Mémoire du métier
270 pages
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Description

Cet ouvrage traite de la mémoire de métier : à l'occasion de ses recherches sur le maréchal-ferrant, l'auteure se livre à une description, une réflexion et une analyse in situ des mécanismes complexes reliant passé et présent. Enrichi de photographies, ce travail rapporte et analyse récits de vie et observation d'une pratique saisie dans sa diversité, son quotidien, son renouveau et sa dimension d'excellence.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2012
Nombre de lectures 4
EAN13 9782296511637
Langue Français
Poids de l'ouvrage 24 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

description, une réLexion et une analyse complexes reliant passé et présent, dont elle étudie la co-production
Enrichi de photographies, ce travail original rapporte et analyse
son quotidien, son renouveau et sa dimension d’excellence.
Monique DOLBEAU
LA MÉMOIRE DU MÉTIER Maréchalferrant : un passé retrouvé
L O G I Q U E S S O C I A L E S
La mémoire du métier
Logiques sociales Collection dirigée par Bruno Péquignot En réunissant des chercheurs, des praticiens et des essayistes, même si la dominante reste universitaire, la collection « Logiques Sociales » entend favoriser les liens entre la recherche non finalisée et l'action sociale. En laissant toute liberté théorique aux auteurs, elle cherche à promouvoir les recherches qui partent d'un terrain, d'une enquête ou d'une expérience qui augmentent la connaissance empirique des phénomènes sociaux ou qui proposent une innovation méthodologique ou théorique, voire une réévaluation de méthodes ou de systèmes conceptuels classiques. Dernières parutions Claude GIRAUD,Que faisons-nous lorsque nous organisons ?, 2012. Christophe PERREY, Un ethnologue chez les chasseurs de virus. Enquête en Guyane française, 2012. Thomas SEGUIN,La politique postmoderne. Généalogie du contemporain, 2012. Emilie HENNEQUIN (dir.),La Recherche à l’épreuve des terrains sensibles : approches en Sciences Sociales, 2012. Michel LIU,La dynamique des organisations : l’émergence des formes démocratiques, 2012. Joseph AOUN,Les identités multiples, 2012. Henry TORGUE,Le sonore, l’imaginaire et la ville. De la fabrique artistique aux ambiances urbaines, 2012. Marie-Christine ZELEM,Mondes paysans. Innovations, progrès technique et développement. Témoignage de Pierre Brugel, 2012. Hugues CUNEGATTI,Passer son permis. Sociologie d’une formation déniée, 2012. Gilles VIEILLE MARCHISET et Anne TATU-COLASSEAU, Sociologie(s) du sport, 2012. Olivier SERVAIS,L’Épistémologie pratique de Pierre Bourdieu, 2012.Rahma BOURQIA (dir.), Territoires, localité et globalité. Faits et effets de la mondialisation, volume 2. 2012. Rahma BOURQIA (dir.), La sociologie et ses frontières. Faits et effets de la mondialisation, volume 1. 2012. Hugues CUNEGATTI, Charles SUAUD (dir.),La sécurité routière : enjeux publics et société civile, 2012. Catherine ESPINASSE, Eloi LE MOUEL (dir.),Des liens qui créent des lieux,Tome 2, 2012. Catherine ESPINASSE, Eloi LE MOUEL (dir.),Des lieux qui créent des liens,Tome 1, 2012. Sabrina DAHACHE,Féminisation de l’enseignement agricole, 2012.
