Gouvernance et développement humain (Volume 2)
268 pages
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Gouvernance et développement humain (Volume 2)

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Description

Le succès de toute initiative de gouvernance est assujetti à la rigoureuse prise en compte de la variable qualitative qu'est le développement humain. Ce constat a motivé le choix de la thématique gouvernance et développement humain pour le 1er numéro de la Revue Ivoirienne de Gouvernance et d'Études stratégique (RIGES). Ces contributions s'articulent autour de la sociologie politique, de la gouvernance sectorielle-sécurité, santé, mines tourisme et la gouvernance locale.


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Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 février 2017
Nombre de lectures 13
EAN13 9782140030468
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Revue Ivoirienne de GouvernanceGOUVERNANCE
et d’Études StratégiquesET DÉVELOPPEMENT HUMAIN
Gouvernance sectorielle (sécurité, santé, mines)
Volumeet gouvernance locale Volume
21
Volume
2
GOUVERNANCE
S’inscrivant dans une perspective beaucoup plus sectorielle e qule ET DÉVELOPPEMENT HUMAIN
premier volume, ce deuxième volume du premier numéro de la Revue
Gouvernance sectorielle (sécurité, santé, mines) Ivoirienne de Gouvernance et d’Études Stratégiques identiie celamiernt
la gouvernance dans toutes ses déclinaisons comme étant le déterminant et gouvernance locale
même du développement humain.
Les contributions de Prégnon Claude NAHI, Gérard Eddie GUIPIÉ et Ladji BAM A B
retiennent la gouvernance sécuritaire comme facteur de développement humain, tandis
que celle de Yanourga Moussa SANOGO voit en la gouvernance médicale une vairable
conditionnant le développement humain. Quant à la contribution d’oAmllo Marina
OUFFOUÉ, elle considère la règlementation du secteur de l’extractif cmome facteur à
même d’impacter qualitativement le développement humain en Côte d v’oIire.
Il en va ainsi de la contribution collective de Guikahué Daniel BISSOU, Ce élin
Yolande KOFFIE-BIKPO et Germain APHING-KOUASSI qui, elle, s’est évretuée à voir
l’impact que peut avoir un secteur tel que celui du tourisme en termes de d veéloppement
humain. Quant aux contributions collectives de GOGBE Téré et KOBENAN A PPOH
Charlesbor, d’une part, et de GOBGE Téré, KOUASSI N’Guessan Gilbert, TOURE
Mamoutou et AKA Assalé Félix, d’autre part, elles identiient la gouverannce urbaine
comme déterminant du développement humain. Enin, la contribution cloecltive de
Kouamé Hyacinthe KONAN, Gondo DIOMANDE et Kouadio Joseph KRA retient
la gestion optimale des rapports entre acteurs du secteur agricole comme facteur de
développement humain.
Photo de couverture : © AYOTOGRAPHY - Thinkstock
ISBN : 978-2-343-10887-2
27,50 € 9 782343 108872
Revue Ivoirienne de Gouvernance
GOUVERNANCE ET DÉVELOPPEMENT HUMAIN
et d’Études Stratégiques






Gouvernance
et développement humain

Volume 2
01BP 12159 Abidjan 01, Tél. 22 42 22 65 / 07 23 18 62 / 05 23 52 35, Fax: 22 42 27 24
www.iuaci.org
DEPARTEMENT DE SCIENCE POLITIQUE
Revue Ivoirienne de Gouvernance et d’Etudes Stratégiques
(RIGES)
La Revue Ivoirienne de Gouvernance et d’Etudes Stratégiques (RIGES) est
le fruit d’une collaboration entre le Département de science politique de
l’Institut Universitaire d’Abidjan (IUA) et les Editions L’Harmattan – Côte
d’Ivoire. La RIGES se veut un support de publication d’articles originaux et de
très bonne qualité scientifique portant aussi bien sur des thématiques de
gouvernance nationale que sur des questions relavant de la gouvernance
mondiale. S’il est indéniable que cette revue a germé dans un département de
science politique, elle ne saurait être perçue comme une plate-forme de
publication exclusivement réservée aux politologues et autres politistes. La
RIGES s’inscrit résolument dans une perspective transdisciplinaire et offre
même l’opportunité aux chercheurs de Côte d’Ivoire et d’ailleurs de publier des
travaux en langues étrangères (Anglais, Allemand, Espagnol, etc.). Par
conséquent, elle encourage vivement la soumission de travaux émanant de toutes
les disciplines-sœurs des sciences sociales et des humanités.
En termes de périodicité, la RIGES est une revue semestrielle dont le premier
numéro paraîtra en mai et le deuxième en décembre de chaque année
académique. Elle dispose, en outre, d’un comité de rédaction et d’un comité
scientifique composé d’enseignants de rang magistral ivoiriens et étrangers dont
la notoriété scientifique est plus qu’établie. Botiagne Marc Essis, Directeur du
Département de science politique de l’Institut Universitaire d’Abidjan (IUA), est
le Directeur de publication de la RIGES. Chaque numéro de la RIGES
comportera un éditorial, un dossier thématique et une rubrique éclectique
(varia). Les prescriptions typographiques et autres recommandations aux auteurs
retenues par la RIGES seront déclinées dans un document qui fera
ultérieurement l’objet de diffusion.
Abidjan, le 02 mars 2016
Dr. Botiagne Marc ESSIS

