Islam et immigration

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L'auteur aborde un sujet brûlant et toujours d'actualité, celui de l'immigration et ses enjeux culturels et politiques dans la vie publique. Regroupés en deux grandes catégories : immigration et littérature puis islam et Occident, les textes qui composent l'ouvrage suggèrent la nécessité de l'apprentissage des langues maternelles comme mode d'appréhension de la réalité et comme processus indispensable à toute sociabilité humaine et intellectuelle.

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Date de parution 01 janvier 2013
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EAN13 9782336286822
Langue Français

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Abdelkader BENARAB
ISLAM ET IMMIGRATION
Préface de PAUL BALTA
ISLAM ET IMMIGRATION
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00585-0 EAN : 9782336005850
Abdelkader BENARAB
ISLAM ET IMMIGRATION Préface de Paul Balta
Du même auteur : Les Voix de l’exil, L’Harmattan, 1995. Les Mots, L’Harmattan, 1996. Maghrébins de France, Privat, 2004. Frantz Fanon, l’homme de rupture, Paris Alfabarre, 2010, réedition, Bahaddine, Constantine. La Bataille de Sétif, roman, L’Harmattan, 2011. En préparation : Introduction à la littérature négro-américaine.
Préface de Paul Balta
Abdelkader Benarab est professeur des universités, il vit entre Paris et Alger où il est souvent invité pour des conférences. Préoccupé par la question culturelle et religieuse au sein des communautés de la diaspora, il a publié de nombreux articles sur le sujet et continue à donner des conférences, en Europe et au Maghreb, sur le développement et la diffusion de la presse, de la langue et de la culture arabes et sur les thèmes de l’inter-culturalité, des post-colonial-studies et de la littérature africaine.
Auteur de plusieurs ouvrages dont Les Voix de l’exil (1995) et Maghrébins de France (2004), Abdelkader Benarab revient dans Islam et immigration, sur des thèmes qui lui tiennent à cœur et qui sont à mes yeux essentiels ! La question culturelle qui est au cœur de ses réflexions et même de sa vie est évidemment présente dans les douze chapitres qui tiennent en 90 pages et traitent de thèmes fondamentaux ! Ils le sont d’autant plus qu’en France ils sont occultés et le plus souvent traités avec mépris par nombre de spécialistes.
Particulièrement séduit par le chapitre « Langue maternelle, identité et pouvoir », je précise à ce propos que je suis né à Alexandrie de père français et de mère
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égyptienne chrétienne. La France est donc ma patrie mais je dis toujours que l’Égypte est ma deuxième patrie et que j’ai du sang arabe dans les veines ! À la maison, nous parlions français mais aussi arabe. Quand j’étais petit, maman me racontait, en arabe, des haddouta, des histoires, pour m’endormir. C’est pourquoi j’apprécie cette phrase de l’auteur : « L’enfant qui n’a pas baigné dans sa langue maternelle, n’a jamais été bercé par le murmure affectueux et les mélodies rythmées de ses voix n’eût connu sans doute, par substitution, que des langages fragiles manquant d’être lisses et duveteux. »
La maîtrise de la langue arabe a été capitale pour moi au journal Le Monde : j’ai couvert, de 1970 à 1985, le monde arabe et j’ai constaté que la quasi-totalité de mes confrères l’ignoraient complètement ou presque, de même que le monde musulman.
Une autre citation résume bien l’esprit de ce chapitre « La famille immigrée qui a conservé l’usage de la langue maternelle et les pratiques culturelles d’origine, même dans un espace restreint, fonctionnant en microclimat, est plus à même de s’adapter aux nouvelles formes d’organisations sociales et à une plus large socialisation. Langue et patrimoine culturels, loin de constituer un frein à l’intégration, au contraire hâtent sa réalisation ».
Justement quand les langues maternelles ne sont pas intégrées au processus de socialisation, comme c’est dans cas de certains enfants immigrés, il se développe chez eux une force réactive, et une impulsivité caractérielle, que M. Abdelkader Benarab explique clairement quand il aborde « Les Raisons de la colère » ; car dit-il : « quand des jeunes issus de l’immigration maghrébine et africaine faisaient leur entrée sur la scène publique, la société française n’était ni préparée ni prête à écouter une jeunesse fraîchement sortie des banlieues, à l’orée d’une adolescence terriblement fragile. » La révolte des
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banlieues en 1981-1982 et la célèbre marche des Beurs pour l’égalité en 1984 étaient prémonitoires et leur slogan disait : « Nous sommes français et nous voulons vivre dans le respect et l’égalité des droits. » Or, comme le souligne le professeur Benarab : « Français de seconde zone, discriminés au travail et même à l’école, sans aucune perspective d’avenir, ces jeunes se replient sur leurs cités et guettent la moindre provocation pour défier l’autorité, tenue pour leur ennemi. »
