Ecologie et évolution du monde vivant (Volume 1)

-

Livres
612 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Comment résoudre les problèmes écologiques mondiaux qui se posent aujourd'hui ? Quels changements de nos mentalités et quelles innovations techniques seront nécessaires ? Ce volume répond à la question "Qu'est-ce que la vie ?" Depuis qu'elle est apparue sur terre, l'évolution des êtres vivants a suivi un "modèle" écologique et cybernétique très général, qui a conduit à la biodiversité actuelle, qui dépend elle-même des climats et des sols.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juin 2012
Nombre de visites sur la page 80
EAN13 9782296492165
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
ÉCOLOGIE ET ÉVOLUTION
DU MONDE VIVANTVolume 1
Biologie, Ecologie, Agronomie Collection dirigée par Richard Moreau professeur honoraire à l’Université de Paris XII, et Claude Brezinski, professeur émérite à l’Université de Lille Cette collection rassemble des synthèses, qui font le point des connaissances sur des situations ou des problèmes précis, des études approfondies exposant des hypothèses ou des enjeux autour de questions nouvelles ou cruciales pour l’avenir des milieux naturels et de l’homme, et des monographies. Elle est ouverte à tous les domaines des Sciences naturelles et de la Vie. Déjà parus Michel GODRON,Écologie et évolution du monde vivant, vol.3. Les problèmes écologiques réels,2012.Michel GODRON,Écologie et évolution du monde vivant, vol.2. L’échelle crée le phénomène, 2012. Marcel B. BOUCHÉ,Pour un renouveau dans l'environnement,2012.Dominique MARIAU,L’univers fascinant des insectes. Nos amis, nos ennemis, 2012. Gérard BERTOLINI,Montre-moi tes déchets…2011. Alain GIRET,Histoire de la biodiversité, 2011. Michel STEVENS,Revenons sur Terre, Comment échapper à l’enlisement des négociations sur le changement climatique, 2011. Bernard BOURGET,Les Défis de l’Europe verte, 2011.André MARCHAND,De l’agriculture d’antan à celle d’aujourd’hui. Les changements engendrés par les lois Pisani, 2011. André MARCHAND,Filière viande. Propositions pour conjuguer une agriculture rentable et une nourriture saine, 2011. Guy JACQUES,Virer de bord. Plaidoyer pour l'homme et la planète, 2011. Maurice BONNEAU,La forêt de Guyane française, 2010. Michel GAUDICHON,L'homme au miroir de la science, 2010. Jacques RISSE,L’élevage français. Évolutions et perspectives, 2010. Louis TSAGUE ;La Pollution due au transport urbain et aéroportuaire. Caractéristiques et méthodes de réduction, 2009. e Marie-Françoise MAREIN,L’agriculture dans la Grèce du IV siècle avant J.C,2009.
Michel Godron
ÉCOLOGIE ET ÉVOLUTION
DU MONDE VIVANT
Volume 1
La vie est une transmission d’information
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55870-0 EAN : 9782296558700
PLANL'écologie étudie les interactions entre les communautés d'êtres vivants et leur environnement. Ces communautés comprennent les microorganismes, les plantes, les animaux et l'humanité L'ensemble de ces relations est extrêmement complexe et le fil d’Ariane qui sous-tend le plan du présent ouvrage est que l'ensemble des phénomènes écologiques est une chaîne de transformations de l'énergie donnée par le Soleil et absorbée par les plantes, en étant couplée à des transmissions d'information. Cette chaîne de transformations s'est amorcée dès l'origine de la vie, et elle aboutit au XXIe 1 siècle à une situation écologique critique mais non désespérée.  Les deux premiers chapitres essaient de répondre à deux questions " ?" et "Comment l’ a-t-elle produit la Qu'est-ce que la vie évolution biodiversité actuelle ?". Ensuite, le troisième et le quatrième chapitre examinent le de la végétation en relation avec fonctionnement l'atmosphère et avec les sols.  Le chapitre 5 montrera comment la végétation s'est structurée à la surface du globe sur toute la gamme des depuis celle échelles spatiales des continents et des zones écologiques jusqu'à celle de la station et des éléments de paysage.  Le chapitre 6 survolera le rôle des dans la biosphère. animaux  Les chapitres 7 et 8 regarderont l'entrée de l' dans le jeu des Homme équilibres écologiques qui aboutit à la . crise actuelle  L'idée centrale de cet ouvrage est que l'ensemble des êtres vivants a pris son autonomie par rapport au monde minéral grâce à l'acquisition d'une "mémoire" qui utilise l'information venant du Soleil pour réguler le fonctionnement des individus et celui des communautés qu'ils constituent, de manière à leur permettre de survivre en résistant aux perturbations.