DDiirrectecteueurr d de De Dééppaarrttememenentt
Revue Ivoirienne de Gouvernance
et d’Études Stratégiques







GOUVERNANCE
ET DEVELOPPEMENT HUMAIN

Volume 2
Gouvernance sectorielle (sécurité, santé, mines)
et gouvernance locale










L’Harmattan

































© L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-10887-2
EAN : 9782343108872

COMITÉ SCIENTIFIQUE

Présidente du comité scientifique
Prof. Nadine MACHIKOU, Professeure Agrégée des Facultés,
Professeure de Sciences politiques, Université de Yaoundé II

Membres
Prof. Djédjro F. MELEDJE, Professeur Agrégé des Facultés,
Professeur Titulaire de Droit Public et de Science politique, UFHB de
Cocody ; Prof. Paul GHILS, Professeur Titulaire de Philosophie et
de Science politique, UL Bruxelles ; Prof. Christopher DAASE,
Professeur Titulaire de Sciences politiques, Université de Francfort ;
Prof. Stephan STETTER, Professeur Titulaire de Science politique,
Université Militaire de Munich ; Prof. Kokora Michel GNEBA,
Professeur Titulaire d’Études Germaniques; Prof. Roch YAO
GNABELI, Professeur Titulaire de Sociologie UFHB de Cocody ;
Prof. Séri DEDY, Professeur Titulaire de Sociologie, UFHB de
Cocody, Prof. Paul ANOH, Professeur Titulaire de Géographie,
UFHB de Cocody ; Prof. Yao KOUASSI, Professeur Titulaire
d’Histoire, UFHB de Cocody ; Prof. Séraphin NENE BI, Professeur
Agrégé des Facultés, Professeur Titulaire d'Histoire du Droit,
Université AO de Bouaké ; Prof. Abraham GADJI, Professeur
Agrégé des Facultés, Maître de Conférences en Droit Public, UFHB
de Cocody ; Prof. Yédoh Sébastien LATH, Professeur Agrégé des
Facultés, Maître de Conférences en Droit Public, UFHB de Cocody ;
Prof. Alban AHOURE, Professeur Agrégé des Facultés, Maître de
Conférences en Économie, UFHB de Cocody ; Prof. Alioune Badara
DIOP, Professeur Agrégé des Facultés, Professeur de Science
politique UCAD de Dakar ; Prof. Issoufou YAHAYA, Maître de
Conférences en Histoire et en Science politique, Université de
Niamey ; Prof. Ezéchiel AKOBROU, Maître de Conférences en
Études Hispaniques et Ibériques, UFHB de Cocody ; Prof. Martin
N’GUETTIA KOUADIO, Maître de Conférences en Lettres
Modernes, UFHB de Cocody ; Prof. Téré GOGBE ; Maître de
Conférences en Géographie, UFHB de Cocody ; Dr Dominique
BANGOURA, Docteur d’État en Science politique, HDR, Institut
Universitaire d’Abidjan (IUA).




COMITÉ DE RÉDACTION

Directeur de publication
Dr Botiagne Marc ESSIS, Docteur en Science politique, UFHB
Cocody/Institut Universitaire d’Abidjan (IUA)/Chercheur au LECAP

Rédacteur en Chef
Dr Prégnon Claude NAHI, Docteur en Science politique, Université
PGC de Korhogo/Chercheur au LECAP

Membres
Dr Moquet César FLAN, Docteur en Science politique, Université
AO de Bouaké/Institut Universitaire d’Abidjan (IUA)/Directeur du
Centre de Recherche Politique d’Abidjan (CRPA) ; Dr Adolphe Blé
KESSE, Docteur en Science politique, Université PGC de Korhogo ;
Dr. Marie BOKA, Docteur en Science politique, UFHB de Cocody ;
Dr Allomo Amoin Marina OUFFOUE, Docteur en Science
politique, UFHB de Cocody/Chercheur au LECAP ; Dr Yao Réné
YAO, Docteur en Psychologie, UFHB de Cocody ; Dr Sylvain
N’guessan YAO, Docteur en Philosophie, École Normale Supérieure
(ENS) d’Abidjan ; Dr Jean-Louis LOGNON, Docteur en Sociologie,
UFHB de Cocody ; Dr Armel Frédéric MEMEL, Docteur en
Géographie, UFHB de Cocody, Dr Nanourougo COULIBALY,
Docteur en Lettres Modernes, UFHB de Cocody ; Dr Rostand
Sylvanius BOBO, Docteur en Lettres Modernes, UFHB de Cocody ;
Dr. Djama Ignace ALLABA, Docteur en Etudes Germaniques,
Université AO de Bouaké ; Dr Brahima DIABY, Docteur en Études
Germaniques, UFHB de Cocody ; Dr Yéboué Stéphane KOFFI,
Docteur en Géographie, Université PGC de Korhogo ; Dr Trotsky
MEL, Docteur en Géographie, Université LG de Daloa.













