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Le temps des choses jamais vues

De
265 pages
Outre le fait de se retrouver aux affaires à la même époque, de les quitter dans des conditions similaires et à quelques semaines d'intervalle, Abdoulaye Wade et Nicolas Sarkozy ont en commun le fait d'avoir été deux hyperprésidents, portés à l'exercice du pouvoir, à la recherche et à l'accumulation d'honneurs et d'argent.ŠCe livre fait le récit de quelques unes des outrances, dans les actes et dans les paroles, qui ont marqué leur règne.
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Fadel Dia Letemps des choses jaChronimques caroisiéessdesannéves Wuade-Searkoszy (2007-2012)
Préface de Babacar Touré
Le temps des choses jamais vues : Chroniques croisées des années Wade-Sarkozy (2007-2012)
FADELDIALet mpsdeschosesjamaisvues :Chron quescroiséesdesannéesWade-Sarkoz (2007-2012) Préface de Babacar Touré
DU MÊME AUTEUR : Saint-Louis du Sénégal, album, en collaboration avec G. Courrèges, Clermont-Ferrand, Éditions Soprep, 1982 ; Mon village au temps des Blancs, récit, Paris, L'Harmattan, 2000 ; A mes chers parents gaulois, essai, Paris, Les Arènes, 2007 ; La Raparille, roman, Paris, Présence Africaine, 2009 ; Wade-Mecum ou le Wadisme en 15 mots-clés, Paris, L'Harmattan, 2012. © L'HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336- 30448-9 EAN : 9782336304489
PRÉFACELE REGARD DUN GUETTEUR
La politique est un art qui ne s’accommode pas de frondaisons printanières durables. Elle génère plutôt des variétés de ronces dont les flétrissures sont moins dans la substance que dans la forme, le style. Et puisque le style c’est l’homme, convient-on généralement, Fadel Dia, est un homme de style et plutôt stylé, en droite ligne de la conception de Valery pour quistyle résulte d’une sensibilité spéciale à l’égard du« le langage. Cela ne s’acquiert pas, cela se développe ».L’auteur, enseignant par engagement, éducateur, j’allais dire par lignage, balaie d’un regard pénétrant, la scène contemporaine mondialisée. Il s’implique dans un univers dont la dynamique distille des reflets, miroirs déformants, brisés, revisite les méandres d’une histoire au long cours avec des séquences hachurées d’instantanés… Fadel DIA dénoue l’écheveau de nos histoires d’humanoïdes incarné par l’homo politicus. La pédagogie suinte et enduit les interstices d’une esthétique langagière dont la force de séduction se dégage de la stylistique inductive. Les textes soumis à l’évaluation du lecteur constituent, par les thématiques et les problématiques envisagées, une réflexion nourrie par des actions et des réactions en chaine avec comme protagonistes, deux hommes issus de générations, de civilisations et de cultures très différentes, mais aux trajectoires si semblables, aux personnalités si ressemblantes de paradoxes et d’imprévisibilité. En parallèle, la tyrannie du temps qui reste et qu’il faut dompter, apprivoiser, plier à ses volontés, à ses caprices et lubies. Le souvenir des occasions ratées, des compagnonnages trahis, des espérances remisées et des occurrences déviées alimentent l’ardent désir de rattraper tous les actes manqués pour des acteurs qui se voyaient un destin sui generis, celui de tenir entre leurs mains la destinée de leurs peuples et de leur continent. Maître Abdoulaye Wade, Nicolas Sarkozy : ces deux Chefs d’Etat, ont marqué par ème leurs turbulences et leurs truculences la première décennie du 21siècle. Ils ont, par leur verbe, leur gestuelle et leurs postures, fait débat et provoqué des dégâts que leurs
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concitoyens leur ont fait payer par la plus dramatique des procédures de légitimation/délégitimation : le vote des citoyens au suffrage universel. Avocats du diable ou diables d’avocats, ils avaient le sentiment- ou du moins voudraient-ils en donner l’impression - qu’ils maîtrisaient tous les dossiers. En véritables maîtres du jeu (et du « je »), leur démarche politique a beaucoup emprunté aux pratiques du barreau: un dossier chasse l’autre. Qu’importe l’issue du procès (ou du projet), les effets de manches, le bling-bling, l’apparat et les apparences suffisent à faire reluire une notoriété payante jusqu’à … l’usure. La cohérence, la rationalité et l’esprit de suite désertés ! En lieu et place, une approche erratique, ondoyante qui n’est pas sans rappeler le péronisme, expression achevée d’un despotisme qui se veut éclairé sur fond de démagogie et de populisme. Au diable la transparence, l’éthique et la vérité ou la probité! La contre valeur s’échange en monnaie de singe ou « wax waxeet » qui se décline entre le déni et le dédit au motif que les promesses n’engageraient que ceux qui y croient. Aux laissés- pour-compte