Nouveaux discours sur l'Afrique

-

Livres
398 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

En se penchant sur Les nouveaux discours sur l'Afrique, ce premier numéro de Mosaïques répond à une exigence de pluridisciplinarité, pour évaluer les discours qui ont jalonné la littérature politique des leaders du monde en direction de l'Afrique ces dernières années. Le but est de montrer comment cette littérature politique actuelle mobilise et déploie divers imaginaires au sujet de l'Afrique contemporaine et des Africains.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 avril 2011
Nombre de lectures 119
EAN13 9782296460263
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Nouveaux discours sur lAfrique Scènes, configurations et enjeux
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-54602-8 EAN : 9782296546028
Mosaïques Revue du Département de Langue Française et Littérature dExpression Française de lÉcole Normale Supérieure de lUniversité de Maroua
Adresse : RevueMosaïques Département de Langue Française et Littérature dExpression Française École Normale Supérieure Université de Maroua B.P.: 55 Maroua - Cameroun Email: revuemozaik@yahoo.fr www.uni-maroua.citi.cm Tél : (237) 22291890/Fax: (237) 22293112
Illustration de couverture : éventail multicolore (objet dart africain) © Photo Revue Mosaïques
Mosaïques Revue du Département de Langue Française et Littérature dExpression Française de lÉcole Normale Supérieure de lUniversité de Maroua
Sous quelque angle que l£on puisse la considérer, l£écriture est d£abord tournée vers le monde réel, et est pour cela marquée par une tension entre totalité et discontinuité. Totalité de projets d£écriture qui veulent rendre compte de toutes les sociétés et de leurs langues ; (dis)continuité des mondes à décrire, fragmentés en cultures et en visages...Mosaïquesinvite à les lire ou à les relire de façon transversale et abyssale, à la lumière d£une exigence d£actualité où se brisent et s£harmonisent paradoxalement des voies discordantes. La revueMosaïquesse veut alors une figuration critique de la diversité des expressions artistico-littéraires et ora-littéraires à la croisée des esthétiques et des imaginaires. Elle se veut aussi une transfiguration des impasses et des apories où s£engage l£épistémologie contemporaine pour actualiser les savoirs. Elle se veut enfin une tribune qui reconfigure et évalue ces savoirs à l£aune des pratiques scripturales pluridisciplinaires. Mosaïques,véritable métaphore de ce croisement des expertises, rencontre de regards autour des thématiques diverses, est un projet qui émerge à la charnière de cette convergence des modalités d£écriture et de lecture collectives qui établissent une certaine continuité entre la littérature, la langue, les sciences sociales et d£autres arts. Directeur de publication Pr. Maxime Pierre METO£O ETOUA Comité scientifique Pr. Jacques FAME NDONGO (Ministre de l£Enseignement supérieur), Pr. Edward O. AKO (Recteur, Université de Maroua), Pr. Maxime Pierre METO£O ETOUA (Université de Maroua), Pr. Félix-Nicodème BIKOÏ (Université de Maroua), Pr. André-Marie NTSOBE (Université de Yaoundé I), Pr. Gervais MENDO ZE (Université de Yaoundé I), Pr. Richard Laurent OMGBA (Université de Yaoundé I), Pr. Simplice AMBIANA (Université de Yaoundé I), Pr. Issa SAIBOU (Université de Maroua), Pr. Bénédicte Nicole MAUGUIERE (Colby College), Pr. Edmond BILOA (Université de Yaoundé I), Pr. Sosthène ONOMO ABENA (Université de Yaoundé I), Pr. Kumari R. ISSUR (Université de Maurice), Pr. Elena Brandusa STEICIUC (Université de Suceava), Pr. Barnabé MBALA ZE (Université de Yaoundé I), Pr. Bernard MBASSI (Université de Yaoundé I), Pr. Louis-Martin ONGUENE ESSONO (Université de Yaoundé I), Pr. Joseph NDINDA (Université de Ngaoundéré), Pr. DASSI (Université de Yaoundé I), Pr. Michel BENIAMINO (Université de Limoges), Pr. Bernadette REY MIMOSO-RUYZ (Institut Catholique de Toulouse).
