Itinéraire d'un élu socialiste en Sarkozie

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Français
162 pages
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Guy Janvier est élu conseiller général des Hauts-de-Seine en mars 2004 lorsque Nicolas Sarkozy en devient président. S'il prétend vouloir faire de ce département le laboratoire de ses idées, N. Sarkozy comprend vite l'intérêt qu'il a de ne rien changer au "système" mis en place par Charles Pasqua. Haut fonctionnaire de l'Etat et titulaire de différents mandats locaux, l'auteur avance des propositions concrètes dans les domaines du logement, de l'éducation, de la famille, des drogues...

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Date de parution 01 avril 2012
Nombre de lectures 8
EAN13 9782296487635
Langue Français

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Itinéraire d’un élu socialiste en sarkozie

Guy JANVIER

Itinéraire d’un élu socialiste en sarkozie

Préface de Jacques RozeOblum
Avant-propos de Robert Badinter

L’Harmattan

© L'Harmattan, 2012
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
difusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-96825-7
EAN : 9782296968257

À mes parents

Préface

De l’éthique en politique
Le 18 février 2012, le président allemand a démissionné.
Les médias l’accusaient d’avoir proité de sa précédente
position à la tête d’une région pour bénéicier d’avantages
inanciers (un prêt occulte et des vacances aux frais de gros
entrepreneurs). On s’est immédiatement posé la question de
savoir si en France cela se serait passé de la même manière. Le
simple fait de poser cette question, c’est déjà y répondre, tant
la multiplication des « afaires » a empoisonné l’atmosphère
politique hexagonale. De multiples indicateurs le montrent :
les Français sont fâchés avec leurs représentants politiques. Et
lorsqu’une occasion de se réconcilier se présente, ces derniers
s’ingénient à la rater. Le 14 novembre 2011, au milieu de la
plus grave crise économique que nous ayons connue depuis des
décennies, les députés français - à l’instar de leurs homologues
grecs - ont refusé de baisser leur salaire, majorité et opposition
confondues.
Le livre de Guy Janvier, emprunte le chemin inverse : il nous
réconcilie avec la politique. D’abord parce que son auteur est
enraciné dans des convictions fortes, ensuite parce qu’il exerce
ses talents à l’échelon local, là où la politique prend corps dans la
vie des gens, enin parce que Guy Janvier s’impose une exigence
d’exemplarité dans un environnement où la vergogne a disparu.

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Alors, on en apprend de belles dans ce témoignage sur
les chausses trappes et autres coups fourrés de la politique
politicienne. Mais on y apprend également beaucoup d’autres
choses. On découvre en quoi consiste le travail d’un maire ou
d’un conseiller général au quotidien. On comprend pourquoi
Nicolas Sarkozy n’a jamais évoqué son action et encore moins
son bilan à la tête du département des Hauts-de-Seine, de
2004 à 2007. Et puis on apprend enin tout ce qu’on a toujours
voulu savoir sur la LOLF ou la RGPP, sur l’économie sociale
ou le service public, sans jamais avoir osé le demander…, et
c’est passionnant.

Mais qu’est-ce qui rassemble tous ces sujets qui peuvent
paraitre disparates ? Eh bien, c’est un parcours, un cheminement
politique, celui de l’auteur de cet itinéraire en Sarkozie.

Pourquoi se lance-t-on en politique ? C’est fait de quoi une
carrière politique ? Toute sa vie, Guy Janvier a répondu à sa
manière à ces questions. Une manière « diférente » comme
on dit pudiquement de quelqu’un qui se conduit bizarrement.
Diférente parce que très éloignée de l’image de cynisme,
d’hypocrisie et d’égoïsme qui se dégage du monde politique.
Pour lui, c’est une vocation faite de passion et de générosité.

Guy Janvier a cinq enfants et beaux-enfants et sept
petitsenfants. Non content de cultiver l’art d’être mari, père et
grandpère, il a encore fallu qu’il soit maire et conseiller général tout
en menant parallèlement une carrière de haut fonctionnaire
dans diférentes administrations liées aux questions sociales.

