L'individu dans les relations internationales

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La médiation internationale vise, par l'insertion d'un tiers médiateur, la résolution pacifique des conflits. Mais quelle est la part revenant en propre à l'individu-médiateur dans cet exercice délicat qu'est la médiation entre deux parties en conflit ? Centrée sur l'analyse du médiateur finlandais Martti Ahtisaari, prix Nobel de la paix en 2008, cette étude rend compte des déterminants qui façonnent l'action médiatrice et des facteurs qui assurent une marge de liberté à l'individu-médiateur.

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Ajouté le 01 septembre 2012
Nombre de lectures 624
EAN13 9782296503205
Langue Français
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L’individu dans les relations internationales
Collection « Inter-National » dirigée par Denis Rolland avec Joëlle Chassin et Françoise Dekowski Cette collection a pour vocation de présenter les études les plus récentes sur les institutions, les politiques publiques et les forces politiques et culturelles à l’œuvre aujourd’hui. Au croisement des disciplines juridiques, des sciences politiques, des relations internationales, de l’histoire et de l’anthropologie, elle se propose, dans une perspective pluridisciplinaire, d’éclairer les enjeux de la scène mondiale et européenne. Série premières synthèses – jeunes chercheurs (dernières parutions) : Odile TANKERE,La conservation du mobilier archéologique : un enjeu scientifique, culturel et social, 2012. Concours Sciences-Po 2011-2012. Barbara ATLAN,Politiques, affichez-vous !, 2012. Concours Sciences-Po 2011-2012. Louis LE BRIS,Le Western. Grandeur ou décadence d’un mythe ?, 2012.Marie NEIHOUSER,La défense des intérêts régionaux en Europe,2011. Aurélien LLORCA,La France face à la cocaïne. Dispositif et action extérieurs, 2010. Guillaume BREUGNON,:Géopolitique de l’Arctique nord-américain enjeux et pouvoirs,2011. Alicia BRUN-LEONARD, Constance d'EPANNES de BECHILLON, Albert Brun, un reporter insaisissable. Du Cuba Libre d'Hemingway à la capture de Klaus Barbie. 40 ans d'AFP, 2010. Estelle POIDEVIN,L'Union européenne et la politique étrangère. Le haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune : moteur réel ou leadership par procuration (1999-2009) ?, 2010. Namie DI RAZZA,L'ONU en Haïti depuis 2004, 2010. M. HOBIN, S. LUNET,Le Dragon taiwanais : une chance pour les PME françaises. A. MARTIN PEREZ,Les étrangers en Espagne. A. CEYRAT,Jamaïque. La construction de l’identité noire depuis l’indépendance. D. CIZERON,Les représentations du Brésil lors des Expositions universelles. J. FAURE et D. ROLLAND (dir.),1968 hors de France. A. PURIERE,Assistance et contrepartie. Actualité d’un débat ancien. G. BREGAIN,Syriens et Libanais d’Amérique du Sud (1918-1945). A. BERGERET-CASSAGNE,Les bases américaines en France : impacts matériels et culturels, 1950-1967.