SOMMAIRE
Éditorial……………………………………………..........................13

Prégnon Claude NAHI
Les défis actuels de la gouvernance de la sécurité en Afrique……………..17

GUIPIE Gérard Eddie
Émergence du Takfirisme armé en Côte d’Ivoire.
Politiques et stratégies…………………………………...……….....55

BAMBA Ladji
Pratiques mystiques et activités des Cybercriminels
(Étude de cas à Abidjan)………………………………………...…..77

SANOGO Yanourga Moussa
Constitution, droit et gouvernance médicale
en Côte d’Ivoire…………………….........................................…....101

OUFFOUE Allomo Marina
La réglementation de l’exploitation minière par la
loi No 2014-138 du 24 mars 2014 portant Code minier
en Côte d’Ivoire : La mise en place
d’une stratégie « gagnant – gagnant » ?...............................................125

BISSOU Guikahué Daniel, KOFFIE-BIKPO
Céline Yolande et APHING-KOUASSI Germain
Insuffisances inhérentes à la gouvernance touristique
dans l’espace rural de la Région du Sud-Comoé……….............….163

GOGBE Téré et KOBENAN APPOH Charlesbor
L’université Félix Houphouët-Boigny – Un équipement
au service du développement de la ville d’Abidjan……...................193

GOBGE Téré, KOUASSI N’Guessan Gilbert,
TOURE Mamoutou et AKA Assalé Félix
Activités commerciales de rue et structuration
de l’espace dans l’agglomération d’Abidjan :
Cas de la Commune d’Adjamé………………………………….….209

KONAN Kouamé Hyacinthe, DIOMANDE Gondo
et KRA Kouadio Joseph

Culture de l’anacarde et nouveau jeu des acteurs du
conflit agriculteurs-éleveurs dans la Sous-préfecture de
SOHOUO au Nord de la Côte d’Ivoire………..…....235
































ÉDITORIAL

Ainsi que propulsé par Armatya Sen, lauréat du Prix Nobel
d’économie 1998, philosophe et économiste d’origine indienne, le
concept du développement humain est parvenu à s’imposer comme un consubstantiel à celui de gouvernance. Ainsi, le succès de
toute initiative de gouvernance est assujetti à la rigoureuse prise en
compte de la variable qualitative qu’est le développement humain.
Toute chose qui a donc motivé le choix de la thématique
GOUVERNANCE ET DÉVELOPPEMENT HUMAIN pour ce tout
premier numéro de la Revue Ivoirienne de Gouvernance et d’Études
Stratégiques (RIGES). Les contributions enregistrées par ce numéro
s’articulent globalement autour de la sociologie politique, de la
gouvernance sectorielle – sécurité, santé, mines, tourisme – et de la
gouvernance locale.

Les contributions relevant de la sociologie politique ont été
proposées par Yédoh Sébastien Lath, Patrizio Transcende, Botiagne
Marc Essis, Gnamien Kouamé Pascal, Ayewa Noël Kouassi, Kouakou
Laurent Assouanga et Agba Yoboué Kouadio Michel (volume 1).
Dans sa contribution touchant spécifiquement à la sociologie
électorale en Afrique, Yédoh Sébastien Lath voit dans les élections
organisées depuis l’avènement du multipartisme le déterminant même
de la consolidation de la démocratie en Afrique. Il prend, toutefois,
soin de relever que dans certains contextes, elles ont donné lieu à des
dérives. Quant à la contribution de Patrizio Transcende, elle s’inscrit
beaucoup plus dans le cadre de la gouvernance mondiale et considère
les crises économiques actuelles comme étant la résultante de la
défense des intérêts des oligarchies financières. Toute chose qu’il
identifie comme étant la véritable entrave au développement humain
dans le contexte actuel de la mondialisation. Ce constat le fonde donc
à en appeler à un renouvellement, voire à un recadrage normatif du
concept d’État. Botiagne Marc Essis s’est, de son côté, intéressé à la
sociologie politique de la Côte d’Ivoire, plus spécifiquement à
démocratie et à la gouvernance telles que vécues par les Ivoiriens
consécutivement à la crise postélectorale. Il en est arrivé à la
conclusion que la représentation politique, la participation politique, la
délibération politique et la coopération politique y sont suboptimales,
tandis que la gouvernance y souffre d’un certain nombre
d’incohérences et d’inefficience. Il en est arrivé à recommander la
prise en compte de la consanguinité programmatique entre les
13

concepts de démocratie et de gouvernance en vue de la promotion du
développement humain en Côte d’Ivoire. Gnamien Kouamé Pascal
s’est, lui, appesanti sur la électorale en Côte d’Ivoire.
Plus spécifiquement, il a procédé à une évaluation de la culture
numérique chez les Ivoiriens. Il considère, en effet, la e
numcomme étant le déterminant du succès ou non de
l’introduction du vote électronique en Côte d’Ivoire. Quant à la
contribution d’Ayewa Noël Kouassi, elle voit en la diversité
linguistique un pertinent vecteur de promotion du développement
durable, contrairement à une vision afro-pessimiste qui y voit un
facteur inhibitif aux efforts de développement. Kouakou Laurent
Assouanga impute, pour sa part, la détérioration du climat politique en
Côte d’Ivoire à une conjugaison de facteurs tels que les inimitiés entre
leaders politiques, l’instrumentalisation des dignitaires religieux et
traditionnels ainsi que l’immixtion des organisations de la société
civile dans le jeu politique. Enfin, convaincu de l’impact
gouvernantiel de l’épistémologie ainsi que des approches
pédagogiques qu’elle a vu naître, Agba Yoboué Kouadio Michel
s’évertue à faire percevoir la pertinence de la Pédagogie par Objectifs
pour une société en développement telle que la Côte d’Ivoire ;
restituant ainsi toute la pertinence de cette approche en termes
d’efficiente dissémination du savoir et donc de développement
humain.

