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Epistémologie de la communication

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Description

Cet ouvrage met en exergue les enjeux et le rôle de la métaphore dans la communication de la connaissance ouvrant une perspective théorique nouvelle sur la mise en parole et l'institution du monde symbolique de la science. Il s'agit d'un livre qui, d'une part, conceptualise le phénomène de "médiation métaphorique" à l'oeuvre dans les dispositifs compréhensifs et, d'autre part, pose dans l'épistémologie sociale la théorie de la compréhension et de la description des problèmes de communication.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2013
Nombre de lectures 60
EAN13 9782336322223
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

MihaelaAlexandra TUDOR
Epistémologie de la communication
Science, sens et métaphore
EPISTEMOLOGIE DE LA COMMUNICATION Science, sens et métaphore
Communication et Civilisation Collection dirigée par Nicolas Pélissier La collectionCommunication et Civilisation, créée enseptembre 1996, s’est donné un double objectif. D’une part, promouvoir des recherches originales menées sur l’information et la communication en France, en publiant notamment les travaux de jeunes chercheurs dont les découvertes gagnent à connaître une diffusion plus large. D’autre part, valoriser les études portant sur l’internationalisation de la communication et ses interactions avec les cultures locales. Information et communication sont ici envisagées dans leur acception la plus large, celle qui motive le statut d’interdiscipline des sciences qui les étudient. Que l’on se réfère à l’anthropologie, aux technosciences, à la philosophie ou à l’histoire, il s’agit de révéler la très grande diversité de l’approche communicationnelle des phénomènes humains. Cependant, ni l’information, ni la communication ne doivent être envisagées comme des objets autonomes et autosuffisants. Dernières parutions Claude DE VOS, Derrick de KERCKHOVE,Ecrit-Ecran, Formes d’expression, 2013. Claude DE VOS, Derrick de KERCKHOVE,Ecrit-Ecran, Formes de pensée, 2013. Claude DE VOS, Derrick de KERCKHOVE,Ecrit-Ecran, Formes graphiques, 2013. Delphine LE NOZACH,Les produits et les marques au cinéma, 2013. Nicolas PÉLISSIER, Gabriel GALLEZOT,Un monde en tout petitTwitter ? , 2013. Gloria AWAD et Carmen PINEIRA-TRESMONTANT (sous la dir. de),Les e commémorations du 20 anniversaire de la chute du mur de Berlin à travers les médias européens, 2012. Nicolas PELISSIER et Marc MARTI,Le storytelling : succès des histoires, histoire d’un succès, 2012. Pierre MORELLI et Mongi SGHAÏER (dirs.),Communication et développement territorial en zones fragiles au Maghreb, 2012. Éric DACHEUX et Sandrine Le PONTOIS,La BD, un miroir du lien social,2011. Emmanuelle JACQUES,Le plaisir de jouer ensemble. Joueurs casuals et Interfaces gestuelles de la Wii, 2011.
Mihaela-Alexandra TUDOR EPISTEMOLOGIE DE LA COMMUNICATION Science, sens et métaphore
L’Harmattan
© L’HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01001-4 EAN : 9782343010014
Introduction générale Quel est l’objet des sciences de l’information et de la communication ? Quelles sont les démarches méthodologiques spécifiques à ce domaine de recherche ? Quelles sont ses approches distinctives ? Quels sont ses ancrages théoriques et conceptuels ? Quelles sont ses compétences ? Quelle est la rigueur cartésienne à l’œuvre dans ce domaine ? Quelles sont ses limites ? Ces questions nous ont préoccupé tout au long de nos recherches menées depuis plus d’une décennie dans le domaine des sciences de l’information et de la communication. Ces questions nous préoccupent encore et resteront parmi nos préoccupations majeures, car il est difficile de donner une réponse univoque et non contestable surtout par ceux qui se réclament du domaine des sciences de l’information et de la communication, mais qui, naturellement, de par leur biographie intellectuelle et leurs « parcours individuels », comme le remar-quait Jean-Michel Utard à juste titre, sont et restent tributaires soit d’une façon inter, soit pluri, soit hyper disciplinaire à leurs réfé-rents théoriques et méthodologiques d’origine (Utard, 2002, p. 475). Même si, apparemment, la perspective que nous proposons dans cet ouvrage est non seulement « non dogmatique », mais sus-ceptible d’être située entre juxtaposition et / ou croisement disci-plinaire, ce n’est pas dans cette optique que nous l’avons abordée. Il est à noter que l’enjeu de notre proposition est un enjeu épisté-mologique qui s’apparente à celui de Yves Winkin (Winkin, 2001) qui apporte sa perspective anthropologique pour une anthro-pologie de la communication en s’appuyant sur le postulat que, fondamentalement, la communication ne se laisse pas appréhendée dans la recherche scientifique en tant qu’objet, mais en tant que cadre primaire d’analyse (Goffman, 1991). Plus exactement, nous postulons que l’analyse de la communication du point de vue épis-témologique devrait s’intéresser fondamentalement à ce qui se