1Le présent texte sera suivi d'un cédérom tramé avec des liens hypertextes et mis à jour chaque année. Les personnes qui souhaiteraient participer à ces mises à jour pourront s'adresser au Groupe de La Charmille 18410 BRINON.  5
REMERCIEMENTS Les personnes qui m'ont aidé sont nombreuses et je tiens à remercier particulièrement Louis Amandier, Damien Billet, Sabine Billet, Anne-Marie Breuil, Anna Caiozzo, Philippe Daget, Anne-Marie Duffour de la Vernède, Bénédicte Godron, François Godron, Jacques Godron, Guillaume Godron, Marine Godron, Paul Godron, Pierre-Henri Gouyon, Philippe Langlois, Joël Mathez, Alix O'Mahony, Jean-Marie Roucher, Frédérique Saint-Georges, Alain Verneau. Les compétences ainsi rassemblées sont nombreuses et diverses : Ingénieur civil des Eaux et Forêts, Doctorat ès sciences, Licence de philosophie, Avocat fiscaliste, 2 Agrégés de sciences naturelles, DESS Institut d'études politiques de Paris, 2 Docteurs en médecine, Diplôme d'infirmière, Diplôme de pharmacie, Doctorat ès lettres, ESCParis, 2 ESSEC, École normale supérieure, École supérieure de commerce de Tours, École supérieure de commerce de Montpellier, 2 Experts comptables, 2 Ingénieurs agronomes, Ingénieur des mines, Institut d'études politiques de Paris, Master en droit de l'urbanisme, Master en économie de Dauphine.
CHAPITRE 1
LE RAYONNEMENT SOLAIRE ET SES RÔLES MAJEURS EN ÉCOLOGIE
1 11 LE RAYONNEMENT SOLAIRELe rôle le plus évident du Soleil vis-à-vis de la biosphère est de fournir de l'énergie radiative, en surabondance, dans une étroite gamme de longueur d'ondes. Après avoir précisé la quantité et les qualités de cette avalanche d’énergie (§ 11*), puis ses conséquences sur la circulation atmosphérique (§ 12*), nous verrons comment elle produit les climats du monde (§ 13*, 14* et 15*), dont dépendent les grands types de végétation, d'habitats et de paysages (§ 52*, 53*, 54*) et le changement climatique (§ 84*). L'énergie envoyée par le Soleil apporte aussi l’information qui est la source de toute vie, qui permet de comprendre ce qu'est la vie (§ 16*) et qui est à l'origine de la structure de toute la biosphère (17*).
111L’ÉNERGIE SOLAIRE QUI ATTEINT LATERRE111.1 La constante solaire Une surface exposée aux rayons du Soleil dans la haute atmosphère reçoit environ 2 calories par minute et par centimètre carré, c'est-à-dire une 3 quantité de chaleur capable d'élever de deux degrés la température d'un cm d'eau, soit : 2 degrés x 4,185joules par minute et par cm²  8,37 joules par minute et par cm²  0,14 watt par cm²  1,4 kW par m²  ou encore environ 1.051 kilocalories par cm² et par an. Cette quantité est souvent nommée "constante solaire" quoiqu'elle varie en fonction de l'activité de la photosphère du Soleil et du nombre des taches
1  Le premier chiffre du numéro de paragraphe est toujours le numéro du chapitre.  7
solaires et cette variation entraînerait selon certains experts une variation de 1°C de la température de la basse atmosphère. à titre de comparaison, le flux de chaleur qui vient des profondeurs de la terre est de 0,005 calories par cm2 et par heure, soit moins de 0,004 pour cent de la constante solaire. Considérons maintenant le globe terrestre : sa face exposée au Soleil a une surface de 127.000.000 km², et l'énergie qu'elle reçoit en une seconde vaut : 127.000.000 . 100 . 100 . 100 . 100 . 100 . 2 / 60 calories 13  soit 4,23 . 10 kcal par seconde 13 9 Ceci correspond à la combustion de (4,23/11000) . 10 = 3,84. 10 kg de pétrole en une seconde (soit 10 super-pétroliers explosant en une seconde), ou à la dissipation, en une seconde, de l'énergie d'une bombe atomique de faible puissance. L'origine de cette énergie est indiquée à la fin de l'annexe 1-1. Au total, la Terre reçoit en une année une énergie égale à : 13  4,23 . 10 kcal par seconde . 86 400 sec/jour . 365 jours 21  soit 1,33 . 10 kcal par an, 21  soit encore (1,33 / 11000) . 10 kg de pétrole par an  soit encore 1,21 . 100.000.000.000.000 tonnes de pétrole. 11  Or la photosynthèse produit en une année environ 10 tonnes de 10 biomasse sur la Terre (§ 33*), qui correspondent à environ 10 tonnes d'équivalents-pétrole. Il est donc possible de dire : Le total de l’énergie absorbée par la photosynthèse sur l'ensemble du globe terrestre est inférieur au millième de l'énergie totale qui arrive sur la Terre. Puisque toute l'énergie fossile emmagasinée par la Terre (charbon, pétrole, gaz naturel) a pour origine ancienne la photosynthèse des plantes terrestres et aquatiques, le moyen le plus direct pour remplacer ces énergies qui s'épuisent (§ 87*) sera certainement de capter une part supplémentaire du rayonnement solaire, soit directement avec des panneaux solaires, soit indirectement en imitant la photosynthèse dans des cuves d'eau exposées au Soleil et bien alimentées en CO2. Les 1,4 kW par m² que nous recevons du Soleil sont un maximum qui serait atteint seulement pour les points du globe où les rayons arrivent perpendiculairement au sol. Pour tous les autres points, il faut multiplier ce chiffre par le cosinus de la latitude, ce qui entraîne, en moyenne, une réduction de moitié. Il faut tenir compte aussi de la nébulosité, de la diffusion du rayonnement, etc.
