248 pages
Français

Usages politiques des nouveaux médias

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Description

La démocratie ne se conçoit pas sans pluralité ni liberté des médias. Les nouveaux médias et les médias sociaux transforment le rapport à l'information, la production de l'information et de sa diffusion. Politiquement, il en va d'une évolution vers une e-citoyenneté, de l'émergence d'un citoyen qui participe ou croit participer à travers ces outils de communication. Un citoyen qui se construit aussi dans un réel, dans une articulation nouvelle entre du local concret et du global représenté, imaginé, voire rêvé ?

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Date de parution 01 décembre 2012
Nombre de lectures 23
EAN13 9782296510722
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L&G
SOUs la dirEcTiOn dE GillEs Rouet
Usages politiqUes des noUveaUx médias
Local & Global
Usages politiques des nouveaux médias
CollectionLocal & Global dirigée par Gilles ROUET et François SOULAGES Cette collection publie des livres réfléchissant au double phénomène articulé qui scande et structure les mondes contemporains, à savoir la précipitation vers le global et la revendication du local. Pour certains, « globalisation » et « mondialisation » sont synonymes, pour d’autres la confrontation des triplets sémantiques « globe/global/globalisation » et « monde/mondial/mondialisation » articule des analyses, des constats négatifs de cette transformation/évolution avec la positivité d’une ouverture au monde, d’être-au-monde, de découverte de l’autre comme monde, un monde qui dépasse le seul globe, constat physique, l’économique, qui s’inscrit dans une quête de sens. Mais aussi un monde décrit comme global plutôt qu’universel. Déjà parus Serge DUFOULON & Mária ROŠTEKOVÁ (dir.),Migrations, Mobilités, Frontières & Voisinage Gilles ROUET (dir.),Citoyennetés et nationalités en Europe, articulations et enjeux Gilles ROUET (dir.),Nations, cultures et entreprises en Europe Helena BÁLINTOVÁ & Janka PÁLKOVÁ (dir.),Création culturelle, productions locales et perceptions globalesIvaylo DITCHEV & Gilles ROUET (dir.),La photographie, mythe global et usage local Dominique BERTHET,Pratiques artistiques contemporaines en Martinique. Esthétique de la Rencontre 1 Gilles ROUET (dir.),Usages de l’Internet, éducation et culture Serge DUFOULON (dir.),Internet ou la boîte à usages Antoniy GALABOV & Jamil SAYAH (dir.),Participations et citoyennetés depuis le Printemps arabeAnna KRASTEVA (dir.),e-Citoyennetés
Sous la direction de Gilles ROUET Usages politiques des nouveaux médias
Les directeurs de cette publication remercient tous les contributeurs pour leur implication dans le colloque international«Médias, Internet, Démocratie » qui a donné lieu à plusieurs publications dans cette collection, dont ce volume, ainsi qu’à Anne-Coralie Bonnaire, Iva Debrenlieva, Coline Lett, Christophe Lips et Pauline Rouet pour leur important travail de traduction et de relecture attentive, patiente et efficace. Publié avec le concours du département de sciences politiques de la Nouvelle Université Bulgare de Sofia, du centre de recherchee-Citizenship, de RETINA.International, de l’équipeArts des Images, Art Contemporainde Paris 8, duGroupe d’Études pour une Europe de la Culture et de la Solidaritéde Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, du département de sociologie de l’Université Pierre Mendès France de Grenoble, de l’Institut d’études européennes et internationales de Reims, des facultés des sciences humaines et des sciences politiques et des relations internationales et de la Chaire Jean MonnetIdentités et Cultures en Europel’Université Matej Bel de Banská Bystrica, de la de revueSens Public et grâce au soutiende l’Institut Français de Bulgarie. © L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’École polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00397-9 EAN : 9782336003979
Avant-proposDes citoyens connectés La démocratie ne se conçoit pas sans pluralité et liberté des médias. Qu’il s’agisse de presse « traditionnelle » (encore) achetée en kiosque, ou « numérique » en ligne, cela ne change rien au constat. À l’évidence, la presse écrite, au format papier, est en crise. Il ne s’agit pas d’une crise de l’information, mais de ses modes de production et d’une mutation de ses modes de consommation. La chute des recettes publicitaires d’une grande partie du secteur des médias au profit d’entreprises clés de l’Internet modifie en profondeur les modèles économiques historiques, qu’il s’agisse de presse écrite, de télévision, de radio. Il n’est évidemment pas étonnant que ces secteurs économiques cherchent à se maintenir, à survivre voire à muter. Mais, au final, c’est bien l’utilisateur, le client, l’usager, le consommateur de médias qui en décide : le citoyen, donc. Nouveaux médias et médias sociaux transforment le rapport à l’information, mais aussi la production de l’information comme de sa diffusion. Globalement, l’appropriation par les citoyens de technologies récentes, l’explosion, depuis dix ans, du nombre de personnes connectées à l’Internet et les évolutions des 1 usages , surtout, modifient radicalement le contexte général des médias, de leur audience, de leur impact, de leur économie et même, parfois, de leur légitimité. Je ne pense pas forcément aux adaptations des journaux « traditionnels » au format numérique, ce qu’autorise désormais la multiplication des tablettes : il ne s’agit, me semble-t-il, que d’une mutation somme toute mineure, destinée à un public déjà lecteur. 1. Cf. dans cette collection, Serge Dufoulon (dir.),Internet ou la boîte à usages, Paris, L’Harmattan, 2012 & Gilles Rouet (dir.),Usages de l’Internet, éducation et culture, Paris, L’Harmattan, 2012.
