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Description

C'est qui la patronne ? Serena Williams, l'une des rares joueuses du top 15 connue par le grand public. Le tennis féminin pâtit d'un certain manque de reconnaissance en comparaison du tennis masculin. Ainsi, demandez à un spectateur pourtant assidu de ce de qui se passe dans le petit monde clos de la sphère tennis de citer les noms des toutes meilleures joueuses... Il sera certainement très ennuyé à l'idée d'y répondre. Pour quelles raisons ? Elles sont nombreuses. La première vient du fait que la hiérarchie n'est absolument pas stable. Au fil des semaines, elle a tendance à bouger. Le système est ainsi fait qu'une trop grande part est accordée aux tournois du Grand Chelem par rapport aux autres tournois. Une joueuse qui gagnerait deux Majeurs pourrait, selon la WTA, se classer n°1 en fin de saison. Le fait que Caroline Wozniacki n'ait pas encore remporté le premier titre de sa carrière en Grand Chelem enlève encore un peu plus de clarté. Car tant qu'elle n'aura pas assumé cette conquête, elle ne pourra pas être considérée comme la véritable reine du circuit et confirmer son statut de n°1. Dans un passé récent, les soeurs Williams, Justine Hénin et Kim Clijsters, remportaient des levées de Grand Chelem même en jouant moins que la Danoise. Naturellement, cette absence de grands titres au palmarès nuit à la crédibilité. Pour revenir aux soeurs Williams, elles ne se sentent plus vraiment concernées.

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Date de parution 21 janvier 2012
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Langue Français

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C'est qui la patronne ? Serena Williams, l'une des rares joueuses du top 15 connue par le grand public.

Le tennis féminin pâtit d'un certain manque de reconnaissance en comparaison du tennis masculin. Ainsi, demandez à un spectateur pourtant assidu de ce de qui se passe dans le petit monde clos de la sphère tennis de citer les noms des toutes meilleures joueuses... Il sera certainement très ennuyé à l'idée d'y répondre. Pour quelles raisons ? Elles sont nombreuses. La première vient du fait que la hiérarchie n'est absolument pas stable. Au fil des semaines, elle a tendance à bouger. Le système est ainsi fait qu'une trop grande part est accordée aux tournois du Grand Chelem par rapport aux autres tournois. Une joueuse qui gagnerait deux Majeurs pourrait, selon la WTA, se classer n°1 en fin de saison. Le fait que Caroline Wozniacki n'ait pas encore remporté le premier titre de sa carrière en Grand Chelem enlève encore un peu plus de clarté. Car tant qu'elle n'aura pas assumé cette conquête, elle ne pourra pas être considérée comme la véritable reine du circuit et confirmer son statut de n°1. Dans un passé récent, les soeurs Williams, Justine Hénin et Kim Clijsters, remportaient des levées de Grand Chelem même en jouant moins que la Danoise. Naturellement, cette absence de grands titres au palmarès nuit à la crédibilité. Pour revenir aux soeurs Williams, elles ne se sentent plus vraiment concernées. En d'autres termes, elles ont la tête ailleurs qu'au tennis et se penchent bien plus sur le côté business. Cela sent la fin tout comme pour la Flamande Kim Clijsters qui devrait vivre en 2012 sa dernière saison sur le circuit. Maria Sharapova, quant à elle, continue à se battre comme une forcenée. Cependant, après avoir été longtemps blessée, elle a encore du mal à suivre le rythme du peloton de tête. Ce sont pourtant des joueuses de ce calibre-là qui font rêver les spectateurs. Ces derniers ressentent alors forcément une forme de nostalgie et se remémorent les combats mythiques ayant opposé Martina Navratilova à Chris Evert, Martina Hingis à Steffi Graf pour ne citer que quelques cas de légende. Alexandra Fusai, ancienne tête d'affiche du tennis féminin français (37e), a été nommée haute responsable du tennis et a rejoint la DTN. Elle porte logiquement un regard avisé sur ce qui se passe actuellement dans le tennis féminin : "Il faut bien avouer que le tennis masculin vit actuellement des années extraordinaires. Avec Roger Federer, Rafael Nadal, Novak Djokovic, le plateau est royal. On assiste à des rivalités qui sont fabuleuses à vivre. Ce sont de très grands joueurs, mais aussi des gentlemen qui démontrent un très haut niveau de jeu. Il est évident que le public s'intéresse énormément à cela. En ce qui concerne le tennis féminin, il a énormément progressé et beaucoup de joueuses se tiennent dans un mouchoir de poche. Cependant, cet aspect concernant la rivalité entre trois ou quatre joueuses s'est pas mal dissipé. Le manque peut se jouer là-dessus. Avec l'arrêt de Justine Henin, Kim Clijsters et les soeurs Williams qui ont des parcours en dents-de-scie, il y a peut-être eu aussi une génération jeune qui est venue sur le devant de la scène un peu trop vite. Cela prend aussi du temps d'écrire sa propre histoire". Cela tient aussi à certaines règles qui sont mises en place par les très hautes instances selon l'ancienne demi-finaliste de Roland-Garros en double : "Le fait qu'il y ait également cette obligation désormais de disputer un certain nombre de tournois avant l'âge de 18 ans fait qu'on ne verra plus de bébés championnes comme par le passé, avec les Kournikova, Hingis, Graf, Seles, Capriati et consorts, poursuit Fusai. C'est peut-être aussi pour cela que le public ne s'y est pas retrouvé. Cela a pour conséquence que les filles désormais arrivent de manière moins précoce. Ce côté plus inconscient n'existe plus comme avant. C'est un peu normal, on ne peut pas à 15 ans espérer demeurer parmi les 10 meilleures mondiales. Il y a peut-être aussi moins de joueuses charismatiques, d'autres qui se sont arrêtées un peu jeunes. Je ne trouve pas cela alarmant pour autant. Je me dis que ce n'est qu'un cycle. Cela va revenir. Il ne faut pas pour autant passer son temps à comparer ce qui se passe entre les garçons et les filles. Ce n'est pas le même tennis, ni les mêmes règles. Alors aujourd'hui, avec le système de points qui est attribué, une joueuse qui n'a pas gagné de tournois de Grand Chelem, peut être malgré tout n°1. Cela s'est-il déjà produit chez les garçons ? Je ne le sais pas..." (Marcelo Rios y est parvenu en fait, mais pendant un mois et demi seulement, Ndlr). Le regard que porte d'ailleurs sur le tennis féminin une de nos futures grandes représentantes à savoir Kristina Mladenovic issue de la génération 1993 est assez intéressant à noter par rapport aux générations précédentes : "Contrairement à ce qu'on entend, il y a beaucoup de densité dans le tennis féminin, a souligné la Française sur le net. Le tennis a vraiment évolué et on peut aussi bien perdre contre la 150e que battre la 40e. Quand j'étais petite, je voyais toujours les mêmes noms à la fin des tournois, et j'aurais été incapable de nommer la 80e joueuse mondiale. Aujourd'hui, c'est fini".

