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La Christianisation et les débuts du nationalisme en Oubangui-Chari de 1920 à 1960

De
180 pages
Le présent ouvrage tente d'appréhender la vie politique de la République centrafricaine depuis les années 1920 jusqu'à la première décennie du XXIe siècle. On y découvre d'abord les fondements de la société coloniale tels qu'ils furent établis à la fin du XIXe siècle. Puis c'est à travers différentes figures emblématiques que l'ouvrage retrace la vie politique et religieuse de l'Oubangui-Chari. Quatre figures importantes sont ici prises en compte: Marc Pédron, Jacques Gribble, Pierre Zégbé, Barthélemy Boganda, l'auteur mettant également en relation la vie religieuse originale du pays avec les différentes crises politiques. Et finalement, c'est la question de la construction d'une Afrique indépendante et forte pouvant jouer un rôle dans la géopolitique mondiale qui demeure posée par l'auteur. Un ouvrage essentiel qui reprend avec pertinence les interrogations légitimes de toute une génération et tente de faire le point sur un siècle d'histoire. Entre colonialisme et christianisme d'un côté, et, de l'autre, les velléités politiques bien souvent avortées, on ne peut que saluer l'effort de l'auteur de présenter une synthèse claire et précise autour de cette ancienne colonie française. Un texte indispensable sur la question de l'Afrique contemporaine.
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La Christianisation et les débuts du nationalisme en Oubangui-Chari de 1920 à 1960
Dieudonné Kpamo La Christianisation et les débuts du nationalisme en Oubangui-Chari de 1920 à 1960
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IDDN.FR.010.0118185.000.R.P.2012.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2013
Introduction générale La conférence qui eut lieu à Berlin de février 1884 à novembre 1885 donna le coup denvoi de la pénétration européenne en Afrique, et plus particulièrement en Ou-bangui-Chari1 était lancée.. La « course au clocher » Lexplorateur Pierre Savorgnan de Brazza chercha en effet à consolider la position de la France face aux ambitions de Léopold II, roi des Belges, qui avait déjà pris possession de la rive gauche du Congo, et à la poussée allemande à partir du Cameroun. Lexploration des différents territoires achevée, il fallut mettre en place un système efficace de gestion et dadministration de cette immense zone géographique. La collaboration des missionnaires (catholiques et protes-tants) avec les coloniaux, même si elle nest pas bien établie ni même avérée, brouilla les liens qui existaient entre eux. Dès les débuts de la pénétration européenne, des oppositions naquirent, créant un climat de xénophobie, plus ou moins voilée, entre les Européens et les natifs. De nombreux Africains nacceptaient guère la présence des Blancs, qui allait gêner ou affaiblir le pouvoir des chefs locaux et contribuer à la destruction des structures éduca-tionnelles telles que le Labi, dans lOuest, le Soumalé2 et le Ngakola3, au nord-est du pays.
1de la colonie française baptisée RCA le 1Nom erdécembre 1958 par B. Boganda. 2Société secrète dans la région de la Ouaka. 3Société secrète des populations Banda.
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Le système colonial, qui reposait sur trois piliers, à sa-voir le Code de lindigénat, la capitation et les travaux forcés, ne tarda pas à seffondrer. Le Code de lindigénat définissait un cadre juridique qui reléguait le Noir à un rang semblable à celui de lanimal ; la capitation, qui fixait un montant dargent à payer par tête, à titre dimpôt dit de capitation, était économiquement très astreignante ; enfin, les prestations obligatoires, système de travaux forcés étaient un moyen coercitif de forcer les populations locales à verser la somme fixée par le colonisateur, souvent à coups de fouet ou de chicotte. Face à ces exactions, des leaders émergèrent et décidè-rent de se soulever contre limpérialisme étranger solidement et durablement implanté, non pas pour aider au développement de ces régions mais pour en exploiter à outrance les richesses naturelles. En 1924, Gonké sopposa ainsi farouchement aux colonisateurs dans la région de Boda. Vinrent ensuite Karnou, entre 1928 et 1931, Pierre Zégbé en 1937 et enfin, en mai 1954, Mo-dio, dans la « guerre des cailloux », dans la région de la Haute-Sangha (lactuelle Manbéré-Kadéï). Sagissant des rapports entre missionnaires et colo-niaux, il est évident quil y ait eut, à un certain niveau, collaboration. Le jeu de mots « Blanc bonnet, bonnet blanc » faisait alors allusion aux liens qui existaient entre les deux groupes. On ne peut pour autant les confondre, car ils présentaient des caractères bien distincts. Les hommes de Dieu eurent bien du mal à répandre la bonne parole au sein des populations animistes. Nous pensons là au père Marc Pédron, fondateur de la mission Sainte-Anne, et au pasteur américain Jacques Gribble, qui ne par-vint pas à évangéliser lOuham et lOuham-Pendé. Des formes locales du christianisme se développèrent tardive-ment, comme lÉglise kimbanguiste, mouvement déveil à connotations messianique qui prit ses racines dans le Bas-
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