Une famille nombreuse ne lui suisait donc pas, elle était
encore trop petite. Il fallait étendre cette famille à toute une
agglomération pour y insuler l’esprit de communauté.

Guy est un fusionnel, un syndicaliste de la politique. Il
défend les « petites gens ». C’est d’eux qu’il se sent solidaire.
D’ailleurs la solidarité est l’un de ses maitres mots : c’est un
homme du « tous ensemble ». Il faut lire ses témoignages sur

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la manière dont il s’est battu pour obtenir un logement à des
familles nécessiteuses, avec pour seul paiement ces regards
éperdus de reconnaissance. Guy fait de la politique pour
élargir sa famille. C’est là son patrimoine.

Pour Guy, le pouvoir, c’est le pouvoir d’agir localement au
plus près du quotidien et non pas un élixir de jouvence, un
aphrodisiaque, un adjuvant de la volonté de puissance.

Guy est un idéaliste de la politique. Il pense que l’on n’est
pas obligé de mentir pour agir, de travestir pour gagner une
élection. Pour Guy, les mots que prononce un politique ne
sont pas faits que pour séduire, les discours ne sont pas une
pacotille jetable tout juste bonne à servir pour une campagne.
Ils ont du poids en termes de responsabilité et d’engagement
personnel. Guy n’échangerait jamais une conviction contre
un bon mot comme son voisin Santini ou même une victoire
électorale contre le reniement d’un principe. Pour lui, la in ne
saurait justiier les moyens. Manifestement, par les temps qui
courent, Guy Janvier n’a pas choisi le chemin le plus facile.
Mais c’est le seul qui vaille.

Jacques ROZENBLUM,journaliste.

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Avant-Propos

A quelques semaines du grand rendez-vous démocratique
de l’élection présidentielle, nous devons nous réjouir de la
publication de l’ouvrage de Guy Janvier, car il apporte un
précieux témoignage sur une réalité trop souvent brocardée,
celle de « l’engagement politique ». Dans le feu d’une campagne
électorale particulièrement dure, au cœur d’une grave crise
économique et sociale, la tentation de la désillusion, voire de la
résignation -« tous (tes) les mêmes »- à l’égard des hommes et
femmes dits « politiques » reste forte. Or les pages qui suivent
retracent un remarquable parcours, mettant en lumière ce
que l’engagement politique signiie dans la vie d’un homme et
combien ce souci permanent de l’intérêt général est bénéique
à la collectivité. Un « politique », un élu local, c’est d’abord une
femme ou un homme que ses convictions poussent à soutenir,
à 5h30 du matin, une famille sur le point d’être expulsée de
son logement. Il fallait que cela fût dit.

Je connais Guy Janvier depuis de nombreuses années.
Ensemble, nous avons compté parmi les rares élus socialistes
dans les Hauts-de-Seine… Dans ce département si particulier,
le plus riche de notre pays et pourtant si marqué par les
inégalités, j’ai pu, au long de ces années, apprécier son action
de maire et de conseiller général. Au cœur de la « Sarkozie »
il a le courage de ne rien céder de ses convictions et de se
battre, dans un environnement hostile, pour Vanves et les

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projets auxquels il croit. Le bilan qu’il dresse de la politique du
Conseil général des Hauts de Seine, présidé de 2004 à 2007
par Nicolas Sarkozy, est particulièrement édiiant : éducation,
handicap, solidarité, développement durable, démocratie et
cumul des mandats… « faites ce que je dis, pas ce que je fais ! ».

