J'ai échappé au massacre de l'université du Burundi

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L'auteur évoque le massacre du 11 juin 1995 qui, au bas mot, a coûté la vie à une centaine d'étudiants Hutu. Il relate sa douloureuse expérience de la crise qui a secoué l'université du Burundi qu'il a fréquentée durant les années 1992-95. Celles-ci correspondent à la mort du président Melchior Ndadaye et au début de la guerre civile au Burundi. Jeté en prison, il y a côtoyé des dignitaires Hutu, de loin le "peuple majoritaire" de la prison de Mpimba. Ils y cohabitaient, pacifiquement, avec des présumés putschistes du 21 octobre 1993.

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Date de parution 01 février 2006
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EAN13 9782336262406
Langue Français

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Remerciements

Le présent texte se veut être un témoignage de ce que
j’ai vécu durant les mois chauds de juin et juillet 1995. Le
moment était tellement dur à vivre, que je crois
profondément, que sans l’aide de celui qui peut tout, l’Eternel Dieu,
je n’aurais pas eu l’occasion d’écrire ceci. Je lui dois donc
en premier lieu tout respect et toute reconnaissance.
Durant ces moments douloureux, des personnes de
bonne volonté sont intervenues à mes côtés. Elles m’ont
prodigué soins, conseils et surtout réconfort moral. Aussi,
sans minimiser, ni mesurer avec exactitude l’apport de
chacun, je ne pourrai énumérer la liste de tous ceux qui, de
près ou de loin, m’ont apporté leur secours. Quand j’étais
en prison, ils m’ont rendu visite. Quand j’étais malade, ils
étaient à mes côtés. Je me suis exilé, ils étaient là.
Cela étant dit, il y a des personnes qu’on ne pourrait ne
pas citer, au risque de priver le texte de sa substance. Les
personnes suivantes méritent ainsi un salut solennel:
Maître Melchior Ntahobama, a tout fait pour me permettre
une vie digne avant mon arrestation- puisqu’il m’a ouvert
les portes de sa maison pendant que j’étais en danger de
mort dans la zone où je suis né et où j’ai grandi, Ngagara-,
lors de ma détention à Mpimba et même lors de ma
libération. Son amabilité rend son souvenir vivant et la gaieté
de cœur toujours présente dans sa famille me touche
encore à ce jour. Emmanuel Ndindiye. Il était, au moment du
massacre, vice-Président de la ligue burundaise des Droits
de l’homme, Iteka.

Joseph Mujiji était assistant du secrétaire exécutif au
sein de cette même association et à la même période.
Eugène Nindorera, ancien Président de cette ligue m’a rendu
visite à la Brigade, alors que le magistrat instructeur ne
voyait pas ce que ce grand Tutsi avait à faire avec un
« criminel » Hutu. Il y a aussi, dans ce cadre des militants
des Droits de l’homme, Tiebile Drame, ce haut
fonctionnaire d’origine malienne au Centre des Nations-Unies
pour les Droits de l’homme à Bujumbura, avec qui j’étais
en réunion samedi le 10 juin 1995 à l’hôtel Novotel de
Bujumbura. Il avait pris mon dossier à cœur. Toutes ces
personnes ont tout fait pour que mon dossier avance le
plus rapidement possible.
Feu Otto Muhamari, cet ancien adjudant instructeur
d’engins explosifs de l’armée burundaise au camp
Muzinda, est venu plusieurs fois me rendre visite à la prison
de Mpimba. Alors qu’il était désormais affecté à un
service attenant à la prison, il demandait aux gardiens de la
prison de lui ouvrir les portes, afin qu’il aille rendre visite
à son « fils ». Il avait bravé les critiques et les médisances,
prenant son courage à deux mains, franchissant la barrière
ethnique. Je suis très reconnaissant de ces gestes d’une
humanité très rare au Burundi.
Le père Bob Albertijn, s.j.; le père Fernand Boedts,
s.j. ;ainsi que l’ambassadeur Koen Vervaeke, à l’époque
chargé d’affaires à l’ambassade belge à Bujumbura,
méritent les mêmes remerciements. Quant à Oswald
Manirakiza, la famille Kubushishi et toute la famille Mbayahaga,
qui m’ont gracieusement accueilli à Namur l’été de 1995,
qu’ils trouvent ici l’expression de ma reconnaissance sans
fin.
Merci également à Jacques Hatungimana, qui a bien
voulu lire et relire mon manuscrit. Son apport a été très
précieux. Je ne saurai ignorer l’encouragement et le travail

8

de Chris De Beule qui m’a beaucoup aidé pour la mise en
pages.
Last but not least, maman. Elle a vite compris que son
fils risquait, aussi jeune, le sort de son père. A vingt-trois
ans, Papa a été emporté par le génocide Hutu de 1972.
C’était plus exactement l’après-midi du 5 mai. Ce
vendredi-là, Papa ne savait, ni qu’il partait, ni pourquoi il
devait mourir. Moi non plus, ce dimanche 11 juin 1995, je ne
savais ce qui m’attendait. Il y a de ces jours où le mal
frappe sans prévenir. Mais, au fait, prévient-il? Le
peutil ? Merci à tous.

