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Le French Open, c'est Paris !

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Le French Open, c'est Paris ! Ils ont frémi. Les adeptes de la Porte d'Auteuil commençaient vraiment à croire que la Fédération Française de Tennis (FFT) allait voter le déménagement de Roland-Garros. Mais c'est avec soulagement que les fans de la terre battue ont appris que les hautes instances de la FFT allaient conserver ce lieu mythique comme terre d'accueil des Internationaux de France. Une décision prise après plusieurs mois de lutte acharnée entre les différents sites qui se proposaient pour accueillir un futur Grand Chelem. Au mois de février dernier, les délégués de la Fédération ont voté en masse pour le projet de la ville de Paris qui prévoyait de conserver les Internationaux de France à la Porte d'Auteuil. Avec près de 70% des voix, c'est un véritable plébiscite pour les défenseurs de ce maintien, à commencer par le comité directeur de la FFT qui s'était prononcé en faveur de ce projet. La petite révolution qui prévoyait donc le déménagement de ce célèbre tournoi du Grand Chelem à Gonesse, Marne-La-Vallée ou encore Versailles après 2016 n'aura pas lieu. Un choix tout à fait logique selon Gilbert Ysern, le directeur général de la Fédération Française de Tennis et de Roland- Garros pour qui rester sur ce site est "extrêmement important. On sait toute la force que le tournoi a puisé dans son ancrage, Porte d'Auteuil. Or, nous avons trouvé le moyen de répondre à nos besoins en matière de développement sans avoir à quitter ce lieu magique.

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Date de parution 03 mai 2011
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Langue Français

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Le French Open, c'est Paris !

Ils ont frémi. Les adeptes de la Porte d'Auteuil commençaient vraiment à croire que la Fédération Française de Tennis (FFT) allait voter le déménagement de Roland-Garros. Mais c'est avec soulagement que les fans de la terre battue ont appris que les hautes instances de la FFT allaient conserver ce lieu mythique comme terre d'accueil des Internationaux de France. Une décision prise après plusieurs mois de lutte acharnée entre les différents sites qui se proposaient pour accueillir un futur Grand Chelem. Au mois de février dernier, les délégués de la Fédération ont voté en masse pour le projet de la ville de Paris qui prévoyait de conserver les Internationaux de France à la Porte d'Auteuil. Avec près de 70% des voix, c'est un véritable plébiscite pour les défenseurs de ce maintien, à commencer par le comité directeur de la FFT qui s'était prononcé en faveur de ce projet. La petite révolution qui prévoyait donc le déménagement de ce célèbre tournoi du Grand Chelem à Gonesse, Marne-La-Vallée ou encore Versailles après 2016 n'aura pas lieu. Un choix tout à fait logique selon Gilbert Ysern, le directeur général de la Fédération Française de Tennis et de Roland-Garros pour qui rester sur ce site est "extrêmement important. On sait toute la force que le tournoi a puisé dans son ancrage, Porte d'Auteuil. Or, nous avons trouvé le moyen de répondre à nos besoins en matière de développement sans avoir à quitter ce lieu magique. C'est donc que le choix est le bon ! Les grands évènements ont une personnalité forte et unique, ils ne sont pas reproductibles. En restant à Paris, nous savons qu'il n'y aura jamais un deuxième Roland-Garros dans le monde. Parce que Paris est une grande capitale, parce que nous sommes dans un site exceptionnel. C'est unique et cela fait partie de la force du tournoi. Si nous avions quitté Paris, le risque aurait été une forme de banalisation. Nous nous serions lancés dans la course au gigantisme, mais nous aurions développé un stade plus ordinaire."

"Si nous avions quitté Paris, le risque aurait été une forme de banalisation"

Car les autres projets, tous situés en banlieue parisienne, présentaient de nombreux arguments qui auraient pu plaire aux membres de la FFT, au public et surtout aux joueurs. Avec un site de 32 hectares, la candidature de Gonesse prévoyait la construction de 55 courts de tennis dont trois grandes arènes de 8000, 12 000 et 18 000 places avec une capacité de 60 000 spectateurs/jour pendant le tournoi. Assez bien desservie par les transports en commun, cette ville promettait d'être prête à accueillir les Internationaux de France dès 2015. En plus d'être le projet le moins coûteux après Paris (470 millions d'euros), ce site aurait complètement appartenu à la Fédération Française de Tennis et ne présentait pas de risque juridique vis-à-vis des riverains ou des écologistes. Mais dans les mauvaises notes, l'éloignement de la ville de Gonesse par rapport à la capitale et son image, malheureuse-ment pas forcément très attirante. Le projet de Marne-la-Vallée présentait à peu près les mêmes avantages et inconvénients que Gonesse. Un très grand site (35 hectares), trois grandes arènes, bien desservi par les transports en commun...

Qu'est-ce-qui va changer à la Porte d'Auteuil ?

