Les Cahiers d'Ésope

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170 pages
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Toute réalité est un avènement. Comme le chant de l'oiseau perce la feuillée bruissante, son cantique vient vers nous à travers un idéal murmure. Le choeur des possibles, foule sans nom, tenace, insaisissable, l'enveloppe et l'assiège dans cette solitude où nous voulions surprendre sa secrète essence. C'est comme une perle infiniment précieuse vue tout au fond d'une mer limpide pleine de frissons et de courants, et, sous la masse ondoyante des eaux, voici qu'elle-même tremble et vacille, ondoie et s'imprécise, prête à s'évanouir, semble-t-il, dans cette mystérieuse incertitude d'elle-même et cet étonnement d'être là. Un poète s'en tiendrait à ce doux vertige d'irréalité. Mais le philosophe est un homme plus résolu: il lui faut des pourquoi, avec des points d'interrogation au bout de sa phrase. Pourquoi tel rouge, et non pas tel autre? Du rouge, et non pas une autre couleur? Une couleur, et non pas quelque autre chose? Un ouvrage philosophique empreint de sagesse et de sérénité. On découvre avec ravissement la puissance évocatrice de B. Marcotte au sein d'un regroupement de textes à la densité intellectuelle phénoménale. Le travail de l'écrivain, mort au début du siècle dernier, est ici exposé dans toute sa splendeur verbale. Citant ici Lucrèce, là Homère, il redonne aux penseurs de la Grèce antique leurs lettres de noblesse en adaptant cet immense héritage à une pensée ancrée dans l'émerveillement constant du philosophe. Ses considérations, condensées ici avec soin et talent, donnent accès à une vision ontologique du monde, dénué de toutes les vicissitudes de la société. Une perle, à étudier avec la plus grande attention.

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Date de parution 25 avril 2013
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EAN13 9782342005400
Langue Français

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Les Cahiers d’Ésope
Du même auteur
Les Fantaisies Bergamasques, Édition du Temps Présent, 1913 ; Éditions Thélès, 2012. La dernière chevauchée des Rois Mages, Éditions Thélès, 2011. Théâtre, Éditions Thélès, 2011.
Bernard Marcotte Les Cahiers d’Ésope
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Préface Les Cahiers d’Ésopedifférents textes, dont regroupent La Vie étroite, rédigés par Bernard Marcotte dans les dernières années de la maladie qui allait l’emporter en 1927, à tout juste 40 ans, maladie contractée dans les suites d’une blessure reçue au cours de la Première Guerre mondiale. Cette guerre, il l’avait subie, plus qu’il n’y avait adhéré, attendant sa fin avec résignation, pour retrouver, écrivait-il en 1915, « la paix de l’esprit, les rencontres, les longues lettres et les causeries d’autrefois », mais aussi ses lectures, et son plaisir d’écrire. Déjà il était l’auteur de nombreux textes : poèmes (dont un certain nombre étaient parus dans des revues), contes, quelques pièces de théâtre, en prose ou un vers,et même un livre,Les Fantaisies Bergamasques, avait été publié en 1913, textes dans lesquels s’étaient mêlés sa fantaisie, son imagination, ses rêveries, mais aussi son amour de la nature, qu’il aimait retrouver dans ses Ardennes natales, ou, lorsqu’il vint habiter à Paris, dans la forêt de Fontainebleau. Mais il était aussi philosophe. Il avait d’ailleurs passé en 1908 une licence de philosophie, et soutenu en 1910 un diplôme surLe Beau, étudié, sous la direction de Gabriel Séailles, professeur à la Sorbonne, à travers les théories du philosophe allemand Theodor Lipps 1 sur l’Einfühlung. Et il aimait parler philosophie (comme 1  « Mot intraduisible malheureusement et par lequel l’esthétique allemande désigne une projection de notre personnalité dans un objet étranger, un déplacement de ce centre psychique qu’est le moi, une métempsycose passagère par laquelle notre conscience quittant pour un instant le corps auquel elle est liée anime un objet dont nous ne
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aussi littérature) avec Paul Tuffrau, qu’il avait rencontré en khâgne sur les bancs du lycée Louis-le-Grand en 1905, qui lui demeura un ami fidèle, et qui comme lui devint un 2 écrivain , ou avec Jean Wahl, qui lui se tournera complè-3 tement vers la philosophie . Dans sa dernière lettre adressée à Paul Tuffrau, datée de la veille de sa mort, Bernard Marcotte repassa en revue ce qu’il avait écrit, s’arrêtant sur ce à quoi il tenait : « Je garde près de moi des morceaux, achevés ou à l’état de brouillon, expressions fragmentaires, d’un caractère philosophique, ou moral, ou poétique, d’une pensée d’ensemble que j’ai coiffée d’une étiquette :La Vie étroiteet où aboutissaient toutes mes pensées et mes sentiments. »Jean Wahl fit publier dansRecherches philosophiques(1934-1935, volume IV, p. 385-389) deux pages deLa Vie étroite, avec une longue introduction dans laquelle il cita ce que Paul Tuffrau lui avait écrit à propos de ce texte et de la pensée de Bernard Marcotte : « Vivre, c’est à la fois approfondir par l’émerveillement et l’amour l’existence qui nous est dévolue et connaître qu’on participe à l’immensité et à la diversité de l’Être, d’où l’on n’est que provisoirement retranché. Si petite que soit la part qui nous est échue, elle peut être immense et, par le rêve, embrasser l’Être. La prodigalité n’a pas disparu, elle a été mise sur son vrai plan, tout spirituel. Et du coup, le possible, notion bâtarde, a disparu. Mais il faut prendre garde, je crois, en raison même de l’équivoque créée par le
connaissons rien qu’une apparence inanimée », écrivait Bernard Marcotte dans son diplôme. Cependant, ce mot peut être remplacé en français par celui d’“empathie”. 2 Paul Tuffrau (1887-1973) renouvela des textes du Moyen Âge tels queLa légende de Guillaume d’Orange(1920), ouRaoul de Cambrai(1924), travailla avec Gustave Lanson à sonHistoire de la littérature française, écrivit des nouvelles basques (publiées en 1999 sous le titre Anatcho), et fut l’auteur de différents écrits d’ordre historique. 3 Jean Wahl (1888-1974).
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