La jeunesse en Afrique de l'Ouest

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Description

L'Afrique est la seule région au monde où la part des jeunes est supérieure à 50% de la population totale. Cette évolution suscite des inquiétudes quant à son coût démographique. Tout en mettant en évidence ces inquiétudes, ce livre analyse l'importance de la jeunesse en Afrique de l'Ouest, les défis auxquels elle est confrontée. L'Afrique doit devenir une terre d'espérance avec les jeunes comme acteurs principaux de progrès et de développement.

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Publié par
Date de parution 01 mars 2014
Nombre de visites sur la page 15
EAN13 9782336690766
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

EAN Epub : 978-2-336-69076-6
SIGLES ET ABRÉVIATIONS
ADI : African Development Indicators
AFDB : African Development Bank
AGEPE : Agence d’Etudes et de Promotion de l’Emploi
APEJ : Agence Nationale pour l’Emploi des Jeunes
APE : Accord de Partenariat Economique
AYL : African Youth League
BAC : Baccalauréat
BAD : Banque Africaine pour le Développement
BEPC : Brevet d’Etudes du Premier Cycle
BNUAO : Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest
BTS : Brevet de Technicien Supérieur
CDJS : Centre de Développement de la Jeunesse et des Sports
CEDEAO : Communauté Economique des États d’Afrique de l’Ouest
CERPOD : Centre d’Etudes et de Recherche sur la Population pour le développement
CIS : Commonwealth of Independent States
COJEP : Congrès de la Jeunesse Panafricaine
CONFEJES : Conférence des Ministres de la Jeunesse et des Sports des Etats et
Gouvernements ayant le Français en partage
CONFEMEN : Conférence des Ministres de l’Education Nationale des pays
Francophones
CREE : Créer votre entreprise
CSAO : Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest
DERE : Département de l’Environnement et des Ressources en Eau
DSRP : Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté
ECOWAS : Economic Community of West African States
EDS G : Enquête Démographique et de Santé-Guinée
EDS : Enquête Démographique et de Santé
EDSBF : Enquête Démographique et de Santé-Burkina Faso
EDSCI : Enquête Démographique et de Santé-Côte d’Ivoire
EDST : Etude Démographique de Santé-Togo
EPT : Education Pour Tous
EPT : Education Pour Tous
FAO : Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation
FEANF : Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France
FMI : Fond Monétaire International
GDP : Gross Domestic Product
GEEP : Groupe pour l’Etude et l’Enseignement de la Population
GERME : Gérer mieux votre entreprise
GOANA : Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance
HIMO : Haute Intensité de Main-d’Œuvre
ICT : Information and Communication Technology
IDE : Investissement Direct EtrangerIDH : Indice de Développement Humain
IEC : Information, Education et Communication
INSD : Institut National de la Statistique et de la Démographie
IST : Infection Sexuellement Transmissible
ISU : Institut des Statistiques de l’Unesco
METFP : Ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle
MST : Maladie Sexuellement Transmissible
NCBWA : National Council of British West Africa
OCDE : Organisation de Coopération pour le Développement Economique
OIT : Organisation Internationale du Travail
OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
ONUDC : Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime
ONUDI : Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel
OOAS : Organisation Ouest-Africaine de la Santé
OPEP : Organisation des Pays Producteurs et Exportateurs de Pétrole
OSIWA : Open Society Initiative of West Africa
PASEC : Programme d’Analyse des Systèmes Educatifs des Etats et Gouvernements
PIB : Produit Intérieur Brut
PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement
REVA : Retour Vers l’Agriculture
REJAJ : Retour des Jeunes Vers l’Agriculture
RGPH : Recensement Général de la Population et de l’Habitat
SAP : Structural Adjustment Programs
SIDA : Syndrome d’Immunodéficience Acquise
SOAF : Solidarité africaine
SSR : Santé Sexuelle et Reproduction
TBS : Taux Brut de Scolarisation
TIC : Technologies de l’Information et de la Communication
TRIE : Trouver votre Idée d’Entreprise
UA : Union Africaine
UE : Union Européenne
UK : United Kingdom
UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine
UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture
UNICEF : United Nations of International Children’s Emergency Fund (Fonds des
Nations Unies pour l’Enfance)
VIH : Virus de l’Immunodéficience Humaine
WARTU : West African Road Transport Workers Union
S o m m a i r e
Couverture
4e de couverture
Titre
Copyright
SIGLES ET ABRÉVIATIONS
Sommaire
PRÉFACE
POST-PRÉFACE
AVANT-PROPOS
INTRODUCTION
I. Aperçu sur le développement en Afrique de l’Ouest
1. Potentialités de la sous-région
2. Cadre macroéconomique de l’espace CEDEAO
3. Exploitation et gestion des potentialités régionales : quelles implications pour les
jeunes ?
