Pouvoir politique et espace religieux au Sénégal

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Peu d'études font l'analyse de la portée politique des espaces religieux. Pourtant, en s'y intéressant, on peut mener un regard empirique et sociohistorique du politique. Dans trois communautés (Mourides, Tidjanes-Niassènes et Layennes) et trois espaces religieux (Touba, Médina Baye et Cambérène), au Sénégal, nous observons les interactions entre divers acteurs qui génèrent du capital social et symbolique pour assurer la gouvernance.

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Date de parution 15 octobre 2014
Nombre de lectures 70
EAN13 9782336358628
Langue Français

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, 07 août 2007,
ISBN : 9782343036908 30 €
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Mountaga DIAGNE
POUVOIR POLITIQUE ET ESPACE RELIGIEUX AU SÉNÉGAL
Préface de Abdou Salam FALL
Pouvoir politique et espace religieux au Sénégal
Études africaines Collection dirigée par Denis Pryen Dernières parutions Roger KAFFO FOKOU,Médias et civilisations,2014. Togba ZOGBELEMOU,Droit des organisations d’intégration économique en Afrique, 2014.Gaston SAMBA,Le Congo-Brazzaville, Climat et environnement, 2014. Déo NAMUJIMBO,Je reviens de l’enfer, Reportage de guerre à l’est de la RD Congo (août-septembre 1998), 2014. Nuah M. MAKUNGU MASUDI,Economie mondialisée, coopératives délaissées, 2014. Patrice MUKATA BAYONGWA,Remédier à l'échec scolaire dans les écoles catholiques de Bukavu (R. D. Congo),Volume 1 et 2,2014. Olivier NKULU KABAMBA,Les médecins en Afrique et la sorcellerie, 2014. Alexis TOBANGUI,Défense deuxième chance et la socialisation des jeunes en difficulté, 2014. Hermine MATARI,Les instituteurs dans la société gabonaise, 2014. Noël Christian-Bernard OBIANG NNANG,Les empereurs romains en Afrique du e e Nord. Les grandes réformes du II au III siècle ap. J.-C.,2014.Pierre KIPRÉ,Cultures et identités nationales en Afrique de l’Ouest.LeDaàla dans société béninoise d’hier à demain, 2014. Edouard Epiphane YOGO,Etat fragile et sécurité humaine au sud du Sahara, 2014. Wendpanga Jacob YOUGBARÉ,Méthodes d’aide à la décision appliquées pour le développement au Burkina Faso. La méthodologie Data Envelopment Analysis (DEA), 2014.Pierre KOULODJI, Vatican II et la parenté responsable. Histoire et analyse deGaudium et spes50,2, 2014. Lucien PAMBOU,La mondialisation, une chance pour l’Afrique ? Les Afriques noires francophones de l’ouest et du centre : sujets d’hier, acteurs de demain, 2014. Daniel Isaac ITOUA,Instruments de musique traditionnelle des Mbôsi du Congo, 2014. Pascasie Minani PASSY,Femmes en politique au Burundi. Leur nombre, leur influence ?,2014. Elisabeth SHERIF,: le cas de Maradi.Élection et participation politique au Niger Contribution à l’analyse électorale en Afrique, 2014. Roger KAFFO FOKOU,Les Mbäfeung, peuple des hautes terres de l’ouest du Cameroun. Croyances et pratiques traditionnelles et culturelles, 2014. Rachel MAENDELEO RUTAKAZA,Le rétablissement et la consolidation de la paix en République Démocratique du Congo de 1990 à 2008,2014. Liliane MBAZOGUE,L’éducation à la prévention du sida dans les classes de sciences, 2014. Constantin KUBETERZIÉ DABIRE, Financement d’un projet de partenariats public-prive (PPP),Missions du consultant et guide méthodologique, 2014.
