La mémoire socialiste 1905-2007

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Français
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Le centenaire du Parti socialiste, en 2005, est passé inaperçu tant les commémorations ont été discrètes. Les socialistes négligeraient-ils leur histoire ? Le Front populaire, la Deuxième Guerre mondiale, la guerre d'Algérie, Mai 68, l'élection de François Mitterrand, la Gauche plurielle, les défaites récentes : comment le PS gère-t-il cet héritage ? Existe-t-il un fonds commun de souvenirs socialistes ? Quels rapports entre la mémoire officielle du PS et les souvenirs de militants.

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Date de parution 01 novembre 2007
Nombre de lectures 214
EAN13 9782296181380
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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LA MÉMOIRE SOCIALISTE
1905-2007Autres ouvrages de lauteur
La Troisième voie dans limpasse. Essais sur Tony Blair et le ew Labour,
Paris, Syllepse, 2003.
Social democratic parties in the European Union. History, organization,
policies, Basingstoke, Macmillan, 1999(avec R. Ladrech).
Jean Jaurès et son discours à la jeunesse, Genève, La Nacelle, 1995.
© L'HARMATTA, 2007
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-04034-2
EAN : 9782296040342PhilippeMARLIÈRE
LAMÉMOIRESOCIALISTE
1905-2007
SOCIOLOGIEDUSOUVENIRPOLITIQUE
ENMILIEUPARTISAN
L'HarmattanLogiques Sociales
Collection dirigée par Bruno Péquignot
En réunissant des chercheurs, des praticiens et des essayistes, même si la dominante
reste universitaire, la collection Logiques Sociales entend favoriser les liens entre la
recherchenonfinalisée et l'action sociale.
En laissant toute liberté théorique aux auteurs, elle cherche à promouvoir les
recherches qui partent d'un terrain, d'une enquête ou d'une expérience qui augmentent
la connaissance empirique des phénomènes sociaux ou qui proposent une innovation
méthodologique ou théorique, voire une réévaluation de méthodes ou de systèmes
conceptuelsclassiques.
Dernières parutions
Bruno PÉQUIGNOT (dir.), Maurice Halbwachs : le temps, la mémoire et
lémotion, 2007.
Eguzki URTEAGA, Études sur la société française, 2007.
Bernard CONVERT et Lise DEMAILLY, Les groupes professionnels et
linternet, 2007.
Magdalena JARVIN, Vies nocturnes, 2007.
Jean-Yves CAUSER, Roland PFEFFERKORN et Bernard WOEHL (sous la
dir.), Métiers, identités professionnelles et genre, 2007.
Fabrice RAFFIN, Friches industrielles, 2007.
Jean-Pierre BASTIAN (Sous la dir.), Religions, valeurs et développement
dans les Amériques, 2007.
Alexis FERRAND, Confidents. Une analyse structurale de réseaux sociaux,
2007.
Jean-Philippe MELCHIOR, 35 heures chrono ! Les paradoxes de la RTT,
2007.
Nikos KALAMPALIKIS, Les Grecs et le mythe dAlexandre, 2007.
Eguzki URTEAGA, Le vote nationaliste basque,2007.
Patrick LE LOUARN (Sous la dir.) Leau. Sous le regard des sciences
humaines et sociales, 2007.
Claudine DARDY et Cédric FRETIGNE (Sous la dir.), Lexpérience
professionnelle et personnelle en questions,2007;
Magali BOUMAZA et Philippe HAMMAN (dir.), Sociologie des mouvements
de précaires, 2007.
Cédric FRETIGNE, Education, Travail, Précarité. Lectures sociologiques
1996-2006, 2007.
Jean-Yves FONTAINE, Socioanthropologie du gendarme, 2007.À Eunice
et
àInês« Les socialistes nont pas le droit à lamnésie : elle les
conduit tout droit au gouffre dans lequel a sombré la SFIO.
Ne plus se rappeler ses impasses revient à cautionner, sous
prétexte de modernisation, les compromissions habillées
aujourdhui au nomdu consensus. »
Nouvelle École Socialiste, Congrès de Rennes, mars 1990.Avant-propos
En 2005, le centenaire de la naissance du Parti socialiste a été éclipsé
par la tenue de référendums interne et national portant sur la Constitution
européenne. Ces deux votes ayant profondément divisé les socialistes, cest un
parti désuni qui a fêté cent années d« unité socialiste ». Au-delà de quelques
1publications, dun colloque, dune fête et de quelques initiatives fédérales ,
lévénement a été peu commenté dans les médias ; les militants socialistes
eux-mêmes ne se sont guère mobilisés autour de cette commémoration. Le
Parti socialiste se désintéresserait-il de son histoire? Ce nest pas lavis de
François Hollande, le premier secrétaire national : «La célébration du
centenaire du Parti socialiste est tout sauf un acte convenu, un exercice
académique. Cest un acte politique qui consiste, pour un mouvement comme
2le nôtre, à savoir doù il vient pour mieux fixer là où il veut aller » . Les
enjeux de lhistoire partisane sont clairement identifiés par le dirigeant
socialiste : afin dorienter son action militante, tout socialiste se doit de
connaître lhistoire de sonparti.