4. Politiques en faveur des jeunes
II. La place de la jeunesse dans la population
1. Le concept de jeune/jeunesse : une complexité définitionnelle
2. Caractéristiques sociodémographiques des jeunes
3. Changements sociaux et impacts sur la jeunesse
III. Les défis de la jeunesse en Afrique de l’Ouest
1. La formation des jeunes : un défi pour le développement de la région
2. L’emploi des jeunes en Afrique de l’Ouest
3. Les jeunes et la santé
4. La jeunesse face aux fléaux
IV. La réponse des jeunes face aux défis actuels
1. Introduction
2. Relever les défis du chômage et de l’exclusion sociale
3. Quels sont les effets des réponses des jeunes sur le développement en Afrique
de l’Ouest ?
4. Conclusion et perspectives
V. La jeunesse dans le processus de changement en cours : cas de l’Afrique de l’Ouest
1. La jeunesse en tant que frange de la population ouest-africaine
2. Jeunes et conflits en Afrique de l’Ouest
3. Causes de l’implication des jeunes dans les conflits violents en Afrique de
l’Ouest
4. Jeunesse et transition démocratique en Afrique de l’Ouest
5. Jeunesse et gouvernance en Afrique de l’Ouest
6. Les jeunes de l’Afrique de l’ouest et la nouvelle évolution culturelle mondiale
7. Évolution vers un meilleur sort pour la jeunesse dans la nouvelle évolution du
monde
VI. La jeunesse et le processus d’intégration régionale en Afrique de l’Ouest
1. Cadre conceptuel et théorique de l’intégration régionale
2. De la nécessité d’une participation accrue des jeunes dans le processus de
l’intégration régionale
3. Du niveau d’alphabétisation dans la région CEDEAO
4. De la jeunesse et du sport comme facteurs mobilisateurs au profit du
renforcement du processus de l’intégration5. De la nécessité d’une société civile organisée avec un rôle déterminant de la
jeunesse pour le passage d’une CEDEAO des Etats à une CEDEAO des peuples
6. Des organisations panafricaines et régionales de la jeunesse ouest-africaine
plus dynamisées
7. Conclusion et recommandations
VII. Les jeunes dans la mondialisation
1. Définition de la mondialisation : nécessite d’une trans-disciplinarité
2. Opportunités de la mondialisation pour les jeunes
3. Risques liés à la mondialisation pour les jeunes
4. Résistances à la mondialisation et implications pour les jeunes
5. Les solutions proposées contre l’exclusion des jeunes dans l’économie
mondiale
6. Esquisse d’une politique pour atténuer l’impact de la mondialisation sur les
jeunes
CONCLUSION
PRÉSENTATION DES AUTEURS
L’AFRIQUE AUX ÉDITIONS L’HARMATTAN
AdresseP R É F A C E
La Commission de la CEDEAO a décidé, sous le leadership des Chefs d’Etat et de
Gouvernement, de populariser le processus d’intégration en passant de la CEDEAO
des Etats à la CEDEAO des peuples. En opérant ce changement, ils avaient
pleinement conscience que le processus traditionnel utilisé pour l’implication des
populations n’était plus compatible avec le nouvel environnement mondial. En optant
pour cette nouvelle vision, les Chefs d’Etat et de Gouvernement donnaient une priorité
à la participation, à l’appropriation par les parties prenantes du processus d’intégration.
On comprendra bien qu’en voulant donner plus de place à la population dans ce
processus d’intégration, la CEDEAO voudrait aussi mettre l’accent sur les jeunes qui
constituent la frange la plus importante de la population de notre région, soit près de
65%, dont environ 60% sont au chômage.
