THIERRY BOUTSEN " Jean Todt va faire du bien au sport automobile"
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THIERRY BOUTSEN " Jean Todt va faire du bien au sport automobile"

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Description

THIERRY BOUTSEN " Jean Todt va faire du bien au sport automobile" Que devenez-vous? Je fais du négoce d'avions, c'est-à-dire qu'avec ma société, on achète et on vend des avions, neufs ou d'occasion, des avions d'affaires uniquement, pas des avions de ligne. On ne fait rien d'autre, pas de transports publics, pas de propriété partagée, on ne fait pas de maintenance, tout ça on le confie à des partenaires. Comment vous êtes-vous retrouvé dans ce secteur, l'aviation? C'est une passion qui m'a toujours animé, depuis très jeune. J'ai passé ma licence vers 21 ans, et j'ai pu jouir de cette passion durant ma carrière de pilote, puisque j'avais mon propre avion et je me déplaçais grâce à ça pour me rendre aux séances d'essais, aux courses... Et j'ai tenu à ce que ma seconde carrière soit en rapport avec ça. Et en travaillant en partie à Monaco, vous avez également l'occasion de vous replonger dans la F1 une fois par an... Le fait qu'on soit basés à Monaco tient plutôt au fait que j'ai déménagé ici en 1984, je m'y sens bien, c'est mon "pays d'accueil", et j'aime beaucoup cet endroit. Vous continuez à fréquenter les circuits via votre écurie de course en Le Mans Series, Megane Trophy... La passion est donc toujours là ? Absolument. Mais je n'ai plus le temps de m'en occuper comme je le faisais avant. J'ai un métier très, très différent maintenant.

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Date de parution 02 avril 2011
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Langue Français

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THIERRY BOUTSEN " Jean Todt va faire du bien au sport automobile"

Que devenez-vous? Je fais du négoce d'avions, c'est-à-dire qu'avec ma société, on achète et on vend des avions, neufs ou d'occasion, des avions d'affaires uniquement, pas des avions de ligne. On ne fait rien d'autre, pas de transports publics, pas de propriété partagée, on ne fait pas de maintenance, tout ça on le confie à des partenaires.

Comment vous êtes-vous retrouvé dans ce secteur, l'aviation? C'est une passion qui m'a toujours animé, depuis très jeune. J'ai passé ma licence vers 21 ans, et j'ai pu jouir de cette passion durant ma carrière de pilote, puisque j'avais mon propre avion et je me déplaçais grâce à ça pour me rendre aux séances d'essais, aux courses... Et j'ai tenu à ce que ma seconde carrière soit en rapport avec ça.

Et en travaillant en partie à Monaco, vous avez également l'occasion de vous replonger dans la F1 une fois par an... Le fait qu'on soit basés à Monaco tient plutôt au fait que j'ai déménagé ici en 1984, je m'y sens bien, c'est mon "pays d'accueil", et j'aime beaucoup cet endroit.

Vous continuez à fréquenter les circuits via votre écurie de course en Le Mans Series, Megane Trophy... La passion est donc toujours là ? Absolument. Mais je n'ai plus le temps de m'en occuper comme je le faisais avant. J'ai un métier très, très différent maintenant. Donc je vois ça avec un petit peu de recul et je travaille main dans la main avec Olivier et Olivia, qui gèrent de manière absolument parfaite l'écurie (Boutsen Energy Racing, Ndlr)en Belgique.

Auriez-vous pu, ou pourriez-vous, revenir dans le monde de la F1 en tant que directeur d'équipe ou sous une autre forme ? Quand j'ai décidé d'arrêter la compétition automobile, c'était parce que je voulais faire autre chose. Je voulais changer de milieu, de business complètement. Et je me suis lancé dans l'aviation. Avec mon épouse, nous avons tous les deux fondé une société à Monaco, et ça s'est développé petit à petit. Je fais ce métier-là avec autant de passion et autant de plaisir que ce que je faisais quand je pilotais des Formule 1. J'ai fait ça pour changer de milieu, et je n'ai absolument pas le temps, ni l'envie de faire quelque chose de plus intensif dans la compétition automobile. Ce serait mettre en danger mon activité principale. J'ai une ligne de conduite bien personnelle, je disais toujours et je le dis encore que les choses, je les fais bien ou pas du tout. Et les faire bien, ça veut dire à temps plein. Et faire deux choses à moitié, autant ne rien faire du tout.