Il était tentant de se pencher sur le rapport quentretient le Parti
socialiste à légard de son histoire. Dune part, une telle étude est inédite.
Dautre part, le Parti socialiste a subi ces dernières décennies des
transformations sociologiques et politiques importantes. En 1971, la SFIO (la
« Vieille maison » de Léon Blum) a cédé la place au « Parti dEpinay », un
parti rajeuni, légèrement féminisé et au recrutement plus bourgeois. La
politique dopposition au communisme de lère Mollet a fait place à une
alliance avec le Parti communiste autour du Programme commun de la gauche.
François Mitterrand, jusque-là extérieur à la tradition socialiste, a rejoint le PS,
la dirigé avant dêtre élu président de la République en 1981. Les socialistes,
qui avaient été constamment dans lopposition depuis 1958, sont restés au
pouvoir entre 1981 et 2002, à quelques interruptions près. Les militants ont
vieilli et se sont davantage embourgeoisés, à linstar de lélectorat socialiste.
Au slogan radical de « Changer la vie » de 1981, sest progressivement
substitué un discours prônant une « gestion responsable ». En 2006, le parti a
lancé une grande campagne dadhésions par le biais dinternet. Les résultats
1 F. Cépède, «1905 ou 2005, le premier centenaire des socialistes. Commémorer, fêter,
rechercher», Recherche socialiste, no33, décembre 2005, pp. 21-39.
2 F. Hollande, «Clôture du colloque », «1905-2005: cent ans de socialisme. Les socialistes et
la France», Recherche socialiste, nos 31-32, p. 217.
11ont dépassé toutes les espérances. En quelques mois, le nombre dadhérents
est passé de 120000 à 220000. Rajeuni et féminisé, le parti vient de connaître
sa plus profonde recomposition depuis 1971.
Ces changements successifs ont eu et auront incontestablement une
incidence sur le rapport quentretiennent les militants à leur histoire. Au-delà
de quelques déclarations générales, les dirigeants socialistes cherchent-ils
véritablement à mettre ce passé en valeur auprès des adhérents ? À travers la
connaissance événementielle du socialisme, de ses protagonistes principaux,
les militants deviennent les héritiers dune histoire et dune culture partisane.
Leur militantisme sinscrit dans un réseau de relations, lui-même source de
socialisation politique. On peut estimer que la plus ou moins grande proximité
des adhérents avec lhistoire socialiste et le partage de souvenirs politiques
communs favorisent la cohésion du groupe socialiste. Inversement, loubli ou
la connaissance superficielle de lhistoire socialiste entraîne le déclin de
lidentité socialiste.
Se pencher sur la mémoire socialiste, cest sintéresser aux
caractéristiques majeures du Parti socialiste et du socialisme comme courant
de pensée. Cest tenter dexpliquer le rôle rempli par le souvenir politique au
sein du PS. Forge-t-il lidentité du parti? Existe-t-il une mémoire officielle du
principal parti de la gauche ? Quel en est son contenu ? Comment se
constitue-t-elle ? Que retiennent les militants du récit officiel de leur parti : y
sont-ils sensibles ou indifférents ? Existe-t-il une mémoire commune du
socialisme partagée par les plus anciens et les plus jeunes militants ? Le
souvenir étant un acte individuel, à quel titre et à quelles conditions peut-on
parler de « mémoire socialiste » ? Peut-on envisager une mémoire socialiste à
léchelle de la nation ou celle-ci est-elle éclatée en une multitude de mémoires
régionales ou locales ?
Cette étude sintéresse au rapport quentretient lappareil partisan à
son histoire. Elle se penche aussi sur les souvenirs personnels, la « mémoire
vive » des militants de deux sections socialistes, à Lille et à Carmaux.
Louvrage renvoie, in fine, à une question existentielle : quest-ce qu'être
socialiste en ce début de XXIe siècle ?
12PREMIÈRE PARTIE
MÉMOIRES PARTISAES :
LE PARTI-PRIS SOCIOLOGIQUE
«Suffit-il de reconstruire la notion historique dun événement qui a
certainement eu lieu, mais dont nous navons gardé aucune impression, pour
constituer de toutes pièces un souvenir ? »
3Maurice Halbwachs
« On peut comprendre que lêtre social est ce qui a été ; mais aussi que ce qui
a une fois été à jamais inscrit non seulement dans lhistoire, ce qui va de soi,
mais dans lêtre social, dans les choses et dans les corps. »
4Pierre Bourdieu
3 M. Halbwachs, La Mémoire collective, Paris, PUF («Bibliothèque de sociologie
contemporaine »), 1968, p. 58.