La vision 2020 de la CEDEAO est assez claire. Elle veut, entre autres, mettre en
place une région sans frontières, dans laquelle les populations vivent dans la dignité et
la paix. Ce rêve n’a de sens que s’il est partagé par les jeunes.
L’une des ambitions de la CEDEAO pour les jeunes, c’est de leur léguer notre
héritage en matière d’intégration. Il est aussi nécessaire de les aider à mieux
comprendre les enjeux actuels du développement afin qu’ils puissent s’imprégner de
l’idéal commun du bien-être.
A l’heure actuelle, les jeunes ne sont pas dans un environnement favorable leur
permettant de participer au développement et d’apporter le maximum de leur potentiel
à notre région. Un ensemble de défis constitue des contraintes fortes à leur
épanouissement. Ces défis liés notamment à l’éducation, à la santé et à l’emploi sont
abordés avec la plus grande détermination par nos pays. La CEDEAO œuvre
activement à accompagner les jeunes afin qu’ils puissent jouer leur rôle dans la
construction de la région. A cet effet, un centre appelé Centre de Développement de la
Jeunesse et des Sports de la CEDEAO (CDJS) a été créé à Ouagadougou pour
concevoir des politiques et des actions spécifiques à leur endroit. En vue d’aborder les
problèmes de la jeunesse dans sa globalité, une politique régionale ainsi qu’un plan
d’actions, constituant un cadre cohérent et durable de travail, ont été adoptés.
Notre région s’engage à appliquer pleinement cette politique en faveur des jeunes.
A côté de tous ces chantiers, nous avons entamé, à travers ce livre, un dialogue
régional sur la question de la jeunesse. Ce dialogue constitue un cadre pour mieux
écouter les jeunes et formuler des programmes mieux adaptés à leurs besoins. La
diffusion de ce livre consacré à la jeunesse en Afrique de l’Ouest permettra ce dialogue
interactif en vue de proposer des solutions aux problèmes des jeunes dans les Etats
membres. Toutes les parties prenantes au processus d’intégration sont conviées à
participer à ce dialogue constructif avec un esprit d’ouverture.
Ce livre est une opportunité de nous rapprocher davantage des préoccupations
profondes de la jeunesse.
Je suis heureux que lors de sa rédaction, les jeunes aient été consultés et qu’ils
aient contribué au débat. C’est l’occasion pour moi de féliciter le comité scientifique
pour le travail abattu et pour l’opportunité qu’il offre à la région de faire ce dialogue utile
et pertinent sur la question de la jeunesse.

Le Président de la Commission de la CEDEAO P O S T - P R É F A C E
Le rapport sur le développement en est à sa deuxième édition après celui sur les
ressources. Le premier a mis en évidence le gap important entre la mobilisation des
ressources intérieures et le niveau de développement. En d’autres termes, ce rapport a
été un appel à la prise de conscience de notre potentiel au regard des résultats des
politiques menées, notamment en ce qui concerne le bien-être de nos populations.
Ce deuxième rapport est dans la même logique. Il met en lumière une ressource
précieuse de la région, la jeunesse, insuffisamment utilisée jusque-là. En effet, l’Afrique
est la seule région au monde où la part des jeunes dans la population totale va croître
régulièrement jusqu’en 2050. Cette évolution suscite des craintes quant aux
conséquences socio-économiques engendrées par une telle structure démographique.
Plusieurs analyses ont mis l’accent sur les coûts à supporter face à une telle évolution,
notamment en éducation et en santé, alors que leur productivité peut être renforcée
pour compenser de tels coûts.
Avec un niveau scolaire peu compétitif, un chômage prononcé et le manque
d’opportunité pour les jeunes laissent place à l’extension de la pauvreté en l’absence
de mécanisme transparent d’ascension sociale. Cette situation a facilité dans certains
pays la mobilisation de jeunes désœuvrés à toutes sortes de déstabilisation,
1notamment les guerres civiles . Du coup, la jeunesse est devenue un coût important
pour notre développement jusqu’à être considérée comme une "bombe sociale" à
retardement.
