Nouvelle vague

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348 pages

Description

Peu d'essais remettent en cause la Nouvelle Vague et ses suiveurs. Celle-ci ne surgit pas par hasard en s'opposant aux cinéastes de la Tradition de la Qualité; c'est un nouveau cinéma qui devait déréguler l'ancien mode de production. Loin d'être la critique de la société de consommation, la Nouvelle Vague en fut la propagandiste zélée en jouant de la jeunesse, de la modernité et de la liberté. Ce que critiquait dès 1973 le cinéaste Pier Paolo Pasolini dans ses Écrits corsaires et que résumerait ainsi Michel Audiard : « Nouveau Roman, Nouvelle Vague, nouveaux riches. »

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Date de parution 04 décembre 2018
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EAN13 9782140106989
Langue Français

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Yannick Rolandeau
Essai critique d’un mythe cinématographique
Nouvelle Vague
Yannick Rolandeau Nouvelle VagueEssai critique d’un mythe cinématographique
Du même auteur Le cinéma de Woody Allen, L’Harmattan, ʹͲͳͺ.
© L’Harmattan, 2018 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : ͻ͹ͺ-ʹ-͵Ͷ͵-ͳ͸Ͳʹ͵-ͺ EAN : ͻ͹ͺʹ͵Ͷ͵ͳ͸Ͳʹ͵ͺ
Avant-propos.................................................................................................9
Première partie : La Nouvelle Vague........................................................13
I/ Les Jeunes Turcs .....................................................................................15 Le plan Marshall.......................................................................................15 Revues, ciné-clubs et art d’après-guerre...................................................20 Les Cahiers du cinéma..............................................................................27 La Politique des « Hauteurs » : une certaine tendance .............................37
II/ La Nouvelle Vague.................................................................................56 Une Nouvelle Vague jeuniste ...................................................................60 Ontologie et naturalisme...........................................................................69 La question de la technique ......................................................................76 Le scénario ...........................................................................................80 La lumière et le cadre...........................................................................84 Le montage...........................................................................................96 Le son.................................................................................................101 La direction d’acteurs.........................................................................104 Les producteurs : de la subversion à la subvention ............................107 Politique et déconstruction .....................................................................114 Le cinéma soviétique et Bertold Brecht .............................................116 La déconstructionnite .........................................................................125 Les autres Nouvelles Vagues..................................................................155
Seconde partie : La Post-Nouvelle Vague...............................................159 L’après-gauchisme .............................................................................161 Le tournant libéral de la gauche .........................................................164 Les néoartistes : promotion de la classe culturelle. ................................173 L’intimiste psychologisant .................................................................194 La politique sociétale et victimale......................................................228 L’antiracisme cosmétique ..............................................................236 Le cache-sexe de la sexualité.........................................................251 Glissements progressifs vers le maccarthysme moral ...................287 Le cinéma ? ........................................................................................297
Annexes ......................................................................................................299
Entretien avec Michel Ciment .................................................................301
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e Les avant-gardes au début du XX siècle................................................314 Nihilisme ................................................................................................333
Bibliographie .............................................................................................337 Ouvrages sur le cinéma ..........................................................................337 Articles ...................................................................................................338 Ouvrages généraux .................................................................................338
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À Jacques Sternberg,in memoriam.
«Il n’y a pas de démocratie, de valeurs concevables sans cette épreuve de l’irrespect, de la parodie, cette agression par la moquerie que la faiblesse fait constamment subir à la puissance pour s’assurer que celle-ci demeure humaine. Dès que la puissance cesse d’être humaine, elle interdit cette épreuve par le feu. »
Romain Gary
Avant-propos Depuis des années, le cinéma français va mal. Quand je dis qu’il va mal, je suis bien conscient qu’il ne va jamais très bien. Il est normal qu’un art soit en « crise » pour survivre dans un contexte qui ne lui convient jamais vraiment. Certes, il a toujours été difficile d’en exercer un, car la majorité des êtres humains n’accepte pas d’entendre des vérités déplaisantes. « La bêtise des gens consiste à avoir une réponse à tout. La sagesse d'un roman consiste à avoir une question à tout » écrit le romancier Milan Kundera. L’art explore des zones complexes et ambiguës où il devient impossible de juger de façon moraliste. En ce qui nous concerne ici, il s’agit, hormis les difficultés économiques, d’une situation calamiteuse due à la façon même dont sont écrits et réalisés certains films français. Je ne parle pas des films commerciaux tels ceux de Luc Besson qui visent un certain public, mais des films d’auteuroù l’envie nous prend parfois de mettre un H devant auteur. Si la situation économique et sociale est en partie responsable d’une inflation de films médiocres, elle n’est pas seulement en cause. Il est étonnant que la France produise ou ait produit de grands cinéastes étrangers, de Michaël Haneke à Théo Angelopoulos, et qu’elle ne forge plus de cinéastes français d’envergure quasiment. En quelques années, la truculence d’un Bertrand Blier s’est épuisée.Trop belle pour toi(1989) nous fait regretter son impertinence, sa liberté de ton, sa sensibilité, son sens du tragique dans une forme moderne et maîtrisée. Ce qu’on appelle cinéma d’auteur, la Nouvelle Vague, ses propagandistes ou ses thuriféraires, a essaimé au point de vampiriser une bonne partie de l’espace critique et des écrans français. Philippe Person se demandait si l'influence de la Nouvelle Vague n’était pas étouffante pour le cinéma en France : « Un candidat à l’École nationale supérieure des métiers de l’image et du son (Fémis) avouant que Godard ne l’intéresse pas aurait-il la moindre chance d’être reçu ? A-t-on le droit de dire un mot de travers sur les héritiers présomptifs du mouvement et, par exemple, de juger surfait le cinéma 1 d’Arnaud Desplechin ? » Il propose une piste de réflexion concernant ce qu’il est devenu presque impossible de critiquer concernant le cinéma : la Nouvelle Vague. Comme si le fait d’être auteur la mettait au-dessus de toute critique à l’instar d’un dogme aussi coriace à craqueler en son temps que le structuralisme. Cette Nouvelle Vague s’est institutionnalisée, autant que le cinéma de la Tradition de la Qualité qu’elle tançait pourtant vertement pour cette même raison. Ce n’est pas l’un des moindres paradoxes. N’y a-t-il pas une critique sévère (à son insu ou non) de François Truffaut la concernant ? « Le danger ___________________________ 1 A-t-on le droit de critiquer la Nouvelle Vague ?Le Monde diplomatique, février 2009.
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