Développement social urbain

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Articles au sommaire de ce numéro: Modélisation des systèmes socio-culturels et développement social; Les besoins des habitants dans le cadre d'un développement social de quartier; Analyse de la presse locale à propos de quartiers en DSQ,; Auto-évaluation & développement social de quartier.

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Ajouté le 01 mai 1997
Nombre de lectures 60
EAN13 9782296337008
Langue Français
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DÉVELOPPEMENT SOCIAL URBAIN

Pourquoi

des CAHIERS D'INGÉNIERIE

SOCIALE?

Il est devenu banal aujourd'hui de disserter sur la disparition des idéologies voire même sur la ''fin de l'Histoire". A ceux qui disséquaient avec volupté la faillite des" socialismes réels" les observateurs les plus lucides des économies de marché n'ont eu aucune peine à démontrer que les Pays du "capitalisme réel" sont eux aussi fort loin d'incarner les valeurs généralement attribuées au libéralisme dont ils se réclament. En bref, on se trouve aujourd'hui - au Sud comme au Nord sans "modèle global de société" mais pas nécessairement sans expériences sociales qui sur la longue durée ont fait la preuve que sans avoir l'ambition de changer la société, elles sont toutefois parvenues à changer des sociétés. En d'autres termes, si "le développement du sous-développement" est à l'échelle mondiale un phénomène incontestable, cela ne
signifie pas qu'il n'existe pas - et ceci dans tous les Pays

- des

expériences réussies d'enrayage du sous-développement qui peuvent servir de sources d'inspiration à tous ceux qui proches ou lointains - se heurtent à des problèmes similaires. D'où l'idée d'une revue qui aurait pour ambition à la fois de' "réhabiliter" les expériences qui paraissent les plus significatives et de faire une place à celles qui semblent aujourd'hui les plus prometteuses quel que soit le secteur où elles se développent (développement rural, aménagements hydro-agricoles, gestion des terroirs, technologies appropriées, organisations des producteurs, santé et maîtrise de la fécondité, développement des quartiers urbains, etc.). Ainsi peut-on espérer, en comparant systématiquement les expériences de transformation sociale de longue durée, ayant clairement eXplicité leurs hypothèses de départ et enregistrer régulièrement le déroulement de l'action découvrir des régularités qui permettront de dégager les fondements de véritables ingénieries sociales. @ Éditions L'Harmattan, 1997

ISBN

2-73845235-1

CAHIERS D'INGÉNIERIE N°6

SOCIALE

DÉVELOPPEMENT SOCIAL URBAIN

Centre de Recherc11e sur les Dynamiques interculturelles Unités de recl1erche Antl1ropologie appliquée Université de Tours Collège Coopératif (Paris)

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan IDe 55, rue Saint-Jacques Montréal «(~c)- CANADA I-I2Y lK9

Comité Roger Yves Christian Rémy

de Lecture BRANDT

CHEVALIER HERMELIN RIAND

Directeur Guy BELLONCLE

Secrétaire Lydie

de

rédaction

LAZARE

Fabrication Irène Alexandra Diffusion Michèle BENS SCHMITZ

I Abonnements VERNILLET'

Adresse: COLLEGE COOPERATIFlParis l, rue du Onze Novembre 92120/Montrouge (France)
Tél: 01 40 92 95 01 Fax: 01 49 65 0110

CAHIERS D'INGÉNIERIE SOCIALE N° 6 ---------------------------------------------------------------------SOMMAIRE
INTRODUCTION
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . .

p. 7

Roland COLIN MODÉLISATION DES SYSTÈMES SOCIO-CUL TURELS ET DÉVELOPPEMENT SOCIAL

p. 9

Xavier GÉRARD LES BESOINS DES HABITANTS DANS LE CADRE
D'UN DÉVELOPPEMENT SOCIAL DE QUARTIER

p. 25

Christian HERMELIN ANALYSE DE LA PRESSE LOCALE À PROPOS DE QUARTIERS EN DSQ MAUBEUGEETCHATEAUROUX

p.45

philippe MISSOTfE AUTO-ÉV ALUA TION & DÉVELOPPEMENT SOCIAL DE QUARTIER CHÂTEAUROUX, 1991-1992

p. 73

INTRODUCTION

Philippe MISSOTTE, Directeur du Collège coopératif (Paris) D'explosions brutales en reportages excessifs ou excédés, les banlieues tiennent la une. Mais sur le terrain, leurs habitants cherchent souvent à qui s'adresser pour changer le décor. Les dispositifs de développement social de quartier, au nombre de quatre cents, puis les Contrats de Ville, au nombre de deux cent quatorze, et depuis peu, les zones sensibles et autres zones franches, constituent "un enjeu de première importance pour la cohésion nationale"l. Coordonnant toutes les forces pour une amélioration des conditions de vie, ils visent en priorité les plus" désaffiliées "2. Leur finalité, au-delà de la réinsertion, est l'égalité républicaine, mise à mal par fIla fracture". Ces dispositifs, doublement originaux, par la discrimination positive et la transversalité, se confrontent aux habitudes, aux pesanteurs et aux institutions, fussent-elles associatives, ce qui ne simplifie pas la mise en œuvre. Ce Cahier d'ingénierie sociale voudrait contribuer, en présentant quelques résultats et outils dédiés, au-delà de la participation, "tarte à la crème" de tous les discours des spécialistes, à une meilleure implication des populations. Depuis plus de quarante ans quelques acteurs du développement revendiquent la culture comme clé de