4 P. Bourdieu, «Le mort saisit le vif. Les relations entre lhistoire réifiée et lhistoire
incorporée », Actes de la recherche en sciences sociales, no12, février1978, p. 12.
13Chapitre 1
La mémoire collective,
un passé pratiqué et incorporé
Cette étude sinspire pour une large part des travaux que le sociologue
Maurice Halbwachs a consacrés à la notion de «mémoire collective » dans
5lentre-deux guerres . En rupture avec les utilisations métaphoriques,
psychologisantes ou instrumentales de la mémoire, Halbwachs propose une
approche sociologique du souvenir collectif. Partant des « représentations
6collectives » durkheimiennes, il soumet la mémoire à lenquête sociologique.
Ce faisant, il fait évoluer la notion de mémoire du psychologique vers le
7terrain sociologique, pour la première fois dans les sciences sociales . Contre
8Henri Bergson qui estime que les souvenirs se «conservent dans le cerveau » ,
Halbwachs affirme que les séquences mémorielles se trouvent «dans la
société ». Selon lui, les souvenirs ne peuvent être remémorés que parce que la produit des formes, des repères, des cadres qui sont les supports
extérieurs à la conscience des individus et qui vont permettre le souvenir.
Face au postulat bergsonien selon lequel «le passé est revécu », Halbwachs
estime au contraire que le passé est « reconstruit ». Il recourt à la notion de
«cadre social de la mémoire ». Ces cadres renvoient àun ensemble de notions
quà chaque moment un individu peut apercevoir parce quelles se trouvent
dans le champ de sa conscience ou parce quelles sont perceptibles par une
9opération de lesprit analogue au raisonnement . Il établit une distinction entre
deux types de cadres de la mémoire : dune part, ceux correspondant à une
mémoire récente qui permettent de structurer les souvenirs en prise directe
5 Pour une synthèse critique des travaux de Maurice Halbwachs consacrés à la mémoire
collective, voir: G. Namer, Halbwachs et la mémoire sociale, Paris, LHarmattan («Logiques
sociales »), 2000.
6 E. Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse, Paris, PUF («Quadrige »), 1994
(3è éd.).
7 M. Verret, « Halbwachs ou le deuxième âge du durkheimisme », Cahiers internationaux de
sociologie, 53, 1972, pp. 313-314.
8 èreH. Bergson, Matière etmémoire, Paris, PUF («Quadrige »), 1993 (1 éd. 1896).
9 èreM. Halbwachs, Les Cadres sociaux de la mémoire, Paris / La Haye, Mouton, 1976 (1 éd.
1925), p. 129.
15avec le présent. Dautre part, ceux renvoyant à une mémoire lointaine, qui
prend acte de lévolution des intérêts et des perspectives de lindividu à
travers le temps. Le cadre de la mémoire récente met en relief lintégration
dun individu au sein dun groupe et son interaction avec les autres membres
de ce groupe. Le cadre de la mémoire renvoie à des souvenirs lointains, non
directement accessibles à lesprit. Il offre des repères qui sont dautant plus
classés, hiérarchisés, quils sétendent dans le temps (par exemple, la famille,
la religion, la profession, lamitié). Halbwachs observe que la mémoire
individuelle est au croisement de plusieurs mémoires de groupe, reflet de la
socialisation multiple de chaque individu. Comment faire en sorte que chaque
individu se fasse le porte-parole fidèle et représentatif de la mémoire de ce
groupe, si celui-ci comprend un nombre important de personnes ? Comment
espérer unifier un nombre élevé de points de vue différents sur le passé dun
groupe, pourque le collectif puisse se retrouver dans lindividuel ?Halbwachs
répond que chaque individu est un point de vue totalisant sur la mémoire
collective. Pour reconstruire des souvenirs, il faut que les membres dun
groupe soient animés par des sentiments, des intérêts, des préoccupations
communes. Ainsi, on peut parler de « mémoire collective » quand on évoque
un événement qui tient une place dans la vie de ce groupe. Le rappel de cet
événement sopère à partir du point de vue du groupe (y compris si un
individu se trouve physiquement en dehors du groupe pendant un certain
temps). Halbwachs note que le point de vue totalisant que chaque membre
porte sur le passé du groupe varie en fonction du niveau dintégration ou de
participation au sein du groupe ou de la «communauté affective ». Pour
certains, lengagement sera intense et à cette situation correspondra un point
de vue sur la mémoire collective que lon peut imaginer clair, solide, informé.