Monique DOLBEAU La mémoire du métier Maréchal-ferrant : un passé retrouvé
© L'HARM ATTAN, 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00494-5 EAN : 9782336004945
SOMMAIREPréface Introduction Préambule : Le maréchal-ferrant aujourd’hui Première partie –Présence du passéChapitre 1. Des mythes et des contes 1 - La figure du maréchal forgeron : tradition et culture populaire 2 - Une figure d’identification : Satan 3 - Le mythe fondateur et la naissance de la technique 4 - Les figures tutélaires dans les mythes grecs et la mètis 5 - Des récits et des contes à l’histoire : un « syndrome narratif »Chapitre 2. Cadres sociohistoriques 1 - Un métier ancien 2 - Une bataille contre les vétérinaires 3 - La mécanisation des campagnes : une rupture 4 - Une histoire syndicale riche. 5 - Une formation en mutation 6 - Une définition nouvelle de la professionChapitre 3. La maréchalerie d’hier, une mémoire vivante 1 - Une figure de l’ancien temps : le maréchal forgeron de village 2 - Un précurseur : l’itinérant précoce 3 - Une identité dualeChapitre 4. Entre mémoire et oubli 1 - La forge, un « cadre social » de la mémoire 2 - De l’espace matériel à l’espace organisateur 3 - La perte du lieu de mémoire 4 - Des vestiges porteurs de mémoireDeuxième partie –Mémoire collective et tradition « reconstruite »Chapitre 1. Deux figures d’héritiers, deux passésreconstruits1 - Le forgeron invoqué 2 - Le maréchal du souvenirChapitre 2. Un personnage de la profession : « le maréchal-tradition » 1 - La rencontre 2 - Références à la tradition 3 - Le rite : perpétuation de la tradition ou pratique identitaire 4 - Évocations du passé : un changement de cadres 5 - Renouer les fils du passé : retrouver des savoirs oubliés 6 - Maréchal-tradition ou traditionaliste ?Chapitre 3. Les fêtes de vieux métiers : des commémorations 1 - « À la recherche du temps perdu » 2 - Une « fiction dramatique » 3 - Commémoration ou commémoraison ?
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Troisième partie –Les concours : la tradition en questionChapitre 1. Le cadre des concours 1 - Une ruche2 - Un petit monde 3 - Le contexte des épreuves 4 - La tradition comme « cadre social » des concours 5 - Un mode de vie Chapitre 2. Une tradition réinventée 1 - Assemblage de pratiques techniques et commémoratives 2 - Réactualisation d’anciennes pratiques 3 - Recréation des conditions de l’ancien métier 4 - Institution de nouveaux ritesChapitre 3. Cet obscur objet de la transmission 1 - Catégories et générations en présence 2 - Une formation continue ? 3 - La circulation des savoirs 4 - Innovation technique et pratique ancestrale 5 - Une vision du métier complet, le mythe fondateur préservé 6 - Tradition réinventée, tradition ou traditionalisme ?
Quatrième partie –Les dynamiques professionnelles actuellesChapitre 1. Un clivage dans le métier 1 - Deux sortes de forge 2 - Critiques et polémiques 3 - La forge, référence ambivalenteChapitre 2. Une définition alternative du métier 1 - Le « maréchal de tous les jours » 2 - La forge comme symptôme des conflits identitairesChapitre 3. La variable générationnelle en question 1 - Données structurelles et démographiques 2 - Nature et forme du pouvoir lié à la forge 3 - Succès de la transmission 4 - Analyse diachroniqueConclusion Bibliographie Index des illustrations
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PREFACE
Quand le monde change brutalement, l’héritage de mots n’est plus un héritage d’idées. La richesse sémantique du texte de Madame Dolbeau révèle que l’essentiel pour elle était de se garder sa forge intérieure même quand elle mobilise tous les grands collectionneurs de concepts : les sociologues de la mémoire et leurs instruments. Les étapes de ce parcours qui explore la maréchalerie sont les étapes d’une histoire de trois générations, qui aujourd’hui expriment, chacune à leur façon, un «refus intramondain du monde». À ce refus semble se substituer petit à petit, d’un maréchal à l’autre, une dérision de la comédie en un rythme qui semble venir des profondeurs de l’inconscient collectif : l’auteur a pu, la première, atteindre cette voix du présent : la suprême mémoire alors se dévoile, qui semble venir de l’inconscient : « Cet acte de rechercher, de demander, d’accepter, de patienter, de se soumettre ». Il nous semble que dans une société toute entière livrée à la production, et ignorante des formes premières, allant de la science pure à la science appliquée et jusqu’au produit, pour la première fois l’essence qui est demandée par ce monde, l’acte collectif qui est recherché pour le maîtriser, c’est ce que donne la temporalité de la phrase citée : la demande d’une vérification expérimentale. C’est cette demande qui est jouée en des moments différents par des acteurs différents, à l’unisson avec des publics
