Probation, insertion

-

Livres
244 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Depuis des décennies, les gouvernements successifs, le Parlement, ont échoué à mettre en place une politique efficiente face à la délinquance. Si des évolutions intéressantes ont pu être esquissées, leur mise en œuvre est demeurée trop timorée : jamais les décideurs n'ont eu le courage de surmonter les pressions et d'opérer les bons choix. En s'appuyant sur son expérience et à la faveur de nombreux échanges, l'auteur formule soixante-six propositions pour engager le tournant nécessaire.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 août 2017
Nombre de visites sur la page 7
EAN13 9782140042591
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
ANIEL
,
ChristianDANIEL
PROBATION, INSERTION Les deux axes d’une politique ambitieuse de prévention de la récidive INSERTION
PROBATION,
Probation, insertion Les deux axes d’une politique ambitieuse de prévention de la récidive
Christian DANIEL
Probation, insertion Les deux axes d’une politique ambitieuse de prévention de la récidive
Illustration de page de garde : Gaelle Le Pallec.
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-12564-0 EAN : 9782343125640
Introduction
Nous sommes le 5 octobre 2016. J’écris les premières lignes de ce livre à la terrasse d’un café en attendant un ren-dez-vous avec le préfet. Dans quelques mois, je partirai à la retraite et j’ai souhaité laisser une trace, marquer mon em-preinte afin que, par l’expression de mes convictions, cet écrit soit utile, percutant pour l’avenir. Cadre du ministère de la Justice, j’aurai passé près de 40 ans au service de la mission d’insertion dans le cadre du suivi des personnes placées sous main de Justice. J’ai vécu et subi, au cours de ces années, les atermoiements d’une admi-nistration trop dépendante de l’événementiel. J’ai applaudi les évolutions ministérielles qui me paraissaient aller dans le bon sens même si, avec le recul, les occasions de se réjouir n’ont pas été très nombreuses. Aujourd’hui, des lignes directrices sont à sauvegarder, voire à renforcer, d’autres attendent une vraie impulsion. Il importe d’aller vers une détermination de priorités claires, sans craindre de revenir sur des orientations qui n’ont pas montré leur bien fondé. J’espère que l’ambition affirmée ici sera pleinement re-transcrite dans ce livre et comprise par le lecteur. Je mettrai tous mes efforts, au cours de ces prochaines semaines, pour que l’objectif soit atteint. Je fais partie de cette race en voie d’extinction, de ces dinosaures qui ont représenté toute une époque dans l’histoire
7
de notre institution. Ceci explique d’autant plus cet attache-ment à laisser une trace, à inscrire dans l’avenir cette phase évolutive nécessaire. L’essence d’un testament est de formaliser par un écrit ce que nous souhaitons laisser à nos enfants. Par cet acte je veux résolument aider les jeunes générations, je veux offrir à notre institution les conditions d’un sursaut nécessaire. Aurai-je l’audace de pousser le narcissisme en affir-mant, à l’aube de ce travail dans lequel je m’engage, que je rédige un testament pour l’avenir, formulant les vœux pour que perdurent les valeurs dans lesquelles j’ai foi ? De la fonction d’éducateur dans laquelle je suis entré dans cette administration en 1978, à celle de directeur dépar-temental de service pénitentiaire d’insertion et de probation que j’occupe depuis 1999 au travers de trois postes successifs, je n’ai cessé d’œuvrer pour la mission d’insertion. Je suis passé du suivi direct des personnes incarcérées ou suivies en milieu ouvert à la direction de politiques intégrant la gestion des équipes et la construction d’une prise en charge adaptée de ces publics. En toutes circonstances, j’ai agi en mesurant progressi-vement les efforts réalisés tant sur le plan de mon propre par-cours que de celui de mon institution. J’ai pu de même évaluer mes propres erreurs ou celles plus conséquentes, en termes d’impact, d’une administration qui n’a jamais su mener jusqu’au bout les réformes engagées. Certes, la responsabilité incombe d’abord aux gouvernements successifs et au pouvoir législatif, mais il importe désormais de ne pas perdurer dans l’erreur.
6 octobre 2016
Les dépêches de l’AFP s’amoncellent. Le Premier mi-nistre Manuel Valls annonce la création d’un programme de construction de 33 établissements, correspondant à 16 000
8
places. Me rendant dans l’un des établissements péniten-tiaires du département, je fulmine à l’écoute des informations diffusées sur France inter.  Quelle ineptie ! À quelques mois de la fin du quinquen-nat, comme l’avait fait cinq ans auparavant Nicolas Sarkozy, un plan massif de création de prisons est annoncé par un gou-vernement se prétendant de gauche.  Aucune réflexion de fond n’a prévalu à cette décision. Nous sommes une fois de plus dans la surenchère préélecto-rale. C’est à qui proposera le plus !  Certes, quelques jours auparavant, Jean-Jacques Ur-voas, garde des Sceaux, avait remis au Premier ministre un rapport sur l’encellulement individuel, mais cet effet d’an-nonce me semble empreint d’un opportunisme très éloigné de la politique menée par Christiane Taubira au début du quin-quennat.  Lors de cette même journée du 6 octobre, je reçus par mon administration les détails du plan et les implantations prévues, les préfets se devant de formuler des propositions dans les départements pressentis.  Le service public pour moi n’est pas un vain mot, il a une signification réelle à laquelle je crois. J’ai eu l’occasion, en 2001, de répondre très clairement au directeur de l’admi-nistration pénitentiaire qui me recevait à l’occasion d’un mouvement national dans nos services. J’étais à l’époque di-recteur du SPIP de l’Essonne. Nous avions, avec mes col-lègues de l’Ile-de-France, exprimé une forme de soutien à l’action menée par les agents de nos services.  « J’ai conscience des responsabilités qui sont les miennes en qualité de chef de service. Depuis ma nomination comme directeur du service pénitentiaire d’insertion et de
9