Vainqueur de deux tournois en 2011, l'Allemande Sabine Lisicki 22 ans gagne à être connue.

La fin du 'baby boom' et le manque de rivalité jouent en défaveur du tennis féminin

Alors peut-être qu'avec cette dernière et Caroline Garcia, ces deux jeunes pousses pourraient générer un sacré élan de fraîcheur. Caroline Garcia a laissé entrevoir de très belles dispositions ces derniers mois et notamment lorsqu'elle a failli battre Maria Sharapova lors des Internationaux de France. Au niveau technique et physique, il y a indubitablement matière. Evoluant à son rythme, très bien encadrée par son père, elle ne brûle pas les étapes. C'est une joueuse qui offre beaucoup de solutions de rechange dans son jeu. En ce qui concerne "Kiki" Mladenovic, la problématique est surtout d'ordre physique. Elle a vu sa saison 2010 gâchée par les blessures. En 2011, elle a atteint le meilleur classement de sa carrière (141e). Cessant de travailler avec Georges Goven, son père est également très impliqué dans son travail ce qui peut constituer un complément de confiance pour elle. Basant son jeu sur le service et la volée, son jeu basé sans trop de variations prend un certain temps à se mettre en place. Si son physique la laisse tranquille, elle peut également aller loin. Bref, les deux Françaises ont une approche qui plus est excessivement professionnelle de leur sport. Elles ont tout pour nous faire rêver et qui sait demeurer les grandes stars et patronnes du tennis de demain qui réclament de véritables taulières. A moins que Rezaï ne retrouve la paix intérieure et Cornet sorte enfin de sa spirale négative. Finalement, l'année 2012 devrait apporter son lot de réponses (et d'agréables surprises espérons-le) outre celles de définir une commandante. La saison 2011 a démontré que la jeune génération avait pris le pouvoir avec Wozniacki, Kvitova et Azarenka aux trois premières places. Des valeurs montantes seront à surveiller comme Radwanska, Lisicki, Pavlyuchenkova, Georges ou Petkovic. On devrait s'attendre à un match dans le match, avec un duel de générations. En fait, les jeunes louves devront chasser les vieilles lionnes comme les soeurs Williams, ou Clijsters. Car n'oublions pas que c'est l'infortune de ces dernières qui a aussi contribué à ce que des joueuses comme Kvitova s'invitent dans le cercle des vainqueurs de Grand Chelem, avec Na Li et Samantha Stosur, des filles elles, entre deux âges. Dans le tennis féminin, rien n'est jamais acquis. Il n'y a pas de Nadal ou Djokovic, mais le contexte reste très concurrentiel. Bref, chez les femmes c'est chaque semaine un éternel recommencement...

Safina, stop ou encore ?

En octobre dernier, son illustre frère Marat Safin annonçait que sa jeune soeur mettait fin à sa carrière en raison de douleurs persistantes au dos. Une information très rapidement démentie par l'intéressée : "Je veux vous informer que je ne mets pas un terme à ma carrière maintenant. Je vais essayer de me soigner au mieux pour guérir ma blessure au dos. J'espère être de retour au plus vite". Un aveu qui ne pousse guère à l'optimisme. Car pendant qu'elle est occupée à se soigner, ses concurrentes progressent. Il faudrait rattraper ce retard tout en évitant une rechute. Force est de constater que l'ancienne n°1 mondiale, aujourd'hui 132ème mondiale, vit une véritable descente aux enfers depuis ses finales perdues aux Internationaux de France en 2008 et 2009, et sa finale à l'Open d'Australie en 2009...