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Le sol et l'État

De
343 pages
En 1911, Camille Vallaux (1870-1945) publie « Le sol et l'Etat ». Cet ouvrage fonde la géographie politique en France. Son analyse des caractéristiques physiques du territoire, des frontières, du rôle des capitales, des populations et de la circulation dans la formation des Etats conserve toute sa pertinence. Cette réimpression donne à celles et ceux qu'intéressent la géographie politique, la géopolitique et l'histoire des relations internationales et diplomatiques un outil de première main, aux origines de la géographie politique.
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Camille Vallaux
Camille Vallaux
Le sol et l’État 1911
Le sol et l’État
Nouvelle édition présentée par JeanPierre Villard
Le sol et l’État
Camille Vallaux Le sol et l’État 1911 Nouvelle édition présentée par Jean-Pierre Villard
Ouvrages de Jean-Pierre Villard Avec Georges Andrey, François Cherix et Alexandre Papaux,La Suisse romande. Quatre regards, Genève, Éditions Slatkine, 2015. L’État et sa politique extérieure. La géographie des diplomates, Paris, L’Harmattan, coll. « Territoires de la géographie », 2014. Dossier cartographique in Georges Andrey, « La Suisse romande. Une histoire à nulle autre pareille », Fleurier et Pontarlier, Éditions du Belvédère, 2012.Première édition : Octave Doin et fils, 1911. © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11543-6 EAN : 9782343115436
Je remercie Bernard Pellet, compagnon typographe de l’Atelier-Musée Encre & Plomb à Chavannes-près-Renens (Suisse) pour avoir réalisé le prêt-à-clicher au moyen des logiciels OCR et InDesign à partir de l’édition originale de 1911.
Camille Vallaux, sa vie et ses travaux dans le domaine de la géographie politique
Avant-propos Camille Vallaux (1870 - 1945) appartient à la génération des géo-graphes qui suit celle de Paul Vidal de la Blache, fondateur de l’Ecole française de géographie. C’est sous la houlette de ce maître qu’il pré-sente en 1907 sa thèse principale de doctorat d’Etat consacrée àLa Basse Bretagne, étude de géographie humaine. La Bretagne restera toute sa vie l’un de ses sujets de prédilection, notamment en raison de l’attachement qu’il voue à cette région d’adoption. A cela s’ajoute deux autres objets dans lesquels Camille Vallaux excelle. Il joue un rôle pionnier dans la création d’un enseignement de géographie de la mer ou d’océanographie ; par ailleurs, il fonde la géographie politique en France avec la parution en 1911 deGéographie sociale. Le sol et l’Etat. Au vu de ce qui précède, on ne peut qu’être surpris de l’oubli dans lequel est tombé Camille Vallaux aujourd’hui. N’était le travail de François Carré, publié en 1973, on ignorerait presque tout de sa vie. François Carré, à l’aube d’une belle carrière qui le conduit à se spécialiser dans le domaine de la géographie de la mer, auquel s’ajoute un penchant pour l’histoire de la géographie et de l’océanographie, recense seule-ment trois notices biographiques parues à la suite du décès de Camille Vallaux. Pour ma part, je n’ai trouvé aucun article consacré à Vallaux depuis lors. Comme si celui-ci avait emporté dans l’au-delà et son sou-venir et la mémoire des thèmes qui ¿rent l’objet de son enseignement et de ses recherches. Qui tente de retrouver l’un ou l’autre des ouvrages publiés du vivant de Camille Vallaux doit bien sûr faire appel à des libraires spécialisés dans l’achat et la vente de livres d’occasion ou à internet. Et là un constat
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s’impose. Il est aisé de trouver ses ouvrages sur la Bretagne ou ceux de nature historique. Il est également possible de trouver ses ouvrages consacrés à l’océanographie, notamment saGéographie des mersou sa Géographie sociale : la mer. On peut se procurer un ouvrage théorique commeLes sciences géographiquesou, dans le domaine de la géogra-phie politique,La géographie de l’histoire. Ce titre, publié avec Jean Brunhes fait également l’objet d’impression à la demande de la part de maisons anglo-saxonnes. Il paraît également sous une forme numéri-sée (« ebook ») tout commeGéographie des mersouLes sciences géo-graphiques, voire un article comme «German colonization in Eastern Europe». En revanche,Le sol et l’Etatest introuvable. Or il s’agit du premier traité de géographie politique écrit en langue française, raison su൶sante pour devoir intéresser toute personne – spécialiste ou amateur éclairé – attiré par la géographie politique. Qui veut lireLe sol et l’Etat doit emprunter l’ouvrage dans une bibliothèque. Qui, après l’avoir lu, désire se le procurer, ne peut compter que sur le hasard d’une trouvaille de bibliophile. Voilà une raison su൶sante pour rééditer ce texte fonda-teur de la géographie politique en France et dans les pays francophones.
