L'Afrique dans le monde contemporain

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Français
294 pages
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Description

Au lieu de saisir l'opportunité historique qui se présente à elle, l'Afrique montre une image de "républiquettes" en attente de recolonisation, une image de dépouillement. Les Asiatiques et les Latino-Américains viennent y parachever la spoliation initiée par les Occidentaux. Ce livre dénonce une coopération aux allures d'un marché de dupes, où le subordonné n'est autre que l'Afrique.

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Date de parution 01 septembre 2014
Nombre de lectures 73
EAN13 9782336353753
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

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Sous la direction de C. Christian Tsala Tsala
L’AFRIQUE DANS LE MONDE CONTEMPORAIN
Entre émancipation, néocolonialisme et recolonisation
Préface de Khalid Chegraoui Postface de Jèrôme Mebara Nomo et M’hammed Echkoundi
L’Afrique dans le monde contemporain
Sous la direction de C. Christian Tsala Tsala L’Afrique dans le monde contemporain Entre émancipation, néocolonialisme et recolonisation Préface de Khalid Chegraoui Postface de Jèrome Mebara Nomo et M’hammed Echkoundi
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03611-3 EAN : 9782343036113
A Alexandre Biyidi Awala, Homme de courage et de conviction, qui a écrit les pages glorieuses de l’histoire africaine.
Comité scientifique
Abraham Constant Ndinga Mbo (Professeur), Historien, Université Marien Ngouabi- Congo. Bruno Bekolo Ebe (Professeur), Economiste, Université de Douala-Cameroun. Canute A. Ngwa (Maître de Conférences), Historien, Université de Bamenda-Cameroun. Daniel Abwa (Professeur), Historien, Université de Yaoundé I-Cameroun. Henri Claude Njocke (Chargé de Cours), Université de Douala-Cameroun. Idrissa Kimba (Professeur), Historien, Université Abdou Moumouni de Niamey-Niger. Jamaâ Baida (Professeur), Historien, Université Mohammed V-Souissi, Rabat – Maroc. Khalid Chegraoui (Professeur), Historien, Université Mohammed V-Souissi, Rabat – Maroc. Lucien Ayissi (Professeur), Philosophe, Université de Yaoundé I – Cameroun. Marie-Rose Abomo-Maurin (Habilitation à Diriger les Recherches), Littérature française, Université de Yaoundé I – Cameroun. Robert Kpwang Kpwang (Maître de Conférences), Historien, Université de Yaoundé I – Cameroun. Simon Pierre Eteme Eteme (Juriste, Avocat, Expert Consultant et Enseignant invité à l’Université Catholique d’Afrique Centrale), Yaoundé – Cameroun. Yahia Abou El Farah (Professeur), Géographe, Université Mohammed V-Souissi, Rabat – Maroc. Zaki M’barek (Professeur), Historien, Institut Universitaire de la Recherche Scientifique de Rabat-Maroc. Comité de relecture Astride Carolina Oye Bayeke Jèrôme Mebara Nomo Lucien Ayissi Marlyse Yonkeu Ngatchou Suzy Bakoudé
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Préface
Alors que les jeunes générations d’Africains des années 1970/1980 aspiraient au mépris de leur destin colonialiste, à l’exemple d’une défroque qu’on abandonne pour se tourner résolument vers l’avenir, les pays du continent noir se sont ensablés de conflits, allant des simples revendications sociales aux génocides, de la contestation des résultats des élections aux guerres civiles le plus souvent encouragées par l’extérieur. Enrayer cette nouvelle saignée était donc devenu plus qu’une urgence, dans un contexte où la ruée soudaine vers la démocratie et la mondialisation apparaissait comme une frénésie.
Depuis les années 90, les leaders politiques africains semblent avoir heureusement pris conscience de ce que la démocratie à la mode et ses corollaires les droits de l’Homme, la nécessité de la résolution des conflits en interne et les exigences de la mondialisation imposent une nouvelle réflexion dont devra dépendre un autre mode de gouvernance à l’échelle continentale.
C’est assurément dans ce contexte que l’Union Africaine voit le jour en 2002, avec pour principale mission l’accélération de l’intégration politique, économique et sociale du continent, gage d’une souveraineté et d’une prospérité dont les indicateurs sont l’émancipation et le développement.
Illusion d’optique que ces espérances placées en l’Union Africaine! Plus d’une décennie après sa création en effet, le continent africain, au lieu de fleurir au monde, présente hélas l’image d’un palimpseste dont les écrits superposés se déclinent en termes de dépouillement et de recolonisation ! Quand les Occidentaux n’y font pas un retour offensif contraire à celui de Napoléon à l’île d’Elbe dans les années 1814/15, ce sont les Asiatiques et les Latino-Américains qui, fustigeant leur attentisme d’hier, se ruent sur l’eldorado africain pour cueillir l’ambroisie et butiner le nectar, parachevant ainsi la spoliation sous le fallacieux prétexte de coopération. Il n’est que, pour s’en convaincre, de lire Thierry Amougou qui, dans son article « L’impact du modèle économico-stratégique chinois en Afrique : de l’opportunité à court terme au sous-développement durable ? », soutient :