Quant aux contributions touchant à une déclinaison sectorielle
particulière de la gouvernance, elles ont été proposées par Prégnon
Claude Nahi, Guipié Gérard Eddie, Bamba Ladji, Sanogo Yanourga
Moussa, Ouffoué Allomo Marina ainsi que par le collectif Bissou
Guikahué Daniel, Koffie-Bikpo Céline Yolande et Aphing-Kouassi
Germain (volume 2). La contribution de Prégnon Claude Nahi touche
à la gouvernance sécuritaire en Afrique et fait un constat d’inefficacité
des réformes des systèmes de sécurité. Toute chose que l’auteur
impute aux dysfonctionnements structurels, institutionnels et
politiques auxquels fait face le continent africain. S’inscrivant aussi
dans la gouvernance sécuritaire, Guipié Gérard Eddie salue la réaction
des autorités ivoiriennes consécutivement aux attaques de
GrandBassam. S’appuyant sur cette expérience, il considère que la réponse
sécuritaire apportée par les pouvoirs publics ivoiriens face à la montée
en puissance du takfirisme armé est adéquate, même s’il y a des
efforts additionnels à fournir. Quant à la contribution de Bamba Ladji,
elle se préoccupe de cerner les déterminants de la recrudescence de la
cybercriminalité et son corolaire de recours au mysticisme chez les
14

jeunes d’Abidjan. Entre autres facteurs, cette contribution identifie
clairement la fascination du gain facile et la dépravation des mœurs
comme étant les principaux catalyseurs de ce phénomène de société.
Abordant la problématique de la gouvernance hospitalière et médicale
en Côte d’Ivoire, Sanogo Yanourga Moussa fait le constat d’une
malgouvernance, elle-même, liée à la corruption et au laxisme. Il
recommande le scrupuleux recours à la Constitution comme gage
d’équité gouvernantielle dans ce secteur. Ouffoué Allomo Marina
s’est, elle, félicitée des réformes initiées dans le secteur de l’extractif
en Côte d’Ivoire. Saluant particulièrement l’adoption de la loi No
2014-138 du 24 mars 2014 portant Code minier en Côte d’Ivoire, elle
a, tout de même, déploré l’inefficience qui plombe quelque peu ce
secteur. Enfin, la contribution de Bissou Guikahué Daniel et al. a levé
un coin de voile sur les insuffisances inhérentes à la gouvernance
touristique dans la Région du Sud-Comoé en Côte d’Ivoire.

À côté de cela, les contributions s’inscrivant dans le cadre de la
gouvernance locale ont été fournies par Gogbé Téré et Kobénan
Appoh Charlesbor, par le collectif Gogbé Téré, Kouassi N’guessan
Gilbert, Touré Mamoutou et Aka Assalé Félix, ainsi que par le
collectif Konan Kouamé Hyacinthe, Diomandé Gondo et Kra Kouadio
Joseph (volume 2). Pour Gogbé Téré et Kobenan Appoh Charlesbor,
l’Université Félix Houphouët-Boigny est clairement parvenue à se
positionner comme un véritable acteur de développement dans la ville
d’Abidjan. Et ce, de par sa démographie et son implication dans
l’animation socio-culturelle de la capitale ivoirienne. Quant à la
contribution de Gogbé Téré et al., elle se focalise sur la problématique
de l’occupation anarchique de la voirie à Adjamé du fait du commerce
informel. Toute chose qui compromet gravement la structuration de
l’espace ; enjeu majeur inhérent à toute politique d’urbanisation. Last
but not least, la contribution de Konan Kouamé Hyacinthe et al. lève
un coin de voile sur les tenants et les aboutissants des conflits
agriculteurs-éleveurs dans la Sous-préfecture de Sohouo dans le Nord
de la Côte d’Ivoire, touchant ainsi du doigt une thématique majeure de
la gouvernance locale en Côte d’Ivoire. Les auteurs voient en la
promotion de l’élevage intensif la solution durable à ces conflits qui
sont, à l’évidence, un obstacle aussi bien à la gouvernance qu’au
développement humain.

Enfin, la rédaction de cet éditorial m’offre une belle opportunité
d’exprimer toute ma gratitude à tous ceux et celles qui, d’une manière
ou d’une autre, ont contribué à porter la RIGES sur les fonts
15

baptismaux. Je pense tout particulièrement au Prof. Francisco
MELEDJE DJEDJRO, au Prof. Nadine MACHIKOU, au Prof. Paul
GHILS, au Prof. Roch YAO GNABELI, au Prof. Paul ANOH, au
Prof. Abraham GADJI et au Prof. Yédoh Sébastien LATH. Qu’il me
soit, par-delà, permis de remercier tous ceux qui ont spontanément
accepté de faire partie du comité scientifique et du comité de rédaction
de la RIGES.


