Les migrations assistées et forcées des Britanniques au XIX e siècle

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Description

Les migrations de travailleurs constituent un aspect essentiel du fonctionnement des sociétés contemporaines. Dans le passé, ces migrations ont contribué à ouvrir de nouveaux territoires tout en façonnant le sentiment identitaire et le sentiment d'appartenance de leurs participants. Cet ouvrage nous permet d'analyser l'arrière-plan politique, social, économique, idéologique, psychologique de ces formes d'émigration, et ainsi d'explorer, sous différents angles, l'expérience de l'émigration ouvrière.

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Date de parution 01 février 2010
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EAN13 9782296248854
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Remerciements

Cet ouvrage est le fruit de recherches menéesenGrande-Bretagne entre
2005 et 2009 dansdifférentesinstitutionset bibliothèquesnationaleset
locales.Jetiensdoncà remercier très chaleureusementpourleur aide
précieuse le personnel des NationalArchives à Kew, les bibliothécaireset
les archivistesde la BritishLibrary(tant à StPancras qu’àColindale), de
la GuildhallLibrary, de la LondonSchool ofEconomics, de l’Institute of
HistoricalResearch, duNationalMaritimeMuseum, de la TowerHamlets
LocalHistoryLibrary(ChrisLloyd), duSainsburyCentre (Museum in
Docklands).
J’aimeraisaussi exprimermagratitudeauxcollègues suivants,qui par
leursconseilsouen me permettantd’exposerlesétapesintermédiairesde
cetterecherche, ontpermisde faire mûrirce projet: JacquesCarré,Neil
Davie,WilliamFindlay,RosemaryFindlay,Jean-FrançoisGournay,
GoulvenGuilcher,AlainJumeau,MichelNaumann,FrançoisPoirier,
Jean-PierrePoussou,MichelPrum,MichelVergé-Franceschi.Merci enfin
à PerrineFourgeaud (L’Harmattan) pouravoir supervisé lafabrication de
l’ouvrage, età NoëlleAubrypour sarelectureattentive du tapuscrit.

Épinal, janvier 2010.

Introduction
Lesmigrationsdetravailleursconstituent unaspectessentiel du
1
fonctionnementdes sociétéscontemporaines:force estdeconstaterque
l’actualité économique et socialerécenteamisen évidence l’importance
desfluxmigratoiresdansle monde, etleursconséquences tant sociales
que démographiquesetéconomiques.Cesmouvementsmigratoires,qui
sont corrélésàlasituation économique et auniveauderichesse despays
concernés,témoignentde lavolonté d’hommes etde femmesde s’adapter
àdesconditions socialesde plusen plusincertaines.Cesmigrations
humainesont toujoursexisté etexpliquentpourquoiceluiqui s’intéresseà
cechamp de l’histoiresociale doitnécessairementétudierplusieursaires
géographiques afin decomprendreune histoire faitesouvent surplusieurs
continents.
e
L’émigration ouvrièrebritanniquesau XIXiècle fut un phénomène
peutêtreaussi importantque larévolution industrielle,tantparleschiffresque
par sesimplications sociales, économiques, politiquesetmentales,tanten
Grande-Bretagnequ’outre-mer.
L’objectif decetouvrage estdecomprendrecommentlesclasses
ouvrièresbritanniques réagirentlorsqu’ellesfurentconfrontéesà
e
l’épreuve de l’émigration,auXIXsiècle.Est-ceque leuridentitése délita
aucoursdecette expérience, oubienaucontraire est-cequ’ellese
renforçaou setransforma?

L’émigration fut une expérience marquante,voiretraumatisante pour
e e
l’ouvrierbritannique entre lafin duXVIIIsiècle etle débutduXX
sièclesi on l’abordesouslesdeuxaspects suivants.Toutd’abord,
e e
l’émigration forcée:entre le milieuduXVIIIsiècle etle milieuduXIX
siècle,un grand nombre d’hommes, de femmes, d’enfants,qui pourla
plupartavaientcommisdesimples vols, furentdéportésparl’État
britannique dansdescoloniespénitentiairesenAmérique duNord puisen
Australie.
L’émigration forcée est unsujet quiaété longtempsignoré parles
2
historiens, mêmeaustraliens.En effetlapremièrevraie étude historique
surcesujetne futpubliéequ’aumilieudesannées1960.Avantcette date,
lesouvrageshistoriques surl’Australie passaient sous silencetoute la
période pénitentiaire,qui leur semblaitembarrassante;ensomme les
prisonniersetleurenvironnement sombre etcriminel n’appartenaientpas

1
NancyGREEN &FrançoisWEIL, eds.,CitizenshipandThoseWhoLeave: ThePolitics of
EmigrationandExpatriation, p.1.
2
A.G.L.SHAW,Convictsand theColonies,London,Faber& Faber, 1966.