Une autre caractéristique du modèle de développement chinois est l’intérêt porté à l’Afrique : « La Chine a besoin de l’Afrique », disait Liu Jianchao, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères [Morrisson, 2007]. En effet, plus le modèle de développement chinois atteint son rythme de croisière, plus intense se fait son besoin tant en matières premières pour soutenir sa croissance, que de débouchés pour écouler sa production industrielle à bas prix. Les ressourcesénergétiques dont regorgent le continent africain et sa production [sic] deviennent ainsi des enjeux stratégiques de première 1 importance pour « l’atelier du monde » .
1  Jean Eudes BIEM, African PROSPECTIVE Africaine n°002/2008, Invention politique, refondation institutionnelle et développement endogène en Afrique, Yaoundé, Les Grandes Éditions, 2008.
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Abondant dans le même sens, Thierry Amougou, dans un style qui lui est propre, martèle : L’offensive chinoise que certains appellent déjà « une nouvelle colonisation de l’Afrique » [Vircoulon, 2007] ou «the new Scramble for Africa» [Brea, 2006] se fait 2 grâce à plusieurs instruments . Si les résultats socioéconomiques obtenus par la Chine en Afrique, grâce à son modèle de développement, apparaissent probants par rapport à ceux d’une vingtaine d’années sans discontinuation d’ajustement structurel, comme le soutient Thierry Amougou, c’est sans conteste parce que le néocolonialisme est encadré par une coopération qui tente de prendre sa légitimité sur la langue de bois, le mensonge et la vacuité qui n’ont d’égale que l’incapacité des Occidentaux à tenir les promesses faites dans les grandes sphères internationales des politiques. En ouvrant ses portes à la Chine alors même que bien de ses pays croulent encore sous le poids des ajustements structurels, en hésitant de temps en temps entre l’Asie et l’Occident pour ce qui est de l’attribution des marchés destinés à la réalisation de ses grands travaux, l’Afrique donne l’impression de ne pas trop savoir où elle va, encore moins où elle veut parvenir. Comment ne pas observer, dès lors, que ce continent participe, à travers son élite, à sa propre recolonisation ? Au lieu de bâtir, par exemple, un mode de gouvernance qui lui sied, qui s’appuie sur ses valeurs culturelles, le continent noir est en divagation entre la «Bonne gouvernance» prônée par l’Occident et la «Gouvernance neutre» que propose l’Asie.
Introduire une sève étrangère dans la régularité africaine n’est certainement pas néfaste ; mais prétendre construire le continent avec deux sèves qui proviennent d’ailleurs, sans tenir compte de ce qui est consubstantiel à l’Afrique, voilà qui risque de plonger encore le continent, plus que par le passé, dans des difficultés insurmontables. Face à un traitement qui, pour dire le moins, est comparable à celui que les Turcs infligeaient aux Chrétiens dans le Levant, une avanie, de jeunes intellectuels africains, produits des Universités camerounaises et marocaines, n’entendent pas démissionner, surtout,
Quand les haines et les scandales Tourmentent le peuple agité.
Si Marie-Rose Abomo-Maurin, Yvette Balana, C. Christian Tsala Tsala, Annette Angoua Nguea,Timothée Tomo Ndjobo, Julien Nga Ebede, Hanse Gilbert Mbeng Dang, Arlette Etoa Ndende, Paul Mpake Nyeke, Raphaël Batenguene Assil, Ernest Messina Mvogo, Ferdin Isaac Zo’o, Machrafi Mustapha, M’hammed Echkoundi, Hicham Hafid, Younes Zakkari et Georges
2 Ibid.
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Dieudonné Mbondo, s’attellent, dans divers registres et grâce à des approches diversifiées, à faire déclencher la sonnette d’alarme au sujet de ce continent colonisé, néo-colonisé et recolonisé aujourd’hui, c’est bien parce que, pour ces chercheurs, l’Afrique doit se frayer son propre chemin si de la semence défunte doit surgir l’explosion, l’embellie. Cette embellie, aussi bien pour Mongo Beti que pour Jèrôme Mebara Nomo, n’est pas un leurre. Celui-ci s’appuie surLa Francecontre l’Afrique… du célèbre écrivain camerounais pour répercuter le message d’espoir que l’auteur deVille cruelleau monde au sujet de son lègue continent :
L’Afrique y survivra, comme elle a survécu à d’autres tragédies. Osons dire plus : toutes les chances du continent noir demeurent intactes, comme on s’en apercevra bientôt quand les dictateurs psychopathes, si longtemps choyés par l’étranger, auront disparu, ce qui ne saurait plus tarder. Non seulement l’Afrique peut se développer, elle va se développer.
C’est dire, s’il en était encore besoin, que le rêve de chaque Africain associé à celui de tous les amis de ce continent qui se trouvent disséminés de par le monde est que nos chefs cessent d’être ces Éromène qu’ils ont toujours été aux côtés de l’Eraste occidental, et l’Afrique s’en portera mieux.
C’est davantage cette note d’espoir qui devra motiver le lecteur de cet ouvrage riche d’histoire et de prophéties, écrit dans une langue accessible à tous et subdivisé en trois grandes parties : Littérature et cinéma ; Histoire ; Droit et économie.
Prof. Khalid Chegraoui Coordonnateur du Laboratoire de Recherche, Afrique, Espaces et civilisations. Institut des Etudes Africaines, Université Mohammed V-Souissi, Rabat, Maroc.
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