9

I. Avant-propos

Avertissement
Dans le contexte douloureux du Burundi, il convient de
mettre les balises nécessaires à tout projet d’écriture,
quelque soit le genre. Les témoignages n’échappent pas à la
règle. Le présent texte ne saurait être considéré comme
une attaque lancée contre un groupe ethnique. Il ne fait
que constater des faits, par ailleurs avérés. Il ne saurait en
outre être récupéré par quelque idéologie politique que ce
soit, non plus. L’auteur parle de son vécu, personnel
certes, mais qui se place dans un contexte historique,
social et politique bien précis: celui du Burundi de la
première moitié des années 1990.
Aussi, vu qu’il est témoignage, ce texte emploie-t-il
exprès le pronom personnel « je ». Le lecteur voudra bien
me pardonner pour le désagrément éventuel causé par une
telle emphase.
Point important: se reconnaissant Chrétien né de
nouveau, l’auteur affirme haut et fort avoir pardonné à tous
ceux qui ont attenté à sa vie, et qui ont emporté celles de
ses amis et nombreux condisciples. Willy Madirisha, son
« ennemi »de toujours par exemple, peut savoir, en lisant
ces lignes, que l’auteur ne retient aucune dent contre lui.
Même Anatole Miburo, ce magistrat qui l’a écroué, habité
par une très rare méchanceté. L’auteur croit cependant
qu’il est nécessaire de ne pas se voiler la face. Parce que
l’on ne pardonne que les torts que l’on reconnaît avoir
subis, auxquels l’on peut donner un nom.

In-« justice »

L’histoire récente du Burundi regorge de milliers de
crimes consommés, connus, mais restés impunis à ce jour.
Le Burundi est tout simplement la terre de l’impunité. Il
est vrai que s’il existe deux pays sur cette planète où le
plus fort règne, où le pauvre et le faible sont harcelés et
écrasés sans cesse, le matin comme le soir, à longueur de
journées, le Burundi est certainement l’un de ceux-là.
C’est dire qu’il ne brille même pas quand le soleil se lève,
tellement tout est obscur.
Ce pays est richement fourni en meurtres et massacres
de toutes dimensions, et sans aucun doute des plus
crapuleux du XX è siècle. Cette terre est également celle où les
criminels« présumés innocents »se la coulent entièrement
douce, où victimes et bourreaux sont pêle-mêle invités au
banquet, sous l'hypnotisme de la musique de l'oubli.
Ainsi, s'il fallait remonter ne fût-ce qu'à la date de
er
l'indépendance de ce petit territoire, c’est-à-dire au 1
juillet 1962, peu nombreux sont en effet les meurtres
d'hommes politiques (ne parlons pas d’humbles citoyens)
dont les enquêtes ont abouti à des actions judiciaires
concrètes :arrestation et ou mise en examen, procès.
Comme cela se fait ailleurs, dans les états où le Droit a sa
place. Quant aux pauvres, qui n’ont aucune connaissance
dans le système de direction du pays, ils n’ont droit à rien,
à rien du tout, à part évidemment la souffrance, qui est
leur «pain »quotidien. Ils doivent tout mériter. Dans de
pareilles circonstances, il devient dès lors dangereux de
remplir deux conditions : être appelé « être humain » et se
trouver, de surcroît, sur le territoire burundais.
Les assassins des syndicalistes tués en janvier 1962 à
Kamenge, ceux qui ont mis fin à la vie de Mgr Gihimbare,

12

aumônier militaire, abattu en 1964, les meurtriers de Pierre
Ngendandumwe, Premier ministre du Burundi, tué le 15
janvier 1965, les chefs d’orchestre des bains de sang de
1965 et 1969 n’ont jamais été inquiétés. Quant aux
maestros du génocide de 1972, des massacres et répressions sur
le tas de 1988, 1993 et plus tard, ils ont été gratifiés de
galons, en mémoire de leurs hauts faits macabres. Plus
1
récemment encore, les meurtriers de Mgr Ruhuna, de
Mgr Courtney,nonce apostolique assassiné le 23
décembre 2003, ne sont toujours pas connus. Les victimes
porteront très longtemps la douloureuse marque de ces
souffrances dans leur chair et dans leur âme.
Et si donc les responsables de ces crimes n’ont jamais
été inquiétés, c’est qu’ils tiennent le greffe de cette cour
d’injustice, que, pour bien faire, ils ont eux-mêmes
appelée« justice ».Hélas, le magistrat ne s’arrêtera jamais
lui-même et le juge ne s’enverra jamais en prison
luimême, un militaire ne pourra prendre sa vie, sauf en cas de
démence.
Le lecteur n’aura pas de plus concrète illustration que
les procès en rapport avec la tragédie de 1993. La morale
de l’histoire est que ceux qui ont été reconnus criminels ce
sont ceux-là qui ont été manipulés, quelques innocents et
même quelques victimes. On peut dire que La Fontaine est
mort trop tôt, nous nous régalerions pas mal de ses fables !