Mountaga DIAGNE Pouvoir politique et espace religieux au Sénégal Préface de Abdou Salam FALL
© L’HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03690-8 EAN : 9782343036908
PRÉFACE
Le livre que vous tenez entre vos mains est un chef-d’œuvre de par son originalité mais également grâce à la profondeur de l’analyse de la structure locale du pouvoir des chefferies religieuses au Sénégal. L’approche micro-sociologique proposée avec brio par Dr Mountaga Diagne ne le dispense pas de lever la tête du guidon et de comparer trois foyers religieux dans trois régions différentes au Sénégal. Décidément, M. Diagne apporte une contribution décisive à la fois au plan de la méthode mais également par la production de connaissances nouvelles.
Ce livre reste d’abord une œuvre de méthode
L’auteur s’est efforcé de mettre au point une approche comparée de diverses façons de construction du capital symbolique par la territorialité et de l’identification des lignes de transformation du pouvoir des confréries religieuses. Il a également proposé une grille d’observation de la reconfiguration du capital social au contact des confréries avec les dynamiques de leur environnement interne. L’analyse politique est insérée dans la dynamique d’évolution sociologique des confréries pour en révéler les ressorts identitaires. L’enquête de terrain est menée de façon méthodique et l’auteur décrit et explique pas à pas comment il est passé de ses repères d’inspiration à la formulation de son intuition. Il explique comment la connaissance a été produite et les limites intrinsèques à une recherche scientifique dans un domaine aussi marqué au plan idéologique.
Le livre de Dr Diagne est particulièrement bien structuré. Le chapitre présentant l’objet de la recherche ainsi que la problématique s’articule parfaitement avec celui du cadre théorique et méthodologique et les trois études de cas. Avant de conclure, il propose un chapitre comparatif qui se suffit à lui-même pour refléter les talents de synthèse de Dr Diagne.
Il est surtout une œuvre théorique hors pair
L’auteur fait preuve d’une excellente maîtrise de l’appareil conceptuel de sa discipline et du champ théorique. Il convoque les théories et leurs auteurs avec aisance. Son écriture rend compte d’une solide formation théorique. Cette
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posture lui permet de se montrer critique et de prendre du recul vis-à-vis des auteurs qu’il convoque dans le texte. Il se révèle également capable de produire des connaissances. Par exemple, l’auteur réussit à stabiliser les principaux concepts auxquels il recourt pour montrer la construction d’espace d’autonomie et comment les acteurs porteurs de sens interagissent pour s’influencer réciproquement. Sa théorie repose sur l’idée que le champ de production du capital social reste ouvert mais qu’il détermine le poids des acteurs dans leur capacité à négocier avec les détenteurs du pouvoir symbolique des confréries dans l’espace local partagé et symbolisé. Inscriptions symboliques territorialisées, co-construction de capital social assimilable à la légitimité sociale, aux alliances sociales et même à la reconnaissance sociale. Lorsqu’il parle de capital social, il en parle au pluriel comme une identité de groupe et non d’individus capables d’activer leurs liens sociaux pour leur donner une force productive. Le capital social qu’il évoque est celui transformateur des configurations des lieux de pouvoir.
Sur les traces de la construction identitaire des confréries
Dans chacun des lieux sacrés analysés par l’auteur, il consacre une fine connaissance des logiques de construction identitaire des confréries. L’analyse est serrée et l’auteur propose une mise en perspective théorique fascinante. Un des traits communs de la fonction transformatrice réside à la fois dans la construction de la territorialité comme espace d’autonomie des confréries vis-à-vis des autres types de pouvoir mais aussi dans leur capacité à dépasser les hiérarchies sociales en se posant comme inclusives. L’espace symbolique façonné établit une nouvelle hiérarchie fondée sur la spiritualité avec une large base sociale populaire. Les confréries organisent les fidèles, étendent leur influence à diverses sphères non sans susciter des contestations, quelquefois à la marge, tantôt au cœur des territorialités en perpétuelle construction.