à l’histoire respectable de l’Australie.En effetladéportation etle
traitementinhumain de dizainesde milliersd’hommes etde femmes
constituaient unetache honteuseque les colons britanniqueslibres
3
s’efforcèrentde gommer.Mêmeaprèslafin desdéportations,cette
période futcomme effacée, oubliée, etil n’y eut aucunecritique enversla
Grande-Bretagne,quiavaitmisen œuvrecesystème inhumain.Les
déportésn’eurentpasleurplace danslamémoirecollective,àl’inverse de
certainscolonsetexplorateursqui donnèrentleursnomsàde nombreux
lieuxetdevinrentdevéritableshérosenAustralie.Pendantlongtemps,
l’histoire officielle de l’Australie necommençaqu’avecl’arrivée des
émigrantsbritanniquesassistés, deschercheursd’or, deséleveurs,qui
gagnèrentlestatutdecitoyens respectablesde lanationaustralienne,
contrairementauxdizainesde milliersde prisonniersbritanniques
déportésentre 1785 et1868.
Notre objectif estd’explorerlevécudeshommes, desfemmes, des
enfantsbritanniques,aumoyen d’archivesnavales, judiciaires, policières,
afin derépondreaux questions suivantes:qui étaientcesprisonniers ?
quelsfurentleurscrimes ?commentfurent-ilsjugésavantleurdépart
pourl’Australie? quellesfurentleursconditionsde détention en
4 e
Australie?Mes travauxprécédents surladélinquanceà LondresauXIX
siècle m’ontmontréquebeaucoup deces “dangereux”criminelsdéportés
enAustralie étaienten faitdesgensdupeuplequi furentarrêtéset
condamnésàdespeines sévèrespourdesdélitsmineurs, essentiellement
des vols,rarementpourdescrimesoudesactesdeviolence.Laquestion
du sensde ladéportation estprimordialecarelleamèneàréfléchiraux
e e
attitudesetauxpeursde lasociétéanglaiseauXVIIIsiècle etauXIX
siècleàl’égard descriminels, desdélinquantsessentiellementissusdes
classespopulaires, desclassesouvrières.Pour répondreà cettequestion
essentielle, il nousfaudratoutd’abordreplacercechâtimentdans
e e
l’évolution du système pénalauxXVIIIetXIXsiècles, notammenten
matière de délitsetchâtimentscomme parexemple la création desprisons
enGrande-Bretagne maisaussi danslescoloniesbritanniques.Ensuite il
nousfaudramieuxconnaître laréalité desconditionsde détention en
Australiecarcelles-cireflétaientletraitement sociétal de la criminalité.
Nousnousattacheronsdonc à comprendrecommentcechâtimentfut
justifié parlasociété et quellesfurent sesconséquences surl’homme du
peuple.

3
Une idée de lagaucheaustraliennequi mitenavantl’envoi detroupes(essentiellementdes
hommesjeunes) enEurope pendantla GrandeGuerre,trèscoûteuse en hommescomme on
lesait.
4 e
TriTRAN,“La Criminalitéà LondresauXIXsiècle:lecasdescambriolageschezles
particuliers”,CahiersVictoriens, n°61 (2005), p.67-92 ;---,“LesVolsdanslesdocksde
e
LondresauXIXsiècle”,Revue française decivilisationbritannique,XII.3(2003) p.85-95.

10

Comme ladélinquance oula criminalité, l’émigrationvolontaire fut
également uneréponse possible de l’homme du peupleaux conséquences
socialesnégativesde larévolution industrielle etdulaisser-faire,
notammentlapauvreté, lechômage, l’augmentation de l’individualisme,
lerelâchementdesliensentre lesdifférentescomposantesde lasociété.
Cependant, lespersonnes trop pauvrespourémigrer seulesenAmérique
etdansles colonies britanniquespurentbénéficierde l’assistance de
l’État, d’institutions, desyndicats, de philanthropes, desÉglises,
d’employeurs, de proches.L’émigrationassistéeconcernadoncles
pauvres, lesindigents, lesouvriers sansqualification, lespaysans sans
bien etleursfamilles, maisaussi lesouvriersqualifiésetles artisans sans
emploi.
Cesujetestassezcomplexe dufaitd’un grand nombre de difficultés
documentaires, etaussitout simplementparceque l’acte d’émigration
touche différemmentchaque individu.Toutd’abord, lesémigrants
britanniquesne forment, danslaplupartdescas, pasde groupesdistincts.
Ainsi, pour sadocumentation, lechercheurne peut sebaser surdes
groupesd’archives spécifiquespardestination.A celas’ajoute
l’inexactitude des statistiquesdisponibles :il n’yapas de sources
organiséesetaccessibles relatantle départdesémigrants.Les statistiques
globalesde l’émigration desgouvernementsbritannique,canadien,
australien nereflètentpaslaréalité et sontcertainement sous-estimées.
Touslesdépartsne furentpascomptabilisésetdespoints
d’embarquementétaientillicites.Cela concerne parexemple l’émigration
irlandaiseviala Grande-Bretagne, oubien l’émigrationassistéeversle
Canada(qui fut souvent un moyen détourné pour rejoindre desprochesen
Amérique).Leslistesde passagers qui ont servi debaseaux statistiques
officiellesdonnentl’âge, laprofession, lestatutfamilial despassagers.
e
Maisellesnecouvrentpas toutleXIXsiècle etdonnentpeu
d’informations surl’origine desémigrantsbritanniques,seulementleur
dernièrerésidence.De plus,ce n’est qu’après1853 que la
GrandeBretagnecommença àdifférencierlesnationalitésdesémigrants.Les
listesdesportsd’arrivéequant àellesn’indiquentpasladernièreadresse
desimmigrants,seulementleurspaysd’origine.Elles sontaussi
imprécises, parexemple dansla colonne précisanthabituellementles
professionsdesémigrants, la catégorie“labourer”est trop imprécise
mêmesi oncomprendqu’elle désigne lesmanœuvres, lesouvriersnon
qualifiés ;maisc’estcellequirevientle plus souvent:elle englobait 75%
desémigrantsen 1856parexemple.