1
Cethomme d’Eglise appelait à la réconciliation au lendemain du
coup d’état du 21 octobre 1993. Archevêque de Gitega, il avait ouvert
son archevêché à ses ouailles Hutu pourchassées par des miliciens
Tutsi. Il a été tué dans une embuscade en 1996. Bien que le Cndd-Fdd,
alors en rébellion contre le pouvoir de Bujumbura et sous la direction
du colonel Ndayikengurukiye ait été pointé du doigt par le pouvoir, la
justice a « peur » de ce dossier qui peut-être n’est pas si simple qu’il
ne paraît.

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C’est que tout est politique. L’accusation est trop forte
au Burundi. La magistrature assise, obéit et suit la
cadence. Le Procureur de la République reçoit ses ordres
d’on ne sait où. Il les applique et il ne bronche pas. La
défense, malgré le renforcement du barreau ces dernières
années, reste très faible, et par ailleurs corrompue jusqu’à
la moëlle. La justice n’existe pas au Burundi.
Par conséquent, ne rêvons pas que nous verrons un jour
les anciens étudiants, miliciens et militaires Tutsi qui ont
tué les étudiants Hutu dans la fatidique nuit du 11 au 12
juin 1995, être déférés devant quelque tribunal burundais.
Si justice il peut y avoir, elle ne peut qu’être internationale
et neutre. Ceci est vrai pour le massacre des étudiants
Hutu de l’université comme pour plusieurs autres tueries
en masse de citoyens burundais, morts par piles, par
centaines, par milliers, depuis que leur pays est soi-disant
« indépendant ».

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II. Contexte politique et social


Le Burundi entre dans l’effervescence démocratique en
1992. Une constitution reconnaît le multipartisme : le parti
2
unique, l’UPRONA , refuse jusque là le principe de
plusieurs partis.
En mars 1992, les Burundais sont appelés aux urnes.
Par référendum, ils adoptent le texte fondamental. La
course présidentielle commence à ce moment,
véritablement.
C’est en octobre 1992 de cette année que j’entre à
l’université, à la faculté des lettres et sciences humaines.
En juillet, je termine premier de toutes les promotions’92
au lycée du Saint-Esprit (j’ai terminé mes humanités en
section Lettres modernes). A l’époque, je veux faire le
Droit ou les sciences économiques. Mais, comme au
Burundi on ne choisit pas ce qu’on étudie, si l’on n’est pas
né dans une famille influente et riche, je suis obligé
d’apprendre les règles de la grammaire française, les
grands courants de la littérature française…(ce qui n’est
pas mauvais en soi, comprenez-le bien) pour terminer le
trajet dans l’enseignement secondaire. Le directeur de
l’enseignement supérieur, Léonidas Ndoricimpa, reçoit de
ma part plus d’une lettre de recours, lui demandant de
revoir mon orientation. Elles n’auront aucun effet, pendant
que chaque jour, jusqu’au second semestre, des étudiants
originellement inscrits dans d’autres facultés, parviennent
à se faire inscrire en Sciences Economiques ou en Droit,
ou alors en littérature anglaise. Je suis né quelque part,
plutôt nulle part, et donc on ne fera pas attention à mes

2
Partide l’Union pour le progrès national, devenu après parti de
l’Unité et du progrès national.

demandes. Et pourtant, tout au long des années scolaires
précédentes, les élèves du cycle supérieur des humanités
se font rabâcher les oreilles : ils obtiendront leurs premiers
choix, s’ils réussissent brillamment au test national.
Ainsi, à cette époque au Burundi, il faut avoir des
« connections »selon les Anglophones, des pistons sûrs et
véritables, pour obtenir un quelconque service. La vie au
Burundi est ainsi organisée. L’enseignement supérieur en
général et l’université en particulier, ne fait pas
l’exception, ô que du contraire !