Dautres, moins impliqués dans la vie de ce groupe possèderont un point de
vue moins riche. Ceux en marge du groupe auront même un point de vue peu
sophistiqué, lacunaire. Halbwachs compare la mémoire collective à un
instrument commun, dont tous les membres jouent, mais dont chacun tire un
10son différent . Les versions de cette mémoire collective vont donc varier
selon la nature et lintensité des relations que chaque individu entretient avec
le groupe.
Halbwachs remarque que chaque individu porte en lui, depuis son
plus jeune âge, une somme de «souvenirs » qui a été amassée au gré des
conversations et des lectures. Cette mémoire est, selon lui, «empruntée »,
mais ne représente pas la mémoire « authentique » de la personne. Certains
10M. Halbwachs, Les Cadres sociaux de la mémoire,p.95.
16épisodes historiques laissent une empreinte parfois tenace dans lesprit des
individus. Mais pour les personnes extérieures aux groupes ou non
contemporaines à ces événements, ces faits remémorés ne forment pas de
véritables souvenirs, mais simplement des images véhiculées dans la société
11de manière plus ou moins déformée . Halbwachs en déduit quil existe deux
types de mémoires : lune serait directement façonnée par des événements
autobiographiques ou des faits concernant directement le groupe auquel
lindividu se rattache. Lautre comprendrait lensemble des récits historiques
auxquels nous navons pas assisté et qui nous ont été rapportés. La mémoire
autobiographique saiderait de la mémoire historique, mais la seconde serait
plus étendue et schématique que la première. Ces deux mémoires peuvent
dailleurs se chevaucher. La mémoire collective se distingue de la mémoire
historique en ce quelle fournit un courant de pensée continu, alors que la
mémoire historique (des historiens, en particulier) ne retient et ne met en
12valeur que ce qui peutintéresser les membres du groupe .
Davantage sous-jacentes quexplicites dans ses écrits, les idées de
socialisation et déducation sont au cur même du processus de transmission
de la mémoire de génération en génération. Pour quil y ait constitution dune
mémoire collective intelligible et cohérente aux plus jeunes membres dun
groupe, un travail de narration, dexplication, dargumentation du passé doit
être effectué par les aînés à légard des plus jeunes. Ce travail discursif et de
socialisation ne sinterrompt jamais et se prolonge pendant la durée de la vie
dune génération dindividus. En ce sens, la mémoire collective dun groupe
est toujours, selon lexpression de Marcel Proust, un « édifice précaire du
souvenir », dépendant du travail de narration et dexplication en jeu dans le et la commémoration du passé. En conséquence, la mémoire
collective ne peut être simplement déduite de la consultation des signes
13extérieurs de la mémoire historique dun groupe . Elle doit au contraire être
observée, recueillie, comprise à partir du discours et des représentations des
membres du groupe. Halbwachs nous enseigne donc que les manifestations de
« mémoires collectives » doivent avant tout être recueillies non pas tant à
partir de la mémoire historique ou de lhistoire reconstituée du groupe, mais à
11 M. Halbwachs, La Mémoire collective, op. cit.,p. 99.
12 M. Halbwachs, La collective, p. 131.
13 Cette présente étude se démarque nettement, en ce sens, de lapproche retenue par Pierre
Nora à travers le volumineux travail collectif consacré aux «lieux de mémoire ». Voir P. Nora,
Les Lieux de mémoire, Paris, Gallimard: Tome 1: La République (1984) ; Tome 2 : La Nation
(3 volumes, 1986) ; Tome 3 : Les France (3 volumes : 1. Conflits et partages ; 2. Traditions ; 3.
De l'archive à l'emblème, 1993).
17partir de la « mémoire vive » et autobiographique des individus. On peut
résumer la théorie halbwachsienne de la mémoire collective de la manière
suivante : le passé n'est pas conservé, mais il est reconstruit à partir du
présent ; la mémoire du passé n'est concevable que grâce aux cadres sociaux
qui s'offrent aux individus et qui sont fournis par la société ; la mémoire
individuelle n'est réelle qu'en tant qu'elle participe à la mémoire collective ; la
mémoire collective n'est cependant pas l'addition de la somme des mémoires
individuelles d'un groupe : chaque mémoire individuelle porte la mémoire
collective en soi, en constitue un point de vue ; l'intensité du point de vue
varie selon la place occupée par l'individu au sein de la communauté affective
du groupe.
A. Histoire objectivée et histoire incorporée
Éclairante, la démonstration de Halbwachs laisse pourtant dans
l'ombre un des aspects importants de la relation entre présent et passé. Le
travail de reconstitution et de rappel des souvenirs est bien montré à travers la
notion de cadre. Nous pourrons ainsi dire que le cadre, trace réifiée ou
intellectualisée du passé, produit un effet du passé sur les mémoires
individuelles. Le travail des cadres, en revanche, ne permet pas de vérifier
dans quelle mesure le passé peut durablement marquer (parfois même au sens
littéral du terme) les corps ou les esprits au point d'« habiter », de « laisser une
marque » permanente sur les individus. Selon cette hypothèse, il convient de
rechercher s'il existe un poids du passéqui structurerait les manières de voir et
de percevoir des individus, qui soit durable et propre à chacun des agents
sociaux. La sociologie bourdieusienne balaye d'un éclairage dynamique les
rapports qui peuvent exister entre le « passé objectivé » (les livres d'histoire,
les cérémonies, le droit, les coutumes les statues) et le « passé incorporé ».
