Les conflits identitaires en Afrique francophone

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Français
216 pages
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Les peuples africains seraient-ils (con)damnés à "la guerre tribale" et aux "conflits identitaires"? Après avoir passé en revue le paysage, les acteurs clés, et les arguments de part et d'autre du discours identitaire de la plus récente mais toujours abondante littérature sur "l'Afrique francophone", l'auteur aboutit à la conclusion que les "haines ancestrales" supposées être la cause de ces conflits ne sont en fait que de "la haine moderne" sécrétée par les plus récents entrepreneurs culturels dans un contexte de mutation politique de démocratisation.

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Date de parution 01 mars 2011
Nombre de lectures 252
EAN13 9782296454903
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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LES CONFLITS IDENTITAIRES EN « AFRIQUE FRANCOPHONE »
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-14031-8 EAN : 9782296140318
MARC ADOUX PAPÉ
LES CONFLITS IDENTITAIRES EN « AFRIQUE FRANCOPHONE »
L’Harmattan
Études Africaines Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa Dernières parutions Claudine-Augée ANGOUE,L’indifférence scientifique enversrecherche en sciences sociales au Gabon La de Jean Ferdinand Mbah, 2011. B. Y. DIALLO,La Guinée, un demi-siècle de politique, 1945-2008, 2011. Ousseini DIALLO,Oui, le développement est possible en Afrique, 2011. Walter Gérard AMEDZRO ST-HILAIRE, PhD, Gouvernance et politiques industrielles. Des défis aux stratégies des Télécoms d’État africains, 2011.Toavina RALAMBOMAHAY,Madagascar dans une crise interminable, 2011. Badara DIOUBATE,Bonne gouvernance et problématique de la dette en Afrique. Le cas de la Guinée, 2011. Komi DJADE,L’économie informelle en Afrique subsaharienne, 2011.Hifzi TOPUZ,Un Turc au Congo, 2010.Djakalidja COULIBALY,Agriculture et protection de l’environnement dans le Sud-Ouest de la Côte d’Ivoire, 2011. Lofti OULED BEN HAFSIA, Karima BELKACEM, L'avenir du partenariat Chine-Afrique, 2011. Ngimbi KALUMVUEZIKO,Un Pygmée congolais exposé dans un zoo américain, 2011. Essé AMOUZOU,Aide et dépendance de l’Afrique noire, 2010. Pierre N’GAKA,Le Système de protection sociale au Congo-Brazzaville, 2010.
À ma mère, Zirihoré Mêkê Dalhy Pour qui la vie fut un long deuil Car chaque jour passé Sur la terre des Hommes Était un pas de plus Vers sa dernière demeure Le cimetière broussailleux de mon village Puissent les pages suivantes lui servir de plus digne sépulture
AVANT-PROPOS
Dans son livre biographique du héros de la libération de la France pendant la Deuxième Guerre mondiale, Jean Lacouture dit du général Charles de Gaulle qu’il est « une montagne qu’on n'escalade pas sans peine ni ne considère sans quelque 1 vertige». Les mêmes termes peuvent être utilisés pour qualifier notre projet d’écrire un livre sur le sujet des conflits identitaires en « Afrique francophone»car les parois de ce sujet sont aussi 2 abruptes et son altitude aussi épuisante que la tâche d’écriture d’une biographie du général de Gaulle. En effet, comment éviter d’emprunter les chemins battus et édifier, enseigner et renseigner un public africaniste déjà saturé par la surexposition et la sur-analyse d’un sujet auquel ont été consacrés de forts bons livres écrits par des plumes franchement mieux autorisées 3 que les nôtres ? Une entreprise aussi téméraire que la nôtre et un projet d’une telle ambition nécessitent sans doute un avant-propos conséquent qui ferait figure de préface à la manière de la fameuse préfaceOrphée Noirede Jean-Paul Sartre pour l’œuvre 4 L’anthologie de la poésie négro-africaine de Senghor ? Mais où trouver l’inspiration sartrienne, surtout quand on n’a pas le génie et la réputation de Senghor ? Alors, d’instinct, je me suis précipité à la Cité des Artsde la ville d’Abidjan, en Côte d’Ivoire où je me trouvais pour les besoins de recherches pour ce livre, dans l’espoir de m’abreuver à la source des génies de l’art africain. N’a-t-on pas l’habitude de dire chez nous que les 1 Jean Lacouture,De Gaulle: Le Rebelle, Seuil, 1984, p. 6. 2 Ibid, p. 6. 3 Ibid, p. 5. 4 Léopold Sédar Senghor,Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, Paris, 1948.
artistes sont des génies créateurs ? Mais à ma grande surprise, mon guide d’occasion m’informe qu’il n’y a pas d’artistes qui habitent la Cité des Arts, que le nom est tout juste un nom de quartier, pour la forme ! « Avant la guerre, poursuit-il, il y avait une école des Beaux-Arts dans le quartier mais aujourd’hui elle est en parfaite dégradation, à l’image du quartier d’ailleurs»! La prochaine étape dans ma quête de source d’inspiration ? Le Musée national. À coup sûr, s’il n’y a pas d’artistes à la Cité des Arts, il doit y avoir des objets d’art dans ce pays pour inspirer notre œuvre. Et le musée, c’est là que sont exposés les meilleurs trésors de la production artistique d’une nation.
Le taximan, qui a du mal à situer le campus du Musée national, me dépose, après avoir demandé à plusieurs piétons, devant un complexe de bâtiments quelconques où la brousse mériterait le titre pompeux de ‘forêt classée’. « Êtes-vous sûr que c’est le Musée national»? « Oui monsieur, a répondu le chauffeur de taxi : c’est écrit sur le bâtiment devant vous». À la réception, la secrétaire qui a pris tout son temps pour conclure sa conversation téléphonique (sur son sacré cellulaire) me dit que la jeune dame responsable de la ‘ Section Afrique’ est allée au ‘ministère’, à la recherche d’une bourse pour s’expatrier (pour « aller se chercher»est l’expression qu’elle a utilisée) en Occident. « Savez-vous à quelle heure elle va revenir ?», ai-je interrogé, naïvement mais poliment. « Je ne saurais vous dire, monsieur, mais ça m’étonnerait qu’elle revienne aujourd’hui, car depuis que la guerre a commencé, personne n’a envie de perdre son temps à venir passer sa précieuse journée dans un lieu presque vide, avec très peu de visiteurs du pays, à admirer de vieux objets folkloriques ! Moi-même vous m’avez trouvée sur place parce que je n’ai pas fini de lire mes emails». Après une telle brutale franchise de la part de notre courtoise réceptionniste, je me suis consolé en me disant que de toutes les façons, la ville étant ‘polluée’ ou ‘corrompue’ par les influences culturelles extérieures, elle ne pouvait pas être le lieu propice pour trouver des génies africains dignes d’inspiration. Il me fallait remonter ‘aux sources authentiques’ où habitent les vrais génies africains : le village, mon beau petit village, ma prochaine étape.
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