Quel bilan feriez-vous de votre carrière de pilote ? C'est une question très compliquée. Mais en gros, c'est globalement positif. En débutant, j'avais bien sûr une idée de ce que je voulais faire, mais je me suis surpris à chaque course, à chaque progression, de pouvoir avancer, de pouvoir me battre, et d'être compétitif. Et chaque étape a été un très, très bon souvenir et une très bonne chose pour moi. Que ça soit la Formule Ford, la Formule 3 jusqu'à la F1, gagner des Grands Prix (trois en 1989 et 1990 chez Williams-Renault, Ndlr), gagner des courses d'Endurance (24 heures de Daytona en 1985, Ndlr), chaque moment a été très, très important.

Il y a également quelques mauvais souvenirs...

Oui, il y en a plusieurs. A mon tout petit niveau, chaque fois de ne pas avoir pu gagner est un mauvais souvenir, mais à part ça, les moments pénibles, c'est la perte de coéquipiers ou de pilotes avec qui on roulait. C'étaient des concurrents, mais aussi des amis. A chaque fois.

La mort de Stefan Bellof a longtemps été votre plus mauvais souvenir. C'est toujours le cas aujourd'hui ? Il y a eu lui bien sûr, mais aussi Christian Parain, Winkelhock, Ayrton Senna... il y en a beaucoup. C'étaient des amis très, très proches, tous.

Vous êtes resté en contacts avec des pilotes de votre époque, ou de celle d'avant, et celle d'après bien que vous ayez quitté ce milieu ? J'ai quitté le milieu, mais il y a beaucoup de pilotes qui habitent Monaco, les environs ou même plus loin. Mais les contacts que l'on avait à l'époque sont restés, et on se voit de temps en temps, quand l'occasion se présente.

Que pensez-vous de l'évolution de la F1 aujourd'hui, par rapport à votre époque, où il y avait plus de dépassements, et peut-être plus de spectacle également ? La Formule 1 a beaucoup, beaucoup évolué depuis que j'ai arrêté en 1993. Il y a l'arrivée des nouvelles technologies, la soufflerie par exemple n'était qu'à son début à mon époque, les ordinateurs ne s'utilisaient que très peu. Ça a beaucoup évolué. Alors estce mieux ou non aujourd'hui, je ne sais pas, c'est très différent, c'est sûr. Ça a permis sans doute à des pilotes plus jeunes et inexpérimentés de pouvoir briller, ce qui à mon époque était impossible. On avait besoin d'un bagage technique beaucoup plus important. Mais est-ce que c'est moins bien, je ne sais pas. C'est différent, comme je l'ai dit. La seconde chose, c'est que la Formule 1 subit des changements très importants chaque année, et je crois qu'elle est en recherche de stabilité. Et l'arrivée de Jean Todt à la tête de la FIA fait que le sport automobile et la Formule 1 vont devenir beaucoup plus stables et beaucoup moins chers. Et tout ce qui se passe actuellement va dans ce but-là. Alors est-ce que le KERS va marcher ou pas, ça, c'est du détail, mais je sens de gros changements en cours de préparation actuellement et je pense que c'est grâce à l'arrivée de Jean Todt que c'est le cas. Et je pense que ça va être bénéfique pour la F1, à moyen et à long terme.