Toute action historique met en relation dialectique l'histoire objectivée et
l'histoire incorporée, c'est-à-dire histoire devenue habitus.
Selon Bourdieu, l'histoire objectivée ne peut devenir histoire agie et
agissante, que si elle est prise en charge, incorporée par des agents sociaux.
Pour cela, l'agent doit, du fait de ses investissements antérieurs, être doté d'un
habitus qui le prédispose à s'intéresser plus ou moins à l'histoire objectivée.
Cet intérêt dépend de la rencontre plus ou moins harmonieuse entre son
habitus et la structure du champ de l'histoire objectivée. En d'autres termes,
cela dépend de la capacité de l'agent à décoder et à déchiffrer le sens de
l'histoire objectivée. Il faut pour cela qu'il soit doté des aptitudes nécessaires
pour la réactiver.
18Létude des rapports dialectiques entre habitus et champ, ainsi que la
distinction faite entre « passé objectivé » et « passé incorporé » permettent de
poser les hypothèses suivantes : le rapport entre histoire objectivée et
l'individu dépend de la nature même de l'habitus de l'individu (son habitus
peut être en pleine harmonie avec la doxa et les contraintes structurelles du
champ ou, à l'inverse, divisé, contradictoire, fluctuant par rapport à celles-ci) ;
l'habitus, produit d'une acquisition historique, est ce qui permet l'appropriation
de l'acquis historique, ou, en d'autres termes, de l'histoire objectivée. Il reflète
le poids de l'histoire objectivée dans les corps et les esprits des individus ;
l'habitus offre à l'observation empirique une trace tangible du poids du passé,
à travers les pratiques et représentations des individus ; le poids du passé sur
les agents ne peut donc être décrété a priori (à l'instar des Lieux de mémoire
de Pierre Nora), mais recueilli à partir de l'observation empirique des
conditions sociales de sa production et de son exercice.
B. L'a-venir du passé
Halbwachs ne se penche pas sur les rapports entre passé et avenir. Si
la dialectique passé/présent forme la base de sa théorie, il n'existe aucune
réflexion de fond sur la relation entre ce qui est passé et ce qui est à venir. Le
point de savoir si la reconstitution du passé au présent est également
influencée par le futur a été articulé par l'historien Reinhart Koselleck. Dans
une réflexion sur le temps historique, il propose de distinguer deux catégories :
14le champ d'expérience et l'horizon d'attente . Par « expérience », Koselleck
entend le « passé actuel », dont les événements ont été intégrés et peuvent être
remémorés, ainsi que chaque acte rationnellement ou inconsciemment élaboré
ou chaque expérience transmise par des générations dindividus ou des
institutions. L« attente » s'accomplit dans le présent et constitue un « futur
actualisé ». Elle tend vers « ce-qui-n'est-pas-encore », vers «
ce-qui-n'est-pasdu-champ-de-l'expérience ». L'espoir, la crainte, le souhait, la volonté, le
15souci, l'analyse rationnelle ou spéculative entrent dans cet état d'attente . Une
expérience, une fois réalisée, est entière, dans le sens où les motifs qui lui ont
donné naissance ont disparu. Inversement, l'expérience qui doit encore être
réalisée est anticipée sous la forme de l'attente, divisée en une multitude de
14 R. Koselleck, «Champ d'expérience et horizon d'attente: deux catégories historiques », in
Le Futur passé. Contribution à la sémantique des temps historiques, Paris,Éditions de l'EHESS,
1990, pp. 307-329.
15 R. Koselleck, op. cit., p. 311.
1916moments temporels . Le «champ d'expérience » renvoie à une métaphore
spatiale qui indique que l'expérience se compose de différentes strates
datables, qui forment un tout. «L'horizon d'attente » suggère une ligne
derrière laquelle va s'ouvrir un nouveau champ d'expérience. En dépit de
pronostics possibles, l'attente renvoie à un espace qui échappe totalement à
17l'expérience. Franchir l'horizon d'attente crée ainsi une nouvelle expérience .
