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Croiserie aux vents du Web

De
390 pages
Le printemps arabe a été une formidable occasion d'observer des capacités et des aptitudes inédites du Web en application. Cette nouvelle utilisation d'Internet a permis de suivre en temps réel l'évolution de ces révolutions, et promet en conséquence une meilleure intelligibilité de la complexité du monde. Avec enthousiasme, Mostefa Chaouche se penche dans son essai sur les perspectives ouvertes par le Web, sur sa capacité à relier les peuples, et compare Internet à une araignée filant sa toile sur un métier à tisser universel autour duquel les hommes se rejoignent, se relayent, se rallient, pour former une intelligence commune, capable de mener les peuples vers leur destinée collective.
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Croiserie @ux vents du Web
Mostefa Chaouche Croiserie @ux vents du Web
Publibook
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IDDN.FR.010.0118171.000.R.P.2012.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2013
Au clair du Net, aux nouveaux tons et sons qui éveillent les hommes au chant dune hymne universelle, qui nest plus lillusion dun faux-jour.
Introduction
Le destin des hommes ne descend plus du ciel ; il dépend du logiciel et sordonne du fond de lInternet, sans lintervention danges ou darchanges. Les données logiques en charge de présider la destinée hu-maine ne sont plus instituées par des décrets inaccessibles, mais sont désormais restituées par des algorithmes élaborés dans une langue immuable, celle du numérique. Cest une langue vivante et vibrante, parlée et chantée, tout en mathématique, par la nature et tout lunivers. Nayant ni nationalité, ni religiosité, elle se caractérise par sa rationalité logicielle, plus universelle que tous les universaux réunis. Elle parle à tout le monde et pas seulement à elle même. Ses outils dexpression déchiffrent, décodent et amplifient à loreille humaine le silence hurlant des nouveaux commandements dêtre et de paraître. Elle compose, décompose et recompose le livre de la vie par le texte, le son et limage, augmentant la visibilité, laudibilité et la lisibilité, en trois dimensions. Cest une géniale langue, extraordinairement puissante, qui se lit, sécrit, sécoute et se conjugue dans tous les futurs possibles. Son orthographe polysémique, ainsi que sa grammaire polyvo-que, donnent à relire et réécrire la nouvelle histoire de lhumanité dans une autre perception du monde, en dehors des grottes obs-cures. Ourdi en toilerie souple et légère, son ouvrage universel se trame sur un gigantesque métier à tisser étendu de pôle en pôle de la terre ; autour duquel les hommes viennent massivement se relier, se relayer et se relayer, chaînant létoffe collective de manière interactive et participative. Patiemment tissée de filiation en filiation, lignée par lignée, de siècle en siècle, létoffe humaine se croise, se décroise et se recroise, fil a fil, dans une nouvelle texture, fine et légère ; avec
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une matière hypertextuelle, caractérisée par la virtualité, limmatérialité et lintemporalité. Les hommes, dans leur multiplicité et diversité, adoptent volontairement les mêmes supports et séquipent aimablement des mêmes outils, leur servant collectivement de navettes, de quenouilles, décheveaux, de cardes et de peignes pour filer, lainer, battre, compacter, tisser, détisser et retisser leur toile universelle, avec de plus en plus de hauteur, de profondeur, dépaisseur, de largeur et de longueur. Mais est-ce de mieux en mieux ? Les maîtres de luvre qui sont en même temps les maîtres de louvrage sont les nouveaux tisserands et tailleurs des savoirs, structurant, déstructurant et restructurant les modes, manières et comportements avec technicité, rapidité et mobilité. Ils nouent, dénouent et renouent des hyperliens de production et de diffusion des idées et des pensées, à la puissance et à la vitesse du Web. Entre la sphère de luvre davant et la sphère suivante, sentrouvre une zone charnière, profilant unmi-lieu,situé entre deux époques, celle qui sachève et celle qui commence. Entre lère finissante et lère suivante, émerge une nouvelle aire don-nant naissance à un nouvel être, dont nous tenterons de dégager les caractéristiques définitionnelles, loriginalité civilisationnelle et les capacités nouvelles qui le distinguent de ses aïeux. Aussi, nous tacherons de définir le phénomène émergeant de lintelligence collective et du sens inédit de lorientation phé-romonale active, réactive et attractive, dans le vrai sens étymologique de la prodigieuse phéromone que lon ne con-naissait que chez certains insectes ou animaux, tels les fourmis, les abeilles, les blattes, les termites ou laraignée, et que nous retrouvons à lidentique, de manière automatique, chez les ha-bitants du Web. Dans cet entre deux,situé dans une sorte de zone grise, in-décise et insondable, la matrice numérigène souvre en vrille sur un frêle horizon aubain, tapissé dune voilerie ambivalente que les vents du Web agitent et claquent à leur gré, parfois jusqua la déchirure. Telle laraignée qui ourdit, trame et tisse perpétuellement sa toile, toujours recommencée dans une succession de circonvo-lutions qui senchaînent de rayon en rayon, de spire en spire selon une architecture immuable, lHumanité ne se fatigue pas et
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