11

L’émigrationbritannique s’étalasur une longue période:entre1821 et
56
1915, prèsde 44 millionsd’Européensémigrèrent, dont10millionsde
7
Britanniqueset7millionsd’Irlandais.Cechiffre de 17millionsde
personneségale lapopulationbritannique en 1815 ou bien
e
l’accroissementdémographique enGrande-BretagneaucoursduXIX
siècle.Parmi lesémigrantsbritanniques, ilyeut une proportion
importante,quireste encoreàdéterminer, de personnespauvresqui furent
assistéespardifférentesinstitutionsdansleurprojetd’émigration.Très
peud’étudesontétéréalisées surcesémigrantsassistés, notammentpour
e
laseconde moitié duXIXsiècle. Orlespicsde l’émigrationbritannique
sesituentdansles années1850et surtout1880,alorsque la
GrandeBretagneavaitatteint samaturité industrielle.Lesmeilleuresétudes
existantessurl’émigration indiquent que lescommon labourers(i.e. les
ouvriersnonqualifiésde l’industrie oude l’agriculture) formaientle plus
8 e
grand groupesocioprofessionnel desémigrantsbritanniques au XIX
siècle.Ce furenteuxprincipalementquibénéficièrentdesprogrammes
coloniauxd’émigration etdesprogrammesphilanthropiquesd’assistance,
e
notammentdanslapremière moitié duXIXsiècle, lorsque lescoûtsdes
transportsétaientencoreassezélevésetpeu réglementés.Lapremière
questionquis’imposeànousestdeconnaître le profil decesémigrants:
qui étaientcesémigrantspauvres ?peut-onvraiment,commecertains
9
chercheursl’ontfait,tenterde préciserlesprofilsdecesémigrants ?Une
autrequestion importante estcelle de leursmotivations ;pourquoi
partirent-ils ?Pour y répondre, il nousfaudra analyserlesmécanismes
idéologiqueset socioéconomiquesdecette période etleurseffets surles
classesouvrières, maisaussi lesmotivationsdecesdernières.
Les questionsde l’organisation du voyage, deson déroulementetde
10
l’accueil desémigrantsconstituentlecœurdecette étude: comment
partirent-ilsmalgré leursfaibles ressources ?Pour y répondre il nous
faudra analyserlesdifférentesformesde l’émigrationassistée etlerôle de

5
DudleyBAINES,Emigration fromEurope, p.1-2.
6
Le manque de fiabilité des statistiquesdisponiblesconduitinévitablementàdesdifférences
entre lesestimationsdeschercheurs,quisontgénéralementcomprisesentre 17et 20
millionsd’émigrants: WilliamShepperson, danslesannées1950, l’estimaità17millions
pourlapériode 1815-1918.Danslesannées1980,JoyParravançalechiffre de20millions
pourlapériode 1815-1918;13millions verslesUSA, 4versleCanadaet1,5 millionvers
l’Australie etla Nouvelle-Zélande.Cechiffre estestmaintenantcommunémentaccepté.Cf:
DudleyBAINES,Migration ina MatureEconomy, p.9;JoyPARR,LabouringChildren,
p.27 ;W.S.SHEPPERSON,BritishEmigration toNorthAmerica, p.XII.
7
DudleyBAINES,Emigration fromEurope, p.2.
8
CharlotteERICKSON,InvisibleImmigrants, p.7.
9
Voirparexemple: DudleyBAINES,Migration ina MatureEconomy, p.45-89.
10
L’installation desémigrantsbritanniquesenAustralasie, enAmérique,au Canadafera
l’objetd’unvolumeultérieur.