Pourtant, une population jeune offre tant d’opportunités pour une région, comme par
exemple une main-d’œuvre dynamique et entreprenante capable de s’investir dans les
métiers agricoles, industriels et d’innovation. L’attraction des IDE peut en découler et
contourner son domaine préféré dans les mines et les produits bruts.
En analysant ces questions, le présent ouvrage met en lumière la spécificité de la
région, les réponses originales relatives aux préoccupations des jeunes, et interpelle
les décideurs sur leur responsabilité et les solutions alternatives à proposer.

Je remercie le comité de pilotage ainsi que le comité scientifique pour le travail
accompli en espérant que ce rapport soit un pas de plus vers la CEDEAO des peuples.

Le Commissaire Chargé des Politiques Macroéconomiques /
Commission de la CEDEAO
1 La plupart des pays de la CEDEAO ont connu l’instabilité institutionnelle, politique et
sociale.A V A N T - P R O P O S
En 2008, le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO), en partenariat avec la
Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a décidé de
publier un rapport sur les Etats membres de la CEDEAO. Celui-ci devrait servir de point
de départ à une expérience inédite : celle d’offrir chaque année à la région un
document qui aborde un problème crucial, pouvant être considéré comme un défi
majeur aux préoccupations de développement.
Ce premier rapport était ainsi consacré aux Ressources pour le développement en
Afrique de l’Ouest. Cette thématique a été considérée comme importante en raison des
conséquences économiques et sociales de la crise financière internationale de 2008,
particulièrement éprouvante pour l’Afrique, entraînant de façon drastique la chute de la
croissance dans presque tous les Etats du continent et notamment dans la région
ouest-africaine.
C’est pour perpétuer cette initiative que la CEDEAO, à travers le Département
chargé des Politiques macroéconomiques, a initié ce deuxième rapport dont le thème
est La jeunesse en Afrique de l’Ouest : un potentiel pour construire. Ce thème est
pertinent en raison de l’importance que représente la jeunesse dans la population
ouest-africaine et des enjeux qu’elle soulève dans les préoccupations de
développement des Etats de la CEDEAO. Mieux, comme conséquence de la crise
financière internationale de 2008-2009, la jeunesse est désormais confrontée à deux
importants défis : le chômage et la migration.
Plus de 60% des jeunes sont sans travail en Afrique de l’Ouest. Pour survivre, ils
sont amenés à s’adonner à de petits métiers et/ou de se laisser emporter par des
fléaux comme la prostitution, la drogue, le banditisme, etc. qui menacent leur équilibre.
C’est dans ce contexte de fragilité que l’année 2008 a été celle du drame des jeunes
migrants africains sur les côtes de la Méditerranée, au Maroc, en Espagne, en Lybie et
en Italie, entraînant beaucoup de morts et d’emprisonnements. Ce drame a été si
douloureux que les Nations Unies ont déclaré cette année 2008 celle de la migration.
La brutalité avec laquelle cette jeunesse a été traitée entre 2008 et 2009 ne peut donc
laisser personne indifférent.
C’est pour sensibiliser l’opinion ouest-africaine sur la fragilité de cette jeunesse que
les autorités de la CEDEAO ont jugé opportun que ce deuxième rapport soit consacré à
cette question.
Après le choix du thème qui a été soumis à l’approbation des chercheurs, fut
constituée une équipe d’experts ouest-africains pour réfléchir au contenu du rapport.
Ce groupe d’experts, réuni pour la première fois à Abidjan en Côte d’Ivoire en
septembre 2009, a décidé que les problèmes rencontrés par la jeunesse soient
abordés sous les différents angles qui constituent les chapitres de ce rapport.
Ce groupe d’experts, devenu comité de pilotage, a été le garant de la qualité de cet
exercice. Il a suggéré d’être secondé par un comité scientifique, cheville ouvrière de ce
rapport.
