Directeurs de la villa Médicis au XIXe siècle

Directeurs de la villa Médicis au XIXe siècle

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Français
1278 pages

Description

La nomination d'Eugène Guillaume (1822-1905) ouvrait l'ère des directeurs qui n'étaient plus nécessairement peintres et dont les compétences administratives, réclamées par la direction des Beaux-Arts, n'avaient plus rien de commun avec le laxisme bon-enfant qui avait régné jusqu'alors. Le grand défaut de Guillaume était un goût forcené pour les distinctions et il travailla sans relâche, lorsqu'il fut à Rome, à obtenir un fauteuil à l'Académie française, qu'il obtint en 1898. Son attention pour la villa Médicis fut assez médiocre lors de son premier mandat. Ensuite, ayant obtenu ce qu'il désirait, il tenta vainement de redresser la situation financière catastrophique dans laquelle se trouvait son établissement. Il n'y parvint pas et sombra dans la sénilité.

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Date de parution 25 janvier 2019
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EAN13 9782140111563
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

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François Fossier
Les directeurs de la villa Médicis e au XIX siècle
espondance des deux directorats d’Eugène Guillaume (1891-1904)
Les directeurs de la villa Médicis
e au XIX siècle
François FOSSIER Les directeurs de la villa Médicis e au XIX siècle
Correspondance des deux directorats d’Eugène Guillaume (1891-1904)
Du même auteur
e Les directeurs de la villa Médicis au XIX siècle. Correspondance de Guillaume Guillon-Lethière (1807-1816) ; du premier directorat de Jean-Victor Schnetz (1840-1846) ; de Jean Alaux (1847-1852) ; des deuxième et troisième directorats de Jean-Victor Schnetz (1853-1866) et du directorat de Joseph-Nicolas Robert-Fleury (1866-1867) ; du premier directorat d’Ernest Hébert (1867-1872) ; de Jules-Eugène Lenepveu (1873-1878) ; de Louis-Nicolas Cabat (1879-1884) ; du deuxième directorat d’Ernest Hébert (1885-1890) ,2018. Le séjour des grands prix de Rome à la villa Médicis. Une récompense douce-amère,L’Harmattan, Paris, 2018.L’abbé Bignon. Un génie de l’administration, des lettres et des sciences sous l’Ancien Régime,L’Harmattan, Paris, 2018. L’Académie des inscriptions et belles-lettres sous l’Ancien Régime. De l’apologétique à l’histoire. Tome 1 : présentation, composition et débats;tome 2, les académiciens ; tome 3, les dissertations,L’Harmattan, Paris, 2018. e Correspondance des directeurs de l’Académie de France au XIX siècle, EFR, Rome, 1995.
© L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-14717-8 EAN : 978234314718
En hommage à Laurence des Cars et à son œuvre au musée d’Orsay.
INTRODUCTION
Avec le directorat d’Hébert s’achevait la première période de l’histoire de l’Académie de France. La nomination d’Eugène Guillaume (1822-1905) ouvrait l’ère des directeurs qui n’étaient plus nécessairement peintres et dont les compétences administratives, réclamées par la direction des Beaux-Arts, n’avaient plus rien de commun avec le laxisme bon-enfant qui avait régné jusqu’alors. C’est également le moment où l’Académie des beaux-arts, à Paris, soumise depuis 1874 à la férule un peu compassée d’Henri Delaborde, allait passer en 1898 sous celle d’un ancien directeur des Beaux-Arts, Gustave Larroumet, puis en 1903 sous celle d’Henri Roujon, lui aussi ancien administrateur. Le directorat, ou plus exactement les deux directorats successifs de Guillaume, furent évidemment marqués par ces modifications, ne serait-ce que parce qu’il avait occupé, tout à tour, le poste de directeur de l’École des beaux-arts (1866-1878), de directeur des Beaux-Arts (1878-1 1879), en même temps que celui de professeur à l’École polytechnique et de professeur au Collège de France à partir de 1882. Il était en outre président du conseil supérieur de l’enseignement artistique, président du jury de sculpture au Salon et devint celui de l’Exposition universelle de 1900. Ce vieux monsieur de soixante-dix printemps, couvert de gloire, membre de l’Académie des beaux-arts depuis 1862, premier artiste à être élu à l’Académie française en 1898, grand-croix de la Légion d’honneur en 1900, faisait un peu figure d’incontournable référence et l’aménité de son caractère, reconnue de tous, lui avait assuré la confiance de la presque totalité de ses confrères et collègues. Ancien élève de Pradier, lequel n’avait suivi qu’assez lointainement ses travaux lorsqu’il était pensionnaire à la villa Médicis (1846-1851), il était très proche de son camarade Cavelier, reprenant à son compte la veine historicisante avec une profusion de statues ou de bustes commémoratifs (Colbert, Rameau, Napoléon, Ingres, Buloz, gr Bruyas, m Darbois, Trélat, Thiers…) qui avaient suivi ses deux créations les plus notoires,Les Gracques(1848) etLe Faucheur(1849) datant, l’un et l’autre, de son séjour romain. C’est dire que sa réputation s’était davantage bâtie sur ses capacités d’administrateur et de pédagogue que sur ses travaux artistiques qui ne lui amenèrent d’ailleurs que peu de disciples. Il n’en était pas pour autant sectaire, s’intéressa pour son propre compte à la sculpture polychrome et fut un des rares défenseurs de Rodin dans le monde académique. Grâce au don fait au musée d’Orsay par les descendants Lefuel de la correspondance privée de l’artiste, nous sommes parfaitement renseignés sur ses relations, son mode de vie, ses soucis et ses joies, bien plus, en tout cas, que pour les autres directeurs de l’Académie de France. Dans son particulier, l’homme était touchant d’attentive affection pour les siens qui le considéraient, là encore, comme un véritablepater familias. Il avait épousé une demoiselle Jacob-Desmalter,
1  Il ne se démit de cette fonction qu’en 1899 après avoir placé un de ses élèves Beaurepaire et à la condition d’être nommé professeur honoraire.
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