Questions d
212 pages
Français

Questions d'Europe

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212 pages
Français

Description

Les frontières de l'Europe, l'existence d'un peuple européen, son histoire, son mode de construction, les concepts arides de subsidiarité et de majorité qualifiée, le nouveau traité constitutionnel sont les principaux thèmes abordés dans cet ouvrage. Mais il ne suffit pas de vouloir construire l'Europe, il faut lui donner un sens. Libéralisme, libre-échange, non-interventionnisme ont largement guidé ses premiers pas. Aujourd'hui, lui donner un contenu politique, social et démocratique semble indispensable pour son avenir.

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Date de parution 15 février 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140113994
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

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Exrait

Stéphane Madaule
QUESTIONS D’EUROPE Q u a t r i è m e é d i t i o n a u g m e n t é e
QUESTIONS DEUROPE
© L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-16800-5 EAN : 9782343168005
Stéphane Madaule Questions d’Europe Quatrième édition augmentée
Du même auteur aux éditions l’Harmattan
Commerce et développement : le cas des céréales, 1990 Chronique d’un citoyen ordinaire, 2000 Le développement en projets : conception-réalisation-études de cas, 2002, 2006 Relations internationales : penser autrement, 2003 Questions d’Europe, 2004, 2007, 2010 Scènes de voyage à Amsterdam, 2006 Nouvelles chroniques d’un citoyen ordinaire, 2008 Aide publique au développement : l’abécédaire de la réforme, 2008 L’éditorialiste, 2009 Nouvelles chroniques d’un citoyen ordinaire, 2010 Plaidoyer pour une nouvelle modernité : théorie du partage par le socle d’indépendance, 2014 Le manuel du développement : nouvelle édition augmentée, 2017 Questionsd’Europe ; quatrième édition augmentée, 2019
Introduction
Enfin un livre accessible à tous sur un sujet, l’Europe, qui nous concerne tous. Enfin un livre qui tente de prendre un peu de recul vis-à-vis du discours dominant qui présente souvent l’Europe comme la solution incontournable et unique à tous nos problèmes. Enfin un livre qui prend la peine d’analyser les implications politiques majeures de plus de 60 ans de construction européenne. L’Union européenne se trouve en effet à la croisée des chemins : élections européennes en 2019 avec un risque de montée des populismes : Brexit britannique de plus en plus incertain ; relance de la construction européenne à l’invite du président Macron ou immobilisme, impuissance et déclin ; balancement incessant entre fédéralisme, confédéralisme et montée des nationalismes ; hésitations institutionnelles et fonctionnelles entre les règles de l’unanimité, de la majorité qualifiée et des coopérations renforcées ; rôle, place et avenir de l’euro ; débat sur l’Europe qui protège, l’Europe d’une nouvelle souveraineté, des souverainetés partagées et l’Europe des nations ; Europe libérale ouverte sur le monde ou Europe sociale et solidaire ; Europe de la démocratie ou Europe de la technocratie ; Europe puissance face à Trump, Poutine, Xi Jinping ou Europe de l’impuissance ; Europe dominée par le modèle allemand ; Europe modèle de développement face aux urgences écologiques. Autant de questions actuelles qui demandent à être analysées, car elles changent profondément les perspectives d’avenir de notre continent. Ce livre - quatrième réédition sensiblement augmentée par rapport aux versions précédentes parues en 2004, 2007 et 2010 - a pour première ambition de casser le cercle vicieux qui fait de l’enjeu européen une affaire des élites et non des peuples qui la 5
composent. Le besoin d’explication est important. Il en va du bon fonctionnement de nos démocraties au sein desquelles l’enjeu européen est de plus en plus présent. La législation adoptée chaque année en France est d’origine européenne à plus de 60 % ; une législation qui va du taux de TVA appliqué par les restaurateurs aux déficits budgétaires autorisés par le pacte de stabilité. En 2010, face à la crise financière et à la crise de l’euro, la coordination des politiques budgétaires était à nouveau à l’ordre du jour. C’est toujours le cas aujourd’hui. Bien peu semble échapper aux compétences des institutions européennes. Et pourtant, les citoyens de notre continent demeurent toujours aussi hermétiques à ce type de débat d’autant plus qu’ils ne perçoivent pas ce qu’apporte véritablement l’Europe à leur bien-être. Plus l’Europe est présente dans leur quotidien, moins l’opinion publique semble s’y intéresser faute de trouver des réponses claires aux crises financières, économiques et politiques qui secouent l’Union. La demande sociale est de plus forte partout en Europe, mais semble bien difficile