trouve au cœur des processus socioculturels ainsi que des inten-tions et actions humaines. Dans cette perspective, cet ouvrage résolument inscrit par sa problématique dans le domaine des sciences de l’information et de la communication est tributaire de la longue série d’incertitudes, toujours actuelles, à l’égard de la nature, du rôle et l’importance de la métaphore dans les textes des sciences humaines et sociales. Plus précisément, le moment zéro de la problématisation est né en considérant l’expressivité métaphorique manifeste, souvent pleine d’esthétisme, de certains textes philosophiques qualifiés et / ou qualifiables – tant par l’intention explicite des auteurs que par la densité conceptuelle – comme étant des écrits éminemment dé-pourvus de tout ce qui pourrait conduire ou suggérer un lien avec la zone de l’esthétique. Cette observation nous a conduit à formuler une série d’interrogations dont les éléments de réponse apportés ici reposent originellement sur l’hypothèse que la compréhension et la description des problèmes de la communication dans la société contemporaine exigent l’identification et l’analyse des typologies métaphoriques « encapsulées » dans les processus socioculturels mêmes. Par conséquent, puisque nous pouvons trouver chez des penseurs comme Emmanuel Kant et Georg Wilhelm Friedrich He-gel des métaphorisations cachées dans la texture conceptuelle de leurs ouvrages théoriques, il ne nous semble ni sans intérêt disci-plinaire ni illégitime d’aborder le discours / les textes « essentiels » (corpus constitué des avant-coureurs, des fondateurs sur lesquels la communication s’est appuyée pour grandir, pour « venir à la rai-1 son » ) du domaine des sciences de l’information et de la commu-nication en considérant les processus de métaphorisation. Cela dit, nous postulons ici que les théories et les approches qui tentent de structurer et d’organiser le vaste domaine des sciences de l'infor-mation et de la communication ont des sources souterraines pro-fondes dans les idées et les débats philosophiques qui ont animé la
1 D’après Daniel Bougnoux à la recherche des sciences la communication et de l’information à travers son extraordinaire travail qui nous a été restitué sous la forme des textes essentiels « Sciences de l’information et de la communica-tion », Paris, Larousse, 1993, p. 5.
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e pensée européenne depuis le 18 siècle et que ces récurrences justi-fient d'autres ressemblances (voir, par exemple, Bratosin, 2001, 2004, 2007). « Car raison et communication paraissent intimement liées. C’est pourquoi le commerce des SIC avec la philosophie n’a rien d’anachronique, et court dans les deux sens » (Bougnoux, 1993). Pour mieux clarifier notre position, il est nécessaire de re-venir a l’incertitude initiale apparue lorsqu’on a surpris, dans un effort autoréflexif, la nécessité de l’intuition schématique dans le processus même de la lecture des textes tels queLa critique de la raison purede la visualisation de la dimension processuelle ou historique et mondaine de l’Esprit dansLaPhénoménologiehégé-lienne. Il s’agit d’un processus mental par lequel on élabore « des charpentes » intuitives dans un besoin aigu de soutenir les mu-railles dures et épaisses du texte conceptuel. Celui qui a parcouru les trajets conceptuels des textes de laphilosophie de systèmea fait l’expérience de ces fantasmes géométriques qui se modulent de manière diachronique dans l’imagination. Ainsi il a évolué tout au long de sa lecture dans des distorsions animées qui prennent formes par la suite a) soit dans des cartes conceptuelles, avec des territoires partagés de manière fidèle entre les concepts clés qui se trouvent en conflit ou en harmonie, b) soit dans une architecto-nique des termes, avec des piliers, des niches, des arcs de voûte, semblables aux cathédrales qui se construisent avec des mots, sous le regard même d’un esprit souvent impuissant. Il y a, dans tout cet effort de mise en fiction, une tentative du lecteur de créer « une image », « un processus » de la raison, « un chemin » de l’Esprit absolu, « un cadre » des formesa prioride la sensibilité, une recherche continue d’incarner dans une intuition faible cette sémantique excessivement distillée des textes conceptuels. Nous avons remarqué par la suite que les auteurs mêmes procédaient d’une manière similaire lorsqu’ils parlaient de leurs propres entre-prises philosophiques dans les termes d’une architectonique ou d’une géographie spirituelle. Il y avait dans ces exemples et illus-trations non seulement une tentative d’aider le lecteur, mais aussi une tentative de réaliser une esquisse originaire de la pensée, l’intuition même de leur projet conceptuel. 9