Les différents thèmes retenus à Abidjan ont été soumis à l’approbation des acteurs
de développement de la région à Praia au Cap Vert en février 2010. Ainsi, les termes
de référence de chaque chapitre, élaborés par les membres du comité de pilotage et
quelques acteurs de la société civile ont été approuvés en décembre 2010 à Accra au
Ghana.Ce n’est qu’ensuite que la première réunion du comité scientifique fut convoquée à
Abuja au Nigeria en mai 2010 afin de se pencher sur la rédaction des différents
chapitres de ce rapport. C’est ainsi que des membres du comité scientifique furent
désignés à cette tâche conformément à leurs compétences.
Les premiers documents rédigés furent soumis à l’approbation du comité de pilotage
et des représentants de la jeunesse en février 2011 à Cotonou au Bénin. Ils furent de
nouveau soumis à la critique d’un groupe d’experts indépendants à Accra au Ghana en
mars 2011. Le manuscrit définitif a été approuvé à Sali-Portudal au Sénégal en juin
2011.
Ces différentes étapes témoignent bien de la démarche méthodologique qui a été
observée dans la réalisation de ce travail. Celle-ci comporte plusieurs phases :
– les discussions sur le choix du thème et de sa pertinence ;
– la rédaction des termes de références ;
– l’approbation de ces termes de références par les acteurs de la région ;
– la rédaction du premier projet de rapport par les chercheurs de la région issus à la
fois du monde anglophone, francophone et lusophone ;
– la soumission des textes fournis à la critique tant des membres du comité de
pilotage, de la jeunesse, de la société civile, ainsi que d’experts indépendants.

C’est après ces différentes démarches que ce rapport final a vu le jour.
Tous ceux qui ont œuvré à sa réalisation sont nombreux, à commencer par les
autorités de la CEDEAO, les bailleurs de fonds dont principalement l’Union
Européenne, les intellectuels qui se sont mobilisés autour du projet, de même que les
acteurs de la société civile et la jeunesse de la région. Il serait fastidieux de les citer
nommément. Nous tenons à exprimer toute notre gratitude à la Commission de la
CEDEAO et singulièrement au Commissaire chargé des Politiques macroéconomiques,
pour la confiance qu’ils nous ont témoignée en nous confiant la direction scientifique
de ce travail. Nous tenons aussi à faire une mention spéciale :
– au Dr. Simeon Koffi, chargé du Programme Principal Recherche et Développement
au Département des Politiques Macroéconomiques de la CEDEAO, pour son
implication personnelle dans la finalisation de cette étude ;
– à Mme Bertine Sylla, chargée de communication auprès du Président de la
Commission, en raison des efforts qu’elle a fournis dans la conception de la maquette
de la couverture de cet ouvrage ;
– au Prof. Gervasio Semedo, de l’Université de Tours en France, pour avoir corrigé
les épreuves de ce livre.

Le Comité scientifique
INTRODUCTION
La jeunesse est le fer de lance du développement à la fois par sa force de travail
que par ses besoins d’innovation. Elle constitue actuellement le facteur de dynamisme
et d’espoir pour l’Afrique toute entière. C’est cela qu’a voulu exprimer Gourou (1982) en
intitulant l’un de ses derniers ouvrages sur les pays du Sud et singulièrement sur
2l’Afrique, Terres de bonne espérance .
La population ouest-africaine est estimée en 2010 à environ 306 millions d’habitants.
Elle est constituée de plus de 50% de moins de 30 ans. Le nombre des jeunes dont
3l’âge varie entre 15 et 44 ans représente environ 65% de cette population .
L’effectif des actifs dans les 306 millions d’habitants est de l’ordre de 150 millions.
Les jeunes de 15 à 44 ans représentent environ 70% de cette population active. Malgré
cette importance, ce sont les jeunes qui souffrent et de façon cruelle des méfaits du
chômage et du sous-emploi. Le chômage des jeunes est de l’ordre de 60% en
4moyenne .
La jeunesse ouest-africaine est actuellement confrontée à toute une série de
problèmes qui font partie des défis sociaux : la formation, l’adéquation
formationemploi, le chômage, l’enrôlement des jeunes comme soldats dans les conflits qui
affectent plusieurs pays de la région, et les effets néfastes de la mondialisation.
En plus de ces questions majeures, la jeunesse constitue aussi une force souvent
exploitée par les partis politiques, les organisations religieuses et autres groupes
d’intérêt pour leur prise de contrôle sur un pan entier de la population ou pour opérer
des forfaitures.
