La responsabilité politique

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Français
106 pages
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Description

Ces deux conférences du professeur Mamadou Koulibaly permettent de ramener le lecteur quelques mois en arrière à des périodes importantes de la crise ivoirienne (l'une en 2009, période de l'enrôlement des populations, la seconde en juin 2010, lors du contentieux sur la liste électorale). Abordant sans ambages les limites et les faiblesses de la gestion de la crise ivoirienne, l'auteur analyse comment l'irresponsabilité de la classe politique a contribué au blocage que connaît la Côte d'Ivoire aujourd'hui.


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Date de parution 01 avril 2011
Nombre de lectures 52
EAN13 9782296459434
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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LA RESPONSABILITÉ POLITIQUE Le cas de la Côte d’Ivoire
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-54470-3 EAN : 9782296544703
Mamadou KOULIBALYLA RESPONSABILITÉ POLITIQUE Le cas de la Côte d’Ivoire
Du même auteur Le Libéralisme, nouveau départ pour l’Afrique noire, 1992, L’Harmattan. La Guerre de la France contre la Côte d’Ivoire, 2003, L’Harmattan. La Pauvreté en Afrique de l'Ouest, 2003, Karthala. Sur la route de la liberté, 2004, L’Harmattan - PUCI. Les Servitudes du pacte colonial, 2005, CEDA/NEI. Leadership et développement africain. Les défis, les modèles et les principes, 2008, L’Harmattan. Eurafrique ou librafrique. L’ONU et les non-dits du pacte colonial, 2009, L’Harmattan. La Souveraineté monétaire des pays africains, 2009 L’Harmattan. Afrique : oser une nouvelle voie, 2009, L’Harmattan.
AVANT-PROPOS
Les deux conférences du Professeur Mamadou Koulibaly réunies dans ce livre, au-delà de l’intérêt du sujet de fond qu’elles abordent, permettent de ramener le lecteur quelques mois en arrière à des périodes importantes de la crise ivoirienne. La première a été donnée en pleine période d’enrôlement des populations en 2009 et la seconde au moment du contentieux sur la liste électorale en juin 2010 alors que l’on s’orientait vers l’élection présidentielle dans un cadre inapproprié au scrutin puisque de nombreuses questions avaient été laissées en suspens. L’auteur aborde sans ambages les limites et les faiblesses de la gestion de la crise ivoirienne par les dirigeants. Son analyse en temps réel des blocages et des insuffisances explique comment l’irresponsabilité de la classe politique a contribué au chaos et au blocage ultime que connaît la Côte d’Ivoire aujourd’hui. En effet, l’élection présidentielle de fin 2010 attendue depuis 6 ans, présentée comme le sésame de la paix n’a finalement conduit qu’à la confusion d’une situation inédite au monde réunissant deux présidents de la république qui s’affrontent. Chacun ayant à son actif des irrégularités. Chacun ayant des raisons de croire qu’il est sorti vainqueur des urnes. Aucun n’ayant la mesure de sa responsabilité dans une situation qui est avant tout préjudiciable aux populations. Les orgueils figent le dialogue à demain, lorsque le nombre croissant de morts pourra susciter un flash d’humilité de la part des deux clans rivaux. Au-delà même de leur responsabilité directe, les dirigeants se devaient d’assumer leur responsabilité liée à un manque total de vision qui est aujourd’hui extrêmement préjudiciable aux populations.
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En Afrique et singulièrement en Côte d’Ivoire, les intellectuels sont souvent marginalisés en politique. On entend volontiers dire « celui-là est un penseur. Ah ! C’est un théoricien ! » Sous entendu que ce sont des gens ennuyeux qui se gargarisent de concepts et d’idéaux qui circulent en milieu fermé dans des salons et des salles de conférence pour parfois finir imprimés dans des ouvrages n’intéressant qu’un petit cercle d’intellectuels. La « vraie » politique, quant à elle, aurait une dimension plus pratique directement utile aux populations. La confusion politique actuelle montre pourtant que loin d’être un luxe, la vision en politique est non seulement nécessaire mais, dans le cas ivoirien, aurait permis de limiter, voire d’éviter les conflits, les violences et même les multiples morts dont le nombre ne cesse de croitre funestement. En effet, comme le souligne l’auteur, si les dirigeants, comme le prévoyait l’accord politique de Ouagadougou (APO), avaient appliqué le programme de désarmement dans les zones occupées du Nord, les violences et les intimidations n’auraient pas faussé le scrutin et les observateurs de tous clans auraient osé faire leur travail normalement, ce qui aurait limité et clarifié les contestations. Le redéploiement de l’administration aurait