De Climbié à carnet de prison Suivi de Les Dadié de Gabriel à Bernard
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Description

On a soutenu ici et là qu’aucun de nos pays d’Afrique Noire ne possèderait cette chose qu’on nomme une littérature nationale. N’est-ce pas un peu vite dit ? Il est vrai que trop souvent l’indifférence – pour ne pas dire plus – des politiciens en place n’aide pas à l’épanouissement d’une littérature capable d’étaler au grand jour ses attributs nationaux. Mais, tout fruit mûrit sur un arbre et tous les arbres ne portent pas les mêmes fruits. Il faut savoir observer le travail des écrivains africains sans perdre de vue les processus politiques et sociaux qui ont lieu dans ces pays où il ne leur est pas facile d’exister. En ce qui concerne la Côte d’Ivoire, cette attitude est d’autant plus recommandable que le premier et le plus grand écrivain de ce pays fut en même temps un pionnier en politique. Natif d’Anono, entre Abidjan et Bingerville, Marcel Amondji est l’auteur de plusieurs essais, notamment sur l’histoire politique de son pays et d’un roman, Sidjè ou la marche des femmes sur la prison de Grand-Bassam.

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Publié par
Date de parution 01 janvier 2016
Nombre de lectures 62
EAN13 9782916121857
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,04€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Collection Fawohudie
DE CLIMBIÉ À CARNET DE PRISON ESSAI SUR L’INVENTION DE LA LITTÉRATURE IVOIRIENNE Suivi de LES DADIÉ, DE GABRIEL À BERNARD HISTOIRE D’UNE FIDÉLITÉ
Du même auteur Félix Houphouët et la Côte-d’Ivoire, l’envers d’une légende. Kharthala Editions, Paris 1984. 333 pages Côte-d’Ivoire. Le PDCI et la vie politique de 1944 à 1985. L’Harmattan, Paris 1986. 208 pages Côte-d’Ivoire. La dépendance et l’épreuve des faits.L’Harmattan, Paris 1988. 188 pages L’Afrique Noire au miroir de l’Occident.Nouvelles du Sud, Ivry 1993. 206 pages Sidjé ou La Marche des femmes sur la prison de Grand-Bassam.Ed. en ligne Le Manuscrit.com, 2007. 369 pages Penser l’Afrique(ouvrage collectif). Le Temps des Cerises, éditeurs, 2007. 217 pages À paraître aux éditions Anibwé : Les Aphorismes du compère Asawa et autres textes. Oiseaux savants et indigènes aphasiques ou De l’africanisme en France comme variété du négationnisme. Souvenirs d’un enfant de Bingerville ou Brève histoire de mon entrée en francophonie. « La Mentalité primitive », faux pas philosophique ou impos-ture ? (Pour en finir avec Lucien Lévy-Bruhl) Dans la même collection : Le panafricanisme en 10 questions. Klah Popo
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Dessin : Kouakou Konan Graphisme : Nour-Eddine CharKaoui
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Les Editions Anibwé remercientManuela Beuze pour sa précieuse collaboration.
©Anibwé 2016 Paris,
ISBN : 978-2-916121-85-7
Editions Anibwé, 1 rue Boyer-Barret 75014 Paris
Tél. 09 81 42 76 94
www.anibwe.com
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MARCEL AMONDJI
DE CLIMBIÉ À CARNET DE PRISON ESSAI SUR L’INVENTION DE LA LITTÉRATURE IVOIRIENNE Suivi de LES DADIÉ, DE GABRIEL À BERNARD HISTOIRE D’UNE FIDÉLITÉ
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AVERTISSEMENT Le premier de ces deux textes est une version revue et corrigée de mon étude parue en 1986 dans le numéro 53/54 de la revue « Peuples Noirs, Peuples Africains » de Mongo Beti, sous le titre : «Un anniversaire ivoirien. Climbié de Bernard Dadié, trente ans après». Le deuxième, c’est une causerie que j’ai faite le 28 novembre 2014 à la médiathèque de Septèmes-les-Vallons, près de Marseille.  M.A.