La France déplore de ne plus avoir de pilotes en F1, ni même de Grand Prix, et n'a désormais plus d'écuries non plus avec le rachat de l'écurie Renault par Lotus. Le sport automobile belge se porte-t-il mieux, avec le Grand Prix de Spa-Francorchamps à nouveau au calendrier et Jérôme d'Ambrosio chez Virgin Racing ? La Formule 1 en Belgique était absente au niveau des pilotes depuis pas mal de temps, treize ou quinze ans (en fait depuis Philippe Adams en 1994, Ndlr). On avait bien sûr toujours un circuit, qui est mythique, Spa-Francorchamps, mais il a eu lui aussi pas mal de difficultés par le passé, il n'a pas toujours été présent au calendrier du championnat du monde. Les Belges se débattent avec leurs moyens, les Français aussi. On a actuellement la chance d'avoir un pilote exceptionnel qui va débuter en F1, on a la chance d'avoir un circuit exceptionnel, donc on est mieux lotis que la France, actuellement. Mais peut-être qu'en France, il y aura aussi bientôt un pilote exceptionnel capable de courir en F1 et qu'il va faire changer complètement le cours des choses.

"D'Ambrosio, un pilote exceptionnel"

Que deviennent les recalés de 2011?

Nico Hülkenberg: 19 GP en 2010 chez Williams, 15 arrivées, 7 dans les points, 1 pole-position (Brésil), 22 points. Evincé pour laisser la place à Maldonado et ses pétrodollars, Hülkenberg s'est engagé comme troisième pilote chez Force India. Pedro de la Rosa: 13 GP chez Sauber, 7 arrivées, 1 dans les points, 6 points (7e en Hongrie). Remercié après le Grand Prix d'Italie et remplacé par Nick Heidfeld (qui assure l'intérim de Kubica pour le début de saison 2011), de La Rosa (en photo) a achevé la saison comme pilote essayeur de Pirelli pour le développement des nouvelles gommes italiennes. Il s'est engagé en 2011 comme troisième pilote chez McLaren, poste qu'il a déjà occupé par le passé (2003-2010). Karun Chandhok: 10 GP chez HRT, 6 arrivées. Ses faibles résultats au volant d'une voiture certes très peu fiable lui ont valu d'être remercié après le Grand Prix de Grande-Bretagne et remplacé par Sakon Yamamoto. Il a retrouvé un volant pour 2011 en tant que troisième pilote chez Lotus Racing. Bruno Senna: 18 GP chez HRT, 9 arrivées. Comme Chandhok, les effets collatéraux de la faiblesse des monoplaces HRT ne lui ont pas permis de briller. Il n'a pas non plus fait des miracles et commit quelques erreurs de pilotage, mais a pu achever la saison 2010, en ne manquant que le Grand Prix de Grande-Bretagne, remplacé par Yamamoto. Il n'a en revanche pas été reconduit pour 2011 et rejoint Lotus-Renault en tant que pilote essayeur avec Romain Grosjean. Il a un moment été pressenti pour assurer l'intérim de Robert Kubica. Christian Klien : 3 GP chez HRT, 2 arrivées. Pilote-essayeur de l'écurie au début de l'exercice 2010, il a eu l'occasion de prendre place dans le baquet de Yamamoto, victime d'une intoxication alimentaire, avant le Grand Prix de Singapour, puis pour les deux dernières épreuves de la saison. Pressenti un moment pour devenir titulaire aux côtés de Karthikeyan, c'est Liuzzi qui a finalement été choisi. Klien s'éloigne donc de la F1 et a signé chez Aston Martin pour participer aux 24h du Mans et au championnat LMP1. Sakon Yamamoto : 7 GP, 6 arrivées. Pilote-essayeur comme Klien en début de saison, il a profité des défaillances de Chandhok et de Senna pour disputer 7 Grands Prix en 2010. Mais ses performances n'étant elles-mêmes pas suffisantes, il a été remplacé par l'Autrichien pour les deux dernières courses. Il a quitté HRT pour devenir troisième pilote chez Virgin pour les trois premières épreuves. Lucas Di Grassi : 19 GP, 9 arrivées. Le Brésilien n'a pas vraiment fait des étincelles chez Virgin en 2010, se qualifiant même plusieurs fois derrière les HRT, ou entre les deux. Il a néanmoins fait toute la saison, mais a été évincé - pour raisons financières selon lui - pour 2011 et remplacé par d'Ambrosio. Il se prépare donc à une saison de transition sans volant.