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Il me paraît plus fondamental de réfléchir aux conséquences des transformations plus profondes des usages, du rapport à la lecture, à l’écriture, à l’information, une information désormais multiforme et multisupport, une information « multimédia » disait-on d’ailleurs voici encore peu de temps, quand il s’agissait de mettre en pratique l’hypertextualité et l’intégration des images, des sons et des textes. On pouvait voici une vingtaine d’années avoir le vertige à imaginer l’avenir des possibilités en matière de traitement des informations. Le vertige a disparu, les usages ont intégré certaines de ces possibilités. Cette appropriation technologique n’est pas neutre, elle a du sens, et désormais chaque génération, presque partout dans le monde, utilise ces outils de communication. L’appropriation est également politique, car l’exercice de la citoyenneté s’inscrit dans un droit à l’information qui s’articule avec un devoir d’informer. Les revendications de statuts, d’éthique, de déontologie pour les journalistes sont toujours pertinentes dans beaucoup de pays plus ou moins en « transition » démocratique. Et la généralisation de l’Internet ne change rien à cette pertinence, car les nouveaux rapports à l’information ne généralisent ni ne banalisent la profession et les fonctions du journaliste, même si le bouleversement des modèles économiques des médias contrarie évidemment l’exercice de ces professions. Bien sûr, l’information n’est pas gratuite, plus généralement, aucun contenu n’est gratuit. Les utilisateurs le savent bien qui paient des abonnements pour des connexions, ou plutôt pour, bien sûr, pouvoir consulter, justement, des contenus. On paierait donc les tuyaux, mais pas l’essence, la liaison, mais pas les données. Difficile actuellement d’établir un pronostic, car toutes ces pratiques, ces nouveaux médias ne fonctionnent pas selon des modèles économiques stables. Cela viendra, bien sûr, et il faudra bien régler le problème de la rémunération des producteurs, des créateurs, d’autant plus indispensables que les liaisons, ces tuyaux, sont toujours plus importantes, plus rapides. Lesdigital nativessont devenus des connectés en permanence, s’inscrivent dans un flux constant d’information. Par exemple,Facebookla capacité a d’informer, rapidement, efficacement, mais aussi de juxtaposer les quotidiens banals d’« amis » : on sait le menu du petit déjeuner d’un « ami » en même temps qu’une position sur un problème social ou encore écologique. On peut se donner rendez-vous à une
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manifestation comme à une pendaison de crémaillère. Ce média ne distingue pas, ne choisit pas, c’est l’usager qui le fait, qui a la possibilité d’« aimer » ou non une information, quelle qu’en soit sa nature ! Pour autant, la problématique des relations entre l’Internet, du point de vue de son utilisation et non du point de vue technique, et la participation citoyenne reste à la fois pertinente, actuelle et cruciale. Une problématique au centre de ce volume : les usages politiques de l’Internet, l’évolution conjointe, pas forcément en relation simple de cause à effet, de l’usage des nouveaux médias et des modes de participation politique, des consciences politiques même. Alors que beaucoup d’analystes ont mis en évidence l’importance des réseaux dans le contexte du « Printemps arabe », d’autres en relativisent la portée en fustigeant parfois le manque d’implication concrète de nouveaux citoyens connectés qui, en 2 pétitionnant, considèrent réaliser leur rôle social . Enfin, il ne s’agit certainement pas d’apprécier si l’Internet contribue à plus ou moins de démocratie, mais bien de tenter de comprendre comment un « autrement » apparaît et, alors que le vote, outil traditionnel des démocraties, paraît bien souvent insuffisant, la mise en réseau des quotidiens peut fournir des modalités complémentaires, qui ne sont nullement virtuelles, mais bien inscrites dans le réel, dans notre réel. Les nouveaux médias sont désormais intégrés à la « sphère publique », comme l’explique Jean-Louis Fabiani. Slobodan Milacic développe leur insertion dans la démocratie pluraliste puis Guillaume Cazeaux revient aux sources de la formation du citoyen pour analyser le rôle de l’Internet. Enfin, Dessislava Boshnakova expose les « paradoxes » de cette e-démocratie du point de vue de la communication. Une e-démocratie qu’il faut d’ailleurs certainement mettre au pluriel. Les exemples développés dans ce volume illustrent quelques situations géographiques et nationales : la Bulgarie et l’Internet politique par Orlin Spassov ; la Russie, avec une présentation du paysage médiatique par Martin Horemuž et
2. Cf., en particulier, dans la même collection, Antoniy Galabov & Jamil Sayah (dir.),Participations et citoyennetés depuis le Printemps arabe, Paris, L’Harmattan, 2012.
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