d’une société qui au lieu de les nourrir, se nourrit de ses pauvres, l’alternative consisterait à les «nettoyer au karcher», au besoin en donnant de la voix: «Casse-toi pauvre con!» Les deux présidents se sont retrouvés expulsés de l’Histoire de manière peu glorieuse par des histoires que Fadel Dia retrace avec humour sur le mode de la dérision dans Le temps des choses jamais vues, chroniques croisées des années – Wade-Sarkozy (2007-2012). Tout ce qui est excessif est dérisoire. Nos deux «supermen», à force de toiser les cimes, pour promouvoir leur image d’hommes exceptionnels, se sont empêtrés dans leurs excès, qui ont abouti à leur disqualification par leurs concitoyens. Sortie de scène brutale et pour le moins dévalorisante; «destin tragique», deux hyper présidents, ramenés à la dimension qui devait être la leur, n’eut été l’enivrante jouissance d’un pouvoir longtemps courtisé, rarement maitrisé. Le duo fringant et virevoltant aux penchants à la fois éclectiques et iconoclastes, renvoyait à l’image d’Icare qui, après s’être échappé du labyrinthe avec Dédale, son père, au moyen d’ailes attachées avec des plumes et de la cire, s’était imprudemment trop approché du soleil. L’astre éblouissant et incandescent fit fondre la cire et la légende prit fin avec les ailes calcinées d’Icare dont le corps échoua sur les côtes de la Mer Egée… « Quandla mémoire s’en va chercher du bois mort, elle rapporte le fagot qui lui plait »,déclame le poète-écrivain de nos contes et légendes, l’ineffable Birago Diop. WADE-SARKOZY-ICARE : quel lien, quelle relation entre nos deux contemporains et l’homme-oiseau de la mythologie des antiques habitants du berceau des civilisations préhelléniques ?
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En risquant une comparaison aussi audacieuse qu’osée, on ne sort paradoxalement pas de l’univers irrationnel dans lequel la mégalomanie enferme certains dirigeants d’ici et d’ailleurs.
Les travers les plus partagés, outre l’illumination d’un dessein messianique, c’est bien de croire qu’ils constituent le soleil de leurs peuples. Ils règnent plus qu’ils ne gouvernent, imposent une stature tutélaire, et du sommet de leur Olympe, leur suffisance ravageuse et leurs certitudes abrasives.
Le « discours de Dakar » de Nicolas Sarkozy finira par réconcilier et ressouder, pour l’occasion, une partie de «l’intelligentsia » africaine francophone face au nouveau génie des Carpates, à la peine pour effacer les traces d’une émigration somme toute récente qui lui a cependant permis d’entrer dans une certaine Histoire de France.
Les pros et les anti-discours de Dakar, pour aller vite, se retrouveront dans la même équation historiciste. A y regarder de prés, leurs contradictions relèveraient plus de la problématique de l’antériorité originelle de certains peuplements migratoires à l’origine des civilisations dans la proximité de pensée d’un Cheikh Anta Diop, qu’à celle d’un darwinisme primordial source de différenciations.
Le «discours de Dakar » aura au moins eu l’avantage aux yeux de Sarkozy et des siens de mettre des mots sur des maux, qui expliqueraient le retard de l’Afrique par une longue période de glaciation que même l’ardent soleil des tropiques n’arrive pas à faire fondre. Le réchauffement climatique n’y fera rien, la détérioration de la couche d’ozone continuera son œuvre tant que les Africains subiront les aléas de climats politiques et d’environnements économiques sur lesquels ils auront renoncé à avoir prise.
Pour ces héros-demi-dieux, le bonheur de leurs concitoyens passe d’abord par la reconnaissance de l’honneur et du privilège qui leuréchoient d’être sous le magistère d’un être exceptionnel, un élu des cieux et des Dieux. Un «roi –soleil» de son époque et pour son peuple, à l’image de celui-là, aujourd’hui replié en son domicile de…Versailles, (tiens, tiens), dans la commune où Louis XIV, «Roi-Soleil» autoproclamé avait établi sa résidence.
Le livre de Fadel Dia existe parce que ces personnages, les histoires qu’ils alimentent et dont le prologue se joue sous nos yeux, sont encore en réactivité, en dépit de leur départ du pouvoir, intervenu dans la même période et presque dans les mêmes formes, en l’an de (dis) grâce 2012. Il vient au moment où des présidents « normaux » ont pris la place des démiurges dont les frasques ne fourniront plus matière à chronique politique, sauf à les considérer comme des faits divers, divertissants ou distractifs, à ranger dans les discordances d’une retraite politique mal vécue.
L’avant propos signé de l’auteur esquisse la perspective diachronique du regard perçant d’un guetteur en alerte exerçant une vigilance citoyenne, armé de sa plume sobre
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