Koselleck montre que l'horizon d'attente de chaque individu est, de
fait, limité, « auto-censuré » par ce qui a déjà été appris ou expérimenté dans
le passé. Toutefois, il remarque que nul ne peut déduire entièrement son
attente à partir de son expérience. En ce sens, la catégorisation de Koselleck
rejoint largement la problématique posée par la définition de l'habitus
bourdieusien. Selon Bourdieu, l'habitus, structuré par des contraintes
objectives, tend à produire des conduites «raisonnables », de «sens
commun » qui sont objectivement ajustées à la logique caractéristique d'un
champ déterminé dont elles anticipent l'avenir objectif. De ce fait, l'habitus
tend à exclure ou auto-censurer, « sans violence, sans art, sans argument »,
toutes les « conduites folles », vouées à être négativement sanctionnées, car
18incompatibles avec les conditions objectives du champ .
La structure de pronostic contenue dans l'attente peut ainsi influencer,
au même titre que le présent, la reconstitution du passé. Cette dimension du
temps historique doit donc également être retenue dans une recherche sur la
mémoire collective.
Le travail empirique qui suit et qui forme lossature de cet ouvrage,
repose sur une définition de la « mémoire collective » qui a été construite à
travers ce premier chapitre. On peut lexposer brièvement :
la mémoire collective est portée par la mémoire individuelle de
chaque individu, qui constitue un point de vue sur la mémoire du
groupe ;
le passé est reconstitué par l'effet d'une double dynamique : entre le
passé et le présent, par le travail des cadres sociaux de la mémoire :
entre le passé et le futur, par la dialectique entre passé réalisé
(expérience) et le pronostic de l'attente (projection dans le futur) ;
l'intensité du point de vue sur la mémoire collective dépend de la
positionde l'individu au sein de la communauté affectivedu groupe ;
16 R. Koselleck, op. cit., p. 312.
17 R., op. cit., p. 314.
18 P. Bourdieu, Le Sens pratique, Paris, Minuit, 1980, pp. 91-92.
20 les rapports entre histoire objective (histoire et mémoire historique du
groupe) et l'habitus de l'individu sont plus ou moins harmonieux,
selon que l' de l' épouse ou non avec intensité, « avec
ou sans effort », les règles et les pratiques en vigueurdans le champ ;
l'habitus de chaque individu et son point de vue sur l'histoire
objectivée du groupe ne peuvent être saisis que par le biais de la
recherche empirique, en isolant la position de chaque individu au sein
de l'espace des positions du groupe.
21Chapitre 2
Biographies de générations militantes
«Le sociologue ne peut ignorer que le propre de son point de vue est d'être un
point de vue sur un point de vue. Il ne peut reproduire le point de vue de son
objet et le constituer comme tel, en le resituant dans l'espace social, qu'à partir
de ce point de vue très singulier (et, en un sens, très privilégié) où il faut se
placer pour être en mesure de prendre (en pensée) tous les points de vue
possibles. Et c'est seulement dans la mesure où il est capable de s'objectiver
lui-même, qu'il peut, tout en restant à la place qui lui est inexorablement
assignée dans le monde social, se porter en pensée au lieu où se trouve placé
son objet (qui est aussi, au moins dans une certaine mesure, un alter ego)et
prendre ainsi son point de vue, c'est-à-dire comprendre que s'il était, comme
on dit, à sa place, il serait et penserait comme lui. »
19P. Bourdieu
erSelon la définition qui en a été donnée dans le chapitre 1 ,lamémoire
collective ne peut être approchée que par l'intermédiaire du témoignage de
lindividu, qui, selon les termes de Halbwachs, fournit un «point de vue » sur
la mémoire du groupe. Ce point de vue sur la mémoire du groupe ne peut être
recueilli que de deux manières possibles : à l'écrit ou oralement. Pour des
raisons pratiques, la méthode de l'entretien biographique a été exclusivement
privilégiée.
A. Les cadres de la mémoire historique
Les plus facilement repérables car seprésentant à l'observation sous la
forme de data, on retiendra comme «cadre de la mémoire historique du
socialisme français » toute trace de l'histoire socialiste française « objectivée »
dans l'espace et clairement identifiable comme telle. Il pourra s'agir :
d'un cadre réifié : un monument à la gloire d'un événement ou d'un
personnage-clé de l'histoire socialiste, un livre, un journal, une affiche, mais
19 P. Bourdieu, «Comprendre », in La Misère du monde, Paris, Seuil, 1993, p. 925.
23aussi un paysage (un puits de mine) ou un lieu (une usine) intrinsèquement
liés à son histoire. Dans cette catégorie, il conviendra d'inclure des supports
qui se présentent à l'état intermédiaire entre le sensible et le matériel (une
chanson ou une musique). Les institutions et les personnes chargées
expressément d'entretenir ou de propager le rayonnement de l'histoire
socialiste devront également être rangées dans ce type de catégorie
(bibliothèques spécialisées sur le socialisme, commission du parti chargée de
la mémoire, etc.) ;
d'un cadre-notion : toute idée ou représentation dont on peut penser qu'elle
sera présente dans le champ de la conscience des militants, car elle est
omniprésente et s'impose fortement dans les discours officiels des dirigeants
du parti ou dans l'historiographie du parti(la notion de justice sociale, de paix,
d'égalité, de laïcité, etc.). Ces cadres-notions sont repérables dans les discours
publics et la littérature du parti.