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différents. Cette demande se coordonne dans cette sociologie d’observations en uneCommedia dell’arte. Monique Dolbeau, après avoir dans son introduction, présenté le maréchal-ferrant actuel tel qu’il apparaît dans une histoire documentaire livresque ou administrative, prépare le lecteur à une reconquête : elle le prépare à revivre avec elle des histoires de vie qui construisent aussi celle d’un chercheur paradoxal, qui partirait d’arcs-en-ciel différents pour rechercher en amont le prisme de Newton et la lumière originelle. Son enquête sociologique s’appuie sur tous les sociologues contemporains qui ont, suivant leur génération, leurs travaux antérieurs, leur domaine, formulé une certaine hypothèse sur la mobilisation d’un passé se dévoilant dans un rapport obsessionnel et symbolique avec le présent social. Tantôt les uns, tantôt les autres, éclairent un moment de cette enquête participante où la discipline et la rigueur de l’auteur vont être de ne garder que les instantanés d’un mot et d’un monde vécus comme une monade d’évidence. Ce sera à force de multiplier les confrontations entre le passé et le présent du maréchal-ferrant, de ce qu’il en reste, et de ce qu’il s’en est reconstruit dans les concours et dans les jeux de miroir de la vie quotidienne, que l’auteur va découvrir comment sur trois époques différentes de notre société industrielle ont pu varier les rapports de construction réciproques d’une vie passée de maréchal à un projet de vie contemporain. Sa bienveillance patiente à l’égard de chaque génération ayant tenté de se déprendre de la saturation savante ou de la langue de bois médiatique. Ainsi, un poème symphonique serait le mot qui nous vient pour anticiper la bienveillance de ce petit chef-d’œuvre d’enquête sociologique. S’appuyant sur le texte d’Halbwachs qui pouvait parler à sa sensibilité, l’auteur a été attentif à toutes les variations significatives qui forcément s’éloignent de ce qui voulait être un thème anti-psychologique, parce qu’anti-bergsonien. Maurice Halbwachs écrivait en effet en 1925 que par le cadre social le passé d’un groupe était reconstruità partir des notions suscitant la signification partagée au présent par les membres du groupe. L’auteur avec méthode a serti dans l’écrin de chaque mot chaque expérience. Elle ne triche jamais et elle pourra ainsi aboutir, toujours en prise sur son sujet particulier mais en même temps en exprimant notre temps, à manifester la présence d’un nouveau modèle dominant, circulaire et changeant, où la construction du passé en fonction du présent du groupe se réitère en une construction du présent à partir d’un certain passé. Lacommémorationfait social total », prend alors le relais des schémas « antérieurs comme un théâtre du passé créant un lien social festif avec les spectateurs, créant un début de lien dynamique vers un futur qui serait construit par les spectateurs. Sa variante religieuse, lacommémoraison,
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révélait un pouvoir de choisir un saint à commémorer un certain jour en oubliant les autres saints. Ce pouvoir et cette circularité apparaissent chez Nietzsche, tentant d’expliquer « l’éternel retour » par une volonté de puissance. Déjà Machiavel percevait, à sa façon, contre l’éternel retour un pouvoir d’agir vers l’avenir. Cet homme de guerre l’appelle lavirtù. Quand avec génie Pirandello renouvelle la dénonciation aristocratique d’une société de Césars de carnaval, s’invente avec lui le théâtre dans le théâtre. Naguère, après Rousseau, Brecht veut dénoncer le silence amorti du théâtre des rôles ; sera alors inventée contre le théâtre spectacle la pratique de la distanciation. Mais les multiples théâtralisations du maréchal-ferrant transforment autour du feu et du bistrot un aujourd’hui désabusé en un faire mieux qu’avant. Il nous semble qu’il y ait là un révélateur profond d’un état de crise de notre société où le mouvement perpétuel remplace la négation. 1 Gérard NAMER
1 Mes pensées émues vont vers Gérard Namer, aujourd’hui disparu. Loin de se contenter de rédiger cette préface, il m’a encouragée et guidée tout au long de ce travail, et je ne saurais jamais l’en remercier assez. Et si les aléas de la vie m’ont conduite à différer la parution de cet ouvrage, en sa mémoire, je me devais de la mener à terme.
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