Le projet parisien récemment adopté par la Fédération Française de Tennis va apporter plusieurs modifications du site qui accueille actuellement les Internationaux de France. Cinq nouveaux hectares vont être aménagés faisant passer la superficie du terrain de 8 à 13,5 hectares grâce à l'extension du site sur une partie des serres d'Auteuil. Légèrement petit quand on observe la taille des terrains proposés par les autres villes (minimum 35 hectares). Le court central Philippe-Chatrier (15 000 places) va être doté d'un toit pour empêcher les interruptions à cause de la pluie. En plus du court Suzanne-Lenglen, un nouveau court de 5000 places doit être construit à la place du court numéro 1, mais entraînera le déménagement du Centre National d'Entraînement et de la Direction Technique par manque de place. Le coût devrait normalement avoisiner les 235 millions d'euros avec un nouveau bail de 99 ans.

Mais toujours ce déficit d'image et de popularité par rapport aux projets de Versailles ou de Paris, et une proximité avec Disneyland Paris pas forcément appréciée par la FFT. Versailles justement. Cette ville, célèbre pour son château, était la seule qui risquait de faire passer le site parisien aux oubliettes. Un lieu unique, reconnu dans le monde entier et grand (35 hectares) par rapport à la capitale. Mais, malgré tout, plusieurs hics. Le prix tout d'abord. Minimum 500 millions d'euros, une somme exorbitante qui a fait peur à la Fédération car les travaux qui promettaient d'être longs (pas réalisables avant 2017), et contestés par des riverains ou des écologistes. Sans oublier une accessibilité pas très simple malgré sa courte distance avec la capitale française.

"Nous avons pris le parti du "toujours mieux" par rapport au "toujours plus""

Des problèmes qui ont empêché le déménagement de Roland-Garros à Versailles et c'est le site de Paris qui a finalement été retenu. Un manque d'ambition ? Pas du tout selon Gilbert Ysern pour qui c'est "tout le contraire". Le directeur général de la Fédération Française de Tennis parle d'une "vision stratégique. Un vrai choix, courageux, parce que cela va justement à contre-courant de la tendance actuelle, à savoir la course au gigantisme des stades. Nous préférons cultiver notre différence, et notre différence, c'est ce stade urbain dans un site au cachet exceptionnel. Nous voulons démontrer que l'on peut faire le plus beau, là où les autres veulent faire le plus grand. Et il faut être conscient d'une chose : nous sommes une fédération sportive, nous sommes des responsables. Ce projet est un beau projet. Nous nous attacherons à garder une conduite irréprochable tant sur un plan architectural et urbanistique, qu'environnemental", poursuit Ysern. Roland-Garros restera donc bien à la Porte d'Auteuil après 2016. Une décision qui fait le bonheur de tous les amoureux de ce lieu si unique dans le tennis mondial. Car même si quitter la ville de Paris aurait permis un meilleur confort et plus de place, un déménagement aurait sans doute enlevé énormément de charme à cette épreuve du Grand Chelem. Paris n'est pas aussi bien équipé que Melbourne Park ou que Flushing Meadows, mais il est aimé comme il est. Une opinion que rejoint forcément Gilbert Ysern : "Avoir choisi de rester à Paris est très impliquant. Nous avons clairement pris le parti du "toujours mieux" par rapport au "toujours plus". C'est une notion essentielle. "Toujours mieux" cela veut dire tout mettre en oeuvre pour que le tournoi soit le plus beau et pas forcément le plus grand." Mais le plus beau n'est pas encore acquis. Car si l'aménagement de la Porte d'Auteuil va être revue, plusieurs voix s'élèvent déjà contre la destruction d'une partie des serres d'Auteuil dont la place pourra servir à agrandir le site actuel. La secrétaire nationale du groupe Europe Ecologie-Les Verts Cécile Duflot s'est récemment déclarée "fondamentalement opposée à la destruction des serres d'Auteuil". Une pétition a même été lancée par des riverains à ce sujet. Mais le Maire de Paris a affirmé que seules les serres construites récemment seront détruites et leurs plantes déplacées dans un endroit adéquat, contrairement aux "serres historiques" réalisées par l'artiste Jean-Camille Formigé en 1898 qui, elles, ne seront pas touchées. Reste à voir si ces arguments vont convaincre les opposants, mais la partie ne semble pas encore gagnée...

Et chez nos voisins ?

Si Roland-Garros pose de nombreux problèmes à ses organisateurs, ce n'est pas forcément le cas des autres tournois du Grand Chelem. En Australie, si les premiers tournois se déroulaient dans les enceintes vétustes de Kooyong, l'Open d'Australie a rapidement déménagé dans un site plus adapté en 1988 : Melbourne Park. Ce site est très apprécié par le public australien car il n'est pas très loin de la ville de Melbourne en transport. A Wimbledon (Royaume-Uni, en photo), le site est assez éloigné de Londres, mais possède plus de place. De récents travaux y ont été effectués avec notamment la construction d'un nouveau stade de 4000 places en 2009. Comme Melbourne, l'US Open possède aussi un lieu assez imposant pour que cette compétition se déroule parfaitement. Situé à New-York, près du quartier du Queens, Flushing Meadows accueille ce tournoi du Grand Chelem depuis 1978. Profitant d'un parc de près de 500 hectares, il y a de la place pour tout le monde...