L'Amérique au service de la terreur

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Autour de cette histoire familiale et de ce drame psychologique gravitent des thèmes sociaux récurrents. Le racisme, l'homophobie, la cruauté de l'homme avide de pouvoir, l'exploitation humaine représentent des sujets graves de l'histoire américaine et se situent au coeur même de l'intrigue familiale. Il est possible de déclarer que la pièce Soudain l'été dernier se définit comme le théâtre de la cruauté et de la mort. Un théâtre tragique et destructeur destiné à exercer au sein de son univers d'attente la terreur. Le poids et la force des mots, les symboles et réalités qu'ils recèlent... autant d'éléments auxquels se montre sensible J.-F. Laguian au cours de sa lecture de Soudain l'été dernier de T. Williams. Une oeuvre intimement liée à la vie de T. Williams, mais surtout à toute une mentalité sudiste, intolérante, hypocrite, violente et rétrograde, dont elle se fait la révélatrice et la critique. Résultant d'une étude précise et méticuleuse, cet essai dépasse ainsi le seul cadre psychodramatique de la pièce de Williams pour la replacer avec acuité et intelligence dans tout un contexte américain horrifique.

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Date de parution 23 décembre 2014
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EAN13 9782342032536
Langue Français

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L’Amérique au service de la terreur
Du même auteur
Rhinocéros ou l’histoire d’une relation entre langage et inconscient, éditions Publibook, 2013 La Douleur du chaos et de la subversion dans l’œuvre de Marguerite Duras, éditions Publibook Université, 2012
Jean-François Laguian L’Amérique au service de la terreur Un théâtre de la cruauté et de la mort dansSoudain l’été dernier
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Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0120018.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2014
Introduction
er Le 1 décembre 1955, aux États-Unis, Rosa Parks, une femme noire, refuse de céder sa place de bus à un homme blanc. Elle est arrêtée pour avoir transgressé les lois ségré-gationnistes de la ville et ne pas s’être soumise à l’autorité de l’homme blanc. Ailleurs, des crimes racistes sont com-mis contre un enfant noir de 14 ans, et un pasteur de couleur. Les États-Unis deviennent ainsi le théâtre d’actes et de violences racistes contre les citoyens de couleurs. Au milieu de ce déferlement d’injustice et de guerre raciale, des soulèvements de révolte se mettent en place au sein de la communauté noire dans les années cinquante. Martin Luther King, chef leader de ces mouvements et pasteur américain en faveur des droits civiques des Noirs, organise des manifestations dont le boycott de bus à Montgomery. Cette action représente l’attitude contestataire de la com-munauté de couleur contre l’arrestation arbitraire de Rosa Parks. Cette marche en avant des mouvements contestatai-res en faveur de la paix continue à se déployer en Amérique dans les années qui suivent. En effet, encouragé par la population de couleur, les exclus ainsi que les mino-rités afro-américaines, Martin Luther King poursuit son combat. Il incite les Hommes, les opprimés, les victimes de la ségrégation et de l’esclavage moderne au rassem-blement. À cette occasion, il prononce un discours célèbre le 28 août 1963 devant le Lincoln Memorial à Washing-ton. Dans un cri de désespoir et de douleur, il pleure sur la condition des hommes de couleur et sur la violence san-glante qui sévit en Amérique : « Cent ans ont passé et le Noir n’est pas encore libre. Cent ans ont passé et
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l’existence du Noir est toujours tristement entravée par les liens de la ségrégation, les chaînes de la discrimination ; cent ans ont passé et le Noir vit encore sur l’île solitaire de la pauvreté, dans un vaste océan de prospérité matérielle, cent ans ont passé et le Noir languit toujours dans les mar-ches de la société américaine et se trouve en exil dans son propre pays. » Effectivement, derrière le modèle de démocratie et la terre de salut qu’incarne l’Amérique se cache un pays an-ticonstitutionnel. Le pasteur américain Martin Luther King, leader des droits civiques, dénonce les mécanismes de la machine américaine qui a reproduit tout au long de l’Histoire son système totalitaire et esclavagiste. L’esclavagisme moderne est la conséquence directe de l’esclavagisme le plus ancien et le plus archaïque s’enracinant dans les terres d’Afrique les plus lointaines. En effet, la ségrégation, les inégalités entre les hommes blancs et les personnes de couleur sont le produit de la colonisation africaine dont les prémices se situent après e l’installation des premiers colons en Virginie auXVIIsiè-cle. En effet, fondée sur la culture du maïs, du tabac, de la canne à sucre puis plus tard sur celle du coton, l’économie sudiste des États-Unis fonctionne essentiellement à partir de la culture de la terre. Celle-ci nécessite une main-d’œuvre importante pour sa cueillette difficile. Les pro-priétaires terriens commencent par conséquent à importer des Africains, considérés comme la race inférieure et l’instrument de travail par excellence, sur le sol américain. Les esclaves noirs africains sont alors utilisés comme do-mestiques et comme outil de travail dans le secteur agricole, dans les plantations de tabac puis de coton. Ce-e lui-ci est considéré auXIXcomme la principale siècle culture d’exportation du pays. La traite des Noirs y dure alors officiellement de 1619 à 1808. Au total, les Treize colonies puis les États-Unis importent par la force environ
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