12

sesorganisateurs, notammentl’Étatetlesélites socialesetpolitiques,
sansoublierles raisonspourlesquelles cesderniersassistèrentlespauvres
à certainespériodes.
Lesfemmesémigrantesfontaussi partie decette étude.Pendant
longtemps,àl’instardespauvres, deshumbles, despersonnespauvres, les
femmesouvrièresontété négligéesparleshistoriens.Uneredécouverte
11
de l’histoire desfemmess’estopérée depuislesannées1970,àlafaveur
dudéveloppementdesétudesféministes.C’est unaspectimportantcar,
alors que l’émigration desouvrierspauvresetde leursfamillesfut une
e
entrepriseardue, l’émigration de femmes voyageant seulesauXIXsiècle
constituaun faitencore plusextraordinaire, étantdonné laplace de la
femme danslasociétévictorienne,c’est-à-diresubordonnéeà celle de
l’homme.En effetlesfemmesémigrant seulesétaientplus vulnérableset
rencontraientdesobstaclesplusnombreux que leshommesetles
familles ;ellesattirèrent rapidementl’attention desphilanthropes, des
associationscharitables, de l’État.
L’émigrationassistéeconcerna aussi lesorphelinsetlesenfantspauvres.
Cetaspectestd’autantplusimportant qu’il estmaintenant reconnu que
lesenfantsontété pendantlongtempsles voixoubliéesetignoréesde
l’histoirebritannique:jusque danslesannées1980, ilsne firentl’objet
d’aucune d’étude historique, puiscechamp derecherchecommença àse
développer.Orl’émigration juvénile futaussiremarquable,tantdans sa
duréequesonampleur,quecelle desadultes.Cette émigrationse fit, dans
laplupartdescas,avecl’aval desparents ;danscecas,quellesétaientles
raisonsdecesparentsàvouloirenvoyerleursenfantsloin d’eux,à
acceptercetteséparationtraumatisante poureux-mêmesetleursenfants ?
Quellesétaientaussi lesmotivations, plusoumoinsavouées, des
concepteursdesprogrammesd’émigration juvénile etleursarguments ?
Levoyage maritime est unaspectpeuconnude l’émigration ouvrièrecar
l’histoire maritime futpendantlongtemps réduiteàl’histoire navale et
militaire.Sesaspects sociauxn’ont véritablementcommencéàfaire
l’objetd’études savantes que depuis unevingtaine d’années.Pour tout
émigrant, levoyage en merfut une expériencesignificative, parfois
désagréable, mais toujoursmarquante.Ilconstituait un moment
particulierdansle processusd’émigration.Nous verronspourquoi.Puis
nousnousintéresseronsàl’arrivée desémigrantsassistésàleur
destination, mêmesicetaspect seraétudié plusen détail dans unautre
volumesurl’insertion desémigrantsouvriersbritanniques.Enfin, la
question dudépartestparadoxalementliéeà celle du retourdes
émigrantschezeuxenGrande-Bretagne:on évalueà25% laproportion

11
GenevièveFRAISSE, etMichèlePERROT, dirs.,Histoire des femmes enOccident.Vol.
e
IV :leXIXsiècle,Paris: Perrin,2002, p.7.

13

d’émigrantsquirevinrentchezeux.Parmi eux,certainsavaientbénéficié
d’aidespourpartir.Nous tenteronsd’expliquerles raisonspourlesquelles
cesderniers retournèrent, malgrétout,surleurspas.
Nous verronsainsique l’émigration forcée etl’émigrationassistée, deux
politiques apparemmentopposées, eurentplusieurspointsdecontactdans
lamesure où, d’une partellesconcernèrent toutesdeuxl’homme du
peuple, etoùd’autre part, elleseurentlesmêmesconcepteurs,c’est-à-dire
l’Étatetlesélitespolitiqueset sociales.
Cetouvrages’efforceradoncderépondreà cesdifférentesquestions, en
analysantl’arrière-plansocial, économique, idéologique, mental, deces
deuxformesd’émigration, pourfinalement, nousl’espérons, permettreau
lecteurdecomprendre lesattitudesetles réactionsdesclassesouvrières
e
faceauxtransformationsde laGrande-Bretagne duXIXsiècle.