à marier avec les enjeux de crise écologique qui nous impose d’autres modèles de développement. La montée des populismes et les méandres du Brexit britannique, les hésitations de l’Allemagne puissance avec la fin de règne d’Angela Merkel, font également douter de l’issue des élections européennes de 2019 Pour être compréhensible par le plus grand nombre et clarifier ces enjeux, il s’avère nécessaire d’employer un vocabulaire qui puisse être compris de chacun. Ainsi, cet ouvrage entend bannir le langage utilisé par les technocrates. Chaque thème se veut accessible et est traité selon un même schéma : une présentation analytique puis un commentaire synthétique, le plus souvent élargi à une vision politique. Le jargon n’est pas de mise. S’il est exceptionnellement utilisé, car considéré comme incontournable, il est dûment explicité comme il se doit. Ainsi, tout lecteur est mis en position de pouvoir juger de la pertinence de chaque discours, de chaque prise de position vis-à-vis de l’Europe, sans tomber dans la démagogie, sans tomber dans la pédagogie vis-à-vis de citoyens qui sont des adultes et non des enfants à qui il conviendrait d’enseigner la complexité de choix qui les dépassent. Je m’exprime ici en homme libre. Je n’appartiens pas aux différents camps habituellement en présence qui s’expriment sur l’Europe. Je n’éprouve pas de sympathie particulière ni pour les souverainistes, souvent grognons et recroquevillés sur eux-mêmes, 6
ni pour les Européens convaincus, sorte d’européistes pour qui l’Europe constitue un peu trop mécaniquement et facilement « la solution » à tous les maux de notre société. J’essaie donc de casser cette façon traditionnelle et quelque peu élitiste d’aborder la question européenne qui évite souvent la démocratie. Pour autant, les thèmes les plus difficiles comme la majorité qualifiée, la subsidiarité ou encore le préambule du projet avorté de constitution ne sont pas évacués. Le débat européen est ainsi sorti de la sphère étouffante des spécialistes qui aiment à se retrouver entre eux, dans de petits cénacles, enfermés dans des castes pour les initiés, faute d’oser affronter le peuple dans toute sa richesse et sa diversité. Non, il n’existe pas une seule façon d’envisager l’Europe et de la construire. Il en existe plusieurs. Le débat démocratique a donc tout son sens. Puisse ce livre y contribuer à sa façon.
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Un peuple européen ? La question n’est pas anodine. Elle est même à la base de la fracture entre ceux que l’on appelle communément les souverainistes et les pro-Européens convaincus qui militent pour l’instauration d’une Europe fédérale. En effet, la notion même de peuple européen peut légitimer la création d’une grande fédération européenne, là où il n’existe encore qu’une simple confédération d’États souverains. Mais quelle définition donne-t-on d’un peuple dans les dictionnaires de référence ? Prudent, le Petit Larousse propose deux approches successives : « Ensemble d’hommes habitant sur un même territoire, régi par les mêmes lois, et formant une nation » puis ensuite « Ensemble d’hommes habitant ou non sur un même territoire et constituant une communauté sociale et culturelle ». Le Robert balance également de manière symétrique entre ces deux acceptions : « Chaque ensemble d’hommes vivant en société, habitant un territoire défini et ayant en commun un certain nombre de coutumes, d’institutions » ou, plus vaste, « Ensemble des personnes soumises aux mêmes lois qui forment une communauté ». L’Union à 15 ou à 27 ou 28 peut-elle répondre à l’une ou à l’autre de ces définitions ? On peut facilement évacuer les premiers membres des deux définitions : l’Europe ne forme guère une nation, c’est sûr. En revanche, l’Union possède des institutions communes qui l’apparentent aux définitions plus extensives. Cependant, les éléments de communauté demeurent encore relativement limités : parler de communauté de pensée et d’histoire, pour des peuples qui n’utilisent pas la même langue, qui se sont déchirés depuis des siècles et qui ont tous en propre des systèmes sociaux distincts, constitue à l’évidence un abus de langage. Sur le plan historique, Montesquieu avait ouvert la voie à ce débat quelque peu récurrent depuis, en déclarant avec force : « L’Europe n’est plus qu’une nation composée de plusieurs ». Dès 1943, le mouvement fédéraliste européen emmené par Altiero Spinelli milite à nouveau dans ce sens. Plus récemment, Joschka Fischer et Robert Badinter ont repris le flambeau. Dans sa proposition de constitution de septembre 2002, ce dernier réaffirme l’idée de double souveraineté et donc de double légitimité : celle qui vient traditionnellement des États et celle plus nouvelle qui  9
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