8
En ce qui nous concerne plus directement, la ration alimentaire d'un homme doit comprendre au moins 2 500 calories par jour ; en conséquence, 9 15 l'humanité consomme 4 . 10 . 2 500 cal/jour . 365 jours = 3,65 . 10 calories par an, c'est-à-dire un milliardième de l'énergie venue du Soleil. Cette cascade de transformations à très faible rendement n'est pas due au hasard, et l'une des questions qui restent en toile de fond de tout cet ouvrage est de chercher pourquoi ce gaspillage apparent se produit et comment il serait possible de le limiter. 111.2 Les variations de l’énergie reçue par la Terre 111.21 En fonction de la latitude  Les 1,4 kW par m² que nous recevons du Soleil sont un maximum qui serait atteint seulement pour les points du globe où les rayons arrivent perpendiculairement au sol. Pour tous les autres points, il faut multiplier ce chiffre par le cosinus de la latitude, ce qui entraîne, en moyenne, une réduction de moitié. Il faut tenir compte aussi de la nébulosité, de la diffusion du rayonnement, des poussières émises par les volcans, etc. 111.22 Les poussières émises par les volcans Lorsque les nuages de poussières volcaniques obscurcissent le ciel, le système énergétique de la biosphère n'est plus alimenté en énergie, la température diminue, la végétation souffre, etc. La dernière éruption grave est celle du volcan indonésien Tambora qui a explosé en 1816, en passant de 4.300 m de haut à 1.800 m, et en émettant un nuage de poussières qui a refroidi même le nord de l'Amérique : cette année-là, il a neigé en juin et gelé en août à la latitude de Naples. Un autre "super-volcan" enfoui sous des sédiments, le mont Toba (Indonésie) a explosé il y a 72.000 ans : le nuage aurait occulté plus de 90 % de la lumière solaire pendant 6 ans en faisant localement chuter la température de 15°C. Certains anthropologues pensent qu'une des conséquences de cette catastrophe a été une diminution de la population des Homo sapiens dont le nombre aurait été réduit à quelques dizaines de milliers de personnes. En Papouasie, en Nouvelle Zélande, dans le parc national de Yellowstone (Wyoming), d'autres géants endormis risquent d'éternuer dramatiquement dans un proche avenir.
111.23 A l'échelle des temps géologiques Le Soleil envoie son rayonnement dans toutes les directions, et la Terre en capte seulement un dix milliardième. À l'échelle du millénaire, l'énergie
9
reçue par la Terre n'est pas constante, parce qu'elle varie en raison de phénomènes astronomiques étudiés parMUTINMILANKOVIC: -l'excentricité de l'orbite de la Terre autour du Soleil varie selon un cycle de 100.000 ans, -l'inclinaison de l'axe des pôles par rapport au plan de l'orbite terrestre (nommé écliptique) varie selon un cycle de 41.000 ans, -la position des solstices et des équinoxes sur cet orbite fait un tour complet en 21.000 ans (c'est la précession des équinoxes). Ces variations sont l'une des causes principales des glaciations du 2 Quaternaire (§ 24* et 42*) et elles interviennent dans le changement climatique (§ 84*).
112LA QUALITÉ DE LÉNERGIE RADIATIVE:SA LONGUEUR DONDEPour des raisons qui seront examinées à la fin de ce chapitre, il est important de prendre en compte la "qualité" de l'énergie qui nous est donnée par le Soleil : c'est un rayonnement électro-magnétique, qui comprend toute une gamme de longueurs d'onde, selon les lois de Stefan et de Wien (voir l'annexe 1 du présent chapitre). La longueur d'onde où la puissance du rayonnement solaire est maximale est voisine de 0,5 microns ; la quasi-totalité de l'énergie émise par le Soleil est située dans le domaine 0,2 microns à 5 microns, et la plus grande partie de cette énergie est comprise entre les longueurs d'onde 0,4 microns et 0,8 microns (= 400 nm à 800 nm). La fréquence des oscillations du rayonnement solaire de longueur d'onde 0,5 microns est donc égale à 6.000 hertz, puisque la 11 fréquence est égale à la vitesse de la lumière (3 . 10 mm par seconde) divisée par la longueur d'onde en mm. La fraction de courte longueur d'onde du rayonnement solaire est diffusée par les molécules d'air selon la loi de Rayleigh, proportionnellement à l'inverse de la quatrième puissance de la longueur d'onde du rayonnement : 4  D = k . 1 / L
6 De l’âme, Livre II, ch 1 : 412 a-b. Bien que l'inénarrable Popper dise qu'Aristote était un philosophe médiocre, nous osons trouver encore aujourd'hui chez le Stagyrite quelques-unes des sources de la pensée rationnelle…
10