Une vie La publication de François Carré dans la série « Les géographes » constitue le seul document de référence dont nous disposons sur la vie et l’œuvre de Camille Vallaux. Comprenant huit pages, elle ne saurait bien sûr constituer une biographie fouillée de notre auteur. Il faut cependant saluer le travail de François Carré qui condense l’essentiel de ce que nous pouvons connaître du parcours professionnel et des travaux de Camille Vallaux.
Origine modeste, de très bonnes études secondaires et entrée à l’Ecole Normale Supérieure en 1891. Parmi ses condisciples, Jean Brunhes, né en 1869, et donc son aîné d’un an, mais aussi Albert Demangeon et Emmanuel de Martonne, tous deux entrés rue d’Ulm en 1892. Tous suivent l’enseignement de Paul Vidal de la Blache, alors maître de conférence de géographie depuis 1877 ; la géographie univer-sitaire est sortie des limbes en un temps où la défaite face à la Prusse a convaincu les Gouvernements de la Troisième République que la France doit favoriser la création de chaires de géographie à part entière dans les
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universités de province. C’est ainsi que nombreux sont les élèves de Vidal de la Blache à di൵user sa pensée suivant un modèle à l’origine de l’Ecole française de géographie.
Une fois reçu à l’agrégation d’histoire et de géographie, Vallaux est nommé au lycée de Pontivy dans le Morbihan; en 1896, il passe au lycée de Brest. « Ces premiers postes en Bretagne devaient décider de son orientation ultérieure vers les questions maritimes. Mais il n’a pas encore opté pour la géographie et ses premières recherches sont his-toriques ; … » (5 ; p. 1). Mais c’est à coup sûr un coup de foudre pour la Bretagne où il acquière une propriété. Son orientation vers la géo-graphie a lieu à la suite de sa nomination en 1901 à l’Ecole Navale de Brest ; celle-ci le charge d’un enseignement de géographie. Paul Vidal de la Blache, son ancien maître de Normale Supérieure, dirige sa thèse de Doctorat d’Etat sur la vie rurale en Basse-Bretagne. « Cependant, comme il enseigne la géographie à de futurs o൶ciers de marine, ses pré-occupations se portent de plus en plus vers la géographie des littoraux et vers la bordure occidentale de l’Europe. » (5 ; p. 1). Camille Vallauxest reçu Docteur ès Lettres en 1907.
La Bretagne d’abord, la géographie de la mer ensuite et de plus en plus, constituent l’univers des préoccupations, de l’enseignement et de la recherche de Camille Vallaux. La troisième facette de son œuvre naît avant la Grande guerre. Pratiquant l’allemand, il a lu la «Politische Geographie» que Friedrich Ratzel a publiée en 1897. Jean Brunhes, avec qui il s’est lié d’amitié, vient parfois passer ses vacances au Relecq Kerhuon sur les rives de la rade de Brest, où se trouve la propriété de Camille Vallaux, et le sensibilise à la géographie politique. Camille prend goût à la géographie politique, son intérêt pour cette discipline s’aiguise, prémisse du volume qu’il publie en 1911 dans l’Encyclopédie VFLHQWL¿TXHéditée par Doin :Géographie sociale.Le sol et l’Etat. Trois ans plus tôt il a écritGéographie sociale: la merpour cette même col-lection. « La guerre consterne cet humaniste de cœur et de formation et le ramène à des préoccupations plus continentales dominées par la réa-lité tragique des frontières. Quelques articles sur l’Allemagne, sur des villes dévastées, sur la SDN, témoignent de ce traumatisme. » (5 ; p. 2). Après la guerre, Camille Vallaux quitte la Bretagne, qui constitue cepen-dant son port d’attache – il reste expert aux examens de l’Ecole Navale de 1914 à 1931 - pour Paris. Il enseigne l’histoire au lycée Janson de
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