L'évidence de l'asile

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Français
248 pages
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Description

La "crise des réfugiés", la "crise de l'Europe", la "crise de l'humanité" ? Pourquoi résistons-nous à l'asile ancré dans l'hospitalité, évidence philosophique et politique, et pourquoi la crise des réfugiés suscite-t-elle autant de désarroi, d'impuissance, de cynisme ? Cet essai est un défi pour la politique et la philosophie. Il montre en quoi la philosophie dys-topique du mouvement qui intègre la violence extrême peut être un pari tragique positif d'exercice de la liberté, de l'hospitalité. Que signifie aujourd'hui les "humains superflus", les "sans-Etat", "le droit d'avoir des droits", la "violence extrême", quand on voit ces mots depuis les routes, les camps de réfugiés ? Choisir de résister a un sens. La question est de savoir comment parier.

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Date de parution 15 octobre 2016
Nombre de lectures 11
EAN13 9782140020926
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

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Marie-Claire Caloz-Tschopp
L’évidence de l’asile
Essai de philosophie dys-topique du mouvement
Essai de philosophie dys-topique du mouvement
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10283-2 EAN : 9782343102832
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L’évidence de l’asile
Marie-Claire CALOZ-TSCHOPPCollège International de Philosophie (CIPH), Genève-Paris L’évidence de l’asile Essai de philosophie dys-topique du mouvement
DÉDICACE
À Colette Guillaumin, féministe, sociologue, qui m’a transmis l’immense plaisir de penser.
À la jeune Afghane (sans nom) qui s’est défenestrée à Sweisimmen (Berne, Suisse) pour ne pas subir un renvoi Dublin.
À Florian, Martin, Basile. À vous l’aventure de l’évident ! À vous le pari !
Ouvrage publié avec le soutien, la solidarité de : la Confédération suisse. Commission fédérale pour les questions de -migration, Berne ; la Ville de Genève, Département de la culture et des sports ; -du Collectif R à Lausanne, de la librairie du Boulevard à Genève, des -Editions l’Harmattan à Paris. le programme Exil, création philosophique et politique du Collège -international de philosophie (Ciph), Paris. Couverture : photo d’un tissage de l’artiste Mario Espana Corrado, exilé uruguayen, 1985.
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Si l’homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, il finirait par ne plus voir ce qui vaut d’être regardé.
Notre héritage n’est précédé d’aucun testament.
On ne se bat bien que pour les causes qu’on modèle soi-même et avec lesquelles on se brûle en s’identifiant.
Agir en primitif et prévoir en stratège.
René Char,Feuillets d’Hypnos(extrait).
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« En définitive, le monde est toujours le produit de l’homme, un produit de l’amor mundil’homme. L’oeuvre d’art humaine. La parole de Hamlet est de toujours vraie :“The time is out of joint, the cursed spite that I wal born to set it right”.Le monde édifié par les mortels en vue de leur immortalité potentielle est toujours menacé par la condition mortelle de ceux qui l’ont édifié et qui naissent pour vivre en lui. En un certain sens, le monde est toujours un désert qui a besoin de ceux qui commencent pour pouvoir à nouveau être recommencé.
A partir des conditions de ce désert qui a commencé avec l’absence de monde de la modernité se posa la question qui fut celle de Leibniz, de Schelling et de Heidegger : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? A partir des conditions du monde moderne, où la menace n’est plus simplement qu’il n’y ait plus aucune chose, mais également qu’il n’y ait plus personne, on peut poser la question : pourquoi y a-t-il-aucune-chose et le qu’il-n’y-ait-personne menacent de détruire le monde, elles sont les questions antinihilistes ».
Arendt Hannah, « Du désert et des oasis » (fragment 4), Qu’est-ce que la politique ?Paris, Seuil-poche, 191, (1955, 1995).
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