Milena Dieckhoff L’individu dans les relations internationales Le cas du médiateur Martti Ahtisaari L’HARMATTAN
© L'HARMATTAN, 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-96439-6 EAN : 9782296964396
SOMMAIRE Préface........................................................................................ 9Liste des acronymes utilisés ..................................................... 13INTRODUCTION .................................................................. 15PREMIÈREPARTIE:LESDÉTERMINANTSFAÇONNANTL’ORIENTATIONDEL’ACTIONMÉDIATRICE ................ 25Chapitre 1 : Le contexte de l’intervention du tiers médiateur dans le système conflictuel ....................................................... 27Chapitre 2 : Le statut du médiateur : contraintes et opportunités dans la pratique de la médiation ............................................... 51Chapitre 3 : La perception des parties en conflit sur le médiateur et son action ......................................................... 69DEUXIÈMEPARTIE :LAMARGEDELIBERTÉETD’AUTONOMIECONSTRUITEPARL’INDIVIDU-MÉDIATEUR ........................................................................... 85 Chapitre 4 : Une conception personnelle de la médiation ........ 87Chapitre 5 : Une méthode de travail et des techniques de médiation propres............................................................... 105Chapitre 6 : Le style Ahtisaari : une manière d’agir et de se présenter.................................................................................. 123CONCLUSION ..................................................................... 141 Annexes .................................................................................. 149Bibliographie ......................................................................... 155Remerciements........................................................................ 167Table des matières ................................................................ 169
PRÉFACE  Milena Dieckhoff s’est donnée comme mission de remplir un vide. « L’individu », nous dit-elle, « a été passablement oublié dans l’étude des phénomènes internationaux, et notamment dans la médiation internationale ». Pourquoi cet oubli ?  C’est parce que le travail d’un médiateur, par sa nature, doit rester confidentiel. Il est possible d’observer en détail un peintre, un sculpteur, un musicien, un footballeur, un menuisier ou un boxeur faire son travail. Mais un médiateur opère à huis clos. On ne le voit pas au travail. Très peu de gens savent, au juste, ce qu’il fait ni comment il le fait.  L’objectif d’un médiateur dans des situations de conflit violent consiste à trouver des solutions qui puissent satisfaire les parties en conflit. Ces solutions requièrent souvent des compromis difficiles. Le métier d’un médiateur vise surtout à persuader les parties d’accepter ces compromis.  Durant ces tractations, les négociateurs adoptent des positions qui cachent souvent leurs vrais intérêts : ils ne veulent pas que leur adversaire connaisse le point à partir duquel ils seront obligés de céder. Un médiateur cherchera à désagréger intérêts et positions, mais les négociateurs hésiteront à dévoiler leurs intérêts et à entretenir des formules de compromis s’ils n’ont pas l’assurance que ce travail d’exploration restera confidentiel : la crédibilité d’un médiateur repose donc sur sa discrétion.  L’art ou la technique d’un médiateur – peu importe, dans la pratique, s’il s’agit de l’un ou l’autre – se déploie de façon à convaincre des négociateurs souvent récalcitrants. Un
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médiateur s’exprime souvent d’une voix feutrée, mais si besoin doit avoir la capacité de hausser le ton – tout médiateur étant un peu comédien. Il choisit soigneusement ses mots afin d’induire la réponse souhaitée, fréquemment avec des sous-entendus qu’il souhaite que son interlocuteur finisse par comprendre. Le médiateur évite parfois les paroles, préférant le langage corporel ou les expressions faciales.  Lorsqu’un accord devient possible, un médiateur doit avoir l’habileté d’exprimer par écrit et de façon cohérente les compromis qui commencent à se dégager, en évitant le plus possible les ambiguïtés qui peuvent entraver, le moment venu, la mise en œuvre d’un accord.  Dans l’après guerre froide, la plupart des conflits sont internes, ce qui donne au règlement pacifique une complexité qu’il n’avait pas auparavant. En effet, les parties en conflit, après avoir déposé les armes, sont condamnées à cohabiter avec des groupes et des personnes qu’ils cherchaient, la veille encore, à tuer.  Ainsi, pour que le règlement soit durable, les parties doivent faire l’effort de se pencher sur les causes profondes qui les ont menées à la guerre et s’assurer qu’il y aura, après le cessez-le-feu, des moyens institutionnels permettant désormais une résolution pacifique des disputes.  La boîte à outils dont se sert un médiateur dans la recherche d’un règlement de cette nature est forcément plus grande et comprend plus de compartiments que celle des médiateurs d’autrefois. Il doit se poser en gestionnaire multidisciplinaire – en chef d’orchestre.  Il faudra du temps et des épreuves avant qu’il soit possible d’affirmer que le règlement est bien viable. Les résultats d’une médiation ne peuvent donc pas se mesurer au lendemain de la fin des combats mais au fil des années.  Il va de soi que les possibilités d’atteindre ces objectifs s’accroissent si les solutions trouvées sont perçues comme émanant des parties en conflit. C’est ce que les Anglo-Saxons appellentownership: il faut que les parties au conflit et les
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