Ces mêmes immigrés sont souvent pris pour cible, sous le feu de l’actualité médiatique et politique aux retombées peu rassurantes, auxquels on fait sentir d’une manière cyclique la précarité de leur existence. Certains magasines affichent quotidiennement et d’une manière ostensible leurs titres provocateurs sur le spectre effrayant d’un islam menaçant et intégriste plus souvent fantasmé, pour nourrir de haine secrète l’imaginaire collectif. L’exemple de la guerre en Irak était senti comme une agression contre leur propre personne physique et morale. Dans le chapitre « L’agression de l’Irak », pays que je connais bien, je me bornerai à dire qu’il est le bienvenu car l’agression décidée par ce président inculte qu’est George W. Bush, a été catastrophique. En cinq ans, elle a fait côté irakien plus d’un million de morts sur 28 millions d’habitants ! Saddam Hussein a fait massacrer environ 300 000 chiites et 170 000 Kurdes en vingt ans.
Une autre partie « L’islam et l’Europe » et « Penseurs de l’islam et développement scientifique » a une importance capitale, surtout dans le contexte actuel d’islamophobie suscitée, entre autres, par Ben Laden et les attentats d’Al Qaida. J’y suis d’autant plus sensible que dans mon dernier livre « Islam & Coran, idées reçues sur l’histoire les textes et les pratiques d’un milliard et demi de musulmans » (Éd. Le Cavalier Bleu, Paris, 2011), rédigé avec Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, je rappelle une réalité occultée en Occident et ignorée, hélas, 7
par 95% des musulmans car elle n’est pas enseignée dans les écoles. Du VIIIe au XIVe siècle, la civilisation arabo-islamique a été à la pointe de la modernité. Il y a certes eu un « miracle grec » dans l’Antiquité mais il y a eu aussi un « miracle arabe » au Haut Moyen Âge, celui des savants et des penseurs qui ont choisi de rédiger leurs travaux dans cette langue alors qu’ils étaient persans, berbères, andalous, juifs. Ils ont exploré tous les domaines du savoir : astronomie, mathématiques, physique, chimie, médecine, philosophie, histoire, géographie, architecture, botanique, gastronomie. Les Arabes, chrétiens d’abord, puis ceux convertis à l’islam, ont commencé par traduire les textes fondamentaux grecs, persans, indiens. Les conquérants arabes ont assimilé parallèlement les techniques et les savoirs des peuples conquis avant d’innover avec eux, puis seuls. Sans ces apports, la Renaissance européenne n’aurait pas vu le jour ou aurait été plus tardive.
Abdelkader Benarab commence par rappeler les apports du Coran. De nombreuses sourates invitent les hommes et les femmes à acquérir le savoir et la connaissance. L’auteur passe en revue les sourates qui portent sur des notions de chimie, de toxicologie, de médecine etc. Ensuite, avec des exemples à l’appui, il rappelle les apports des savants dont celui d’Ibn Khaldoun (1332-1406) qui me tient à cœur, né à Tunis, il est l’ancêtre de la sociologie et de l’historien au sens moderne du terme alors qu’il n’y avait à l’époque que des chroniqueurs sur les deux rives de la Méditerranée.
Hélas cet élan de création et de pensée productive a été brusquement interrompu. Les héritiers de la civilisation islamique n’ont pas été les dignes continuateurs de leurs ancêtres, pire ils ont dilapidé toutes les valeurs de la
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science et de l’éthique par ces derniers cumulés, dont l’apport a éclairé l’humanité. M. Abdelkader Benarab prend l’exemple de la traduction et s’indigne de la quasi-inexistence de cette discipline dans les universités arabes. Les traductions scientifiques du patrimoine universel vers l’arabe « ne constituent que quelque 3% ». Pourquoi et comment ? Je vous invite à découvrir les explications d’Abdelkader Benarab. Je formule un souhait : que le Printemps arabe contribue à renouer avec l’âge d’or de la civilisation arabe et l’incite à innover. Correspondant du Monde au Maghreb, basé à Alger de 1973 à 1978, je suis particulièrement sensible au chapitre 8 « La grande crise de l’université algérienne », alors qu’on célèbre, le cinquantième anniversaire de l’indépendance en 2012, l’auteur avec force détails et une vue pénétrante analyse l’évolution complexe entre les convictions et les espoirs qui animent intellectuels et universitaires après la guerre de libération et les multiples problèmes qui ont surgi au fil des ans. Nous suivons le développement de sa pensée à travers deux passages : « Je prends l’exemple de la littérature romanesque algérienne et sa critique en général, sous sa double expression arabe et française. L’une comme l’autre se croisent sans se connaître, se côtoient dans l’ignorance mutuelle. Leurs auteurs sont monolingues, hormis de rares cas et ce n’est pas un moindre handicap. » « Depuis les années 90 on voit surgir une catégorie de néo-intellectuels installés majoritairement en France, dont le souci est le plus souvent l’attrait narcissique pour les espaces publics surtout médiatiques, pourvoyeurs de célébrité et de prestige social. »
L’auteur revient dans le chapitre 9, au thème de l’immigration. Une manière de dissiper l’équivoque d’une immigration exclusivement ouvrière et qui se reproduit
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