Botiagne Marc ESSIS

Directeur de publication























16

LES DÉFIS ACTUELS DE LA GOUVERNANCE DE
LA SÉCURITÉ EN AFRIQUE

Prégnon Claude NAHI
pregnonclaude1@gmail.com
Docteur en Science Politique
Assitant / Département de Droit
Université Péléforo Gon Coulibaly de Korhogo
(Côte d’Ivoire)

Résumé
Malgré l'augmentation du montant des ressources allouées à la
réforme des systèmes de sécurité (RSS) sur le continent africain, les
résultats sont bien souvent décevants dans de nombreux cas. À l'heure
où de nombreux États africains semblent accepter de s'engager dans
la réforme des systèmes de sécurité (RSS) dans le but d’aboutir à
l’instauration de l’État de droit et d’un développement durable, il
paraît intéressant de s'interroger sur la portée réelle de ces réformes.
Autrement dit, les succès variés de la RSS en matière de consolidation
de la paix, ou encore dans les contextes de développement nécessitent
d'évaluer si l’on utilise les outils, concepts et approches adéquats. En
effet, de nombreux écueils d’ordre essentiellement politique et
institutionnel entravent la réussite de la RSS en Afrique. En d’autres
termes, le cadre d’exécution de la gouvernance du secteur de la
sécurité est encore structuré par les dynamiques historiques,
politiques et économiques propres à la structure de chaque situation
nationale. La présente réflexion vise donc à établir une corrélation
entre l’inefficacité des réformes des systèmes de sécurité et les
dysfonctionnements structurels, institutionnels et politiques engendrés
par les contraintes liées aux enjeux de pouvoir en Afrique.

Mots clés
Réforme des systèmes de sécurité, Autoritarisme, État de droit,
sécurité humaine, appropriation, légitimité.

Abstract
Despite the increase in resources allocated to the reform of
security systems (RSS) on the African continent, the results are often
disappointing in many cases. At a time when many African states seem
willing to engage in the reform of security systems (RSS) in order to
17

reach the State of establishment of law and sustainable development,
it is interesting to question the real scope of these reforms. In other
words, the varied success of the RSS for peace, or in development
contexts need to assess whether the well using the right tools, concepts
and approaches.Indeed, too many obstacles mainly relate to political
and institutional structures, constitute a powerful brake to the RSS is
an effective and positive role model for Africa. In other words, the
implementation framework for the governance of the security sector is
still structured by the historical dynamics, political, and economic
structure of each national situation. This reflection aims to correlate
the ineffectiveness of security systems reforms and structural issues,
institutional and policy constraints caused by the power stakes in
Africa.

Keywords
Authoritarianism, Rule of law, Human security, Ownership,
Legitimacy


18
́
́
́

INTRODUCTION

Au lendemain des indépendances, la sécurité à l’intérieur des États
post coloniaux africains a longtemps été marquée par deux principales
1variables : l’héritage administratif et idéologique colonial d’une part
2et par les fluctuations du conflit bipolaire d’autre part. Dans le
premier cas de figure, les dirigeants africains, ayant été influencés par
3 4la doctrine sécuritaire autoritaire des ex-colons , ils ont accordé une
primauté au besoin de contrôle de l’espace territorial et à la
consolidation de la sûreté de l’État en gestation.
Aussi, les structures coercitives ont été utilisées, tantôt comme
moyen de légitimation dans la compétition politique, tantôt comme
instruments privilégiés de règlement des conflits sociaux internes ou
5de moyen de légitimation de la position d’un groupe au pouvoir .
Dans le second cas, en tant que théâtre des confrontations résultant de
6l’antagonisme Est-Ouest , la sécurité y a été essentiellement
appréhendée à l’aune du jeu des équilibres entre grandes puissances, et
cela au détriment de la sécurité interne. Cependant, depuis le début
des années 1990, les questions relatives à la gouvernance du secteur
de la sécurité n’ont cessé d’occuper, une place de choix dans les
programmes politiques nationaux et internationaux des États
7d’Afrique . En somme, sous l’impulsion des bailleurs de fonds, la
sécurité est désormais appréhendée comme un droit fondamental que
l'État a le devoir d’assurer en veillant, sur l’ensemble du territoire, à la
défense des institutions et des intérêts nationaux, au respect des lois,
au maintien de la paix et de l’ordre public et à la protection des
personnes et des biens.
Autrement dit, la prise de conscience par les donateurs et les
gouvernants africains des liens inextricables entre la sécurité et le

1 Marc Antoine Perousse de Montclos, États faibles et sécurité privée en Afrique,
Harmattan., 2008.
2 Mathieu Kinouani, Les États-Unis et la sécurité collective en Afrique, Thèse,
ANRT, Lille 3, France, 1988.
3 Jean François Bayart parle de « racines coloniales de l’autoritarisme ».
4 Jean-François Bayart, « La problématique de la démocratie en Afrique noire : “La
oBaule, et puis après ?” », n 43, 1991.
5 Kapitu Sesanga Hipungu Dja Kaseng, Espace socio-politique et sécurité de l’État
en Afrique subsaharienne, Thèse de doctorat en science politique, université Pierre
Mendès France, Grenoble, 2001.
6 Mwayila Tshiyembe et Mayele Bukasa, L’Afrique face à ses problèmes de sécurité
et de défense, Éditions Présence Africaine, 1989.
7 Kapitu Sesanga Hipungu Dja Kaseng, Espace socio-politique et sécurité de l’État
en Afrique subsaharienne, op. Cit.
19