Cette action locale, de terrain,Guy Janvier a su la conjuguer
à une activité professionnelle au service, là encore, de l’intérêt
général : à sa sortie de l’ENA en 1985,il choisit par vocation
les afaires sociales, et le bureau de la famille. Il participera dès
lors et selon les époques dans la haute administration, au sein
des cabinets ministériels de gauche ou d’instances rattachées
à Matignon, à la conception et à la mise en place de réformes
sociales majeures de la gauche comme le RMI ou comme
la loi de 2007 instaurant un Droit au logement opposable
(loi DALO). Directeur de la Délégation à la lutte contre la
drogue et la toxicomanie, plus tard Délégué interministériel
à l’économie sociale et solidaire (sous le Gouvernement de
Lionel Jospin), Guy Janvier a œuvré au cœur de la rélexion et
de l’action sur les questions les plus sensibles de notre temps.

C’est fort de ce parcours républicain exceptionnel, que
Guy Janvier, homme « politique » et serviteur de l’Etat depuis
plus de trente ans, nous exhorte à poursuivre avec lui les
combats essentiels de la gauche pour l’éducation, le logement,
la solidarité, pour une société et une économie au service de
l’homme. Des priorités sacriiées depuis dix ans, comme le
furent les plus vulnérables de nos concitoyens et l’avenir de
notre jeunesse. Une autre Politique est indispensable. Le
changement, c’est maintenant.

Robert BADINTER

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L’idée de ce livre…

L’idée de ce livre est assez récente. Pendant longtemps, j’ai
pensé qu’agir suisait. Je croyais dans l’eicacité de l’action
politique quotidienne.« Penser globalement, agir localement.»
Cette phrase d’Edgar Morin, j’en avais fait en quelque sorte
ma devise.

Né à Parcé-sur-Sarthe, un village blotti entre Maine
et Anjou, « monté » à Paris pour y faire Sciences-Po, puis
« installé » à Vanves, une banlieue tranquille de la région
parisienne où j’avais fondé une famille recomposée et
chaleureuse, je travaillais au ministère des Afaires sociales et
militais au parti socialiste. Je pensais que j’allais changer le
monde - rien que ça ! - ou au moins que j’y contribuerais.

Depuis ma sortie de l’ENA en 1985 (promotion Léonard
de Vinci), j’ai toujours cherché à exercer des responsabilités
publiques. J’en ai assumé quelques-unes - partagées avec
d’autres et dont je suis ier : les premiers programmes de lutte
contre la pauvreté et la création du RMI, les réseaux d’écoute,
d’appui et d’accompagnement des parents, le développement
d’une économie alternative.

J’ai été maire de Vanves, délégué interministériel à
l’Économie sociale et solidaire. Je suis aujourd’hui conseiller
général des Hauts-de-Seine.

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Je fais de la politique depuis vingt-cinq ans dans ce
département atypique tenu par Charles Pasqua, Nicolas
Sarkozy, André Santini, Patrick Devedjian. J’ai travaillé pour
Lionel Jospin, Martine Aubry, François Hollande, Ségolène
Royal. Robert Badinter a été longtemps le seul parlementaire
socialiste des Hauts-de-Seine. Il est venu me soutenir à chaque
élection. C’est lui qui, sous mon mandat de maire, inaugura
le square de la mairie auquel nous avons donné le nom de
François Mitterrand.

A soixante ans passés, mon engagement est toujours le
même qu’à trente ans. Mes convictions non seulement n’ont
pas changé mais se sont fortement étayées. Ces certitudes, je
veux les partager. Elles s’énoncent clairement et simplement
et pourraient se résumer à ceci : il faut un logement, une
éducation et un emploi pour tous ! Utopie ? Pas forcément !

Ce qui a déclenché l’envie d’écrire ce livre, c’est l’arrivée
de novices en politique, de gauche comme de droite, et
auxquels, quel que soit leur talent, je souhaite transmettre
mon expérience.

C’est aussi le besoin de rendre compte de mon action à
toutes celles et tous ceux qui ont mené avec moi de nombreux
combats contre la droite des Hauts-de-Seine et avec lesquels
j’ai la volonté de continuer à me battre.

C’est enin une façon de dire à celles et ceux que j’aime :
voilà ce en quoi je crois.

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