Les dessous de la Françafrique

-

Livres
544 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

"On ne touche pas à la Françafrique. Même aujourd’hui, et alors que nos intérêts dans notre pré carré francophone sont de plus en plus menacés par la Chine, il ne fait pas bon critiquer les liens traditionnels qui unissent la France aux dirigeants de nos anciennes colonies. Jean-Marie Bockel, éphémère secrétaire d’Etat à la Coopération l’a appris à ses dépens : ayant osé mettre en cause la Françafrique, il a été prestement remercié par Nicolas Sarkozy sur intervention d’Omar Bongo. Mais il en avait été autrefois pareil lorsque son homologue socialiste, Jean-Pierre Cot, avait voulu en 1981 profiter de l’élection de François Mitterrand pour établir des rapports moins ambigus avec les Etats francophones d’Afrique… C’est donc dire combien le sujet reste sensible.
En fait, depuis l’indépendance de ces pays en 1960, Paris n’a jamais cessé d’imposer sa tutelle et de tout faire pour préserver ses intérêts économiques et politiques en Afrique (uranium nigérien, pétrole gabonais, cacao ivoirien, etc.) Pour réaliser cette ambition, les gouvernements français successifs ont utilisé toute la panoplie des moyens mis à leur disposition : putschs, coups tordus des services secrets, interventions des garnisons laissées en place à l’issue de la colonisation, envois de mercenaires, accords secrets passés avec les dirigeants autorisant Paris à s’immiscer dans les affaires intérieures, constitutions de réseaux barbousards, pressions économiques… Mais parfois ces immixtions ont donné lieu à des aventures sanglantes et même à de véritables massacres dont la France porte la responsabilité… Par exemple au Cameroun.
Ce livre propose donc un vaste panorama de l’histoire récente de ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler la Françafrique ! "