développement a fait des questions de sécurité intérieure des
préoccupations désormais dignes d’être portées sur l’agenda des
8gouvernements et des pouvoirs publics nationaux .
Dans cette perspective, la vague des pressions populaires, qui va
9déboucher sur une démocratisation en masse des pays d’Afrique à la
fin de la guerre froide, va aller de pair avec l’adoption de nouveaux
cadres juridico-institutionnels pour une meilleure gouvernance. Cette
logique de réformes politiques, institutionnelles et économiques
amorcées à la fin du conflit bipolaire suite à l’avènement du
pluralisme démocratique et de la mondialisation des échanges
commerciaux avait l’ambition d’instituer des outils de la bonne
gouvernance dans tous les secteurs d’activité, y compris ceux de la
sécurité et des libertés publiques. Toutefois, en Afrique, la mise en
œuvre des réformes va finalement s’avérer une entreprise délicate au
plan sécuritaire parce que les Africains étaient désormais appelés à
assumer eux-mêmes la fonction de maintien d’ordre avec une
concentration qualitative et quantitative des moyens de coercition dans
les mains de pouvoirs politiques autoritaires sans y avoir été
nécessairement préparés. Au final, la maitrise et l’usage démocratique
des forces de sécurité en dépit de l’assistance technique extérieure et
la présence militaire des puissances à l’intérieur des ex-colonies vont
s’avérer un objectif hors de portée des gouvernements africains. En
effet, ces faiblesses vont se manifester par une incapacité à produire
des politiques de sécurité intérieure capables de concilier les logiques
politiques des gouvernants et les aspirations légitimes des populations
en termes de protection.
Cette incapacité institutionnelle des États africains à garantir un
environnement sécuritaire propice au développement humain va
10propulser plusieurs d’entre eux au stade d’États « faillis » . Face à de
tels dysfonctionnements structurels, les réflexions relatives aux
difficultés des institutions de sécurité à faire face aux problèmes
d’insécurité, longtemps annexés à des problèmes d’ordre conjoncturel,
principalement économiques, connaissent depuis plusieurs années un
renouvellement théorique qui met désormais l’accent sur le cadre

8 Axel Auge, « La réforme du secteur de la sécurité et de la défense en Afrique
subsaharienne : vers une institutionnalisation de la gouvernance du secteur
sécuritaire », Afrique contemporaine, N° 218, 6 janvier 2006.
9 Eshetu Chole et Jibrin Ibrahim, Processus de démocratisation en Afrique  :
Problèmes et perspectives, Paris, Karthala, 1995 ; Daouda Dia, Les dynamiques de
démocratisation en Afrique noire francophone, 2010.
10 François Gaulme, « « États faillis », « États fragiles » : concepts jumelés d’une
onouvelle réflexion mondiale », Politique étrangère, Printemps, n 1, 10 avril 2011.
20

institutionnel et politique. Autrement dit, il est de plus en plus
question pour les institutions financières internationales (IFI) agissant
dans le cadre d’une philosophie d’action dite de « réforme des
11systèmes de sécurité » (R.S.S), de rechercher dans le
fonctionnement de l’État africain, les causes du mauvais des systèmes de sécurité. Ces dernières années, le
nombre, l'ampleur et la complexité des programmes et des processus
12de RSS en Afrique se sont accrus, et la RSS a gagné du terrain dans
les discours et les programmes de développement, de consolidation de
la paix et post-conflit.
Cependant, les nombreux programmes mis en œuvre pour réformer
le secteur de la sécurité en Afrique n’ont pas encore abouti dans
nombre de cas à la mise en place d’un système de sécurité performant
13et démocratique . Ainsi, malgré les efforts consentis et certaines
avancées observées «la plupart des États africains sont loin d’avoir
atteint l’objectif d’assurer une gouvernance plus démocratique du
14secteur de la sécurité» . La préoccupation centrale de cette étude est
de savoir pourquoi les réformes n’atteignent que partiellement les
objectifs fixés, alors qu’elles semblent recueillir l’adhésion des classes
politiques et le soutien des partenaires internationaux qui mobilisent
des moyens financiers et humains conséquents. L’analyse vise à
montrer que la mise en œuvre de la gouvernance démocratique du
secteur de la sécurité est encore confrontée à la faiblesse du cadre
institutionnel et politique à l’État africain sui generis. Elle établit une
corrélation entre l’échec des réformes des systèmes de sécurité, les
politiques de sécurité corrélatives et les dysfonctionnements
structurels, institutionnels et politiques engendrés par les contraintes
liées aux enjeux de pouvoir.


11 La réforme du secteur de la sécurité est un concept relativement récent dans le
cadre de la transformation de l’État, du développement et de la construction de la
paix après les conflits. Les notions de démocratisation des sociétés, de bonne
gouvernance avec transparence, la transformation pacifique des sociétés, la sécurité
des personnes et les programmes pour la réduction de la pauvreté ont récemment fait
leur apparition dans les réflexions sur la sécurité (UNDP 1994, Commission pour le
Développement Humain 2003 ; Ball and Brzesko 2002 ; Ball et al. 2003.
12 Le terme « réforme » désigne au moins deux processus : d’abord la réorganisation
(ou modernisation), puis la restructuration (ou reconstruction) des systèmes de
sécurité et de défense.
13 Boubacar N’Diaye, Gouvernance du secteur de la sécurité en Afrique de l’Ouest
francophone : bilan et perspectives, LIT Verlag Münster, 2011.
14 Alan Bryden et Fairlie Chappuis, Gouvernance du secteur de la sécurité  : leçons
des Expériences Ouest-Africaines, London, ubiquity press, 2015, p. 7.
21

I. LA RSS POUR UN DÉVELOPPEMENT STABLE ET
DURABLE
La stabilité politique et le développement économique de tout pays
passent par un système de sécurité efficace et légitime aux yeux de la
population. Les interventions en matière de réforme des systèmes de
sécurité (RSS) contribuent directement à la mise en place d’une
gouvernance respectueuse des normes démocratiques et des droits de
l’Homme, ainsi que d’un environnement propice à la reconstruction et
15
au développement et à la prévention des crises et des conflits.

