Quelle mixité dans les formations et les groupes professionnels ?

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Au cours des cinquante dernières années, les femmes ont massivement investi le marché du travail. Elles ont réussi à investir à des degrés divers pratiquement tous les secteurs d'activité. Leur présence a donc créé de nouvelles situations de mixité au travail. Comment celles-ci se déclinent-elles aujourd'hui au sein des groupes professionnels étudiés et, en amont, dans les instances de formation ?

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Date de parution 01 juin 2011
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EAN13 9782296466951
Langue Français

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Quelle mixité dans les formations et les groupes professionnels ? Enquêtes sur les frontières et le mélange des genres
Série Genre et éducation Virigée par Nicole Mosconi Les recherches se développent aujourd’hui sur les pratiques éducatives différenciées selon le sexe, sur les relations entre filles etccc garçons, sur les effets du sexisme et des stéréotypes de sexe en éducation, sur la division socio-sexuée des savoirs. La série « Genre et éducation » se propose de publier des travaux réalisés sur ces thèmes et, en général, toute recherche en éducation et formation qui prend en compte la perspective du genre, c’est-à-dire la construction sociale de la différence des sexes et de la hiérarchie entre les sexes. Véjà parus Edmée Ollagnier et Claudie Solar (ed.),Parcours de femmes à l’université : perspectives internationales,2006. Isabelle Collet,L’informatique a-t-elle un sexe ? Hackers, mythes et réalités,2006. Nicole Mosconi, Biljana Stevanovic,Genre et avenir. Les représentations des métiers chez les adolescentes et les adolescents,2007. Marlaine Cacouault-Bitaud,La direction des collèges et des lycées : une affaire d’hommes ? Genre et inégalités dans l’Education nationale,2008. Jacqueline Fontaine,La scolarisation et la formation professionnelle des filles au pays de Schneider,2010. Jacqueline Fontaine,La scolarisation et la formation professionnelle des filles au pays de Schneider, 1844-1942.2010 Léo Thiers-idal,De l’ennemi principal aux principaux ennemis. Position vécue, intersubjectivité et conscience masculine de domination,2010. Sabine Thorel,De la mixité à la coéducation en danse contemporaine au collège. Analyse de l’activité d’enseignant-e-s d’éducation physique et sportive,2011.
Sous la direction de Marlaine Cacouault-Bitaud et Frédéric Charles Quelle mixité dans les formations et les groupes professionnels ? Enquêtes sur les frontières et le mélange des genres
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairiehamattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55459-7 EAN : 9782296554597 Fabrication numérique : Actissia Services, 2012
Introduction La mixité dans les espaces de travail : définitions et mises en œuvre
Marlaine Cacouault-Bitaud Un précipité instable… La mixité est une notion complexe comme le laisse entendre l’origine latine du mot : miscere signifie « mélanger », mais « mixus » désigne une chose ou un être formé de deux éléments de nature diverse, ces éléments étant étiquetés, classés et le plus souvent hiérarchisés. Ces « corps » dissemblables (c’est, on l’a compris, le postulat de départ) sont capables de former un ensemble et de se fondre dans une troisième entité (un mariage mixte entre personnes de religion ou de pays différents, une école mixte où garçons et filles étudient dans les mêmes classes). Néanmoins, les composantes sont perçues comme étrangères l’une à l’autre, la propension à distinguer et à se distinguer demeure… Il est sous-entendu qu’un risque de dissociation existe (dans le cas du mariage notamment) sans que l’on sache clairement si la pression sociale en est responsable ou si une tendance quasi naturelle à préserver ou à retrouver l’entre-soi opère en sous-main. S’agissant de l’activité professionnelle des femmes et des hommes, les contributions réunies dans cet ouvrage mettent l’accent tout à la fois sur la soumission à l’ordre des genres et sur les dynamiques novatrices, voire subversives, qui travaillent de l’intérieur les