L’une des caractéristiques de la jeunesse est sa forte mobilité. Celle-ci devient
désormais un objet d’inquiétude lorsque les flux sont orientés vers les pays du Nord,
Europe et Etats-Unis notamment. Ces mouvements comportent désormais beaucoup
de risques en pertes de vie humaine et d’emprisonnement. C’est le cas actuellement
des migrations africaines autour du bassin méditerranéen.
Parmi ces multiples problèmes auxquels la jeunesse est confrontée, quelques-uns
sont particulièrement préoccupants :
– les difficultés de la formation scolaire, universitaire et technique ;
– le chômage ;
– la mobilité excessive de la jeunesse ;
– les effets néfastes de la mondialisation.

La formation est devenue un droit et une exigence dans l’évolution des sociétés
africaines vers le progrès. Le chômage est un important fléau parce que son ampleur
constitue aujourd’hui la plus grande injustice et la plus sérieuse menace à la paix. En
effet, le chômage des jeunes en retardant l’âge du mariage de ces derniers, bouleverse
la structure familiale. Il est aussi une source permanente de l’instabilité sociopolitique.
Les perspectives d’emploi des jeunes sont étroitement liées à leur niveau
d’instruction, de connaissance et de compétence. Mieux, l’accès à l’enseignement de
base est un moyen efficace de lutte contre le travail des enfants et l’éradication de la
5pauvreté selon la Banque mondiale . Toujours selon la même institution :
« De fait, l’éducation et l’acquisition de compétences procurent d’importants
avantages économiques et sociaux. Les jeunes travailleurs sans qualification sont
plus exposés aux chocs économiques, ils ont moins de chance de trouver un
emploi, ils risquent davantage de rester cantonnés dans des emplois de piètre
qualité ne leur offrant guère d’opportunités de développement de leur capital
humain. Ils sont aussi plus vulnérables aux changements démographiques »…
« L’éducation et la compétence sont essentielles pour accroître la productivité et les
revenus. L’accroissement de la productivité passe par l’innovation
technologique, laquelle n’est à son tour possible que si des compétences nouvelles
et supérieures sont largement disponibles »…
« Le niveau de scolarisation dans le primaire s’est considérablement amélioré dans
la plupart des pays de la sous-région, mais l’accessibilité et la qualité de l’éducation
n’en continuent pas moins de poser des problèmes majeurs, surtout en milieu rural.
Il a été démontré que le manque d’accès à l’éducation figure parmi les plus
6importants facteurs d’émigration chez les jeunes » .

Pour montrer de quelle manière se pose le problème de la formation, une enquête a
7été réalisée par Duret et al. (2005) sur quelques villes de la sous-région. . De cette
étude se dégage la faible performance du système éducatif en Afrique de l’Ouest. Plus
de 55% des jeunes de 15 à 44 ans ne sont pas allés à l’école. Nombre de ceux qui y
accèdent n’ont pas achevé le cycle primaire. Il n’y a que 45% des jeunes qui soient
alphabétisés. Pour ces 45% le niveau d’instruction est extrêmement modeste puisque
èmela moitié n’a pas franchi la classe de 3 et moins d’un quart a achevé le second
cycle du secondaire. Le taux de ceux qui ont accédé à l’enseignement supérieur est
inférieur à 5%.
Ces chiffres montrent bien que la majorité de la jeunesse est confrontée à un
problème d’illettrisme. Cet illettrisme est encore plus prononcé en milieu rural où les
familles pauvres utilisent leurs enfants comme main-d’œuvre agricole. Il en est de
même dans les situations de post-conflits où les jeunes sont privés d’instruction. Non
seulement ces jeunes ont grandi dans des sociétés de violence, mais aussi dans bien
des cas, ils ont été des combattants. Dans les villes, les jeunes bénéficient
relativement de meilleures opportunités scolaires. Ils restent plus longtemps à l’école
et entrent dans la vie active plus tardivement que ceux des milieux ruraux. Environ
57% des jeunes citadins sont scolarisés contre 23% dans les zones rurales.