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Pour Bernard Dadié, une of-frande à l’occasion de ses cent ans. « Ne faites pas de la maison de mon père une maison de trafic. » Jn. 2, 16 1956. Bernard Dadié avait tout juste quarante ans lorsqu’il publia son pr emier 1 roman,« Climbié » , et scella du même coup la pierre d’angle d’un édifice, la li t-térature ivoirienne, que, par la suite, il devait contribuer encore, plus qu’un autre, à élever au-dessus de cette fond a-tion. Aujourd’hui, centenaire, c’est un écrivain dont on n’a pas besoin de faire l’éloge car son œuvre parle pour lui ; son talent et son rôle dans la vie culturelle ivoirienne sont reconnus bien au-delà des frontières de la Côte d’Ivoire. Un succès de curiosité et d’estime Au moment de sa parution« Climbié »eut un grand succès de curiosité et d’estime tant à
1 - Seghers, 1956.
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2 l’étranger que parmi les Ivoiriens sachant lire. Plusieurs raisons expliquent ce succès. Au premier rang de ces raisons il faut placer la personnalité de l’auteur, déjà connu en Côte d’Ivoire et dans les milieux démocratiques du monde entier comme le chantre incomparable de la révolte des peuples ivoiriens contre l’oppression et l’exploitation coloniales, pour avoir publié un recueil de poésies militantes inspirées par l’expérience des luttes pop u-laires de ce temps ainsi que de sa propre expé-3 rience de prisonnier d’opinion . Les lettrés de sa génération le connaissaient aussi comme auteur de pièces de théâtre dans le goût de l’école William-Ponty, dont l’une,« Assé-mien Déhylé »,fut même représentée à Pa-4 ris, en 1937 . Les autres raisons sont liées à l’époque de la parution de ce roman. C’était, en effet, au milieu de cette déce n-2 - Seulement en France, six ou sept articles de journaux et une étude lui furent consacrés dès 1956, année de sa parution. 3 - B. Dadié était l’un des huit dirigeants du RDA arrêtés à Abidjan et emprisonnés à Grand-Bassam à la suite de la provocation du 6 février 1949. 4 - B. Kotchy,La critique sociale dans l’œuvre théâtrale de Bernard Dadié, L’Harmattan, 1984.
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nie 1950 si riche en événements ma r-quants tant dans l’histoire particulière de cet écrivain que dans l’histoire générale de la Côte d’Ivoire et des Ivoiriens; au m o-ment où, juste après les drames de la charnière des années 1949 et 1950, le pays connaissait une « drôle de paix », accalmie factice quoique prom ise à une certaine durée, que les autorités coloniales, aidées d’ailleurs par certains dirigeants du mo u-vement anticolonialiste vaincu, mirent à profit pour jeter les bases du régime né o-colonial actuel. Le fils de ses propres œuvres Notre écrivain porte un nom qui pèse un certain poids dans l’histoire contemporaine de la Côte d’Ivoire. Son père, le grand p a-5 triote Gabriel Dadié , a joué un rôle de tout
5 - G. Dadié, mort en 1953, est généralement con-sidéré comme le véritable fondateur du Syndicat agricole africain (SAA). Il aurait volontairement abandonné la présidence de cette organisation à Félix Houphouët.
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premier plan dans la création du Syndicat agricole africain (SAA). Cependant, l’auteur deClimbiéavant est tout le fils de ses propres œuvres. Il fut lui-même, en effet, un ardent patriote de la 6 première heure , l’un de ceux qui, vers 1950, se tenaient au premier rang du mouvement anticolonialiste ivoirien. C’est à ce titre qu’il paya un lourd tribut aux tyranneaux qui, une année durant, massacrèrent des foules désarmées en se couvrant de l’emblème du peuple qui prit la Bastille en 1789. Il y eut en tout quatre à cinq mille patriotes emprison-nés pendant la vague de répression dont les incidents provoqués du 6 février 1949 avaient fourni le prétexte. On sait que cet épisode provoqua la levée en masse des Ivoiriens qui dura treize mois, et dont l’acmé s’est située dans les derniers jours de 1949 et les premiers de 1950 avec, notam-
6 - La fin de la Deuxième Guerre mondiale trouva B. Dadié à Dakar, au Sénégal. C’est dans cette ville que commença sa vie militante : membre du CEFA, ancêtre du RDA; collaborateur deRéveil. Pendant cette période, il rencontra Alioune Diop et partici-pa au lancement du groupe Présence africaine.
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