Aquarelle, de l'eau à l'œuvre

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148 pages
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Description

"Il n’y a pas une façon de faire de l’aquarelle. Il y a des aquarellistes qui réinventent en permanence sa beauté. Tout juste peut-on évoquer ses propres voies en espérant que perdure le goût de cet art si délicat." Tel est le projet de cet ouvrage : expliquer une façon singulière de procéder. Celle de Philippe Lhez, peintre épris des paysages qui l’entourent depuis l’enfance, qui traduit avec justesse leur luminosité changeante, les brumes subtiles qui nimbent les montagnes, la riche profondeur de l’ombre au creux des vallons et des rivières, la densité des feuillages…

Seize aquarelles vous sont ici expliquées étape par étape, du dessin jusqu’à la touche de pinceau finale. Le dessin est l’ossature sur laquelle se poseront librement les voiles de couleur. Vous apprendrez à guider l’eau et à vous laisser guider par elle ; à chaque étape humide convient un type d’intervention qui vous sera minutieusement expliqué. Les aquarelles qui résultent de ce procédé sont d’une grande précision sans raideur ni sécheresse car l’eau en est le fil directeur. L’eau sera votre point de départ et votre point d’arrivée.

Laissez-vous guider…


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Date de parution 23 janvier 2019
Nombre de visites sur la page 3
EAN13 9782317021664
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0112 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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TABLE DES MATIÈRES
Avant-propos Genèse d’une aquarelle Le choix du sujet Dessiner, pour mieux cerner son environnement La palette S’installer Commencer… Continuer : poser les grandes lignes, déposer un lavis… Poursuivre en apportant les informations qui satisferont le regard Quand et comment finir son travail ? Quelques usages de l’eau Quatre étapes Brumes Quelques idées fausses Glossaire Autour de ma maison... La maison au pied du bois Le ciel d’Arcachon Obsolescence : les ampoules Maisons des vallées pyrénéennes Village de montagne occitane Vieilles pierres de pâtures Sommets au printemps Sommets au printemps Une ferme et ses labours Grange dans la montagne Village pyrénéen La grange Poires La chaîne À Bordeaux Belle-Île- en-mer Le vieux pont Page de copyright
AVANT-PROPOS
Peindre à l’aquarelle peut être un loisir, une occupation, ou alors une activité cérébrale, un moyen de communication, une aventure artistique. Chacun trouvera entre ces deux pôles son niveau de pratique, chacun dira ce que sera pour lui cette activité.
Si toutes les techniques picturales ont leur complexité et font appel à l’esprit, à la recherche, certaines sont plus clémentes que d’autres pour l’artiste débutant, elles pardonnent les tâtonnements, supportent les errements... Ça n’est pas le cas de l’aquarelle.
Lumineuse transparence
L’aquarelle est une technique picturale transparente. Cela veut dire concrètement qu’un trait de crayon se voit toujours sous une couche d’aquarelle ou qu’une couleur sera modifiée par la superposition d’une autre. Parce qu’elle est transparente, elle laisse aussi voir la blancheur du papier sous sa couche, voilà ce qui lui confère cette exceptionnelle luminosité. L’eau transporte les grains de pigment, les déplace sur le papier. L’aquarelliste peut créer sur la surface du papier une mer déchaînée ou étale, un torrent furieux, ou encore une simple rosée… les effets sur son travail seront à chaque fois bien différents. Sur une mer déchaînée, les pigments seront emportés dans le tumulte, éparpillés dans des maelströms. Sur une mer étale au contraire, les grains colorés s’organiseront de manière très régulière. Sur une rosée, les grains ne pourront pas se disperser et ils produiront un effet dense, un peu boueux. Les effets dont nous venons de parler seront tous constitutifs de notre aquarelle, ils seront utilisés à tour de rôle pour créer une « œuvre » riche de toutes les variations engendrées par la surface aqueuse. Plus la surface de notre papier est humide, moins ce qui s’y dépose peut faire émerger des formes. Plus la surface de notre papier est sèche, plus nous pouvons les préciser.
Au loin, la sédimentation des grains bleus imite le travail des arbres des premiers plans.
Réinventer la beauté de cet art si délicat
Pour porter au sommet cet art, il faut bien du talent (une chose si difficile à définir), une prédisposition sans doute, et les heures laborieuses sans lesquelles le talent aura du mal à e émerger. Le XIX siècle anglais nous a donné dans cette technique une foule de prodigieux artistes : Thomas Girtin, Richard Parkes Bonington (respectivement disparus à 26 et 27 ans), John Sell Cotman et Joseph Mallord William Turner, sont tous à peu près contemporains et leur génie est leur bien propre, intransmissible et mystérieux.
J. M. W. Turner grattait ses aquarelles, les lavait, les gouachait, il les peignait en atelier plutôt que sur le motif, et n’aurait pas dédaigné un appareil photo numérique pour emporter chez lui des clichés de ses sujets, R. P. Bonington était un prodigieux topographe et dessinateur, J. S. Cotman superposait de nombreux et méthodiques aplats de couleur pour parvenir au relief de son œuvre.