14

PREMIERE PARTIE :
L’EMIGRATION FORCEE

CHAPITRE UN: LES HOMMES DELINQUANTS

* lapeur de la criminalité etde ladélinquance

e
A lafin dsu XVIIIiècle, lesélitespolitiquesetfinancièresdeLondres
pouvaientlireavecunecertaine inquiétude lesdescriptionsdétailléeset
12
chiffréesdumagistratPatrickColquhoun,relatantlesactesdélictueuxet
criminelsperpétrésdansLondresetdénonçantl’ampleurdecesforfaits.
Mêmesibon nombre desescontemporainsn’avaient qu’une idéetrès
vague de l’importance de ladélinquancecommise parlesclassesdites
criminelles, ilsavaientlesentimentqu’elle étaitconsidérable, etles
pamphletsdeColquhounsemblaientleurdonner raison.S’appuyant sur
13
des statistiquesimpressionnantesquoique imparfaitesétabliesparles
bureauxde police etlestribunauxdeLondres,Colquhoun détaillait
l’organisation ducrime danslamétropole,sesnombreuses ramifications
etl’étendue despertesfinancièrescauséesàl’économie pardesbandes
criminellesorganisées.
Mêmesi on peutne pasêtretotalementconvaincuparles thèsesde
Colquhoun, lapublication desesouvragesestintéressanteàunautre
pointdevue:elle était symptomatique desinquiétudesressentiesparles
classesdirigeantesmaisaussi parlapopulation des villesbritanniques
vis-à-visd’une montéeapparente ducrime etde ladélinquance, dont tout
unchacun pouvaitêtrevictime.Pourbeaucoup desescontemporains,ce
sentimentd’uneaugmentation de la criminalitérestatenacetoutaulong
e
duXIXsiècle etil n’estdoncpas surprenantdeconstaterque la
criminalité“a constituéun pointde focalisation descraintesdes
14
Victoriens”.Colquhoun exhortaitle gouvernementàprendre des
mesuresefficacespourcombattre lecrime organisé.Il futécouté:peu
aprèslesguerresnapoléoniennes, danslesannées1820, le gouvernement
15
britannique entrepritde moderniserlesdifférentesforcesde police du
pays, pour une plusgrande efficacité faceàlamontéeapparente ducrime
danslesgrandes villes.Parexemple, dansla capitale, lesmembresde la
“NouvellePolice”,quiavaitétécrééeaudébutdesannées1830,avaient
pourprincipal objectif laluttecontre lecrime etladélinquance.
Cespoliciersétaienten première ligne danscecombatapprouvé parla
populationtoutentière: ainsi, lesagentsde lapolice métropolitaine de

12
PatrickCOLQUHOUN,A Treatise on thePolice of theMetropolis.London: C.Dilly,
1797.
13
Voirparexemple: CliveEMSLEY,CrimeandSociety inEngland, p.24-25.
14
PhilippeCHASSAIGNE,Ville et violence.Tensions etconflits dans la Grande-Bretagne
victorienne, p.17.
15
CliveEMSLEY,TheEnglishPolice.A PoliticalandSocialHistory, p.25.

Londresdevaientparexemple, en plusde leurspatrouilles, enregistrerles
16
plaintesdes victimesde délitsetémettre desavisderechercheafinque
lesdélinquantsen fuite puissentêtreretrouvésetappréhendés.Certains
17
quartiersdeLondres,commeSoho,Whitechapel,StGiles,semblent
avoirétéconsidérablementaffectésparlapègre.Lespoliciersétaient
aussi les représentantsde laloi etl’ordre;ainsi il leurappartenaitde
constater touteslesinfractionsauxloisrelativesàlasanté publique,au
travail enusine,àl’alcoolisme,àlaprostitution, maisaussi, et surtout, de
protégerlesBritanniquescontre lesatteintesauxbiensetauxpersonnes,
decontrôlerles troublesàl’ordre public, parexemple lesmanifestations
ouvrières,syndicales, politiques, etdoncde préserverles structures
18
sociales, politiques, économiques.Ainsi,unautre objectif du
gouvernementétaitde fairereculerlesactesdeviolence, notammentles
bagarres, lescrimes, lesmeurtres, lesassassinats, delasphère publique.
Cettevolontés’inscrivaitdans un processusde pacification de lasociété,
e
commencéauXVIIIsiècle, initié parlesélitesaristocratiques, puisparla
e
bourgeoisieauXIXsiècle.Plusieurshistoriens soulignentque lasociété
victoriennevoulait réfrénerlespulsions violentes, destructricesdes
19
classespopulaires,vuescomme étantdangereusesàl’équilibresocial et
contrairesà cequeNorbertEliasa appelé la“civilisation des
20
mœurs ”.En effet, pourElias, lasociété occidentale estlerésultatd’un
processusdecivilisation, permisnotammentparladomestication des
pulsions:lesplushautescouches sociales, dontlasensibilitéavait
augmenté, définirentles “bonnes”mœursetparexemple interdirentla
violence physique,qui futpeuàpeucantonnéeàlasphère privée.Ce
processusdecivilisation partaitde l’Étatcentral etdevaitêtreassimilé par
lescouchesinférieuresde lasociété.
e
Alafin duXVIIIsiècle, laloi prévoyaitlapeinecapitale pourlescrimes
desang etlesdélitscontre lapropriété (les vols, notammentles volsavec
violence, lesagressions, lesincendies volontaires, lesdégradationsde
biens).Cependant, mêmesicertainsjugesetpoliciersétaientfavorablesà
lastricteapplication de laloi,croyantque lapeine de mortavait un effet

