma famille, grands-parents, parents, oncles et tantes, cousins, A Sylviane Andreo-Leal et Pierre Sorin qui ont initié les recherches généalogiques et partagé avec moi leurs découvertes, A Jean, Adrien et Bernard qui m'ont encouragée et aidée dans ce travail.
L'ombre et le nom
Tout a commencé comme cela. Un jour, un cousin m'envoie la copie d'un document d'archive concernant un de nos ancêtres communs : il s'appelait Jean et, en 1847, avec sa femme Marie et son fils de trois ans, il débarque à Oran, après avoir fui la misère de son Isère natale. Il trouve un emploi de concierge au dispensaire du village de Mers-el-Kebir, à quelques kilomètres d'Oran, et demande la concession de terre que l'Etat a promise. Et c'est la copie de sa lettre que j'ai sous les yeux : il y explique sa situation, familiale, économique, et tente de convaincre qu'avec les quelques économies qu'il a réalisées en travaillant dans les carrières qui dominent le village, il pense pouvoir subvenir un an à ses besoins, en attendant la première récolte ; c'était la condition établie à ce moment par l'administration pour l'octroi d'une concession. Je lis la lettre et, brusquement, une image se superpose et je les vois tous les deux, Jean et son fils. Je ne vois pas leur visage mais, sous un soleil aveuglant, la silhouette sombre du père tenant son fils par la main, avançant vers leur foyer provisoire et vers leur destin. Et l'émotion me gagne, d'abord pour leur exil, leur solitude et la précarité de leur situation, ensuite pour cette empathie qui fait que ces inconnus venus d'un autre temps me sont tout d'un coup si proches et que leur disparition m'est insupportable. Alors, je suis partie à la recherche des miens. Je ne pars toutefois pas à la recherche d'inconnus ou de morts : je me rends compte maintenant que nombre de mes ancêtres m'ont en effet accompagnée toute ma vie, plus présents, plus vivants, plus importants pour moi que bien des gens que j'ai pu croiser et j'ai toujours vécu sous leur regard. Ma grand-mère et d'autres m'ont parlé d'eux, quelques photos d'eux m'entouraient et ils étaient dans tous les souvenirs auxquels je tenais : la maison, le village et le pays où j'ai passé mon enfance et que j'ai perdus. A un moment, cette cohabitation n'a plus été suffisante et j'ai voulu leur rendre un peu de la vie qui avait été la leur, pour leur rendre justice sans doute et peut-être pour me sentir plus vivante moi-même ou apaisée et plus libre par rapport à un passé douloureux. « Il n'est de genèse que tragique », dit Boualem Sansal dans sonPetit éloge de la mémoire et cela se vérifie au moins pour les miens.
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