Dr Mountaga Diagne se révèle une belle plume. L’écriture est sobre et profonde. Les termes sont bien à propos. Il écrit avec beaucoup de créativité. Œuvre de science politique, grande étude sociologique offrant une coupe transversale d’une territorialité qui se dilate, ce livre éclaircit, grâce à une perspective analytique novatrice sur les mutations et dynamiques sociales et politiques majeures du Sénégal. Dr Diagne pose sa main sur le curseur et montre comment la territorialité est plurielle et se structure dans divers espaces par une dynamique des sous-branches confrériques. La question translocale y est exposée avec une rare finesse démontrant de quelle façon l’identité idéologique se construit à la fois dans son espace et hors de lui grâce à des faisceaux relationnels en hybridation. Le pouvoir religieux confrérique réside dans son mouvement vers une territorialité locale qui se gouverne avec lui par un lien qui finit par se sacraliser. Seulement, les religieux-médiateurs sont dans le jeu et agissent en acteurs conscients de leur capacité à donner de la légitimité.
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Désormais les espaces locaux des confréries n’ont pas besoin d’une identité autre, ils ont leur identité religieuse. L’intérêt grandissant des études sur la gouvernance exige de diversifier les regards empiriques sur les espaces locaux afin de mieux y saisir la complexité du pouvoir politique. Assurément, l’ouvrage de Mountaga Diagne devrait permettre de renforcer les connaissances empiriques, théoriques et méthodologiques des rapports entre l’État et les acteurs locaux dans la gouvernance, notamment en Afrique.
Abdou Salam FALL (Ph D) Sociologue
Directeur de Recherche des Universités, Coordinateur du Laboratoire de Recherche sur les Transformations Economiques et Sociales (LARTES) IFAN, Université Cheikh Anta Diop de Dakar
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AVANT-PROPOS
« Lo doonul talibeem, mënulo doone serignam » “ On ne peut devenir maître d’une chose qu’on n’a pas étudiée ”
Proverbe Wolof
Le point de départ de notre réflexion est l’engagement dans un travail de recherche empirique. Originaire du Sénégal et ayant effectué tout notre cursus universitaire au Canada, il nous a semblé important de réfléchir sur un domaine d’études qui associe une réflexion théorique à une expérience de terrain, que nous souhaitions faire dans notre pays d’origine. Pénétrer les milieux de l’enquête-terrain en combinant les expériences sociales nous a permis de renouer avec le contexte local du Sénégal que nous avions quitté sept ans plus tôt. La démarche n’est assurément pas inhabituelle, mais l’originalité de notre travail provient du fait que nous souhaitions nous engager dans les milieux de la recherche en intégrant divers espaces et groupes religieux aussi différents dans la socialisation que dans les modes de gouvernance. Pénétrer des sphères religieuses, en abordant les questions du pouvoir et de la construction politique, nous exposait à des contraintes normatives -contrôle des informations-inhérentes au milieu de l’enquête où l’accès aux ressources primaires suggérait beaucoup de souplesse et de temps pour disposer d’informations pertinentes et suffisantes à la rédaction d’une thèse doctorale. À dire vrai, nous n’en mesurions pas toute la difficulté lorsqu’au début de notre recherche, nous décidâmes de nous engager sur ce terrain. C’est en lisant les travaux de René Otayek (1997) sur la culture politique, notamment son article sur « Démocratie, culture politique, sociétés plurales : une approche comparative à partir des situations africaines » que nous avons décidé de poursuivre la réflexion sur ce thème. Otayek y indiquait que, dans les travaux menés sur la démocratisation et la gouvernance, notamment en Afrique, on négligeait souvent les cultures politiques locales : ces communautés identitaires qui participent pourtant à la démocratisation et à la gouvernance des sociétés. À nos yeux, il n’en fallait pas plus pour nous intéresser au champ de la gouvernance, tout en tentant de rétablir l’importance de tous les acteurs qui œuvrent au sein de cette «gouvernance
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