16
Voir: NA/HO62/1:reportoraccountofthe proceedingsat theseveral police offices,
1828.Etaussi: NA/HO62/2:reportofthe proceedingsat theseveral police offices, 1828.
17
Voir: NA/MEPO3/1: MetropolitanPolice: correspondenceand papers,specialseries,
1830.Voiraussi: KellowCHESNEY,The VictorianUnderworld.Harmondsworth:
Penguin, 1972, 464 p.
18
Voir: MartinWIENER,ReconstructingtheCriminal, p. 46-122 ;DavidTAYLOR,
Crime,PolicingandPunishmentinEngland, p.48-58;J.J.TOBIAS,Crime& Industrial
th
Societyinthe 19Century, p.199-202.
19
F.M.L.THOMPSON,TheRise ofRespectableSociety;RobertMUCHEMBLED,Une
Histoire de laviolence;CliveEMSLEY,Crime& Society, p.98.
20
NorbertELIAS,La Civilisation desmœurs,Paris: Calmann-Levy, 1973.

18

21
dissuasif sur lecrime, laplupart des magistratsétaient réticentsà celaet
préféraientfaire preuve d’unecertaine modération.Lespetitsdélits, les
volsmineursétaientgénéralementpunispardecourtespeines
d’emprisonnement, et /oudesamendes,selon lasituation financière du
coupable.De plus, lesarchives semblentindiquerqu’il n’yavaitpas
l’intentionréelle d’appliquerlapeine de mort, notammentdanslecasdes
petitslarcins, d’unevaleurinférieureà5shillings,commis sans
22
violence .C’estpourquoiun délitcapital n’entraînaitpas toujours une
exécution,car une grande latitude étaitlaisséeaujugequi disposait
d’alternativescomme ladéportation etlaprison.Mêmesi enapparence la
23
loi était sévèree ,tc’esteffectivementl’impressionque donne le grand
nombre de délitspassiblesde lapeinecapitale, le législateurn’avaitfait
24
qu’établir une liste exhaustive de délits souventde naturesimilaire .Il
estcependantincontestablequ’à cette époque, le gouvernementavait
décidé de durcirlaloi etdecriminaliser un grand nombre de petits
larcins, jusque-là tolérés.Maisaprèslesguerresnapoléoniennes,sousles
gouvernementsdeRobertPeel (1834-1835, 1841-1846) etdeJohn
Russell (1846-1852, 1865-1866),un grand nombre de délitscapitaux
25
furentabolisgrâceà SamuelRomilly.

e
*lesprisonsbritanniques àlafin dsu XVIIIiècle

e
LesprisonsexistaientdèsleMoyenAge.AuXVIIIsiècle, elles
accueillaientlescondamnésmaisaussi lesaccusésenattente de jugement.
e
L’étatdesprisonsbritanniques audébutdu XIXsiècle étaitglobalement
26
déplorable:ellesétaientbondées, mal équipées,sales.Jusqu’en 1815
(GaolFeesAbolitionAct), lesfraisd’entretien desprisonniersétaient
payants.Cettesurpopulationcarcéraleavaitconduitle gouvernementà
aménagerd’anciensnaviresde guerre en naviresprisonsancrésdansles
fleuves.Leursoccupantsétaient soumisàunrégime detravauxforcés
danslesarsenauxde lamarine oudansles servicesde dragage des
27
fleuves.Maispendantlesguerresnapoléoniennes(1805-1815),ces

21th
J.J.TOBIAS,Crime & IndustrialSociety in the 19Century, p.199-202,216-231.
22
Voir: PP/HC1819 (585)VII.1:reportofselectcommittee oncriminal laws.Et: Tri
e
TRAN,“La Criminalitéà LondresauXIXsiècle:lecasdescambriolageschezles
particuliers”,CahiersVictoriens, n°61 (2005), p.67-92.
23
J.S.COCKBURN,Crime inEngland,1550-1800, p.43-45.
24
CliveEMSLEY,Crime& Society, p.256.
25
CliveEMSLEY,Crime& Society, p.272.
26
BPP/HC1813-4,vol.IV :reportonthestate ofthe gaolsofLondon.Etaussi: J.J.
th
TOBIAS,Crime& IndustrialSocietyinthe 19Century, p.202-210 ;W.A.
CARROTHERS,Emigration fromtheBritishIsles, p.24.
27
CliveEMSLEY,Crime& Society, p.255,271.