situations de mixité et qui autorisent l’émergence de nouveaux comportements. La mixité au travail et dans les instances de formation ne date pas d’aujourd’hui si l’on entend par là une coprésence de « femmes » et d’« hommes » ainsi définis par l’état-civil et différenciés à partir d’un habillage du corps qui contribue à produire non seulement des apparences, mais des comportements singuliers. Elle a fait l’objet de controverses et de réglementations, elle a été évitée et interdite dans des lieux et des circonstances particuliers. Un rideau matérialisait au début du siècle la division entre filles et garçons dans certaines écoles ; la généralisation de la mixité dans le primaire et le secondaire date de 1975 seulement, même si des entorses au principe de la séparation sont observables bien plus tôt (Clio, 2003). Le début du XXIe siècle se distinguerait des époques antérieures au sens où la mixité aurait droit de cité partout, où la présence conjointe d’individus pourtant répartis en groupes de sexe, serait peu ou prou devenue la règle, y compris dans l’armée, milieu construit comme « masculin » de toute éternité. La mixité comme pratique sociale Cet ouvrage, issu d’une collaboration entre chercheuses et chercheurs initiée
ème pendant le 2 Congrès de l’Association française de sociologie qui s’est déroulé à {1} Bordeaux en 2006 , se place dans le sillage d’études réalisées depuis les années 1980 et 1990 dans lesquelles la mixité est d’abord problématisée en relation avec l’égalité au sein d’une société démocratique (Baudoux et Zaidman, 1992 ; Collet et Philippe, 2008). En effet, à partir du moment où l’on vit dans un cadre politique et juridique qui présuppose l’égalité entre les citoyens et les citoyennes, les femmes comme les hommes investissent l’espace public et professionnel. La tentation existe alors de considérer que la coprésence entraîne de façon quasi automatique des opportunités comparables. La remise en question de cette croyance a ouvert la voie à des travaux empiriques qui ne contestent pas l’importance du changement ainsi créé, mais qui s’interrogent sur la réalisation effective de la mixité « dans les pratiques sociales ». On dispose, par exemple, d’observations et d’analyses menées dans le cadre scolaire qui montrent que les filles et les garçons ne sont pas traités exactement de la même façon par les enseignants, tenus de contrôler les interactions en classe (Zaidman, 1996). Les élèves de leur côté réagissent différemment selon qu’ils ont « une femme » ou « un homme » en face d’eux (Mosconi, 1989) et cela n’est pas sans conséquence sur les apprentissages et les orientations. Des travaux sur la mixité scolaire en France et en Europe mettent en doute, d’ailleurs, les avantages d’un tel système s’agissant des filles, ou des garçons. Sans remettre en cause le bien-fondé d’une mesure qui permet aux femmes d’accéder aux filières les plus prestigieuses (Marry, 2003), ces analyses ont le mérite d’alerter les responsables et les praticiens de l’éducation. Comment expliquer, en effet, que la percée des filles à tous les niveaux de formation, positive en elle-même, provoque aussi peu de changements dans la répartition des femmes et des hommes selon les disciplines étudiées, dans les postes de travail et aux différents échelons de la hiérarchie ? Tous ces constats laissent penser que « la mixité » doit s’analyser comme une dynamique, non seulement porteuse d’égalité et de coopération, mais aussi de ségrégation et d’exploitation (Fortino, 2002 ; Cacouault-Bitaud, 2004 ; Maruani, 2005). L’étude de ce que j’appellerai les définitions pratiques de la mixité (telle qu’elle se réalise et se manifeste concrètement) nous conduit-elle à identifier des possibilités et des formes de subversion ? Elles signifieraient une remise en cause de la division du travail, non seulement selon le sexe, mais encore selon le genre : ni la personne d’une part, ni l’activité d’autre part ne serait plus pré-déterminée et pré-destinée dans le cadre d’un système de représentations et de hiérarchisations. Nicole-Claude Mathieu, dans le premier numéro deQuestions féministes (1977), évoquait la peur de l’indistinction entre les sexes, qui vise en réalité