Nouveaux espaces de partage des savoirs

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Le savoir n'est plus l'apanage d'une catégorie de la population mais le résultat d'une co-construction dans laquelle l'expertise naît de l'intelligence collective. Les réseaux sociaux et les plateformes construites à cet effet révèlent de nouvelles dynamiques s'inscrivant dans des politiques publiques appropriées. Cet ouvrage analyse ces différents réseaux, les dynamiques qui les sous-tendent et les politiques publiques sur lesquelles ils reposent.

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Date de parution 01 janvier 2012
Nombre de lectures 87
EAN13 9782296477643
Langue Français

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NOUVEAUX ESPACES DE PARTAGE DES SAVOIRS
© L’HARMATTAN, 2011 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.comdiffusion.harmattan@wanadoo.frharmattan1@wanadoo.frISBN : 978-2-296-56617-0 EAN : 9782296566170
Sous la direction de Alain KIYINDOU et Rocio AMADOR BAUTISTA NOUVEAUX ESPACES DE PARTAGE DES SAVOIRS Dynamiques des réseaux et politiques publiques Avec les contributions de Rocío Amador Bautista, Didier Bede, David Benmahdi, Amélie Fiorello, Catherine Foucaud-Scheunemann, Fidelia Ibekwe-SanJuan, Sophie Kennel, Alain Kiyindou, Anne-Marie Laulan, Françoise Morel-Deville, Emmanuel Murhula A. Nashi, Widad Mustafa El Hadi, Loum Ndiaga, Nathalie Pinède- Wojciechowski, David Reymond, Patrick Saerens, Grégory Spiet, Lise Vieira L’Harmattan
Du même auteur Cultures, technologies et mondialisation, L’Harmattan, 2010. Technologies de l’information et de la communication. Enjeux et usages pour le développement, Hermes Lavoisier, 2010. Pays en développement face à la société de l’information, L’Harmattan, 2009. Fractures, fragmentations et mutation. De la diversité des cultures numériques, Hermes Lavoisier, 2009.Communication et dynamiques de globalisation culturelle, L’Harmattan, 2009. La liberté d’expression face à l’évolution économique libérale, Bruylant, 2007.
retrouvez tous les ouvrages d’Alain Kiyindou sur http://www.editions-harmattan.fr
AVANT-PROPOS
ALAINKIYINDOU,LABORATOIREMICA,UNIVERSITÉ BORDEAUX3
LeColloque internationalDe la société de l’information vers les sociétés du savoir,s’inscrit dans une réflexion amorcée lors des colloques organisés en 2003, 2006 et 2007 à Strasbourg, France, autour des problématiques du Sommet mondial sur la société del’information2003 et Tunis (Genève 2005) et lors des colloques de Brazzaville (R. Congo) et Kinshasa (RD. Congo) de 2006, de Jijel (Algérie) de 2008, autour du rapport culture et communication en contexte de mondialisation.C’est précisément à Jijel en Algérie, en mai 2008 ques’est développée l’idée d’organiser cette rencontrede Mexico autour des questions liées à la connaissance et au savoir. Cette problématique est à analyser au regard des deux notions clés :société de l’information etsociétés du savoirLa société del’informationune société dans laquelle est l’information est, indépendamment du canal emprunté, intensivement partagée pour le bien-être social, politique, économique et financier des hommes. Cette définition pose l’indépendancede la société del’informationde tout vis-à-vis essor technologique et fait du partage et de la connaissance de l’autre, un élément fondamental. En effet,l’information peut être plus efficace, c'est-à-dire mieux comprise et acceptée en utilisant des canaux moins complexes.L’essentiel étant d’être en rapport (au sensd’Éric Berne) avec ses interlocuteurs. La société del’information devient donc celle quise nourrit de ses diversités et de ses capacités, c'est-à-dire quis’inscrit dans unmouvement dialogique. Toutefois, la société del’information reste très marquée par la technologie. En effet, les technologies de l’information et de la communication bénéficient d’un quasi-consensus sur leur rôle positif sur le développement individuel et collectif. Cela n’est pas étonnant puisque l'évolution de la technique (le progrès technique) a souvent été considérée comme le moteur de l'évolution de l'économie et de la société.
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Parmi les plus célèbres réflexions sur le rôle de la technique figurent celles de Karl Marx, qui considère que l'évolution technique entraîne celle de l'économie, ce qui forme l'« infrastructure » de la société. De cette infrastructure découlent des rapports de production et des rapports sociaux en général, ainsi que des systèmes de valeurs associés, qui forment la « superstructure » de la société. Àl’évidence, nous sommes passés d’une logique de reproduction à une logique d’innovation, dans laquelle il ne suffit plus de refaire ce qui s’est fait de mieux dans le passé ou ailleurs et c’est dans cette logique que s’inscrit cet ouvragequi contribue à penser la technique et ses usages en tenant compte de ce que De Certeau appelle les « arts de faire ». Les articles rassemblés ici prennent en compte la question des retombées de la technologie ou de la technique dans la circulation des savoirs. Ceux-ci, comme le rappelle Jacques Ellul, «comportent trois sortes d'effets, les effets voulus, les effets prévisibles et les effets 1 imprévisibles».Le discours des auteurs oscille entre les termes « société de la connaissance », «société de l’information », « société des savoirs ». L’Unesco explique sa préférence pour le concept de « société des savoirs » par le fait que celui-ci apparaît comme étant le résultat d’une réflexion sur le type de société dans 2 laquelle nous souhaitons vivre . Il serait plus riche et favoriserait davantage l'autonomisation que les concepts de technologie et de connectivité, qui souvent sont au centre des 3 débats sur la société de l'information . Celle-ci n’a de sens que si elle favorise l'essor des sociétés du savoir et se propose pour fin de tendre au développement humain fondé sur les Droits de l'Homme. Dans les « sociétés du savoir», le modèle d’une