a. Introduction

Ceux qui ont connu l’université du Burundi durant les
années de la crise vous le diront : l’unique institution
supérieure du savoir au Burundi était devenue l’industrie du
vice et du crime, la pépinière pour les manifestants de
plusieurs causes à la fois, le sanctuaire de l’opposition
radicale Tutsi, un endroit très dangereux pour les Hutu.
Les coups de canon qui ponctuent le coup d’état du 21
octobre 1993 ont un douloureux retentissement au campus
Mutanga. Plusieurs étudiants Tutsi, partis en grandes
3
vacances quittent l’intérieur du pays , pour élire domicile
là où est, en temps normal, leur résidence secondaire.
Quant aux étudiants Hutu, ils doivent faire le choix :
poursuivre leurs études l’année académique suivante, ou quitter
le Burundi, pour aller s’essayer ailleurs.
Alors que la cohabitation devient de plus en plus
impossible, dans une institution où la machine politique

3
Uncertain nombre d’étudiants Tutsi ont perdu les leurs durant les
massacres qui ont suivi l’assassinat du Président Ndadaye.

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avait tourné au maximum lors de la campagne électorale
de 1993, la plupart des étudiants Hutu choisissent alors
d’arrêter les cours, ou de fréquenter rarement les salles de
cours, afin de« limiter »insécurité. Déjà dès janvier leur
1994, un étudiant Hutu, un certain Floribert Beaulieu,
laisse sa vie au campus. Les auteurs de ce crime courent
toujours, avec la fausse conviction qu’ils ne sont pas
connus. Le masque est pourtant tombé.
L’université du Burundi, qui s’est, dans le temps,
appelée « l’université officielle du Burundi », réputée pour
l’institutionnalisation de la séparation ethnique durant
4
toute son existence, a en effet été le théâtre de la
cristallisation des esprits, lors de la campagne électorale
de juin 1993. Il était de notoriété publique que les partis
politiques, officiels ou clandestins, avaient leurs
représentants, dans ce qui était considéré à l’époque comme le plus
5
haut siège du savoir , mais aussi le socle du pouvoir, dans
un pays où le taux d’analphabétisme fait trembler.
6
Le FRODEBUet l’UPRONA, ont été les principaux
acteurs politiques à agir sur la conscience des pauvres
étu7
diants .Début 1993, la section du FRODEBU de


4
Il y avait deux queues au restaurant universitaire : une pour les Tutsi,
une autre pour les Hutu. Lors d’une visite tout à fait surprise, le
Président Buyoya avait pu s’en rendre compte lui-même. Les choses
étaient claires.
5
Le mot kirundi « kaminuza » pour « l’université », signifie en réalité
le sommet des sommets, le top. Il laisse supposer que l’université du
Burundi forme des savants. C’est un vœu pieux.
6
Front pour la démocratie au Burundi.
7
Apart l’UPRONA et le FRODEBU, on pouvait reconnaître les
sections du RADDES (Ralliement pour la démocratie et le
développement économique et social, dont un des candidats aux
législatives à Bujumbura était étudiant à la faculté de Droit) et celle du
PRP, ancien parti royaliste parlementaire, de Mathias Hitimana,
dirigée un moment par Eddy Mbona.

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l’université organise un meeting, plutôt timide. Ce
meeting signe son existence. L’UPRONA lui, tenait ses
meetings depuis des mois, avant que le régime n’agrée les
partis politiques dits de l’opposition.
La période allant jusqu’à mai 1993, début de la
campagne électorale officielle, est à considérer très
particulièrement comme portant les germes du désastre qui va
s’abattre sur cette institution, en 1994 d’abord et surtout en
1995, ensuite.
Que de la manipulation! Que de mensonges crus!
Dans une institution, où défilent des docteurs, des
professeurs, des assistants, peu ont compris, ou mieux, ont voulu
comprendre, que la donne politique pouvait changer. Et
ceux qui parviennent à le comprendre décident tout de
même de refuser toute issue contraire à leur volonté. Peu
remettent en cause l’endoctrinement politique des médias
de l’Etat, qui couvrent avec des œillères une campagne
électorale dont les tendances sont claires, dès le début. Et
très peu encore parmi les étudiants (de loin les plus
visibles supporters du major-Président) vont accepter,
dignement, le verdict des urnes.
Le soir du 3 juin 1993, devant le restaurant
universitaire du campus Mutanga, un jeune étudiant, membre du
FRODEBU, portant le chapeau symbole de son parti, se
fait agresser par quelqu’un, d’un extrémisme primaire et
qui, plus tard va d’ailleurs jouer un rôle déterminant dans
les crises qui vont secouer l’institution jusqu’en 1996.
Nous croyons alors qu’il s’agit d’un simple incident.
Erreur d’appréciation, dans la mesure où ces« incidents »
vont se multiplier, surtout après le putsch du 21 octobre
1993, qui a renversé et emporté, vous le savez, Melchior
er
Ndadaye, élu le 1juin 1993 à plus de 65%.

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Photo 1-Vue partielle du campus Mutanga à Bujumbura

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