Ce déficit de formation est aggravé ces dernières décennies par des crises scolaires
et universitaires provoquées par le pluralisme politique dans la sous-région. Par
exemple entre 1990 et 2000, au moins huit universités ont déclaré l’année blanche
comme conséquence de la lutte estudiantine pour la démocratisation de l’Etat et de la
société. En effet, cette lutte a transformé les campus en des hauts lieux de débats
politiques et d’agitations de toutes natures. Les crises économiques persistantes dans
la région ont compromis le bon fonctionnement des institutions universitaires, se
soldant par des grèves répétitives comme ce fut le cas en 2009 au Nigeria. Il en a
résulté une émigration des professeurs vers les pays du Golfe et les Etats-Unis
d’Amérique.
Aujourd’hui, un calme précaire est revenu sur les campus universitaires. Mais
l’effectif pléthorique des étudiants sans aucune amélioration des équipements
universitaires et infrastructures pédagogiques, ne permet plus de dispenser des
enseignements de qualité. Tout le corps professoral est désormais pris dans unaffairisme politique et économique qui hypothèque dangereusement la qualité de la
formation et le niveau de compétence face à un marché du travail assez restreint et de
plus en plus exigeant.
Le chômage des jeunes est un problème récurrent dans tous les Etats d’Afrique quel
que soit le stade de leur développement économique. Mais le contexte
socioéconomique propre à chaque région du continent influe grandement sur la nature et
l’ampleur de ce phénomène.
Au regard de ce qui se passe en Afrique de l’Ouest, la situation est particulièrement
préoccupante en raison de l’ampleur de l’exode rural et des migrations. Le taux élevé
de chômage et de sous-emploi parmi les jeunes s’explique essentiellement par
l’étroitesse du marché du travail en dépit de l’abondance des ressources naturelles.
Les études récentes de la Banque Mondiale sur la question permettent d’avoir une
8idée claire de la situation de l’emploi des jeunes. Selon ces études , en Afrique 60%
des jeunes sont des chômeurs. Ce taux est bien supérieur à la moyenne mondiale qui
n’est que de 42,5% en 2005. Ce pourcentage est encore plus élevé pour certains pays
tel qu’indiqué dans le tableau ci-après :
Tableau : Taux de chômage dans quelques pays de la sous-région
Source : Banque Mondiale : Les jeunes et l’emploi en Afrique 2008/2009
D’une manière générale, il existe une corrélation étroite entre le niveau d’éducation
et le secteur d’activités. Ainsi dans les principales villes d’Afrique de l’Ouest, la grande
majorité des personnes n’ayant pas fréquenté ou achevé le cycle primaire exercent
dans le secteur informel. Ceux qui ont fréquenté jusqu’à la fin le cycle primaire ne sont
dans le secteur informel qu’à 75%. Ceux qui achèvent le secondaire y sont à 50% et
ceux qui sont allés à l’université y sont de l’ordre de 19%.
La mobilité des jeunes se manifeste sous plusieurs formes, exode rural,
déplacements à l’intérieur de la région et émigration vers les pays du Nord.
L’exode rural affecte entre 20 et 30% des populations ouest-africaines. Cet exode
revêt plusieurs formes : le déplacement des ruraux vers les villes, le retour des citadins
à la campagne et la colonisation agricole. Des 20 à 30% de personnes qui se
déplacent à l’intérieur de leurs pays respectifs, les jeunes constituent de loin la
majorité. Ils viennent vers les villes pour s’émanciper et dans l’espoir d’améliorer leurs
conditions de vie. Ce phénomène a surtout pris de l’ampleur sous l’effet du besoin
d’accéder aux services sociaux de base (éducation, santé…), des échecs des
différentes tentatives de modernisation en milieu rural et des difficultés de vie
engendrées par les sécheresses qui sévissent en Afrique de l’Ouest depuis 1970.
Ce sont ces mêmes fléaux qui sont à l’origine des migrations zonales dont les plus
importants flux concernent surtout les pays sahéliens. Cette migration interne s’appuie
principalement sur le mauvais fonctionnement des structures sociales et les raisons
économiques dues aux échecs de plusieurs expériences de développement tentées en
milieu rural à destination des jeunes.