le sexe social et le rapport de pouvoir « qui fait encore aujourd’hui de la masculinité et de la féminité des entités contraires et irréductibles ». Elle brocardait « le refus de l’imagination sociologique, le vertige devant l’infinité des constructions sociales possibles ». Trente ans ont passé, mais une donnée biologique comme la capacité de porter un enfant, est toujours utilisée pour attribuer aux femmes une mission particulière ou un handicap rédhibitoire. Que les soins à autrui (dé-féminisés) deviennent l’affaire de tous, parce qu’ils engagent l’avenir d’une société (Tronto, 1993 et 2009), que tous revendiquent d’y consacrer du temps et d’en enlever à d’autres occupations (par là même dépouillées de leurs oripeaux masculins et de leur place privilégiée), et l’on ne parlerait plus de la mixité dans les mêmes termes. La question des notions et des concepts utilisés dans les études sur les femmes, le sexe et le genre était également au cœur de la réflexion menée à l’occasion du colloque dont ce livre est un prolongement. Ainsi, la dénomination « femme » ou
« homme », si elle continue d’être opératoire dans la société en général et dans les milieux professionnels, correspond de fait à une perception du « sexe » liée non pas (ou pas seulement) à la différence anatomique mais à la mise en scène du corps et aux images que nous projetons sur lui. C’est bien dans cette perspective que nous l’utilisons ici. Le fait qu’une offre d’emploi soit destinée à un homme ou à une femme, ou aux deux (le politiquement correct au niveau de la formulation peut dissimuler des pratiques discriminatoires, comme le rappelle Soline Blanchard à propos des DRH), n’est pas sans signification sociale. Ce sexe social, ce « genre » construit dans le cadre d’un système de relations qui s’apparente à un « ordre » contraignant, reproduit et imposé aux individus (avec, sinon leur consentement, du moins leur participation), est également transgressé. Il fait l’objet d’emprunts et de recompositions. Telle « femme », telle « fille » n’a pas l’apparence et le comportement attendus en fonction des représentations liées au sexe qui lui fut attribué à la naissance et qui, surtout, a été produit – ou devait l’être – par une socialisation et une éducation appropriées, non exempte de violence. Tels changements dans l’environnement social, dans l’éducation, dans l’appareil de formation provoquent un recul des différences et des limites fixées dans une période antérieure à l’implication des « femmes » (et des « hommes ») dans la vie professionnelle et domestique. Quelle(s) mixité(s) dans les années 2000 ? Dynamiques, enjeux et mise en œuvre Michelle Forté et Marie-Claude Rebeu parlent de « mixité professionnelle à géométrie variable » dans l’industrie alsacienne implantée en milieu rural. Elles prennent en compte simultanément les aspirations des salariés, des jeunes femmes notamment, les demandes des employeurs, le poids du bagage scolaire et les enjeux de la formation continue… On ne peut nier que des évolutions se sont produites en raison à la fois des besoins des entreprises et des actions volontaristes des pouvoirs publics ; les auteures proposent une typologie des contextes de travail à partir d’une réflexion sur la mixité et sa mise en œuvre. Toutefois, si l’on entend par là une interchangeabilité des femmes et des hommes, cette « mixité » rencontre des limites, surtout lorsqu’il s’agit des métiers techniques « masculins » et des postes d’encadrement. Ainsi, le travail de Sophie Bernard sur les caissières de la grande distribution s’attache à expliquer pourquoi, dans un milieu où les femmes sont nombreuses, elles deviennent aussi rarement chef de rayon. À partir d’observationsin situ et en s’appuyant sur les discours des interviewées, elle propose des explications nuancées qui rendent compte de la complexité des situations et des interactions. Les caissières déclarent fréquemment que les tâches domestiques et les soins aux enfants leur sont réservés, qu’elles sont les plus capables de s’en acquitter. Les arrangements et les ajustements quotidiens qu’elles sont en mesure d’opérer justifient à leurs yeux la « préférence » pour un emploi qui laisse du temps « libre » que l’on occupera par la tenue de la maison. Elles sont donc moins disponibles, objectivement et subjectivement, pour briguer les postes de responsables. Les hommes, en revanche, vont jouer sur la disponibilité pour renforcer le caractère masculin des postes à responsabilités. Quant une brèche s’ouvre dans cette construction apparemment sans faille, elle a pour origine des éléments qui tiennent à la répartition des choses et des êtres en fonction de représentations conventionnelles, voire d’interdits