19

pontonsfurent très utilisésetfurent vite insuffisantspouraccueillir tous
28
lescondamnés,à cause dublocusimposé parla Francequi empêchait
toutenvoi de prisonniers verslescoloniespénitentiairesàl’étranger.
Mêmesi de nouvellesprisonsfurentouvertesjusteaprèslesguerres
napoléoniennescomme parexemple lesétablissementsdeMillbank etde
Pentonville, laplupartdesprisonsà cette époquerestaient surpeupléeset
délabrées.Le gouvernement tentad’harmoniserlesystèmecarcéral en
Angleterre etaupaysdeGalles(GaolAct1823),selon l’idéeque la
prison devaitêtreun lieuoùlesdélinquantsétaientpunismaisaussi oùils
devaientdevenirplusdisciplinésetobéissants.Cette idée d’amélioration
moralevenaiten droite ligne d’un mouvementen faveurde la
e
transformation desprisonsapparuàlafin duXVIIIIsiècle.A cette
époque, desréformateurspréconisaientpourchaque prison des travaux
d’amélioration, laséparation desprisonniers selon lanature dudélitetle
sexe, destravauxforcéspour remédieràlaparesse, l’oisiveté, etenfin la
détention individuelle,qui étaitcensée faireréfléchirle prisonnier sur son
crime etprovoquer sa contrition, etl’acquisition d’un meilleur sens
moral.Maiscesidéesnouvelles se heurtaientau scepticisme debeaucoup
de jugesetde policiers,auniveaulocal, etétaientpeu suiviesparla
plupartdesdirecteursde prisons.

* ladéportation

e
Desprisonsavaientété établiesenAmérique dèsleXVIIsiècle (loi de
1666) etauxAntilles.Ilyeutaussi desprojetsd’implantation en
29
Afrique .Desétablissementspénitentiairesfurentaussiconstruitsen
30
Amérique,auxAntilles, maislaguerre d’Indépendance obligeale
parlementà autoriseren 1783lechoixd’autresdestinationspourles
prisonnierscondamnésàladéportation.L’Australie futpréféréecar
2
c’était uncontinentimmense, d’unesuperficie de7,7millions,de km
quasiment vide d’hommes,comptant seulement200.000 à400.000
Aborigènes.Néanmoinslechoixde l’Australie futen 1787
31
essentiellementdicté parlanécessité detrouver rapidement unesolution
pourdésengorgerlesprisonsbritanniques:il n’yavaitpasencore de
e
véritable projetde développementcolonialàlafin duXVIIIsiècle.On

28
FrançoisCROUZET,L'Economie Britannique etleBlocusContinental, 1806-1813,2
vols.,Paris: PUF, 1958.
29
Voirparexemple: NA/HO7/1:plan for transporting felons tothe island ofLeeMaine
intheriverGambia(1785).
30
Voirparexemple: NA/CO/ 28/254:method of punishment used inWestIndian prisons,
1901.
31
A.G.L.SHAW,TheStoryofAustralia, p.34-35, etaussi dumêmeauteur:Convictsand
theColonies, p.38-57;RobertHUGHES,FatalShore, p.24-42, 582.

20

décidad’établir unecolonie pénitentiaire enNouvelleGallesduSudà
32
BotanyBayen 1779, maisle projetne démarravraimentqu’en 1787.
Ladéportation devintdonclechâtimentalternatifàlapeine de mortau
e
XVIIIsiècle,unaspectconfirmé parlaloi de 1718 (TransportationAct):
lesétudes récentes surlesystème pénalbritannique indiquent que
jusqu’en 1867, ladéportation futprononcée pourenviron60% desdélits
noncapitauxcommisparleshommes.Parexemple, entre 1820à1835,
33
prèsdesdeux tiersdespersonnescondamnéesauxassisesfurent
34
déportées, dontbeaucoup decondamnésàmort.Lesjugesconsidéraient
ladéportationcommeune peine intermédiaire entre lapeinecapitale etle
fouet.Selon l’âge ducoupable,sesantécédents, lanature dudélit,ses
circonstances, ilsinfligeaientgénéralementdespeinesde déportation de7
ou14ans.Danscertainscas, lorsque lecoupable nereprésentaitpas une
menace pourlasociété etmontrait unréel désirderevenirdansle droit
35
chemin, ilsevoyaitordonnerparle juge d’émigrerpar sespropres
moyens vers un paysétranger,comme lesÉtats-Unis, ou vers unecolonie
britannique,ceciafin d’éviter une peine de prison oude déportation.
36
Ladéportation étaitdoncparfoisprononcée pourdescrimescapitaux,
comme des volsavecviolence, descambriolages, etmême desmeurtres.
Danscecas, lecoupable pouvaitêtre déportéàvie.Lespartisansde la
déportation pensaientquecechâtiment apportaitplusde discipline dans
lesprisonsenGrande-Bretagne, davantage desoumission de lapartdu
prisonnieret unebaisse de la criminalité.De plus, poureux, lecoût
financierde ladéportation étaitbien moinsélevéque la construction et
37
l’administration de prisonsenGrande-Bretagne .
38
Lesarchivesdisponiblespermettentd’avoirdesestimations
e
relativementfiablesdunombre de personnesdéportées: audébutduXIX
siècle, environ 1000paran;après1815, environ2500, puiscechiffre
augmentadanslesannées1820pourarriveraudébutdesannées1830,à
environ 5000.Lespremiersprisonnierspartirenten 1787àdestination de

