Festivals de danse traditionnelle africaine et développement

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L'Afrique est le continent par excellence des danses ancestrales. On remarque aujourd'hui dans le paysage culturel camerounais une effervescence et un déploiement extraordinaire des festivals de danse patrimoniale en son sein. N'y a-t-il pas, au-delà de cette mobilisation des foules, de sérieux mobiles qui sous-tendent l'agglutination humaine ainsi observée autour des festivals ? Si oui, de quelle nature sont-ils ? Peuvent-ils être d'ordre politique, économique ou tout simplement culturel ?

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Ajouté le 01 janvier 2015
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EAN13 9782336366050
Langue Français
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Dominique Kamga Sofo
FESTIVALS DE DANSE TRADITIONNELLE AFRICAINE ET DÉVELOPPEMENT
Préface de Pierre Fonkoua
10/12/14 14:47
Festivals de danse traditionnelle africaine et développement
Dominique Kamga Sofo
Festivals de danse traditionnelle africaine et développement Préface de Pierre Fonkoua
Du même auteur
Église et cultures d’Afrique. Les Djo de l’Ouest Cameroun,L’Harmattan Cameroun, Paris, 2010
Les drames des populations africaines. Dieu est-il absent de la scène ?, L’Harmattan Cameroun, Paris, 2012 © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03843-8 EAN : 9782343038438
SIGLES ET ABRÉVIATIONS
Gn :Genèse Lc : Évangile selon Saint Luc Mc : Évangile selon Saint Marc Mt :Évangile selon Saint Matthieu o.p : ouvrage cité ibid : ibidem RFI : Radio France Internationale UCAC : Université Catholique d’Afrique Centrale UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture
PRÉFACE
Le recours aux pratiques culturelles ancestrales est aujourd’hui une voie empruntée par la plupart des communautés humaines. Chaque peuple s’en sert pour s’affirmer et se distinguer des autres culturellement, dans un monde où le vocable « développement » n’est plus un secret pour personne, parce que recherché dans tous les domaines des activités humaines. C’est dire qu’il existe aussi une relation entre les activités culturelles et le développement de l’homme et du monde.
La part des manifestations des danses traditionnelles y occupe une place de choix, surtout en Afrique reconnue comme un continent essentiellement dansant, qui regorge d’inestimables richesses culturelles à côté de ses richesses naturelles. Les masques, les tenues d’apparat des danses patrimoniales, les instruments de musique hérités des ancêtres, les paroles et les rythmes des pas de danse ainsi que les mouvements chorégraphiques qui les accompagnent sont autant de richesses qu’exploite Dominique KAMGA SOFO pour agrémenter les parties de son ouvrage, notamment en ce qui concerne celles consacrées aux scènes de danse du Cameroun et du Dahomey (actuel Bénin).
Au passage, il tourne en dérision, par des exemples de contributions des Noirs au développement du monde, le préjugé selon lequel les objets culturels de danse des Nègres (masques, sculptures et autres objets culturels) sont des réalisations sans « valeur objective », œuvres enfantines des personnes intellectuellement démunies, mais capables de donner du sourire aux lèvres des « civilisés » par des objets culturels et des mouvements chorégraphiques qui leur sont propres.
Pourtant, dit-il, ces richesses sont bien prisées sur le marché culturel international aujourd’hui. Et de ce fait elles jouissent de la force juridique de l’UNESCO qui entend les protéger et s’opposer désormais à toute dérobade des biens culturels.
Ce que dit l’auteur concernant ces biens ne se limite pas à la prouesse festive des événements qui les couvrent ; il embrasse le domaine de développement politique, économique des États et même physique et spirituel de l’être humain. Dès lors, l’auteur entrevoit les enjeux et les défis qui entourent les festivals de danse traditionnelle africaine, suscitant ainsi des stratégies à adopter et une recherche du positionnement individuel et/ou collectif des élites et des communautés ethniques, dans une logique de protection et de partage du gâteau national, de sauvegarde et de survie des acquis culturels ancestraux ainsi que de l’environnement qui concourt au maintien des activités humaines.
La survivance des enjeux dont parle l’auteur l’a amené à envisager un ensemble de mesures susceptibles d’apporter les solutions aux problèmes existentiels auxquels sont particulièrement confrontés aujourd’hui les festivals de danse traditionnelle africaine.
Parmi ces mesures il met en relief l’éducation de la population à la protection de la culture africaine et les éléments environnementaux (flore et faune) sans lesquels il est difficile d’envisager l’événement des festivals. Tout en reconnaissant que l’existence de ces éléments ne peut pas organiser et animer les festivals, il juge nécessaire et indispensable la formation des acteurs à tous les niveaux. Ainsi, les structures de formation en art et culture devraient intégrer les enseignements sur la fabrication des instruments de musique et des objets d’art traditionnels, les musiques liées aux différents rites traditionnels, une classification commentée des danses et des chants liés aux rites, une
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analyse ethnologique de toutes les fêtes traditionnelles qui rythment la vie de l’individu dans la société, une élaboration d’une grille d’analyses spirituelle et religieuse des danses traditionnelles africaines. En outre, il suggère aux gouvernements africains de pérenniser les cultures locales par des initiations pratiques (apprentissage de la danse ancestrale par exemple), d’instituer l’enseignement des langues africaines dans les établissements scolaires et les centres de formation professionnelle spécialisés. Professeur Pierre Fonkoua, Chef de service de Département des Sciences de l’Éducation à l’ENS / UYI, Coordonnateur des Chaires UNESCO (Sciences de l’éducation et Droits de L’Homme et Culture de la paix).
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