profondément ancrés : le rayon lingerie n’est pas l’affaire des hommes, féminisés par ce contact ou suspectés d’entretenir des relations ambiguës avec la « dentelle » ; les produits de soins corporels sont naturellement du ressort des femmes… En conséquence, une minorité d’entre elles occupe des postes plus valorisés de chefs de rayon, pendant que la majorité conserve des emplois à temps partiel. La question du manque d’opportunité pour les femmes de s’identifier à un modèle, quand elles se dirigent vers des emplois masculins ou quand elles rejettent des attitudes féminines stéréotypées, est envisagée par Prisca Kergoat à l’occasion d’une enquête sur la formation des jeunes en entreprise. Le degré de mixité des collectifs de travail dans lesquels sont intégré-e-s les apprenti-e-s, influe fortement sur les stratégies mises en œuvre par les jeunes hommes et femmes afin de s’adapter aux règles du métier, pour à la fois répondre et résister aux attentes du collectif et des employeurs. Les garçons ont la possibilité de se référer à un modèle masculin, voire viril, traditionnel dans le monde ouvrier, qui a fait la preuve de ses capacités d’opposition ; les filles, si elles refusent la soumission et la docilité « féminines », n’ont pas d’autre issue que de jongler avec les comportements de genre afin de se faire accepter sans adhérer pour autant à un modèle de femme traditionnel. Cette agilité, si elle développe des aptitudes, est coûteuse sur le plan psychologique et ne garantit pas une entière sécurité. D’une façon générale, de nouvelles situations de mixité ont émergé au cours des dernières décennies dans les institutions, les administrations, les entreprises, étant donné les réorientations opérées. L’armée, nous y reviendrons, s’est féminisée en même temps qu’elle se professionnalisait, la conscription étant abandonnée au profit d’un recrutement qui concerne des hommes et une minorité de femmes dûment formés à des missions qu’ils accompliront tout au long de leur vie active. Chez les éducateurs spécialisés (Romuald Bodin), on observe des fluctuations quant aux effectifs de femmes et d’hommes depuis les années 1960 jusqu’à l’époque actuelle. Ces mouvements ne dépendent pas seulement des caractéristiques des postulants. Ils sont liés aussi et surtout aux transformations de l’espace urbain et au traitement réservé à certaines populations. En effet, les difficultés spécifiques des personnes prises en charge ou les craintes qu’elles suscitent (adultes et enfants handicapés, « jeunes des quartiers ») ainsi que leur distribution dans les espaces d’intervention apparaissent comme un révélateur exemplaire du système de genre qui reconfigure la mixité. Au-delà même d’une différence déjà significative entre l’éducation spécialisée et d’autres secteurs (le taux de féminisation est moins élevé ici que chez les assistants des services sociaux ou,a fortiori,les aides à domicile), on observe une surreprésentation des hommes quand on passe de l’assistance à l’enfant victime à l’encadrement du jeune potentiellement délinquant… La dichotomie entre l’intérieur et l’extérieur, aussi traditionnelle et archaïque soit-elle, structure l’univers des postes et la répartition des professionnels. Cette réactivation et cette utilisation des ressources de genre, selon la notion mise en œuvre par Geneviève Picot, est observable également au sein des hôpitaux : les infirmiers n’exercent pas dans les mêmes services que leurs collègues femmes, ils ne s’acquittent pas des mêmes tâches et ne valorisent pas les mêmes compétences. D’une façon générale, et c’est bien ce qui nous interroge, ils apparaissent comme un recours et un avantage en cultivant, consciemment ou non, des aptitudes perçues comme masculines et appartenant essentiellement à des « hommes », alors que, s’il s’agit de la force physique et du goût pour le maniement d’appareils sophistiqués, des « femmes » manifestent les mêmes tendances et la même capacité à répondre aux besoins. Dans cette optique,
