Les grandes gueules ont-elles disparu?
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Français

Les grandes gueules ont-elles disparu?

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Description

Les grandes gueules ont-elles disparu? Marat Safin a cassé... 1055 raquettes dans sa carrière ! Une raquette cassée. Un arbitre invectivé. Un public qui hue. Un match perdu dans le plus grand désordre. Beaucoup penseraient cela impossible aujourd'hui et pourtant, il suffit de remonter le temps quelques mois pour en trouver trace. L'US Open vit ces dernières heures quand Serena Williams perd vite pied pour s'énerver particulièrement auprès de l'arbitre en contestant sans cesse de nombreuses décisions et en sortant de sa finale, remportée ce jour-là par Samantha Stosur (6-2, 6-3). Avec une amende de 2000 dollars (1534 euros) en prime pour elle. L'Américaine n'en était pas à son coup d'essai et malgré son expérience, Serena Williams a souvent eu l'occasion de s'emporter quand le match ne se déroulait pas à son avantage. En 2009, l'ancienne numéro 1 sera la protagoniste de l'une des plus tragiques fins de match d'un tournoi de Grand Chelem. Au Stadium Arthur Ashe, elle affronte Kim Clijsters en demi-finale de l'US Open. Sur le service de l'Américaine, la Belge est à deux points du match quand le juge de ligne lui signifie une faute de pied sur sa deuxième mise en jeu. Serena Williams rentrera alors dans une colère folle au point de menacer verbalement la juge qui ira se plaindre auprès de l'arbitre de chaise qui donnera un nouvel avertissement, son deuxième du match, qui aura pour conséquence d'offrir la victoire à Clijsters (6-4, 7-5).

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Date de parution 21 janvier 2012
Nombre de lectures 17
Langue Français

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Les grandes gueules ont-elles disparu? Marat Safin a cassé... 1055 raquettes dans sa carrière !

Une raquette cassée. Un arbitre invectivé. Un public qui hue. Un match perdu dans le plus grand désordre. Beaucoup penseraient cela impossible aujourd'hui et pourtant, il suffit de remonter le temps quelques mois pour en trouver trace. L'US Open vit ces dernières heures quand Serena Williams perd vite pied pour s'énerver particulièrement auprès de l'arbitre en contestant sans cesse de nombreuses décisions et en sortant de sa finale, remportée ce jour-là par Samantha Stosur (6-2, 6-3). Avec une amende de 2000 dollars (1534 euros) en prime pour elle. L'Américaine n'en était pas à son coup d'essai et malgré son expérience, Serena Williams a souvent eu l'occasion de s'emporter quand le match ne se déroulait pas à son avantage. En 2009, l'ancienne numéro 1 sera la protagoniste de l'une des plus tragiques fins de match d'un tournoi de Grand Chelem. Au Stadium Arthur Ashe, elle affronte Kim Clijsters en demi-finale de l'US Open. Sur le service de l'Américaine, la Belge est à deux points du match quand le juge de ligne lui signifie une faute de pied sur sa deuxième mise en jeu. Serena Williams rentrera alors dans une colère folle au point de menacer verbalement la juge qui ira se plaindre auprès de l'arbitre de chaise qui donnera un nouvel avertissement, son deuxième du match, qui aura pour conséquence d'offrir la victoire à Clijsters (6-4, 7-5).

Quand Serena Williams et Roger Federer s'énervent...