œuvré dans le même sens. Quant au centre de commandement intégré, prévu toujours dans l’APO, sa création effective aurait certainement évité les récents affrontements sanglants entre les Forces de défense nationales et les Forces Nouvelles aux abords de l’hôtel du Golf. Des visionnaires, tel que le Professeur Mamadou Koulibaly avaient pourtant alerté les décideurs sur le danger de ces négligences qui pourraient s’avérer fatales mais ces derniers ont préféré rejeter ces conseils émanant de trouble-fêtes jugés trop pointilleux. Cette attitude évoque celle de l’autruche qui s'enfouit la tête dans le sable lorsqu'elle a peur, ce qui lui évite de voir la menace réelle. Cette irresponsabilité aujourd’hui est fortement préjudiciable aux populations.
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Être visionnaire permet tout simplement d’identifier les probables futurs blocages de manière à les affronter et à les traiter avant qu’ils ne deviennent indissolubles et ne fassent souffrir inutilement les populations. Être visionnaire c’est être responsable et travailler assidument, analyser et réfléchir à des stratégies visant le bien-être collectif plus que des petits intérêts personnels. Alors que dans cet ouvrage Mamadou Koulibaly appelle également les populations à plus de responsabilité, la forte participation aux scrutins d’octobre et novembre 2010, avec des taux oscillants entre 70 et 80%, est significative d’une prise de conscience de cette responsabilité dans l’histoire du pays. Face à ce constat, on aurait pu attendre des deux camps adverses qu’ils fassent preuve, en retour, de plus de raison. Il n’en a rien été. Aujourd’hui, on n’ose même plus parler de sortie de crise tant l’incertitude sur les délais est grande. La seule certitude est que, si sortie de crise il y a, elle se soldera dans la médiocrité au moins jusqu’au prochain processus électoral. Alors même que dans son ouvrage l’auteur se prononce contre le partage du pouvoir à travers des gouvernements d’union, cette voie semble désormais la seule plausible pour éviter le pire. Il a lui-même orienté les acteurs vers ce partage dès la fin du scrutin. Cette voie insatisfaisante est la seule qui puisse épargner les vies humaines, même si par ailleurs elle a toutes les chances d’altérer le dynamisme du pays. La responsabilité politique aujourd’hui implique une nécessaire vision car comme le disait Sénèque « Celui qui ignore vers quel port il se dirige ne trouve jamais de vent favorable. » Il convient de réfléchir de manière urgente à des stratégies pour éviter que dans cinq ans, à la prochaine échéance électorale, la Côte d’Ivoire se retrouve dans les mêmes difficultés.
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Cette crise a démontré ostensiblement la limite des États forts et irresponsables et incite à s’orienter vers la voie que propose l’auteur dans cet ouvrage à savoir : l’instauration d’un régime parlementaire. De surcroît, on sait que les pays les plus riches sont les pays les plus libres et que tous les pays d’Afrique qui avancent sur la voie de la liberté voient leur richesse par habitant augmenter significativement. De manière responsable, les dirigeants devraient cesser de s’accaparer le pays comme un bien personnel. Ils regardent les libertés individuelles comme un démon. Un secteur privé indépendant de l’État crée certes des pouvoirs concurrents et donc un contrepoids inquiétant, cependant, de manière responsable, ils n’ont d’autre choix que d’accroitre la liberté économique, préciser les droits de propriété, favoriser l’entreprise privée et l’économie de marché car c’est la seule voie qui permettrait à la Côte d’Ivoire d’avancer sur la voie du progrès et de sortir de cette logique d’enfermement qui donne à l’État tous les pouvoirs et aux populations l’obligation de payer les pots cassés. Etienne de la Boétie, écrivain français, disait« Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux». eule la voie de S la liberté permettra aux populations de se relever et de prendre en main de manière responsable leur propre destin. Les hommes changent difficilement. C’est donc en modifiant le cadre dans lequel ils évoluent que les dirigeants changeront et seront contraints à plus de responsabilité face à leurs populations dont ils sont, comme le souligne l’auteur, les simples serviteurs. Les réformes évoquées permettraient ce changement. Les responsables politiques aiment invoquer la complexité du monde pour expliquer qu’il serait fou de vouloir le transformer pourtant, aujourd’hui, l’histoire s’accélère. Partout le continent s’enflamme, criant sa soif de liberté. Les révoltes arabes s’étendent. A défaut d’avoir agi de manière responsable envers leurs populations, les
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