1 Jacques Ellul,La technique ou l'enjeu du siècle, Economica, 1990, page 407. 2  Jean Favier, « Avant propos »,La société de l’information: glossaire critique, La Documentation française, Paris, 2004, pp. 5-7. 3 Unesco,Vers les sociétés du savoir, Unesco, Paris, 2005.
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économie globale comme paradigme d'organisation sociale à partir du développement et l'expansion des TIC présuppose l’existence de communautés et de réseaux sociaux pour l’accès au savoir. Aborder la question de la société des savoirs impose donc de s’arrêter sur la notion de savoirque l’on considère généralement 4 comme un ensemble organisé de connaissances . Ces connaissances ne sont pas uniquement scientifiques, elles concernent tout ce que nous pouvons apprendre et transmettre. Le savoirn’est pas mécanique, «il requiert la mise à distance, 5 l’établissement des priorités, de hiérarchisation». La transformation d'une information en savoir suppose un travail 6 de réflexion. Elle souligne qu’une information n'est que donnée brute, la matière première de l'élaboration d'un savoir. L’accès à l’information reste donc inutile sans la capacité d’en 7 comprendreet d’en utiliser la substance. Sven Ove Hanssonajoute une autre dimension en considérant qu’il est d’abordune espèce de croyancepuisque ce que l’on ne croit pas ne saurait être du savoir. En effet, pour qu’un objet puisse être considéré comme un savoir, il faut qu’il soit assimilé dans le système de croyances du sujet connaissant. Ici se pose la question de l’internationalisation des savoirs véhiculés à travers les TIC.Dans le domaine de la recherche et de la science, l’idée de société de l’information a déjà fait l’objet de débats et de 8 controverses aux alentours de 1970 . Qualifiée de postindustrie-lle, la société de l’information a été au centre des préoccupa-
4  La notion de savoir fait également référence aux aptitudes reproductibles, acquises par l'étude ou l'expérience. 5  Lucien Sfez,Information, savoir et communication, Centre Galilée, Paris, 2003 page 13. 6 Unesco,Vers les sociétés du savoir,Unesco, Paris, 2005. 7  Sven Ove Hansson, « les incertitudes de la société du savoir », Revue internationale des sciences socialesn° 171, Unesco 2002, pp 43-51. 8  Bernard Miège, « La société de l'information : toujours aussi inconceva-ble ? », Revue européenne des sciences sociales, tome XL, n° 123, Gallimard, Paris, 2002, pp. 41-54.
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9 tions d’auteurs comme Alain TouraineZbigniew (1969), 10 11 12 Brzesinski (1971), Daniel Bell (1973), Yoneji Masuda (1980) etc. Ces auteurs insistent, en effet, sur le fait que le changement social n'est pas uniquement le fait d'activités de communication et rappellent la complexité des faits sociaux. En effet, face à la réalité sociale, l’individu ne cesse d'intervenir, de ruser, de s'accommoder, de transformer le réel, de changer les lois, 13 d'inventer des règles, bref, de s'arranger avec la vie . En toutcas, plus qu’hier, les espaces d’échange de savoir envahissent notre quotidien même si de nombreuses interrogations subsistent sur la qualité des savoirs diffusés. Ces dispositifs se cristallisent autour de communautés, s’appuient tant que faire se peut sur des politiques publiques plus ou moins explicites ainsi que sur des logiques ou des pratiques qui peuvent tout aussi être individuelles ou collectives, privées ou professionnelles. Toutefois, le rapport établi entre la société et l’information ou entre société de l’information et société des savoirs, suscite quelques interrogations : De quel(s) savoir(s) parle-t-on ? Quels en sont les modèles de référence, les modalités de partage, les logiques, les réseaux, les acteurs ?Quel est l’impact de la généralisation des TIC dans les universités ? Comment l’organisation des communautés et réseaux contribue-t-elle à l’accès au savoir dans le système éducatif et dans les entreprises ? Quel est le rôle des professionnels de
9 Alain Touraine,La société post-industrielle, Denoël, Paris, 1969. 10  Zbigniew Brzesinski,La révolution technétronique, Calmann-Lévy, Paris, 1971. 11 Daniel Bell,Vers la société post-industrielle, Laffont, Paris, 1976, (version anglaise publiée en 1973). 12 Yoneji Masuda,The information Society as post-industrial Society, Institute for the Information Society, Tokyo, 1980. 13  Michel de Certeau,L’invention du quotidien, Union générale des éditeurs, Paris, 1980.
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