La crise des politiques sécuritaires adoptées après les
indépendances
Les politiques sécuritaires adoptées par les États africains après les
indépendances étaient en grande partie dépendantes des fluctuations
du conflit bipolaires d’une part et d’autre part des motivations
majoritairement politiques fondées sur la raison d’État. La fin du
conflit bipolaire et le vent de démocratisation des États africains vont
révéler non seulement la fragilité des États et leur incapacité à faire
face aux nouveaux défis sécuritaires internes, mais aussi les limites
des modèles répressifs et autohérités du système colonial.

Consolider l’unité de l’État-nation par l’autoritarisme
En Afrique, le couple « État et sécurité » a suivi une trajectoire
singulière. Mieux, si on s’accorde sur le fait que c’est la quête de
sécurité qui a présidé à la formation des États occidentaux, le
problème se pose autrement dans le cas des États post-coloniaux
africains. Si de nombreux États occidentaux continuent de fonctionner
sur la base minimale des fondements de l’État wébérien en termes de
production institutionnalisée de l’ordre, l’aspiration à une telle
organisation dans les États post-coloniaux ne fut qu’un idéal type hors
de portée. À l’opposé de l’idéal type wébérien, l’appropriation de
l’État par l’Afrique comporte un certain nombre d’apories. Le
processus d’étatisation ou de formation de l’État en Afrique est
consécutif à la lutte farouche et violente qu’ont menée certains
Africains contre les puissances coloniales pour la décolonisation.
L’ordre colonial s’étant exercé avec la contrainte et la répression pour
obtenir la soumission des « indigènes », il a fallu que les anciennes
puissances reconnaissent que les insurgés avaient atteint un niveau de

15 Le développement ne peut progresser dans l’insécurité et la pauvreté pèse
directement sur la sécurité.
22

violence suffisant pour accepter de négocier avec eux et de
reconnaitre, dans un second temps, les indépendances.
16À ce sujet, dans l’État importé, Bertrand Badie pouvait ainsi
écrire : « Les mouvements de libération (…) cherchent par la
reconnaissance internationale à faire admettre comme légitime leur
propre usage de la violence. Dès lors, une part décisive du jeu
international consiste à transfigurer les rapports interétatiques en
relation entre acteurs porteurs d’une violence suffisamment crédible
pour accéder à la légitimité ». Badie relève, par ailleurs, que « le
cheminement décrit par Max Weber pour penser l’État s’en trouve
totalement inversé, et avec lui toute la conception dite classique du
monopole de la sécurité ».
Toutes ces faiblesses spécifiques à l’État africain font dire à
17certains auteurs que contrairement au modèle libéral, dans le modèle
étatique africain, le monopole de la violence physique n’est le fruit
d’aucun consentement populaire, d’aucune légitimité et d’aucune
contrepartie qui aurait dû être la sécurité . En Afrique, la violence a été
légitimée par les revendications nationalistes avant d’être finalement
dévolue à l’État nouvellement créé. La trajectoire d’étatisation de
l’État en Afrique exclut donc la question sécuritaire comme étant la
source principale, car d’un côté, il se forme sur la violence coloniale et
d’un autre côté, il n’est pas l’œuvre d’un contrat social, voire d’une
véritable nation. Le monopole wébérien de la violence légitime n’a été
qu’une référence lointaine dans le cadre des d’États coloniaux
18inachevés et jamais hégémoniques . Aussi, après les indépendances,
dans l’ensemble, les politiques de sécurité adoptées par les jeunes
États se résumeront en un processus se déclinant en une approche
19ternaire : primo, elles seront dominées en interne par les institutions
de coercition physique pour comprimer les revendications politiques
et sociales en interne, secundo par la recherche de systèmes de défense
20collective à l’échelle régionale et tertio par l’acquisition de

16 Bertrand Badie, L’État importé  : Essai sur l’occidentalisation de l’ordre politique,
Paris, Fayard, 1992.
17 o Dominique Bangoura, « État et sécurité en Afrique », Politique africaine, n 61,
mars 1996, p. 48.
18 Marc Antoine Perousse de Montclos, États faibles et sécurité privée en Afrique,
Harmattan., 2008, p. 14.
19 Sessanga hipungu dja kaseng kapitu, « Les politiques publiques de sécurité en
Afrique Subsaharienne », Ares, XIX, 2012.
20 20 Sur le plan régional elles reposeront sur les accords interafricains de
nonagression et de non-ingérence signés entre États avec pour leitmotive le respect de
l’intangibilité, de l’inviolabilité des frontières héritées de la colonisation.
23

