L'Union Africaine face aux contraintes de l'action collective

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Français
158 pages
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Description

Cet ouvrage montre que, contrairement à l'idée d'une division de l'Afrique à partir des identités francophones et anglophones ou à partir d'une partition entre adversaires et partisans d'une intégration immédiate ou par étapes, l'absence de cohésion observée au sein de l'Union africaine a pour source les comportements stratégiques adoptés par certains Etats, pourtant engagés officiellement dans une action collective.

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Date de parution 01 janvier 2013
Nombre de lectures 88
EAN13 9782296515079
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Prix : 15,50ISBN : 978-2-336-00894-3
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Guy Mvelle
L’UNION AFRICAINE
FACE AUX CONTRAINTES
DE L’ACTION COLLECTIVE
L’Union africaine face aux contraintes de l’action collective
Guy Mvelle L’Union africaine face aux contraintes de l’action collective
Du même auteur L’Union africaine : fondements, structure, programmes et actions, L’Harmattan, 2007.
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00894-3 EAN : 9782336008943
A mon père et à ma mère, James et Dora A mon épouse, Marie-Brigitte A ma fille, Francette Mvelle Et à toute la grande famille Mvelle !
Introduction
L’un des facteurs souvent évoqués pour expliquer le faible poids de l’Union africaine (UA) devant les grands enjeux africains et internationaux est la dispersion des positions de ses membres. Chaque fois que l’organisation africaine est confrontée à une question nécessitant une prise de position forte, il est aisé d’observer une sorte de dislocation des voix en son sein, laquelle entraîne finalement sa marginalisation dans les différents processus de prise de décision. On a pu le constater lors de la crise postélectorale de 2010 à 2011 en Côte d’Ivoire et surtout lors du vote de la Résolution 1973 autorisant le recours à la force contre le régime de Mouammar Kadhafi en Libye. Pourtant pour les pères fondateurs, les Africains doivent être guidés par «la vision partagée d’une Afrique unie et forte, ainsi que par la nécessité d’instaurer un partenariat entre les gouvernements et toutes les composantes de la société civile, en particulier les femmes, les jeunes et le secteur privé, afin de renforcer la 1 solidarité et la cohésion entre nos peuplesMais les» . divisions sont souvent plus observables que l’unité, et ce depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) où le continent fut divisé entre le groupe de Monrovia 2 et celui de Casablanca . Le « groupe de Monrovia » était
1 Préambule de l’Acte constitutif de l’Union africaine. 2 A ce sujet voir notamment Boutros Boutros-Ghali, « L’Organisation de l’unité africaine », Paris, Armand Colin, 1969 ; Michel-Cyr Djiena Wembou, « L’OUA à l’aube du XXIe siècle : Bilan, Diagnostic et Perspectives », Paris, LGDJ, 1995 ; Yassin El Ayouti (ed), « The Organization of African Unity after thirty years », Preager, 1884 ; Pierre François Gonidec, « L’OUA trente ans après », Paris, Karthala, 1993 ; Maurice Kamto, Jean-Emmanuel Pondi et Laurent Zang, « L’OUA : Rétrospective et perspectives africaines », Paris, Economica, 1990 ; Jean Mfoulou, « LOUA : Triomphe de l’unité ou des nationalités ? Essai d’une
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conçu comme le regroupement des « modérés » qui souhaitaient que l’intégration régionale se fasse par étapes et le « groupe de Casablanca » rassemblait des leaders révolutionnaires adeptes d’une intégration rapide (le Ghanéen Nkrumah, l'Égyptien Nasser, l'Algérien Ben Bella ou le Guinéen Sékou Touré).
Cette attitude qui touche à la question de la cohésion au sein des organisations est décriée tant par les hommes politiques eux-mêmes que par une partie de l’opinion publique africaine. Elle est préjudiciable à la constitution 3 d’une puissance africaine globale et contredit les vertus que professent les théories institutionnalistes sur les organisations internationales (institutionnalisme néo-libéral, sécurité collective, théories critiques). Faut-il rappeler que l’Europe a accéléré sa construction certes pour le bien-être de ses peuples, mais surtout dans l’optique de se constituer en puissance capable d’égaler les autres grandes puissances en général et l’hyper-puissance américaine en particulier. Nous donnons au concept de puissance ici le sens qu’en donnent le sociologue Max Weber et les internationalistes qui se sont inspirés de lui : toute chance de faire triompher au sein d’une relation sociale sa propre volonté, même contre des résistances, peu importe sur quoi repose cette volonté (M. Weber) ; l’emprise d’un acteur sur l’esprit et les actions des autres (Hans Morgenthau) ou la capacité d’une unité politique d’imposer sa volonté aux autres unités (Raymond Aron).
La trajectoire de l’Afrique ces cinquante dernières années a montré qu’à quelques exceptions près (Afrique du Sud sociologie politique de l’Organisation de l’Unité Africaine », Paris, l’Harmattan, 1986... 3  Mais qu’elle soitsoftouhard, c’est la dimension positive de la puissance qui nous intéresse ici. Cf Marie-Claude Smouts, Dario Battistela et Pascal Vennesson, « Dictionnaire des relations e internationales », 2 édition, Dalloz, 2006, pp 445-446.
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4 postapartheid) , les États-nations pris individuellement avec leurs abondantes ressources, ne participent réellement pas aux jeux des puissances dont la scène internationale en constitue le théâtre. Au plan économique, les analystes pensent que les performances du continent noir n’ont cessé de se détériorer depuis le milieu des années 1980. Qu’il s’agisse de la place du continent dans les échanges mondiaux ou de la croissance des exportations africaines, les résultats sont en baisse et la marginalisation de l’Afrique n’est toujours pas résolue, même si des prévisions récentes sont plus 5 optimistes . Selon l’OCDE, les économies des pays d’Afrique ont surmonté la crise mondiale relativement bien et ont même amorcé une reprise en 2010. Toutefois, les événements politiques en Afrique du nord et les prix élevés des produits alimentaires et pétroliers ont eu pour effet de ralentir la croissance du continent à 3,7 % en 2011. Pour l’année en cours, l’Afrique subsaharienne va croître plus rapidement que l’Afrique du nord. Par ailleurs une reprise de 5,8 % est prévue. Autant hier l’Afrique était la grande perdante de l’impérialisme et de la colonisation, autant aujourd’hui elle ne tire également pas profit des 6 interdépendances multiples que connaît le monde . A contrario au sein d’autres institutions internationales comme l’Union européenne (UE) ou l’Organisation des nations unies (ONU) également secouées par les 4  On parle souvent à cet effet des paradoxes de la nation arc-en-ciel qui après le transfert du pouvoir à la majorité noire en 1994 a accumulé à la fois des faiblesses et des atouts notamment dans le domaine économique et dans son rayonnement diplomatique. Cf. Michel Klen, « Afrique du Sud : paradoxes de l’arc-en-ciel », Revue Défense Nationale, n°746, janvier 2012, pp 97-103. 5 . http ://www.oecd.org/document/16/0,3746,fr_2649_15162846_48794746 _1_1_1_1,00.html, consulté le 06 mars 2012. 6  Jibrin Ibrahim, « Notes sur la mondialisation et la marginalisation de l’Afrique », Bulletin du CODESRIA, n°3 et 4, 2002.
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