L'Afrique dans le temps du monde

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117 pages
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Description

Dans cet ouvrage, c'est une Afrique ramenée à ses vraies dimensions et à ses ambitions légitimes qui est étudiée, dans une optique qui n'est ni misérabiliste ni apologétique, mais qui ne dissimule pas sa sympathie pour les humains africains. Après avoir lu ce livre, on sera peut-être tenté de porter un autre regard sur l'Afrique, inscrite "dans le temps du monde", "temps éclaté", "temps à multiples dimensions" - temps humains.

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Date de parution 01 mars 2010
Nombre de lectures 167
EAN13 9782296240315
Langue Français

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Djibril SAMB

LʼAFRIQUE DANS LE TEMPS DU MONDE

LʼAFRIQUE DANS LE TEMPS DU MONDE












L’AFRIQUE DANS LE TEMPS DU MONDE

Djibril SAMB
Prix La Bruyère/Médaille d’Argent de l’Académie française









L’AFRIQUE DANS LE TEMPS DU MONDE






















L’HARMATTAN


































(Planisphère en 1re de couv. conçu par D. Samb
et réalisé par P. D. Fall, Chercheur à l’IFAN Ch. A. Diop.)







© L'HARMATTAN, 2010
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-10266-8
EAN : 9782296102668

À la mémoire de mes amis Tidiane Diop et Moussa Diagne

À la mémoire de Sémou Pathé Guèye qui avait aussi inscrit
« l’Afrique dans le temps du monde »

INTRODUCTION

Cet ouvrage regroupe une série de publications s’étalant sur
quelque quinze ans. Elles forment un ensemble parfaitement cohérent
dans la mesure où, sans exception, elles prennent l’Afrique comme
centre d’intérêt. Mais l’Afrique envisagée ici est unepars mundi, et
non quelqueterra incognita, étrange et lointaine. L’Afrique est
connue depuis toujours et, dès la plus haute Antiquité, elle fait partie
de l’histoire du monde, et les problèmes qu’elle pose sont ceux que
déroule cette histoire.
La première partie de cet ouvrage tente de penser l’Afrique dans
le monde, puisqu’elle en est une partie. L’Afrique postcoloniale
contemporaine est prise dans le tourbillon de la mondialisation. L’une
des résultantes de la mondialisation est de mettre les cultures et les
civilisations les unes en face des autres dans un temps mondialisé. Mais
ce temps mondialisé, aux apparences d’uniformité, est aussi un temps
éclaté, un temps à multiples dimensions. Parce que ces dimensions ne
sont pas hétérogènes les unes aux autres et qu’elles sont structurées
par le temps de l’information, les cultures et les civilisations ne
s’ignorent nullement, mais du contact à la rencontre, et de la rencontre au
dialogue, il y a toujours des pas à faire. C’est après avoir tracé ce cadre
que nous essayons d’y inscrire le possible dialogue des civilisations,
nommément entre l’Europe et l’Afrique. Si ces deux grandes aires de
civilisations, que lie un passé profond, douloureux et tragique, peuvent
dialoguer, alors le dialogue des civilisations pourrait constituer
valablement un paradigme universel.

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Djibril Samb

La deuxième partie cerne l’Afrique actuelle, prise entre guerre
et paix, deux ingrédients de toute histoire humaine depuis la nuit des
temps. Il ne fait pas de doute que les conflits, les crises, la guerre, ne
sont pas une spécialité africaine, mais parce qu’ils revêtent en Afrique
noire un caractère accentué et constituent parfois une menace d’une
exceptionnelle gravité pour sa survie, ils doivent retenir l’attention
des penseurs, et pas seulement africains. Il convenait en particulier de
réfléchir sur l’étiologie, la typologie, la symptomatologie, la prévention
et la résolution des crises en Afrique noire. Au demeurant, cette réflexion
fournit une nouvelle occasion de faire dialoguer l’Europe et l’Afrique
en s’interrogeant sur ce que celle-ci peut apprendre de celle-là du
point de vue de l’histoire de l’Occident illustrée par celle de sa
philosophie, tout au moins en ce qui concerne l’idée si fondamentale de

paix.
La troisième partie, enfin, examine quelques défis africains
majeurs. L’un de ceux-ci, crucial à mes yeux, est celui de l’éducation
et de la formation, clé de coûte de tout développement africain. On
ne saurait discuter le fait qu’un système d’éducation et de formation
valable trouve son couronnement dans une recherche de haut niveau
que ne peut accueillir qu’un système universitaire de qualité, avec
des bibliothèques au diapason des besoins scientifiques. C’est ici
qu’il était important de rappeler, sur des bases solides, que
l’université, la science et la recherche sont chez elles en Afrique, et non pas
en terre étrangère. De quoi témoigne éloquemment, entre autres, le
centre universitaire de Tombouctou, haut lieu de la recherche et de
l’enseignement universitaire comportant publication de travaux,
curriculums et collation de grades. En somme, il sied que les Africains
fassent l’effort de se réapproprier leur mémoire. C’est cette
réappropriation de sa mémoire par l’Afrique en vue de faire face aux temps
présents que nous avons appelé, voilà quinze ans,réafricaniserl’Afrique.
À mes yeux, la réafricanisation de l’Afrique est un indice majeur
de l’universalisation de l’humain africain qui est un contemporain, et
non plus l’Ancêtre de l’Humain. C’est son ancêtre qui est, peut-être,
l’Ancêtre de l’Humain, pas lui. Lui est un contemporain qui aspire à
la démocratie ainsi qu’au développement, à la liberté et aux droits
humains, à l’égalité des genres. Humain moderne, il veut tout ce que
veut l’Humain de ce temps. Et il sait que ce temps est un monde
nouveau où l’héritage universel ne peut tourner le dos à « l’émergence

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Introduction

de l’individu, à la désacralisation de la nature, à la laïcisation de la
société et de la pensée, à l’esprit critique et à la liberté de conscience »
(Samb 1996).
C’est une erreur fondamentale de penser que l’Afrique noire,
aujourd’hui en retard, pourra emprunter une rampe d’accès vers le
développement et la vraie vie moderne sans revisiter une part de son
héritage. Il n’y a pas de progrès sans réévaluations et, parfois, sans
renoncement, pour mieux s’armer, s’incruster, durer, s’adapter,
conquérir le monde, progresser.
En un mot, l’Afrique a un énorme effort d’adaptation à faire,
comme par le passé, pour vivre au rythme de ce temps nouveau. Mais
elle ne pourra relever ce défi qu’en gagnant le pari d’édifier des États
modernes, véritables instruments du progrès. C’est pourquoi la question
fondamentale qui se pose à l’Afrique, cinquante ans après les
premières indépendances, demeure celle de son leadership politique.
J’exprime mes remerciements à MM. Papa Demba Fall,
géographe à l’IFAN Ch. A. Diop, et Nicolas Sagna, cartographe, qui m’ont
aidé à établir une« Carte des conflits en Afrique subsaharienne » et
une «Carte des régions économiques de l’Afrique subsaharienne ».