L'objectivation des cadres historiques est donc un préalable
indispensable afin de pouvoir se pencher sur la question des rapports entre
passé objectivé et passé incorporé. Plus précisément, le repérage des cadres
historiques doit servir à constater si la mémoire historique du parti socialiste
produit des « effets de mémoire » sur les militants socialistes. Cette mise en
perspective de la mémoire historique du parti a pour objet de vérifier dans
quelle mesure l'histoire du parti constitue un vecteur de mémoire pour les
militants et si, tel est le cas, quels sont les cadres en particulier qui remplissent
le mieux ce rôle.
B. Les biographies orales ou la mémoire racontée
En retenant l'approche biographique, notre objectif est de demander à
un individu de «faire le récit », de «raconter » un ou des épisodes
significatifs de sa propre vie de militant socialiste. Le récit biographique,
quoique souvent articulé autour de moments repères forts qui forment
l'ossature de la narration, porte la marque des indécisions, des oublis, des
reconstitutions approximatives, des overlaps entre histoire personnelle ou
familiale et histoire nationale. La biographie reflète les errements de la vie de
l'individu moyen, avec son alternance de moments joyeux et tristes, captivants
et banals.
Dans la situation du récit, le narrateur répond initialement à une
consigne de l'enquêteur qui, en posant la première question, le dirige dans une
direction plus ou moins balisée. L'interviewé est, dans une certaine mesure,
2420« invité » à faire part de ses expériences passées à travers un « filtre » .Àla
différence de l'autobiographie qui a pour objectif de donner au lecteur la
description la plus minutieuse et chronologique d'un parcours de vie, la
biographie cherche à extraire des expériences individuelles, considérées
comme des fragments de trajectoires socio-historiques, et à les replacer
ensuite au sein de leur champ de production.
C. Mémoire et générations militantes
Au-delà des mécanismes déjà évoqués dans la constitution et
conservation d'une mémoire collective (structure du champ et positionnement
de l'agent dans ce champ, capacité à lire les cadres de la mémoire, rapports
entre espace d'expérience et d'horizon), il convient maintenant de se demander
dans quelle mesure le rapport à l'histoire objectivée peut varier, en fonction de
la position d'un individu au sein de la pyramide des âges. En d'autres termes,
l'âge peut-il être une variable déterminante pour expliquer des variations de
points de vue sur le passé du groupe? Y aurait-il, sur ce point précis, un
« effet de génération » que la recherche empirique puisse repérer ? Comme le
dit Claudine Attias-Donfut, «les discours sur les générations évoquent
toujours le temps : se référant à la mémoire et à l'histoire, ils opèrent la
21jonction entremémoire collective et histoire contemporaine » .
Appliqué au champ des études politiques, il est possible de distinguer
22trois définitions possible de la notionde génération :
la génération entendue comme «effet de cycle de vie »: on privilégie
ici les caractéristiques bio-psychologiques liées à l'âge et à la façon
dont elles affectent les attitudes politiques ;
la génération comprise comme «effet de cohorte »: la cohorte est un
groupe de personnes nées à l'intérieur du même intervalle de temps et
qui vieillissent ensemble ;
la génération perçue comme« effet de période » : les effets de période
ont pour origine les événements historiques et transformations
socioculturelles qui se produisent dans une société à un moment donné, et
auxquels les individus et groupes réagissent.
20 D. Bertaux, Les Récits de vie, Paris, Nathan, («128-Sociologie »), 1997, p. 34.
21 C. Attias-Donfut, Sociologie des générations. L'empreinte du temps, Paris, PUF, 1988, p.
176.
22 J. Crête, «Les générations politiques », in J. Crête, P. Favre (éd), Générations et politiques,
Paris, Economica, 1989, p. 16, 21 & 25-26.
25Il convient d'écarter la définition de génération politique entendue
comme « cycle de vie » car elle renvoie à des catégories trop vagues et peu
susceptibles de dégager des repères dynamiques (l'enfance, l'adolescence,
l'âge adulte, la vieillesse). Il en va de même pour l« effet de cohorte », car la
cohorte se présente essentiellement comme un groupe d'appartenance défini
par l'âge, tandis que la génération politique possède des caractéristiques
audelà de l'âge biologique : celle-ci développe une conscience de groupe, un
ensemble d'attitudes et de comportements qui lui sont propres. La cohorte est
une catégorie sociale «en soi », alors que la génération renvoie à un groupe
social ou politique qui agit « pour soi ». C'est donc à partir des cohortes,
23et à travers les expériences qu'elles vivent, que se forment les générations .