logistiques par l’entremise d’accords idéologiques et politiques avec
21les puissances coloniales .
Ainsi, pendant la guerre froide l’option idéologique des dirigeants
locaux se présentait comme un facteur surdéterminant qui
conditionnait la conception et la mise en œuvre des politiques de
sécurité intérieure. Durant le conflit, la configuration de l’aide
internationale militaire, de l’aide au développement et de l’aide
humanitaire octroyées aux pays africains était davantage déterminée
par les intérêts stratégiques et idéologiques des pays donneurs que par
le souci du bien-être des populations des pays pauvres.
En conséquence, les programmes d’aide en matière de sécurité mis
en place par les pays occidentaux visaient davantage à doter leurs
partenaires d’une armée bien équipée et bien entraînée qu’à les doter
des capacités institutionnelles capables d’assurer le respect de la loi et
de l’ordre public. Les questions liées à l’instauration de relations
démocratiques entre les sphères civiles et militaires, à l’exercice par le
législatif et l’exécutif d’un contrôle effectif sur les forces armées et au
respect par les professions militaires d’une éthique compatible avec
les impératifs de la démocratie moderne recevaient peu d’attention.
Plus tard, sous les effets conjugués de différents facteurs, comme la
fin du conflit bipolaire et de son corollaire la démocratisation des pays
africains, l’avènement de la mondialisation, la persistance de
l’instabilité politique générée par des conflits militaro-politiques, cette
22idéologie sécuritaire de type autoritaire va se solder par un échec .
Désormais débarrassés des soutiens et des déterminismes
extérieurs, pendant que les logiques sociétales internes se font de plus
en plus pesantes, les États africains sont amenés à reconsidérer la
problématique de la gestion de la sécurité en tenant compte des
facteurs non militaires tels que les facteurs sociaux et économiques.
La fin de la guerre froide a effectivement amorcé une révision
fondamentale de la notion de sécurité. Le recul des intérêts
stratégiques et militaires extérieurs permettra aux différents acteurs de
la scène internationale de définir les conditions de leur propre sécurité
avec plus d’autonomie et d’indépendance que naguère.


21 Ce dernier aspect concernait également les accords de sécurité et de défense
signés avec les puissances occidentales et qui se traduisaient sur le terrain par un
soutien économique et une assistance technique interne.
22 Mwayila. Tshiyembe, L’État postcolonial, facteur d’insécurité en Afrique, Paris,
Présence Africaine, 1990 ; Dominique Bangoura, « État et sécurité : des idéologies
sécuritaires à l’insécurité ou l’incapacité de l’État à assurer ses fonctions de défense
oet de sécurité », Cahier du GEMDEV, n 25, 1994.
24

La complexification des menaces
À la fin de la guerre froide, les questions de sécurité ne seront plus
réduites à la sécurité des États, mais désormais élargies à un « grand
23continuum des menaces » . Désormais, il fallait raisonner en termes
de « sécurité extérieure » et d’action militaire quand il s’agissait de
défense de l’intégrité territoriale et de « sécurité intérieure » lorsqu’il
24était question de dangers provenant de l’intérieur . Avec l’idée de
sécurité intérieure, le curseur était désormais pointé sur des facteurs
internes et endogènes dont la finalité était de s’affranchir encore un
25
peu plus de la centralité de l’État comme sujet de la sécurité .
Avec cette nouvelle approche, les Africains étaient eux-mêmes
obligés d’assumer la fonction du maintien de l’ordre sans y avoir été
préparés avec une concentration qualitative et quantitative des moyens
de coercition dans les mains des pouvoirs politiques, le plus souvent
autoritaires. Or, dans les années 1990, la fin de la guerre froide et la
mondialisation économique ont vu naître, en Afrique, toute une série
26 27de conflits nouveaux ou latents mettant à nu les symptômes de la
fragilité des États africains. In fine, la fragilité et l’instabilité politique
de ces États qualifiés de « mous » et néo-patrimoniaux vont laisser
apparaitre un processus de « dé- sécurisation » voire une incapacité à
remplir les fonctions régaliennes, par conséquent à fournir des
prestations sécuritaires, à fabriquer des politiques en dehors de
politiques coercitives. Tout ceci fera que, le panorama des plus
importantes causes de l’insécurité et de l’incapacité des États africains
à répondre aux besoins de protection de la population en Afrique va
présenter deux caractéristiques essentielles : une cause liée à la
faiblesse et à la fragilité des États et une autre à la mauvaise

23 Ayse Ceyhan, « Analyser la sécurité : Dillon, Waever, Williams et les autres »,
oCultures & Conflits, n 31-32, 16 mars 2006.
24 Cusson Maurice, « Qu’est-ce que la sécurité intérieure ? », Revue internationale
de criminologie et de police technique, LIII, octobre 2000, p. 9.
25 Lene Hansen et Ole Waever (dir.), European Integration and National Identity:
The Challenge of the Nordic States, 1 edition. London ; New York, Routledge, 2001.
26 Les années 1990 virent se multiplier les conflits violents en Afrique. Au début de
cette décennie, le Liberia, la Somalie et la Sierra Leone ont connu la guerre civile.
Le mois d'avril 1994, a marqué le début du génocide au Rwanda. À sa suite, il va se
déclencher au Zaïre (aujourd'hui République démocratique du Congo, RDC) un
conflit, qui, impliqua les armées de huit États africains, provoquant la mort d'environ
3 millions de personnes. Dans la corne du continent, entre 1998 et 2000, l'Éthiopie a
mené une guerre de frontière avec l'Érythrée, tandis que d’anciennes guerres civiles
au Soudan et en Angola se sont poursuivies le retrait du soutien des superpuissances
de la guerre froide.
27 John Chipman, « Les problèmes de sécurité en Afrique francophone », op. cit.
25