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 20 mars 2014
Nombre de visites sur la page 86
EAN13 9782365839242
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0064 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
LES DESSOUS DE LA FRANÇAFRIQUE
LES DOSSIERS SECRETS DE MONSIEUR X
Dans la collection PocheDocuments :
Tim Adler,La Mafia à Hollywood Éric Alary,Les grandes affaires criminelles en France Robert Broussard, Mémoires du commissaire Broussard Lydia Cacho,Trafics de femmes Philippe Durant,Haute protection Yvonnick Denoël,Les guerres secrètes du Mossad Jean Garrigues,Les Scandales de la République Nicolas Lebourg/Joseph Beauregard,Dans l’ombre des Le Pen Philippe Lobjois,Mercenaire de la République Lœtitia Nathan,Planète serial killers Patrick Pesnot/M. X,Les Espions russes de Staline à Poutine Patrick Pesnot/M. X,Les Dessous de la Françafrique e Patrick Pesnot/M. X,Morts suspectes sous la V République e Patrick Pesnot/M. X,siècleLes Grands Espions du XX Patrick Pesnot/M. X,La Face cachée de l’Amérique Franck Renaud,Les Diplomates Mohamed Sifaoui,Histoire secrète de l’Algérie indépendante Yvan Stefanovitch,Aux frais de la princesse JeanMichel Verne,Main basse sur Marseille… et la Corse David Yallop,Le Pape doit mourir
© Nouveau Monde éditions, 2014 21, square St Charles – 75012 Paris ISBN :978-2-36942-312-6
Monsieur X / Patrick Pesnot
LES DESSOUS DE LA FRANÇAFRIQUE
LES DOSSIERS SECRETS DE MONSIEUR X
nouveau mondeéditions
Remerciements
Merci à Rébecca Denantes, Yannick Dehée, JeanPierre Guéno, Christilla Huillard, Irène Menahem, Ilinca Negulesco, Catherine Pesnot, Sabine Sportouch.
À Louis et Lucien
Sahara occidental
Carte des pays africains
Maroc
Algérie
Tunisie
Libye
Égypte
Mauritanie Mali Niger Érythrée Tchad Sénégal Soudan Djibouti Gambie Burkina Faso GuinéeBissau Guinée Bénin Somalie Nigeria Ghana Éthiopie Côte Rép. Sierra Leone d'Ivoire centrafricaine Liberia Cameroun Rép. Togo démocratique Ouganda Guinée équatoriale du Congo Kenya Gabon Rwanda Congo Burundi Tanzanie
Angola Malawi Zambie Mozambique Zimbabwe Namibie Madagascar Botswana
Afrique du Sud
Swaziland
Lesotho
Préface
En 1960, le général de Gaulle a dû accorder l’in dépendance à nos colonies africaines. Mais la France n’a jamais cessé de s’intéresser de très près à ces pays fraîchement libérés de sa tutelle et a souvent conti nué de les diriger en sousmain grâce aux conseillers français demeurés sur place. Le grand ordonnateur de cette politique néoco lonialiste a été Jacques Foccart, secrétaire général aux Affaires africaines et malgaches. Il a longtemps régné sur l’Afrique francophone, faisant et défai sant les gouvernements, organisant quand il le fal lait des coups de main pour redresser ici ou là une situation compromise. Non sans avoir tissé des liens personnels, presque paternels, avec la plupart des dirigeants de l’Afrique noire. Le fait que Foccart, grand manitou des Affaires africaines, ait été aussi le principal conseiller du Général, montre bien que de Gaulle portait une attention particulière à cette question, surtout quand il a été débarrassé du fardeau algérien. Même aujourd’hui, et alors que nos intérêts dans notre ancien pré carré francophone sont de plus en plus menacés par la Chine, il ne fait pas bon criti quer les liens traditionnels qui unissent la France aux dirigeants de nos anciennes colonies. JeanMarie
7
Les dessous de la Françafrique
Bockel, éphémère secrétaire d’État à la Coopération, l’a appris à ses dépens : ayant osé mettre en cause la Françafrique et ses mauvaises habitudes, il a été prestement remercié par Nicolas Sarkozy. Mais il en avait été autrefois de même lorsque son homologue socialiste, JeanPierre Cot, avait voulu en 1981 profi ter de l’élection de François Mitterrand pour établir des rapports moins ambigus avec les États franco phones d’Afrique… C’est donc dire combien le sujet reste sensible. En fait, depuis des décennies, Paris n’a jamais cessé d’imposer sa tutelle et de tout faire pour préser ver ses intérêts économiques et politiques en Afrique (uranium nigérien, pétrole gabonais, cacao ivoirien, etc.). Pour réaliser cette ambition, les gouvernements français successifs ont utilisé toute la panoplie des moyens mis à leur disposition : putschs, coups tor dus des services secrets, interventions des garnisons laissées en place à l’issue de la colonisation, envois de mercenaires, accords secrets passés avec les diri geants autorisant Paris à s’immiscer dans les affai res intérieures, constitutions de réseaux barbouzards, pressions économiques… Mais parfois ces immixtions ont donné lieu à des aventures sanglantes et même à de véritables massacres dont la France porte la res ponsabilité… Par exemple au Cameroun. Rares sont donc nos anciennes colonies qui ont vécu sans drames leur accession à l’indépendance et les années qui ont suivi. Car, d’une façon géné rale, les anciens États coloniaux, parce que la France n’est pas la seule à être en cause, ont mal préparé la décolonisation : à quelques exceptions près, on s’était bien gardé de former les cadres susceptibles de diriger ces nouveaux États.
8
Préface
À rebours, ces liens de dépendance entre l’an cienne métropole et ses excolonies ont permis aussi à quelques caciques de la Françafrique – un néologisme créé par l’Ivoirien HouphouëtBoigny – de se mêler de la politique française et même de tenter de l’influencer en distribuant des fonds à tel ou tel parti ou candidat à une élection. Il est par exemple de notoriété publique que Bongo, pré sident inamovible du tout petit Gabon, a souvent été très généreux avec les partis de droite dont les dirigeants, dès leur victoire, ont aussitôt témoigné de leur reconnaissance par un voyage à Libreville ou en interdisant à la justice – ce fut encore le cas très récemment – de s’intéresser au patrimoine immobilier extravagant dudit Bongo dans la capi tale française. Mais aujourd’hui, un an et demi après l’élection de Nicolas Sarkozy, existetil encore une politique française en Afrique ? Force est de constater que si elle perdure, elle est d’abord pétrie de contradic tions. D’un côté, il faut observer la réapparition d’un cheval de retour de la Françafrique, Maître Bourgi, l’un des meilleurs disciples de Jacques Foccart qui a aujourd’hui l’oreille de l’Élysée. Mais de l’autre, on ne peut pas ne pas noter que la France aspire à se désengager en renonçant progressivement à maintenir des garnisons dispendieuses sur le conti nent. Paris donne donc l’impression de naviguer à la godille au gré des péripéties judiciaires qui concer nent plusieurs dirigeants africains et des éruptions sécuritaires du ministre Hortefeux lorsqu’il veut par exemple barricader la France, procéder à des expul sions quantifiées ou imposer des tests génétiques aux candidats au regroupement familial. Autant de
9
Les dessous de la Françafrique
mesures jugées vexatoires et injustes de l’autre côté de la Méditerranée. Et que penser du fameux discours de Dakar pro noncé par Sarkozy en juillet 2007 et écrit par son conseiller Henri Guaino ? Un texte aux propos écu lés qui ne méritait ni les excès polémiques qu’il a suscités (les accusations de racisme et de pater nalisme) ni l’affirmation que cet appel aux jeunes Africains fonderait de nouveaux rapports entre notre pays et l’Afrique. Mais étaitil nécessaire de brosser le portrait d’un paysan africain qui ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par les mêmes gestes ? Bref, un homme immobile qui n’a pas encore compris les bienfaits du progrès ! Et fal laitil souligner les bienfaits de la mission coloni satrice de la France, quitte à admettre les crimes qu’elle a engendrés ? En réalité, l’action principale du président Sarkozy a surtout consisté à jouer les VRP de luxe et à mettre en valeur les capacités de nos indus triels dont beaucoup étaient par ailleurs de ses amis personnels. Tout comme d’autres sarkozystes notoires tels Patrick Balkany et Claude Guéant qui ont éprouvé un soudain et très affairiste tropisme africain. Avec François Hollande, la politique visàvis de l’Afrique atelle changé ? Ce président, qui a affirmé d’emblée vouloir en finir avec les coupables habitudes du passé, est aussi celui qui a ordonné deux interventions militaires sur le continent. Au Mali, pour débarrasser ce pays de ses terroristes isla mistes. Car on ne peut s’empêcher de penser que ce foyer infectieux aurait fini aussi par empoisonner la France. Et ensuite en Centrafrique pour des rai
1
0