32
StuartMACINTYRE,Concise Historyof Australia, p.28-30 ;A.G.L.SHAW,TheStoryof
Australia, p.33,37 ;R.HUGHES,TheFatalShore, p.63-66.
33
CliveEMSLEY,CrimeandSocietyinEngland, p.275.
34
NA/HO6/1& NA/HO13/15: Criminalbooks.Cesdeux sériesd’archivesdonnentdes
exemplesde personnesdéportéesaulieud’être exécutées, pourdifférentsmotifs(clémence
dujuge, pétitionsd’amisoudeconnaissances,bonneconduite en prison…)
35
S.C.JOHNSON,Emigration fromtheUKtoNorthAmerica, p.299.
36
CliveEMSLEY,CrimeandSocietyinEngland, p.255;J.J.TOBIAS,Crime& Industrial
th
Societyinthe 19Century, p.211-214;D.PHILIPS,Crime& AuthorityinVictorian
England, p.241.
37
NICHOLAS,Stephen,“Australia: AnEconomicalPrison?”,Economic HistoryReview,
secondseries,XLIII,3(1990), p.470-476.
38
NA/CO/885/2/8:memorandum
ontransportation,andappendices(accountsfor182948).Voiraussi: CliveEMSLEY,Crime& Society, p.275.

21

BotanyBay, enNouvelleGallesduSud.L’Australie futen effetla
principale destination despersonnesdéportées, pourdeux tiersàtrois
3940
quartsd’entre elles.Entre 1788 et1867, environ 150.000hommeset
femmesfurentdéportésenAustralie;prèsde70.000(51.000hommeset
9.000femmes) furentenvoyésenNouvelleGallesduSud entre 1788 et
1836 ;maisaussi70.000enTasmanie (60.000hommeset10.000
e
femmes) danslapremière moitié duXIXsiècle;et10.000hommesen
41
Australie occidentale entre 1850et1868.
42
Qui étaientcesprisonniersdéportés ?Lespremièresétudes,celle
d’A.G.L.Shawparexemple, pensaient qu’ilsétaienten majorité des
43
délinquants “notoires”,récidivistes.Des travauxultérieursontmontré
qu’ils appartenaientplutôtàla classe ouvrière pauvre.Leschiffres
précédentsindiquent unesurreprésentation masculine parmi les
délinquantsetlescriminelsdéportés.Néanmoinsil pouvait yavoirdes
44
variations régionales,voire locales:parexemple dansleBlackCountry
e
auXIXsiècle davantage de femmesfurentcondamnéespour volque
d’hommes.Cesderniersparcontre étaient responsablesde laplupartdes
45
volsavecviolence.Il fautaussi noterqu’en 1832lapeine de mortfut
remplacée parladéportation dans unecolonie pénitentiaire, pourlesdélits
commis sans violence physique.Dèslafin des années1830, lapeine de
46
mortétaitprincipalementprononcée pourlesmeurtres.
47
Celaestconfirmé parlesarchivesconsultées,qui donnent une multitude
d’exemplesde femmesetd’hommesdupeuplecondamnésàdespeines
de déportation danslescoloniespourdes volsdivers,souventpeu
importants.Lespétitionsdescondamnés,adresséesauxjuges, nous

39
CliveEMSLEY,Crime& Society, p.275.
40
RobertHUGHES,FatalShore, p.161-2 ;A.G.L.SHAW,ConvictsandtheColonies,
p.58106,361-8;A.G.L.SHAW,TheStoryofAustralia, p.38-43 ;StuartMACINTYRE,Concise
HistoryofAustralia, p.75.
41
StuartMACINTYRE,A ConciseHistoryofAustralia, p.103 ;A.G.L.SHAW,TheStory
ofAustralia, p.116-7.
42
A.G.L.SHAW,ConvictsandtheColonies, p.146-83.
43
StephenNICHOLAS & PeterR.SHERGOLD,“IntercountyLabourMobilityduringthe
IndustrialRevolution: Evidence fromAustralianTransportationRecords”,OxfordEconomic
Papers,vol.39, n°4 (Dec.1987), p.624-40 ;RobertHUGHES,TheFatalShore, p.71-75,77,
159-160, 163-200,352(délinquantsirlandais);CliveEMSLEY,CrimeandSociety,p.56-84.
44
DavidPHILIPS,Crime& AuthorityinVictorianEngland.TheBlackCountry,1835-1860,
p.147-170.
45 e
Pour uneanalyse desmotivations sociétalesde lapeine de mortauXVIIIsiècle etdu sens
donnéàl’exécution et soncérémonial,voir: Andrea MCKENZIE,Tyburn’sMartyrs.
e
Execution inEngland, 1675-1775.London: Hambledon,2007 ;pourleXIXsiècle,voir:
V.A.C.GATTRELL,TheHangingTree: ExecutionandtheEnglishPeople, 1770-1868.
Oxford: OxfordUP, 1994.
46
C.EMSLEY,Crime& Society, p.275.
47
NA/CRIM10/1: CentralCriminalCourt,Minutesof evidence,vol.1,sessionItosession
VI, 1835.

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