//img.uscri.be/pth/0c51d85bc48e6ed632c8402242847b4734d994b8
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

La France a-t-elle encore envie d'avenir ?

De
174 pages
Les Gaulois sont-ils plus pessimistes que leurs voisins européens ? La schizophrénie française reste un frein aux réformes et aucune évolution notoire n'a ainsi été possible dans cet écartèlement idéologique entre économie du libre-échange et protectionnisme de l'emploi à vie et des avantages acquis. Les temps qui viennent risquent d'être sombres pour les jeunes générations, tant les peuples sont à la recherche de plus de démocratie, de valeurs humanistes pour se libérer du joug des futurs tortionnaires d'un système mondialisé.
Voir plus Voir moins
Tony JAGU
LaFrancea-t-elle encore envie d’avenir Essai
La France a-t-elle encore envie d’avenir ?
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03307-5 EAN : 9782343033075
Tony JAGULa France atelle encore envie d’avenir ?
DU MÊME AUTEURChanger d’air, pour une gouvernance d’entreprise nouvelle, 2013, L’Harmattan. Les carnets d’un cinéphile, 2014, La Société des écrivains.
AVANT-PROPOS
Chaque semaine la France est dénigrée par la presse anglo-saxonne, comme un pays malade de sa fiscalité, et de son Etat-providence qui connaît une évasion de ses forces vives. En effet, hommes d’affaires, chercheurs, entrepre-neurs innovants, cadres supérieurs, et esprits créatifs vont développer leurs talents ailleurs. Les symptômes de cet exil s’expliquent par des charges sociales trop lourdes, un taux d’imposition de nombreux contribuables devenu insuppor-table pour financer un état dépensier qui freine la croissance économique. Créer son entreprise demeure un acte difficile quand on sait qu’on aura du mal à financer son projet, et que la procédure de licenciement pour l’ employeur repose sur le principe de proportionnalité entre la liberté d’entreprendre et le droit à l’emploi pour le salarié, avec l’obligation du respect des procédures, face à la volatilité des marchés. Certains étudiants et jeunes diplômés ne voient plus aucun avenir en France et s’enfuient à Londres, en Europe et dans le monde entier. Le « Hollande-bashing » s’exporte bien. Le pays de l’Etat-providence qui défend une idéologie politique qui combine et défend des préoccupa-tions conservatrices et corporatistes manque cruellement d’esprit entrepreneurial. Quel gâchis ! l’Hexagone chute malgré de solides acquis, et les indicateurs socioécono-miques tétanisent la classe politique avec sa légion de cinq
millions de chômeurs et de précaires, de millions de pauvres, d’assistés et de mal-logés. Ce livre n’est pas un réquisitoire, mais cherche à déclen-cher une prise de conscience des erreurs factuelles répétées de notre pays qui expliquent notre déclin constant, depuis les trois dernières décennies. Construire une nouvelle ambi-tion fait naître des commentaires sarcastiques, mais oblige le pays à se poser enfin les bonnes questions. La tentation de la classe politique de ne rien changer de ce modèle so-cial-étatique illustre la faillite de nos dirigeants et de nos élites totalement discréditées. Il faudrait être bien malhon-nête pour dresser un bilan favorable, de la perte de compétitivité de nos entreprises, de la désertification indus-trielle et entrepreneuriale et de notre trop faible perfor-mance de croissance chronique. Le financement de la protection sociale, le nombre de fonctionnaires, les revendi-cations catégorielles déconnectées des réalités et des impératifs économiques ruinent la France et obligent les Français à une plus grande lucidité et à plus de courage pour éviter que le pays ne s’enfonce dans la récession. Mais ne nous trompons pas, scolarité, travail, citoyenne-té, consommation, la société doit évoluer et générer un nouveau modèle économique et social, soutenue par une classe politique qui ne cesse de se retrancher à l’abri des institutions et favorise enfin le goût d’entreprendre, pour affronter la mondialisation. N’entretenons pas la confusion : la propriété privée, le libre- échange et l’économie de mar-ché sont les trois piliers du libéralisme économique. Au contraire, la société française à bout de souffle verrouille tout, refusant les menaces des procédures de transformation de la Commission européenne. La conséquence, un Etat-providence suffocant et des lois du travail surprotectrices pour certains chassent les plus brillants du pays. La norma-lité de la gauche, et le socialisme font mourir la France
8
d’une mort lente, mais certaine. Au bout du chemin, il y a inévitablement l’effondrement. Le redressement aura lieu après la chute qui menace d’embraser le pays tout entier. Pour se réveiller, le pays doit se réinventer. Le climat de notre pays est devenu étouffant, où le politiquement correct et les officines bien-pensantes se chargent de contrôler la pensée unique avec un zèle ahurissant. Pour affronter la tempête, il nous faut nous libérer des élites de gauche et de droite qui se fichent totalement de l’avenir du pays, et qui ne s’intéressent qu’à conserver leurs prérogatives, com-plices du pouvoir, qui nous entraînent indubitablement vers une gouvernance mondiale. Le chaos, est-il voulu par l’oligarchie qui nous gouverne ? Dans ce contexte, les Français devront mettre un bémol à leurs certitudes, et choi-sir un nouveau destin. A défaut, l’indignation fera place à la révolte. La patrie des droits de l’homme n’est plus le phare de l’humanité, et l’impuissance s’amplifie quand l’autorité politique n’a plus prise sur la réalité économique. L’hypocrisie consisterait à ignorer pourquoi tant de diri-geants français traversent la manche ou l’océan Atlantique pour faire fortune ailleurs. La France se meurt lentement, les observateurs étrangers, et les journalistes du monde en-tier ne sont pas dupes. Mes propos ne sont ni calomnieux, ni violents, ni injurieux, mais le chemin pour parvenir aux changements doit lever toutes les interdictions pour sortir de l’impasse, en prolongeant la question sur les valeurs de la démocratie. Si la descente aux enfers peut encore être évitée, reconnaître les erreurs du socialisme français fait écho à la gestion nouvelle d’une refonte sociétale répondant aux besoins d’une nation en souffrance. Le verdict est incontestable, et confirme le mécontente-ment grandissant de l’opinion publique. François Hollande va payer pour ses prédécesseurs qui n’ont pas voulu ou n’ont pas su engager les réformes. La courbe fatale du
9