IGAUTHIERP. & IDRACF., Institutions sociales et développement social urbain, Ministère de l'intégration et de la lutte contre l'exclusion, DAS, DIV, A. N. des CRAI, 1995, 72 p. 2CASTELR., La métamorphose de la question sociale. 7

l'action3. L'idée semble mieux admise depuis une dizaine d'années4. Roland COLIN en propose une systémique. La modélisation des socio-cultures en présence et de leurs interactions au travers des paliers d'une "sociologie en profondeur", chère ~ GURVITCH, s'organise pour rendre compte d'un phénomène "social global" référé à un "culturel global". Xavier GÉRARD, à travers sa participation à un groupe de réflexion d'une dizaine d'habitants du quartier de l'Argonne à Orléans, présente les aspirations des habitants, comment ils les disent et se les représentent. Christian Hermelin avance une autre approche du tissu représentationnel par l'analyse de la presse locale: comment aux stigmates des cités HLM s'articulent crédit ou/et discrédit accordés aux dispositifs. Enfin, quatrième terme de cet édifice, l'évaluation. Réhabilitation et équipement sont visibles, un quartier change de visage. Qu'en est-il des capacités nouvelles des habitants à la responsabilité à se prendre en charge, eux, le pays et leur avenir? Le seul développement qui vaille. Le dernier article présente une méthode d'auto-évaluation utilisée par le Collège coopératif (Paris), expérimentée ici à Châteauroux; en défrayant récemment la chronique, celle-ci montrait que rien n'est jamais acquis. Comment permettre une vie digne et heureuse aux habitants, dans la conjoncture actuelle, qu'aucun dispositif ne changera d'un coup. Des milliers d'acteurs s'y efforcent chaque jour, sans bruit et souvent sans illusion, mais avec talent et générosité. Changeons de dimension ! Avec les habitants! Pour les appuyer et les accompagner dans une éducation populaire renouvelée, affaire d'hommes et de femmes, qu'aucune mesure de l'État ou des institutions ne remplacera pour construire la démocratie.

3Entre autres quelques uns directement impliqués dans les antériorités de cette revue comme L. J. LEBRET, . DESROCHE, BELLONCLEt R. COLIN. H G. e 4SANCHEZ-ARNAU J.-C. & DESJEUXD., La culture clé du développement, Paris, 1983, Unesco. 8

MODÉLISA TION DES SYSTÈMES ET DÉVELOPPEMENT

SOCIOCULTURELS SOCIAL

Communication présentée par Roland COLIN Secrétaire général de l'IRFEDl.

Je me propose de présenter un corps de réflexions inspirant l'élaboration d'outils méthodologiques destinés à rendre davantage intelligibles les dynamiques sociales et à agir en leur sein. Elles procèdent d'un parcours de plus de trente ans où j'ai vécu, souvent au plus vif, la tension entre la nécessité de comprendre et l'impératif d'agir, dans les contextes de sociétés et de cultures du Nord et du Sud et parfois, souvent, dans l'entre-deux. J'ai pratiqué l'approche systémique comme un allant de soi exigeant, malcommode et fécond à la fois, avec la conscience d'une démarche inachevée, probablement inachevable. Je fais totalement mienne la position qui reconnaît la multiplicité des entrées dans la voie systémique, tout particulièrement lorsqu'il s'agit de construire des modèles représentatifs à certains égards de certaines réalités sociales et culturelles. Chacun des cadres tracés pour l'analyse systémique, paradoxalement chargée, à toutes ses étapes et dans toutes ses composantes, de l'esprit de la synthèse, ne peut avoir comme objectif que de répondre aux problèmes que l'on se pose face à une certaine configuration du réel à différents niveaux: micro, méso, macro: ces instruments s'ajusteront à ces cadrages -mais il ne faut pas, pour autant, perdre de vue que cette approche par système concerne des
I Institut international de Recherche Développement (Paris). 9 et de Formation, Éducation et

réa]ités humaines construites par les hommes que nous sommes. Un fil rouge traverse ces réalités, quelles qu'elles soient, et nous permet de les comprendre et de les relier entre elles. Je m'intéresse tout particulièrement à la modélisation du social et du culturel comme système d'accueil de stratégies et de pratiques sociales. *** Nous ne pouvons évoquer le monde où nous vivons qu'à travers les représentations que nous construisons. Cette édification s'opère, pour les hommes et les femmes appartenant à une société donnée, selon différentes modalités, mais tous vivent, changent sans pouvoir s'affranchir, implicitement ou explicitement, de cette vision du monde. Cette représentation évolue au fil du temps. Elle s'élabore et se transforme, pour chacun, sous l'impact des messages qui lui proviennent de la vision des autres. Nul n'échappe à cette dynamique qui retentit sur le vécu réel. Les concepts qui tendent à rendre compte de ce processus doivent être explicités. La société humaine est un système dynamique constitué par les interactions entre l'ensemble des êtres humains qui la composent. A ce niveau, l'approche systémique va de soi. Elle se présente comme une lecture pertinente du réel complexe. La participation de chacun à la dynamique du système peut être connotée comme pratique sociale, indissociable des représentations sociales qui, à la fois, s'en nourrissent et l'inspirent. Si l'on nomme acteurs sociaux les participants humains en interaction dans une société donnée, on ne peut comprendre la dynamique qui les relie sans se référer aux clés du système qu'ils construisent. Sitôt posé ce cadre général, on peut évoquer quelques questions fondamentales touchant à la fois l'interprétation théorique et l'action. Laissons-les surgir en liberté avant d'en ordonner l'examen. 10