L« effet de période » n'est pas aisément définissable. Pour
lappréhender, il faut sans aucun doute effectuer une lecture attentive de
l'histoire nationale et du groupe étudié. Un moyen heuristique efficace pour
s'affranchir de ce problème consiste à relever, au sein de l'histoire du groupe,
24la survenance d'« événements générateurs » . Il s'agit de repérer les
événements dont l'impact est tel pour les membres d'un groupe qu'il provoque
l'émergence d'une nouvelle génération. Cet événement a un caractère décisif
parce que c'est à partir de lui, en réaction à lui, à son contact, qu'un groupe
d'individus va connaître une expérience propice à l'apparition d'une identité
propre au groupe. Autre problème : qui va être soumis à l'influence d'un
événement historique? Quels individus vont être exposés à l«effet de
période »? Pierre Favre propose de marquer cette délimitation de manière
négative. Il estime qu'il existe, de facto, une limite inférieure, c'est-à-dire l'âge
en dessous duquel on ne peut appartenir à une génération considérée. Il faut
également préciser une limite supérieure. L'hypothèse retenue est qu'un
événement n'a pu produire un effet de génération que pour ceux qui n'ont pas
été exposés à un événement antérieur, lui-même élément créateur dune
nouvelle génération. Cette méthode de repérage-délimitation des générations
implique que chaque génération se forme alors que ses membres sont jeunes.
Plus précisément, l'effet de période est des plus forts pour les jeunes membres
25d'un groupe , non parce que la jeunesse se caractériserait par une plus grande
disponibilité ou une énergie supérieure, mais parce qu'ils n'ont pas encore
26vécu aucun événement générateur .
23 J.Crête,op.cit., p. 21.
24 P. Favre, op.cit., p. 309.
25 H. Schuman, J. Scott, «Generations and collective memories», American Sociological
Review, Vol. 54, juin1989, p. 377.
26 P. Favre, op. cit., p. 311.
26La dynamique de l'événement générateur de génération doit être
relativisée dans la mesure où l'identification d'une rupture ne garantit pas, à
coup sûr, d'isoler une génération. Car telle rupture socio-historique (une
guerre, une révolution), si elle permet de distinguer chronologiquement un
avant ou un après-guerre, doit être replacée dans une longue durée pour être
comprise de manière pertinente. Or, cette longue durée peut faire coexister
plusieurs classes d'âge. Marie-Claire Lavabre propose de distinguer les
générations qui se forment en référence à un événement historique vécu par
les membres d'un groupe, ce qui crée en retour une mémoire commune de
l'événement. Par exemple, les récits d'anciens combattants de la Première
guerre mondiale participent de l'élaboration d'une mémoire commune, dans le
sens où elle est articulée par une référence commune aux tranchées, à la
présence constante du danger, de la maladie, de la mort. Elle forme ce que
27Lavabre appelle une «solidarité horizontale » , fruit d'une expérience vécue
et incommunicable aux personnes qui n'ont pas combattu. Elle remarque qu'il
est possible d'imaginer un fait générationnel à partir de la reconstruction d'un
événement passé auquel certains membres d'un groupe choisiraient de se
référer. La référence à un événement historique majeur permettrait au groupe
d'assurer son homogénéité, de revendiquer une identité propre.
Outre l'effet de période et l'appartenance subjective à une génération,
un dernier aspect doit être pris en compte dans le travail de délimitation des
générations. Il s'agit de la date d'adhésion du militant au Parti socialiste. Si
l'on considère que le parti est un lieu de socialisation politique (rencontres,
débats, activités politiques comme les campagnes électorales), cette variable
peut également s'avérer pertinente. Elle permet de relativiser l'effet d'âge
biologique, et de se concentrer sur les effets induits par l« effet de
socialisation de parti », tels les premiers contacts avec la section et les
premiers faits politiques du militant.
En prenant en compte les effets corrélés de période, d'appartenance
subjective et la date d'adhésion au parti, il a été possible de dégager six
grandes périodes-repères, façonnées par six événements fondateurs, à partir
28des années 30 : 1) le Front populaire, 2) la Deuxième guerre mondiale et la
Guerre froide, 3) l'opposition au régime gaulliste et la guerre d'Algérie, 4) la
conquête du pouvoir et le Programme commun, 5) l'exercice du pouvoir sous
27 M.-C. Lavabre, «Génération et mémoire », Association Française de Science Politique,
Congrès des 22-24 octobre 1981, texte dactylographié, p. 4.
28 Pour de plus précisesinformations concernant les six générations socialistes retenues, voiren
annexe de louvrage: «Entretiens: questions deméthode ».
27la Ve République, 6) la «normalisation » du parti comme parti de
gouvernement «légitime».
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