l’apparence physique joue un rôle important, le sexe comme le genre est construit à partir de caractéristiques extérieures telles la taille et la largeur des épaules, les individus femelles n’étant pas autorisées à faire valoir leurs traits « masculins » ou la part masculine de leur personne… Censure qui opère en sens inverse, les individus mâles pouvant rencontrer des difficultés s’ils cherchent à se spécialiser dans les tâches définies comme féminines, associées à la douceur, à une moindre prestance et une taille réduite… La problématique de la mixité et celle de la féminisation (ou masculinisation) sont également imbriquées dans les recherches qui portent sur les professions supérieures. Soline Blanchard constate que la fonction de directeur des ressources humaines (DRH) a été d’abord perçue comme destinée aux hommes, même si quelques femmes étaient présentes dans le secteur et occupaient les postes les moins valorisés. Aujourd’hui, elles sont plus visibles et en mesure de prétendre aux positions les plus élevées. Cette ascension est-elle rapportable à une « baisse de prestige » de la fonction qui aurait pour conséquence de faire fuir les cadres hommes et de libérer un espace pour les femmes ? L’auteure analyse conjointement plusieurs transformations : le phénomène de féminisation (au sens quantitatif), l’évolution des caractéristiques universitaires des postulant-e-s, l’évolution des attentes à l’égard des DRH. Elle propose alors une explication qui, sans rejeter toute considération sur le relatif manque de prestige de la fonction, met en avant le rôle joué par ces professionnels dans une conjoncture où les entreprises opèrent des restructurations et parallèlement prennent en compte les questions d’éthique (inégalités entre les sexes, discriminations…). Il y a lieu, dans ce contexte-là, d’utiliser la notion de féminisation au sens qualitatif du terme. Dans une profession qualifiée comme celle d’institutrice et d’instituteur ouverte ème aux femmes avant toutes les autres, la relative parité qui existait au début du 20 siècle, ne s’est pas maintenue. La suprématie numérique des candidates n’a cessé de s’affirmer depuis la dernière guerre pour culminer dans les années 2000, au moment où les professeurs d’école doivent posséder un diplôme de niveau Licence, voire un Master. Selon Frédéric Charles, cette profession représente un idéal aux yeux de jeunes femmes des classes moyennes parce qu’elles espèrent effectuer une promotion par rapport à leur mère et dans la mesure où elles auront pour partenaires de travail de jeunes enfants. Elles bénéficieront, tout au moins le pensent-elles, de conditions d’exercice qui facilitent l’articulation entre les tâches professionnelles et domestiques… De fait, le taux de féminisation est beaucoup plus bas en 2008 chez les enseignants du supérieur (36 %) que chez les professeurs des écoles (81 %). Cela ne signifie pas qu’enseigner dans le premier degré est un métier de tout repos, mais cela indique, en tout état de cause, que les femmes sont mieux accueillies dans les écoles que dans les universités. L’enseignement de second degré, sous cet angle-là, occupe une position intermédiaire : Marie-Pierre Moreau en comparant la présence respective de l’un et l’autre sexe dans les collèges et les lycées (ou équivalents) dans plusieurs pays, conclut à de fortes disparités (au niveau du second cycle, 49,5 % des professeurs sont des femmes en Allemagne, 50,2 % en France, 61,2 % au Royaume-Uni et plus de 70 % en Italie si l’on considère les seules filières générales) (Moreau, 2009). La comparaison entre femmes et hommes et entre plusieurs contextes nationaux (ici l’Angleterre et la France), attire l’attention sur la présence plus réduite des enseignantes, d’une façon générale, dans les catégories les mieux rémunérées. En outre, les postes de direction dans les deux pays sont majoritairement occupés par des hommes.