Pourtant, il était difficilement imaginable de voir de vives contestations chez les femmes au contraire des hommes. Les temps changent. Néanmoins, le tennis semble être devenu plus sage aujourd'hui. Encadré par des règles précises et des amendes plus lourdes, il est difficile d'identifier un réel héritier à John McEnroe, Jimmy Connors, Ilie Nastase ou Henri Leconte qui étaient connus pour toujours remettre en cause certaines décisions arbitrales. Une image qui a d'ailleurs fait du tort à Henri Leconte après sa retraite. "Je n'étais pas politiquement correct, expliquait-il dans son autobiographie. J'ai une grande gueule. Ça n'allait pas pour la télévision. Je suis franc. J'aime dire ce que je pense." Comme joueur, cela lui avait même joué des tours avec le public français avec qui, il s'était même brouillé quelques années. A l'image de Cédric Pioline qui, à ses débuts, n'avait pas hésité à adresser un bras d'honneur au public de Bercy en 1995, pour en devenir quelques années plus tard, l'un des chouchous. Il n'est pas le seul dans ce cas-là. Martina Hingis se mettra tout le public de Roland-Garros à dos en 1999 en finale face à Steffi Graf (6-4, 5-7, 2-6), après avoir contesté une décision de l'arbitre et allant même jusqu'à servir à la cuillère par la suite. Elle quittera le court sous les sifflets et viendra prendre son trophée de finaliste en larmes accompagnée de sa mère. Chez les hommes, ce sont souvent les raquettes qui trinquent. Le champion toutes catégories reste sans contestation Marat Safin. En une saison, le Russe a dû changer de raquettes à 48 reprises. Le chiffre de 1055 raquettes cassées a même été répertorié par l'ATP qui lui a remis un trophée à cette occasion en Chine récemment. Mais sur une saison de tennis, il n'est pas rare de voir le plus calme des joueurs se plaindre ou raller contre l'arbitre, voire même le public. Roger Federer ne s'en est pas privé régulièrement dans sa carrière. Ses "Be quiet" (Restez tranquille) tournent en boucle sur internet. Tout comme les colères de Fernando Gonzalez qui possède également un sacré coup de raquette au moment de frapper le sol. Mikhail Youznhy s'est déjà montré plus virulent en frappant le cadre de sa raquette avec la tête. La preuve que tout le monde peut un jour ou l'autre se tourner avec virulence pour avoir une explication avec l'arbitre comme cela a été le cas pour Rafael Nadal en 2010 à Wimbledon lors de son match face à Robin Soderling. Andy Roddick est un habitué et ne se gêne pas de souvent prendre à témoin l'arbitre de chaise pour lui expliquer son ressentiment lors des minutes de repos, entre deux jeux. Mais aujourd'hui, les amendes et les avertissements sont assez importants pour freiner les ardeurs des plus téméraires champions de tennis. Nicolas Mahut en a fait l'amère expérience l'an passé à Roland-Garros. Au 1er tour, il écopera d'une amende de 800 dollars (556 euros) pour avoir franchi le filet, voulant vérifier une marque. Ce qui est strictement interdit par l'ITF. Une expérience qu'il n'oubliera pas. "OK, j'ai enfreint les règles, avait-il réagi après. Mais honnêtement 800 dollars pour ça, c'est abusé, non?" Mais au final, se montrer colérique et s'énerver sur toutes les décisions, bonnes ou mauvaises, n'est pas fait pour faciliter la vie du sportif du haut niveau. Au contraire, il est plutôt conseillé de rester dans sa bulle et faire abstraction des évènements pour réussir au mieux son match. Un conseil avisé que ne manque pas de donner John McEnroe aux joueurs d'aujourd'hui. "Je pense que j'aurais été un meilleur joueur sans ces excès de colère, avouait-il au moment de faire le point sur sa carrière. Ils étaient incompatibles avec mon jeu. Au lieu de crier contre l'arbitre ou de l'insulter, j'aurais dû me servir de cette énergie pour me motiver et sublimer. Je ne regrette rien car c'est ma personnalité. Je ne pouvais pas agir autrement. Les médias se sont beaucoup focalisés sur ces moments de ma carrière, mais je sais que les gens ne retiennent pas que cela." La preuve que même les caractères les plus endurcis peuvent faire preuve de sagesse avec le temps. Et pour que John McEnroe le dise, c'est qu'il est forcément sérieux. Mais nous, on regrette quand même ses colères dans un tennis aujourd'hui de plus en plus aseptisé. Heureusement que Djokovic et Wozniacki font parfois le show !