COACH OU PAS ?

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COACH OU PAS ? "La défaite de Jo-Wilfried Tsonga à l'US Open a été précoce. C'est surprenant car on le retrouve souvent dans les grands rendez-vous. Il est dans les dix meilleurs mondiaux depuis un moment. Il est régulièrement en 8èmes, en quarts ou en demi dans les tournois dans lesquels il s'inscrit. Il aligne rarement les contre-performances. Cette défaite est davantage à mettre sur le compte de la fatigue excessive suite à l'engagement qu'il a produit durant les Jeux Olympiques, après Roland-Garros et Wimbledon. Ce revers aux Etats-Unis est exceptionnel. C'est quelqu'un qui pourtant, quand il n'est pas blessé, sait répondre présent. Il est là quand il le faut, au moment où il le faut. Je n'interprète donc pas cette défaite comme une défaite inquiétante. Ce n'est pas parce qu'il a perdu une fois de manière rapide dans un tournoi du Grand Chelem que cela doit lui enlever l'envie d'en remporter un. Sauf à Federer, ce genre de déconvenue dans les premiers tours est arrivée à tous les joueurs. Tsonga reste le Français le mieux armé pour gagner un tournoi de ce calibre. J'espère que cela lui arrivera un jour. Il n'en gagnera pas une dizaine, mais c'est tout à fait dans ses cordes si le tableau lui convient. N'oublions pas non plus qu'il y a quatre joueurs devant lui, qui sont des phénomènes : Federer, Nadal, Djokovic et Murray. Ils sont devant les autres de manière significative depuis des années.

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Date de parution 19 décembre 2012
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Langue Français

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COACH OU PAS ?

"La défaite de Jo-Wilfried Tsonga à l'US Open a été précoce.

C'est surprenant car on le retrouve souvent dans les grands rendez-vous. Il est dans les dix meilleurs mondiaux depuis un moment. Il est régulièrement en 8èmes, en quarts ou en demi dans les tournois dans lesquels il s'inscrit. Il aligne rarement les contre-performances. Cette défaite est davantage à mettre sur le compte de la fatigue excessive suite à l'engagement qu'il a produit durant les Jeux Olympiques, après Roland-Garros et Wimbledon.

Ce revers aux Etats-Unis est exceptionnel. C'est quelqu'un qui pourtant, quand il n'est pas blessé, sait répondre présent. Il est là quand il le faut, au moment où il le faut. Je n'interprète donc pas cette défaite comme une défaite inquiétante. Ce n'est pas parce qu'il a perdu une fois de manière rapide dans un tournoi du Grand Chelem que cela doit lui enlever l'envie d'en remporter un. Sauf à Federer, ce genre de déconvenue dans les premiers tours est arrivée à tous les joueurs.

Tsonga reste le Français le mieux armé pour gagner un tournoi de ce calibre. J'espère que cela lui arrivera un jour. Il n'en gagnera pas une dizaine, mais c'est tout à fait dans ses cordes si le tableau lui convient. N'oublions pas non plus qu'il y a quatre joueurs devant lui, qui sont des phénomènes : Federer, Nadal, Djokovic et Murray. Ils sont devant les autres de manière significative depuis des années. Il n'y en a qu'un, qui, s'il n'avait pas connu de blessures, aurait pu les rejoindre, c'est Del Potro. Cependant, les Berdych, Ferrer, Tsonga, au hasard d'un bon tableau, peuvent remporter un Grand Chelem. Il faudrait pas mal de circonstances pour les aider, toutefois. Au fil d'un tournoi, les bêtes noires s'effacent. Federer a Nadal, Nadal a Djokovic. Ferrer, lui, ne fait pas bien jouer les joueurs français. Quand Jo a décidé de se séparer de son coach (Eric Winogradsky), cela a été une bonne chose de mon point de vue. Dans tous les domaines, les gens ont à un moment donné besoin d'assistanat. L'assistanat n'est pourtant jamais une bonne chose. Quand vous avez un entraîneur qui vous répète depuis une demi-douzaine d'années le même refrain, et ce même s'il y a des nouveautés, il y a un moment donné, si vous n'assimilez pas le message, il faut se poser des questions. Jo a donc opté pour un changement de cap. Il a estimé qu'il était temps qu'il s'assume un peu. Il s'est dit "je ne peux pas compter sur un entraîneur pour gagner des matches à ma place". Cela a été une bonne décision. Au bout d'un an et demi, avec du recul et de la réflexion sur sa propre manière de fonctionner, avec une mise en chantier radicale de ce qu'il avait envie de faire tout en ayant de bons résultats, qu'il se dise à nouveau "je vais reprendre un entraîneur", ne me semble pas être une bêtise non plus. Un entraîneur sert à canaliser son jeu, à mettre en place des stratégies par rapport à d'autres joueurs, à organiser des entraînements, à avoir des sparring-partners. Il y a pas mal de choses qui relèvent de l'intendance et qui sont de la responsabilité d'un entraîneur. Si cela le soulage et lui apporte à nouveau une manière de faire qui lui permette de tracer son chemin avec de l'efficacité sur les mois à venir, tant mieux. Encore fautil qu'il fasse le bon choix. Le fait de ne plus avoir de coach a été une excellente chose, le fait d'en vouloir un à nouveau me semble l'être aussi. Je ne sais pas s'il s'est focalisé sur quelqu'un. Reprendre Winogradsky peut être aussi une bonne solution. Quand les joueurs changent de coach, ils éprouvent, à un moment donné, un sentiment d'usure, de fatigue, on n'entend plus vraiment ce que l'autre vous dicte.

"Sur les 35 dernières années, tous les grands compétiteurs ont eu un coach."

Tsonga a manifestement encore des progrès techniques, de stratégie, à faire. Il perd encore trop souvent son service dans les débuts de set. S'il pense qu'il peut améliorer certains points avec un coach, c'est très bien. La majorité des joueurs de haut niveau ont un coach et ont les moyens de se le payer. Si un joueur de niveau moindre ne le fait pas, c'est qu'il n'a pas les moyens financiers de le faire. A ce titre, merci à la Fédération Française de Tennis qui met à disposition des gens compétents au service des joueurs pour qu'ils fassent des progrès. Il y a beaucoup de joueurs entre la 30ème et la 150ème place qui aimeraient recevoir ce type d'aide. A ma connaissance, sur les 35 dernières années, tous les grands compétiteurs ont eu un coach, qu'il soit de la famille, qu'il vienne d'un club, d'une Fédération... Il n'y a aucune exception à cela. Bartoli serait d'ailleurs bien avisée de prendre un coach. Il y a encore des choses qui peuvent être peaufinées. Son père n'a pas pratiqué le tennis à haut niveau, on ne peut donc pas dire qu'il ait les compétences requises. Maintenant il a permis à sa fille d'atteindre le gotha mondial. Mais l'un et l'autre seraient bien avisés de tenter l'expérience avec un coach, afin de pouvoir voir les choses différemment".

*Ancien joueur, capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis de 1980 à 1987, consultant télé