Comité de rédaction Maxime METO£O ETOUA, Alda Flora AMABIAMINA, Raymond MBASSI ATÉBA, Jean Claude ABADA MEDJO, Pauline Lydienne EBEHEDI KING, Jacques EVOUNA, Sosthène Marie Xavier ATENKE ETOA, Adam MAHAMAT, Jean Paul BALGA, Fils Bernard AMBASSA, Oumar GUÉDALLA, Amina GORON.
4
Avant-propos
La création de la revueMosaïquesau Département de Langue Française et Littérature d£Expression Française de l£École Normale Supérieure montre assurément que la recherche scientifique est en marche à l£Université de Maroua, qui nourrit l£ambition d£être, au plan national et sous-régional, une plateforme ouverte à la refondation des savoirs, à leur diffusion et à leur circulation. Dernière née dans le paysage scientifique de notre institution,Mosaïquesest résolument une revue interdisciplinaire à vocation internationale qui accueille et confronte les travaux scientifiques d£ici à ceux d£ailleurs. Elle vise à susciter des vocations de recherche au sein de notre institution, en adaptant une réflexion littéraire, philosophique et linguistique aux besoins et aux logiques du présent dont elle ne peut se détacher. Il y a nécessairement, en effet, une adéquation entre la formation des enseignants et leur agir social, entre l£enseignement et la recherche scientifique, entre la recherche et la promotion du développement. En les conciliant,Mosaïques offre l£occasion de participer à l£effort prométhéen engagé par notre institution pour encourager des dynamiques de recherche au sein des départements, conditionsine qua nond£érection académique de nos enseignants-chercheurs qui, en marge de la pédagogie et de la didactique, sont en permanence appelés à actualiser leurs savoirs dans leurs spécialités respectives et à les partager. Mosaïquesse veut alors une revue aux recherches transversales et abyssales. Transversales au nom de la pluralité des disciplines convoquées autour des sujets traités. Abyssales en vertu de la profondeur des analyses des contributeurs. En se penchant courageusement sur lesNouveaux discours sur lAfrique, ce premier numéro deMosaïquesfait le pari de répondre à cette double exigence. La pluridisciplinarité a prévalu dans l£évaluation des discours qui ont jalonné la littérature politique des leaders du monde en direction de l£Afrique ces dernières années, et a permis de s£interroger sur leurs enjeux philosophiques, idéologiques, économiques, politiques et géostratégiques, explicites ou non, à l£aune des approches issues des sciences humaines et sociales. Le but recherché étant de montrer diversement comment cette littérature politique actuelle et ses avatars esthétiques mobilisent et déploient divers imaginaires au sujet de l£Afrique contemporaine et des Africains. Il reste à souhaiter que cet élan généreux dans la recherche se perpétue et, pourquoi pas, fasse tâche d£huile en vue de l£autonomisation progressive des différents départements des établissements de l£Université de Maroua.
Pr. Maxime Pierre METOO ETOUA Vice-Recteur chargé de la Recherche, de la Coopération et des Relations avec le Monde des Entreprises
5
Envisager lAfricain aujourdhui : vers une né(gr)o-poétique/politique de la Relation
Représentations de lAfrique dans deux discours politiques
Maxime Pierre Metoo Etoua ENS/Université de Maroua (Cameroun) Résumé Pour tenter de faire ressortir la quintessence des deux textes, le présent essai passe en revue quelques thèmes saillants des discours politiques à valeur didactique : le passé tragique de lAfrique, la responsabilité occidentale dans ce mal-être diachronique; les carences africaines dans les maux dont pâtit le continent ; les solutions proposées pour sortir lAfrique du marasme politique, économique, pathologique et conflictuel. Mots-clés:Discours politique, Afrique, colonisation, mondialisation
Il s£agit dans la présente étude de comparer le discours de Barack Obama à Accra devant les Parlementaires ghanéens au discours de Nicolas Sarkozy à l£Université Cheik Anta Diop de Dakar.Dans les deux textes de nature explicative ou argumentative, des images du continent noir s£entremêlent, se croisent et se succèdent pour offrir des représentations historiques, économiques, politiques et sociales de l£Afrique, dans un but didactique et salvateur. L£un et l£autre orateur reconnaissent le caractère fondamental de l£Afrique comme partie intégrante du monde globalisé. Ils en attestent les différences de langue, de religion, de coutume, de culture et d£histoire pour souligner la pléthore d£entrées possibles que propose le sujet à traiter.
Obama se réfère au passé tragique qui est devenu une véritable hantise pour le continent. Il énumère les blessures de l£histoire : humiliations, frontières artificielles du colonialisme, échanges inéquitables, mal-être quotidien, souffrance, révolte, exil, prison qui sont à la base de l£état actuel dumalade.Il salue les progrès considérables induits par les indépendances, mais conclut que les promesses de cette époque sont loin de se réaliser, si l£on considère les maladies, les conflits, le cynisme, le désespoir, les revenus de l£Afrique, au succès de la Corée du Sud. Pour expliquer cet état de choses, il cite le caractère arbitraire de la carte coloniale, source de conflits ; la condescendance de l£Occident en quête de ressources et sans souci de partenariats équitables.
Nicolas Sarkozy reconnaî: lat, lui aussi, la meurtrissure de l£histoire traite négrière et l£esclavage, la conquête européenne et la mainmise sur la terre ancestrale, la destruction culturelle et la bestialisation ; la déchirure perpétrée par l£Occident et sa présomption destructrice des croyances, des langues, des coutumes, de la pensée, de l£action, du mouvement de l£histoire, de l£authenticité, du bonheur d£être ; sa cécité hautaine face à
âme africaine, ses tentatives de conversion et d£assimilation de l£Africain, ses dénis de droits, son éradication d£un art de vivre, d£un imaginaire et d£une sagesse millénaires ; sa savante orchestration de l£angoisse, du mal vivre, du terrorisme d£État qui ont instillé la haine de soi, socle de la haine des autres et du manque d£ouverture, de partage. À lire N. Sarkozy dans cette partie de son discours, on se remémore l£Aimé Césaire duDiscours sur le colonialismeet l£Albert Memmi dePortrait du colonisé.Le Président de la République française explique, à l£instar du Teilhard de Chardin deRéflexion sur le bonheur, que pour se donner (décentration), il faut d£abordêtre quelque chose (centration). Il cite, dans le bilan négatif de la rencontre historique entre l£Europe et l£Afrique, la destruction des valeurs, des convictions, l£aliénation, la perte de confiance en soi, l£apprentissage de la peur de l£autre, la crainte de l£avenir. N. Sarkozy dit : « Le colonisateur est venu, il a pris, il s£est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail, il a créé l£aliénation, il a asservi les esprits, il a semé la révolte, la haine ». On se croirait dansLes Damnés de la terrede Franz Fanon. N. Sarkozy conclut en philosophe de l£histoire fustigeant le péché d£orgueil qui, pendant un temps, a pris appui sur la supériorité technologique, le progrès, la civilisation pour se mépriser dans l£autre : La colonisation fut une grande faute payée par lamertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne comprenaient pas pourquoi on leur en voulait autant. La colonisation fut une grande faute qui détruisit chez le colonisé lestime de soi et fit naître dans son cœur cette haine de soi qui débouche toujours sur la haine des autres. Mais en homme politique et en psychologue soucieux de ne pas s£aliéner le suffrage d£une potentielle frange de ses auditeurs, il rectifie : « Mais tous les colons n£étaient pas des voleurs, des exploiteurs ». Il allègue alors la construction des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il évoque le défrichage des terres incultes, la peine, le travail, le savoir, la liberté, l£émancipation, la justice, l£égalité entre les hommes et les femmes, la mission civilisatrice brisant les chaînes de l£obscurantisme, de la superstition, de la servitude, le don de l£amour. Avant de se tourner vers la responsabilité africaine dans l£état actuel du continent, N. Sarkozy, habile équilibriste, sauvegarde la mémoire historique des Pierre Savorgnan de Brazza, Louis Hubert Gonzalve Lyautey, Léon Blum, Eugène Jamot, Charles de Gaulle, Phillipe de Hauteclocque dit Leclerc, etc. et d£autres bienfaiteurs bénévoles qui sillonnèrent l£Afrique, reléguant, du même coup, aux calendes grecques le code de l£indigénat et
10